L’avenir en commun de Mélenchon : « allons zenfants de l’altermondialisme »

Parler du candidat Jean-Luc Mélenchon et du programme de son mouvement politique, « La France insoumise », n’est pas franchement aisé. La réalité de la candidature Mélenchon est différente des autres candidats pour une raison simple : il vend en premier lieu un changement de société, via un changement de République. La VIème République.

Il y a 13 points développés dans ce premier thème du programme, et certains intitulés sont inquiétants pour l’électeur désireux de calme et de tranquilité. « Balayer l’oligarchie et les privilèges de caste » (point 2) fait un peu penser à un slogan révolutionnaire à base de piques, de fourches et de têtes plantées au bout. Voyons voir ce qu’il en est :

Le contenu n’est pas à la hauteur de l’intitulé, en fin de compte : le « balayage de l’oligarchie et des castes » se base en réalité sur les préconisations d’Anticor et de Transparency International : c’est de la lutte contre la corruption et le lobbying auprès des parlementaires, ainsi que  la mise au pas du Medef — par sa mise à niveau sur les fonctionnements des syndicats de salariés — qui sont proposées. 1789 est encore loin. Mais pas tant que ça lorsqu’on lit un autre intitulé : « abolir la monarchie présidentielle ». Qu’est-ce donc ? Un assaut de l’Elysée par les membres des constituantes qui pourront pique-niquer autant qu’ils veulent dans le palais présidentiel, avec un président Mélenchon qui dormira dans la cabane de jardin du bâtiment le plus prestigieux de la République ? Pas vraiment.

Là encore, l’intitulé est très ronflant au vu des mesures contenues. Les changements institutionnels proposés sont cependant conséquents : instaurer un régime parlementaire à base de proportionnelle, supprimer le Sénat (remplacé par une assemblée de l’intervention populaire) et supprimer la Cour de Justice de la République (pour renvoyer les membres du gouvernement dans des tribunaux classiques).

De très importants changements seraient à prévoir, en fin de compte, si Mélenchon était élu et appliquait ces réformes institutionnelles. Mais le personnage, ses sorties de route, laissent planer une ombre inquiétante sur sa présidence. Quel président serait Mélenchon, dans sa VIème République, celui qui désigne des journalistes à la foule comme étant « ceux d’extrême droite » ? Un président qui désigne quantité d’ennemis peut-il  parvenir à appliquer un programme ?

Dans le cas où La France insoumise n’obtenait pas la majorité aux législatives, comment serait gérée la cohabitation et comment la VIème République pourrait-elle se constituer ? S’il y a ennemis — comme Jean-Luc Mélenchon ou ses porte-paroles le martèlent — que se passera-t-il pour ces ennemis, comment seront-ils traités par la présidence ? Quel temps sera accordé à la création de cette VIème République ? Quel temps ensuite pour appliquer son programme ? Son ampleur et les résistances qu’il engendrerait laissent envisager un processus long. Très long.

Un programme [très] long qui veut changer le rapport démocratique

Le programme de la France insoumise, « l’Avenir en commun » est long. Très long. Très dense. Il requiert un effort de lecture, il demande de rester concentré pour bien comprendre ce qu’il implique. Parce que ce n’est pas du tout l’équivalent des programmes habituels, et ce, pour une raison simple : il casse d’entrée de jeu les repères, la structure politique que nous connaissons, pour ensuite déterminer les actions que mèneraient un « gouvernement de la France insoumise ». Ce préalable au programme, mais qui fait partie du programme, est — comme indiqué plus haut — la création d’une VIème République accompagnée par des constituantes citoyennes.

C’est un saut [quantique] dans une nouvelle forme de rapports politiques, de rapports démocratiques au système politique. L’idée qui en ressort — mais difficile à envisager dans une réalité politique et sociale concrète future — est que potentiellement, le succès ou l’échec de la constitution de cette VIème République dépendrait plus de la mobilisation des habitants du pays que d’autre chose. De leur capacité à dialoguer, à travailler leur avenir institutionnel en commun, à se remonter les manches.

