Laurent Chemla : je vous ai menti

Ça fait des années que j’explique, d’articles en conférences, qu’Internet n’est pas responsable de tous les malheurs du monde, que tout n’est pas de la faute au Net, qu’Internet n’est qu’un outil, un simple tuyau,
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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

36 thoughts on “Laurent Chemla : je vous ai menti”

  1. « La transparence.

    Parallèlement, en France, les « affaires » se font légion. Une promesse faite en ligne sur Twitter, et jamais tenue, concernant les tunisiens exilés du « 36 rue Botzaris » a, sinon fait perdre les élections à François Hollande, au moins montré ce que valait sa parole: pour une fois un homme politique n’a même pas eu besoin d’attendre son élection pour renoncer à ses promesses. »

    a pas un truc qui cloche ?

    bonne article .

    1. Et ne parlons pas de l’accord avec les écolos, modifié après signature… Effectivement, la parole du bonhomme a autant de valeur que celle de son prédécesseur.

      Bon article, effectivement.

  2. En suivant ce genre de raisonnement, on pourrait dire :

    La bombe nucléaire est neutre, elle ne dépend que des gens qui la possède.
    La voiture est neutre, elle ne dépend que du conducteur.

    Cet argument fallacieux a été démenti depuis longtemps par un courant ignoré de la pensée moderne : la voiture en tant qu’organisation technologique a engendré une organisation sociale qui la requière et qui est fonction de sa nature. La bombe nucléaire également. Ce ne sont pas des « outils neutres », ils façonnent notre monde en explicitant leurs virtualités ontologiques. Elles [ces technologies] s’inscrivent dans un monde dont elles sont indétachables. Il n’existe nulle part de ciel des idées où la pureté des outils trouverait ainsi sa virginité.

    Je ne vais pas refaire toute la critique qui a été écrite à ce sujet, mais la neutralité, si chère au technophile, est un argument creux.

    Tout le reste en découle.

    1. la neutralité n’est pas creuse.

      Si on prend ton exemple tu compares, la technologie nucleaire n’est pas neutre, elle ne depend que des gens qui la possede.

      Si la techno nucleaire est neutre, tu peux en faire ce que tu veux, bombe ou reacteur ou IRM or whateverelse.

      Un outil est ce qu’on en fait. Après si on se base ces outils pour en faire une societé c’est nitre probleme. enfin le probleme de ceux auwquels cela aura été imposé.

      La neutralité n’est pas creuse, elle ne renvoie qu’au responsabilitées de chacun.

      1. La technologie n’est pas « neutre » : elle véhicule l’idéologie de la scientificité technique. Comment pourrait-elle être neutre puisque précisément sa fonction est de transformer le monde ? N’importe quel humain, expert de la vie sur terre, sait que les outils technologiques bouleversent davantage son existence que la couleur du régime politique. Que le téléphone portable et l’ordinateur modifient nos modes de vie, nos rapports sociaux, notre perception du monde, notre condition. La technologie n’est pas neutre, et la question ne se pose pas en termes de « bons » ou de « mauvais » usages : la technologie est la poursuite de la politique par d’autres moyens. Dans tout développement des forces productives dû à l’innovation technique, il y a toujours des gagnants et des perdants. La technique est instrument et arme parce qu’elle avantage ceux qui savent mieux se servir d’elle et mieux la servir. Un esprit critique héritier de Defoe et de Swift, Samuel Butler, dénonçait le fait dans une utopie satirique : “ … en cela consiste l’astuce des machines : elles servent pour pouvoir dominer. […] aujourd’hui même les machines servent seulement à condition qu’on les serve, en imposant leurs conditions. […] N’est-il pas manifeste que les machines sont en train de gagner du terrain quand nous considérons le nombre croissant de ceux qui y sont assujettis comme esclaves et de ceux qui se consacrent de tout cœur au progrès du règne mécanique ? ” (Erewhon, ou au-delà des montagnes, 1870). La société, une fois qu’elle a accepté la dynamique technologique se retrouve prisonnière de celle-ci. La technique s’est approprié le monde et l’a mis à son service. En elle se révèlent les nouveaux intérêts dominants. Quand “ la domination de la nature reste liée à la domination des hommes ” (Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, 1964), le discours de la domination n’est déjà plus politique mais technique. Il cherche à se légitimer avec l’augmentation des forces productives, qui inclue le progrès technologique après avoir mis à son service la connaissance scientifique. Le progrès scientifico-technique fournit aux individus une vie supposée tranquille et confortable et comme telle nécessaire et désirable. La technique, qui s’est à présent transformée en idéologie de la domination, fournit une explication suffisante pour la liberté et l’incapacité des individus à décider de leur vie : l’absence de liberté implicite à la soumission aux impératifs techniques est le prix nécessaire de la productivité et du confort, de la santé et de l’emploi. C’est simplement, comme le remarque Hannah Arendt, que les productions techniques se voient incorporées dans le monde humain, si bien que la fabrication déclenche « un processus dont l’issue ne peut être entièrement prévue et échappe par conséquent à la volonté de son auteur ».