Mélenchon renvoie les électeurs à leurs contradictions, en fin de compte, et utilise la grogne populaire supposée au sujet du fonctionnement de la Vème République : « Vous êtes mécontents d’être méprisés par l’élite politique, de ne pas pouvoir donner votre avis, vous êtes furieux de l’impunité du politique, et bien je vous donne l’occasion de changer tout ça en écrivant une nouvelle Constitution ». Mais comme rien n’est précisé des modalités de formation des constituantes, ni de l’organisation de toute cette mutation institutionnelle…

Cette « urgence démocratique » mélenchonienne semble risquée. Elle est aussi populiste — au sens où Mélenchon renvoie la population à une faculté (fantasmée ?) de « prise de pouvoir populaire » — au moins partielle — dans le cadre de la création d’une nouvelle forme de « vivre ensemble politique ». C’est radical, c’est anti-conservateur, c’est un coup de pied dans la fourmilière, et c’est une très grosse prise de risque politique et sociétale. C’est ce populisme de gauche, désormais revendiqué, qui est d’ailleurs au cœur du projet.

Mais une fois ces changements institutionnels effectués — si l’on part du principe qu’ils parviendront à être effectués — que propose donc concrètement Mélenchon, devenu ce président aux « pouvoir limités » ? Il ne nomme plus, puisque le gouvernement est nommé par le Parlement, un gouvernement qui détient le pouvoir exécutif et est responsable devant ce même Parlement, le tout avec une Assemblée de citoyens à la place du Sénat ? Il semble que la proposition de Mélenchon soit basée sur un programme anti-libéral, tendance altermondialiste-écononomistes-attérés et social étatique.

Programme de gauche : anti-libéral et d’obédience altermondialiste

Le programme de la France insoumise, « l’Avenir en commun » est radicalement anti-libéral. Si l’on mettait en miroir le programme de Macron ou de Fillon avec celui de Mélenchon, nous obtiendrions une parfaite antithèse politique et économique, ce qui est logique.

Quand la droite veut accentuer la libéralisation de l’économie, la dérégulation par les traités de libre échange, Mélenchon veut encadrer et rééquilibrer les rapports de force dans les entreprises, dans la gestion des rapports sociaux, et « protéger » les échanges économiques internationaux au lieu de les ouvrir un peu plus aux multinationales.

Le programme économique de la France insoumise n’est pas communiste (au sens réel et historique), n’est pas social-démocrate comme celui de Hamon (au sens de conserver les fondamentaux socio-économiques, institutionnels, tout en saupoudrant des mesures pour contrer les effets de la mondialisation et de la dérégulation de l’économie de marché) , il est une forme hybride de socialisme et d’écologie politique, mâtinée d’altermondialisme, de réformes keyneisiennes (politique de la demande) le tout porté par une redistribution potentielle des pouvoirs et des richesses via le préalable de la création de cette VIème République par constituante(s). L’État est donc présent à tous les étages, que ce soit dans les cadres juridiques nouveaux qu’il instaure, dans les financements, les orientations générales, etc.

Les réformes de la France insoumise : des ruptures sans concessions

Le programme contient 7 thèmes avec actions, ou réformes, que ce gouvernement lancerait. De l’urgence démocratique (en 15 actions) dont les changements de politiques pour la lutte anti-terroriste, à l’urgence sociale (qui « mobilise l’argent pour financer les petites et moyennes entreprises », par exemple), l’urgence écologique, à l’Europe en question, les questions de paix, de droits humains, de coopération, le programme de Mélenchon est vaste. Très vaste.  Les 83 actions elles-mêmes déclinées en plusieurs propositions détaillées, rangées donc en 7 grands thèmes, donnent un peu le tournis. Avec plein de promesses qui semblent comme toujours dans le cadre des programmes politiques, pleines de bons sens « populaire » (qui voudrait voir la pollution s’étendre, une médecine faillible, des logements insalubres ou des maladies sexuellement transmissibles qui explosent ?). Mais elles ne sont soutenues par rien de précis dans de nombreux cas. Lutter contre la malbouffe, le sel, le sucre, les graisses, ça ne mange pas de pain (si l’on peut dire), mais comment s’y prend-t-il le président pas monarchique Mélenchon et son gouvernement sous contrôle du Parlement ? Il interdit la malbouffe par décret ?

Généraliser l’économie sociale et solidaire, stopper l’ubérisation des activités : comment, pourquoi faire, avec qui, dans quel but ? Ne pas laisser le champ aux multinationales, on imagine. Mais quelle réforme précise peut le permettre, avec quels résultats économiques, sociaux, envisagés ? L’ESS est un produit marketing qui est déjà dévoyé, très peu développé : peut-il supplanter les 99% d’activités économiques capitalistes classiques sans que des effets de bord surviennent ? Comment tout ça se finance ? Rien n’est abordé de façon profonde dans ce type de propositions du programme de Mélenchon, propositions qui sont bien entendu séduisantes pour l’électeur altermondialiste écolo-socialo-collaborativo-anti-libéral, mais ne reposent sur pas grand chose de concret.

 Et l’Europe (la mère de tous les maux), dans tout ça ?

La « France insoumise » n’aime pas l’Europe actuelle, celle des traités instaurant la rigueur, et veut la changer. Cette partie du programme laisse entendre plusieurs choses contenues dans le préambule :

La « sortie des traités » par abandon des règles existantes, et la négociations d’autres règles : voilà un plan très ambitieux. Une négociation avec l’Allemagne en premier lieu, puis avec les autres états membres, le tout soumis à l’Assemblée nationale et validé par référendum. Ok. Autant dire que cette option semble peu probable. Mais que contient cette proposition ?

Bon, qu’on aime ou pas ces propositions, il semble que dans le monde actuel, elles soient de type « révolutionnaires ». Comment le président (sans pouvoir exécutif) va-t-il faire pour que son gouvernement sous contrôle du Parlement arrive à faire de telles choses ? Mystère. Et le plan B, de sortie de l’UE ? Cela passerait par un référendum, visiblement. Mais qui veut sortir de l’UE ? Il semble que Mélenchon soit revenu sur cette affaire de plan B en Italie, dans un discours. Il s’agirait en fait d’un plan A qui mènerait en cas d’échec à un plan… A. Bref : l’UE, si la France insoumise remportait l’élection de 2017, risquerait de tourner à la foire d’empoigne …

La société de Mélenchon : c’est « beau et ferme » à la fois

Le programme « L’Avenir en commun » est à la fois beau et émouvant pour les journalopes gauchiasses (comme disent les gros fachos), mais ferme aussi, très ferme. Ce programme peut donc tirer des larmes de bonheur et d’espoir aux adeptes de l’argile verte, des colliers en bois ou des alternatives au méchant capitalisme, et surtout en mal de politique anti-libérale, alter plein de choses, avec du social et du solidaire à tous les étages. C’est vrai.

Mais c’est aussi un programme « inquiétant ». Ce président « révolutionnaire », ces mutations profondes de la société, tout cela n’est pas fait pour rassurer ceux qui plébiscitent la stabilité des institutions, ceux qui n’ont pas envie de voir une République parlementaire avec assemblées populaires, ou encore ceux qui veulent conserver l’Europe actuelle, garante de stabilité politique et économique. Bref : « l’Avenir en commun » porté par Mélenchon est un « allons zenfants » plutôt incertain, antilibéral et anti-Europe du traité de Lisbonne. Il s’oppose à la politique monétaire de la BCE, de l’Allemagne, et recycle pas mal d’éléments du fameux programme de Mitterrand de 1981, en l’adaptant au monde moderne. En 1981 c’était « 110 propositions pour la France ». En 2017, ce sont 83 propositions pour la France insoumise.

 

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

19 thoughts on “L’avenir en commun de Mélenchon : « allons zenfants de l’altermondialisme »”

  1. « Comment le président (sans pouvoir exécutif) va-t-il faire pour que son gouvernement sous contrôle du Parlement arrive à faire de telles choses ? »

    Mélenchon a expliqué que la mise en place de la 6ème république, s’il est élu, prendrait un à deux ans (ça veut dire deux à mon avis), période pendant laquelle le président et son gouvernement conserveront les pouvoirs propres à la Constitution de la 5ème.

    Le président aura donc un peu de temps pour appliquer son programme l' »Avenir en commun ». L’instauration de la nouvelle constitution viendra donc dans un second temps.

  2. Bon article, j’ai toutefois relevé deux éléments qui prêtent à confusion: 1) « dérégulation par des traités de libre échange » dérégulation est la suppression de règles, mais signer un nouveau traité ajoute de nouvelles (??), de plus un libre échange, soumis aux règles d’un traité, n’est donc pas… libre (??) et 2) « l’Europe actuelle, garante de stabilité économique et politique » avec 2 crises economiques à 11ans d’intervalle (2000 et 2011), un brexit, deux votes renversés (2005 puis Tsirpas en Grece), un Junker totalitaire (traités et accords > décisions du peuple), je vous passe les autres déboires et marasmes économiques tellement la liste est longue, on doit pas avoir la même définition de stabilité.

    1. Sur la dérégulation des traités de libre échange : les « règles » qui les accompagnent sont des « accords » qui abaissent les anciennes règles. Le but est d’assouplir les règles, permettre plus facilement d’échanger, en écartant les normes de protection les plus élevées aux profit des plus basses. La dérégulation mondialisée est un système de diminution des règles/normes/taxes/protections.

      Sur la création de la 6ème : l’article essaye d’envisager comment elle se créerait. Mais c’est une inconnue, par essence. Donc si c’est en 1 ou 2 ans, il faut que Mélenchon et son gouvernement fasse un combo : appliquer un programme et (faire) créer une 6ème en même temps. Sur la stabilité, je ne dis pas « je », je dis que « ceux qui pensent que la stabilité des institutions », etc… Ce n’est pas mon avis qui est contenu dans cet article, simplement une tentative d’analyse du programme et des propositions de Mélenchon, avec les différentes visions qui peuvent s’y attacher. Les lecteurs peuvent se faire un avis par eux mêmes, je n’ai là ni envie de les inciter à adhérer avec cette proposition politique, ni à les en dégoûter. Je présente la « chose ». Sur Reflets vous trouverez de nombreuses analyses sur la crise européenne, que ce soit d’un point de vue politiques qu’économique. Cherchez un peu.

  3. Article équilibré entre espoir et craintes.

    En fin de compte je vais peut-être voter pour les insoumis en partant de deux constatations :

    – Ils sont presque les seuls à proposer quelque chose d’un peu construit.
    Comme vous le soulignez c’est incomplet et plein de zone d’ombres, mais il y a quelque chose, et au moins ils ne nous parlent pas comme à des demeurés.

    – Il me semble qu’à contratio, le candidats libéraux peuvent masquer une totale improvisation derrière l’impression de continuité que procurent leurs programme, pardon leurs visions. Chasse aux services publics, au chômeurs, aux fonctionnaires et aux étrangers : A partir de maintenant on fera comme depuis 35 ans, car « les Français veulent des réformes » !

    Si le coté « casser la baraque » peut effectivement inquiéter, il me semble que rester confortablement installés dans le ronron d’une dégradation lente à coup de vote utile nous mène à la situation que nous connaissons : L’extrême-droite sera vraisemblablement au second tour et tout le monde trouve ça normal.

    1. Je rejoins l’avis précédent : en appuyant sur un point non évoqué, la légalisation.
      Je suis convaincu qu’une fois ceci réglé, la défiance envers les institutions sera bien moins fréquente.
      Quelle autre loi est aussi injuste que cette prohibition ?

    2. Idem, quelques interrogations sur le programme, mais un mouvement que je suis de très près, très dynamique et porteur de maints espoirs. Peut-être « altermondialiste », mais surtout avec une bonne réappropriation citoyenne de la politique, et ça, c’est fondamental.

      Alors oui, le changement, même ouvertement bénéfique, peut faire peur. Mais l’avenir de mes enfants me fait encore plus peur avec le système actuel et les programmes des autres candidats.

      1. Je suis d’accord avec vous deux. Oui, je sais ça n’apporte rien :)

        C’est trop facile de ne pas prendre la peine de s’informer et de s’autosatisfaire dans le « tous pourris ». Aux abstentionnistes : présentez-vous ou votez pour quelqu’un qui représente vos idées, a priori vu votre nombre les candidats potentiels ça devrait pas manquer (ou alors, l’explication c’est que l’abstention n’est la plupart du temps qu’une posture de pseudo-radicalité… oups je l’ai dit). Pour ma part, je vais voter Mélenchon, car son programme humaniste me convient et je lui accorde une certaine confiance (pas de casier, pas de magouilles, Charte Anticor etc.).

        D’ailleurs, je remercie Drapher pour cet article mesuré et réfléchi, bien plus intéressant que les autres sur Reflets qui se content d’assimiler les groupes politiques à des sectes. Cela vaut peut-être pour Arthaud, mais quand il s’agit de Fillon je trouve cela injurieux (pour les sectes).

    3. Je penche aussi pour ce mouvement, c’est certes très inquiétant car il n’y a pas vraiment de possibilité de savoir ce qui va réellement se passer.
      Mais la prise de risques est nécessaire à l’évolution.

  4.  » Il vend en premier lieu un changement de société, certains intitulés sont inquiétants . Le contenu n’est pas à la hauteur de l’intitulé. Mais le personnage, ses sorties de route, laissent planer une ombre inquiétante sur sa présidence. Un président qui désigne quantité d’ennemis peut-il parvenir à appliquer un programme ? Cette « urgence démocratique » mélenchonienne semble risquée . Rien n’est abordé de façon profonde dans ce type de propositions du programme qui ne reposent sur pas grand chose de concret.
    Mais c’est aussi un programme « inquiétant ». Ce président « révolutionnaire », ces mutations profondes de la société, tout cela n’est pas fait pour rassurer ceux qui plébiscitent la stabilité des institutions, ceux qui n’ont pas envie de voir une République parlementaire avec assemblées populaires, ou encore ceux qui veulent conserver l’Europe actuelle, garante de stabilité politique et économique. Bref : « l’Avenir en commun » porté par Mélenchon est un « allons zenfants » plutôt incertain …  »

    Pour semer la peur et le doute dans les esprits en effet c’est plutôt réussi. C’est en cela qu’ il n’y a guère, à mon sens, peu de différence avec les journalistes de BFM si je peux me permettre.
    Mais je peux me tromper.
    https://seenthis.net/messages/586588

  5. Avec lui on peut jouer au bingo du lexique révolutionnaire, prendre des paris pour savoir si il va dire d’abord « révolution » ou « résistance. C’est rigolo son marketing (qu’il n’appellera pas comme ça bien sûr)

    1. Oui, le plan A, puis le plan B, puis le plan A, puis on se couche, comme Syriza en Grèce…
      Une seule solution, le Frexit, une sortie par l’article 50, claire, nette et précise, cf nos amis anglais…

      1. Sauf que sortir de l’UE n’apportera intrinsèquement rien de mieux. On peut très bien mener une politique néo-libérale sans être dans l’UE. Les anglais sont en train de sortir de l’UE, mais ce n’est pas pour autant que cela va s’améliorer (pour la vaste majorité de la population). L’UE est un des éléments significatifs du cadre néo-libéral en France, la sortie (ou modifier les traités mais ça parait peu probable avant longtemps) est une condition nécessaire pour changer le cadre, mais nullement suffisante. C’est une des choses qui me dérange notoirement avec l’UPR de François Asselineau (j’imagine que tu le défends au vue de la mention de « Frexit » et du numéro de l’article cité) (note : pour ce qui est de la politique économique et autoritaire de l’UE, c’est Frédéric Lordon qui a fortement contribué à mon présent avis).

        1. « L’UE est un des éléments significatifs du cadre néo-libéral en France, la sortie (ou modifier les traités mais ça parait peu probable avant longtemps) est une condition nécessaire pour changer le cadre, »
          Oui, on est tout à fait d’accord. Donc sortons-en, il n’y a pas d’autre solution.
          (et effectivement après 10 ans d’abstentionnisme, j’ai rejoint l’UPR il y a peu…)

  6. Comment faire croire en l’objectivité: c’est tout le prodige de cet article!

    Résumé perso de cet article: ouhlala le changement ça fait peur, faire des choix c’est dangereux, le peuple, les gens ce sont des cons, ne faisons rien le monde va si bien pour nous!

    Ce que je vous réponds: Bande de Conservateur privilégié [vendu, chien de garde, autruche, etc … ]!!!

    « Si l’ordre établi est si bien défendu, c’est qu’il suffit d’être bête pour le défendre. » Rien à dire de plus.

    La bise xxx

  7. En fait, déjà, s’il arrive à mettre en place le statut des élus qu’il propose et si, en plus, il prévoit un nombre maximum de mandats électoraux sur toute une vie, ce serait une grande avancée qui permettrait de faire bouger les lignes.
    Là on le voit bien, avec un personnel politique constitué de vieux routiers, ça n’amène à rien et ça arrange les lobbyistes qui n’ont plus trop à se fatiguer vu que leur « clientèle » d’élus ne change pas beaucoup d’une fois sur l’autre.
    Après…

  8. Je vois des contradictions dans cet article. Le programme est parait-il [très] long. Les crochets laissent penser que c’est une critique. Pourtant, l’article ne cesse de demander des détails sur la façon de traiter tel ou tel point. Alors trop long ou pas assez ?
    Par ailleurs, certains des détails demandés sont disponibles ailleurs. Par exemple, les détails de la Constituante, on les trouve ici : https://www.youtube.com/watch?v=Zutw6YC1Gtg
    Ensuite, on ne peut pas se plaindre d’un côté que le peuple soit mis de côté dans la plupart des décisions politiques, et de l’autre que Mélenchon ne précise pas davantage ce qui va se passer et comment. On veut de la démocratie ou pas ? Ca ne se décrète pas, il faut compter sur les gens et avoir confiance en eux. Tous. Pas que les électeurs de la France insoumise.

    Bref, il me semble que l’article manque de profondeur d’analyse. Tout comme celui « Elections, piège à cons » qui oublie de préciser que notre régime actuel n’est pas une démocratie et n’a jamais été pensé comme tel (voir Dupuis Deri sur ce sujet).

  9. Une « obédience altermondialiste », rien de moins ? Vous qui aimez la langue de Molière, l’important n’est pas de choisir le bon mot mais le mot juste. A l’avenir, vous choisirez vos termes plus justement et, peut-être, épargnerez-vous à vos lecteurs vos aphorismes inconséquents.

  10. Cet article semble pointer un risque (voire un danger) à peut-être tout changer avec un programme définitivement différent.
    Pour ma part, je ne vois pas le danger dans ce programme-là, mais plutôt dans la continuité : les autres « programmes » (comprendre « liste de mesures », mais passons).
    Quand j’ai un mur en face, j’ai tendance à donner un coup de volant pour éviter l’obstacle, quitte à ce qu’il soit mal calculé, j’ai au moins fait ce que je pouvais.
    Donc oui, il y a évidemment une part d’incertitude dans le programme de la France Insoumise, le changement comporte toujours une part de risque, mais au moins il me semble vraiment plausible et légitime. Il me semble indispensable. Et je crois aussi vraiment qu’il peut nous éviter une bonne guerre.

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