        Trêve de pavet : mais je ne vais pas tout réécrire, il suffit de se cultiver : Simone Weil, Hans Jonas, Jacques Ellul, Marcuse, Bernard Charbonneau, William Moritz, l’école de Francfort (Adorno, Horkheimer), Ivan Illich, etc., etc.

        1. Deux textes sur le sujet : l’un d’une centaine de pages, visionnaire et précis. Le deuxième, plus classique dans sa critique, mais qui résonne étrangement quand on baigne dans l’idéologie techniciste.
          – L’Hypothèse cybernétique, de Tiqqun http://translationcollective.files.wordpress.com/2012/06/cybernetique.pdf
          – L’Emprise numérique, aux Editions l’Echappée. Quelques trucs un peu caricaturaux, mais une vraie tentative de penser autrement le numérique. Une bouffée d’air frais.

          Ah au fait, spoiler : libertarien, passe ton chemin, c’est pas de la lecture pour toi.

      1. @iGor : Le « paquet » est un monde, autant que l’émetteur, le récepteur et son chemin.

        Si le culte du progrès n’est plus la doctrine des techniciens de la pensée qui ont trop peur de passer pour bêtes, comme mythe vivant de l’époque il est toujours actif. Il est vrai que ce n’est pas le café de Flore qui donne l’investiture.

        Cette attitude nous amène à considérer le progrès comme le donné par excellence et à abdiquer en face de lui notre liberté. Et si l’emploi des machines n’est pas un mal, l’abdication vis-à-vis des moyens c’est le Mal. Car s’il est vrai que la machine est neutre et qu’elle peut servir indifféremment au bonheur ou au malheur de l’humanité, cela suppose comme condition élémentaire la volonté de la faire servir. Or l’attitude des partisans du progrès est tout autre : chaque fois qu’on leur demande d’envisager l’action des techniques sur l’homme, de concevoir une orientation différente du machinisme, ils protestent. Le progrès pour eux, c’est-à-dire le perfectionnement technique tel qu’il s’est défini depuis un siècle, a une valeur en soi. Le développement de la civilisation matérielle, les techniques telles qu’elles sont (les partisans du progrès oublient trop souvent qu’ils opposent la machine en soi à celui qui la critique telle qu’elle est), ouvre les voies de l’avenir. La machine, pour eux, ce n’est pas la machine, c’est la justice, c’est la liberté. Pour ma part, je ne rejette pas la machine, mais je rejette l’identification du gigantisme industriel, de la bombe atomique à des valeurs. Le partisan du progrès ne se rend pas compte qu’il fournit ainsi des armes à ceux qui considèrent que la machine, loin d’être un instrument, a ses fins propres.

        Pourquoi cette abdication de générations soi-disant humanistes vis-à-vis de la technique et des machines ? Pourquoi avoir renversé les dieux de marbre et d’or pour adorer ces graisseuses images de métal ? Pourquoi, cessant de placer son destin dans le ciel, l’humanité le place-t-elle dans ses instruments ? Parce que, s’il est exact de dire que la machine peut servir, abandonnée à elle-même, elle comporte sa fin propre qui est d’accroître la puissance. Avec un avion, je vais plus vite et plus loin qu’à pied ; avec un marteau-piqueur, j’abats plus de charbon qu’avec un pic, et avec une bombe, je tue plus d’hommes qu’avec un couteau. La machine est faite pour dominer, pour vaincre : les choses et les hommes et comme vaincre c’est toujours un peu briser, elle est infiniment plus efficace dans la destruction que dans la construction. Nous possédons la bombe qui détruit les villes, et demain nous pourrons détruire le monde en une seconde, nous ne saurions jamais le créer en un aussi bref instant. Car la puissance peut broyer, seule la vie peut engendrer la vie.

        La machine, c’est la volonté de puissance et la volonté de puissance, c’est la machine. C’est le peuple le plus avide d’or ou de conquêtes qui invente les meilleures machines. Et c’est le peuple le plus dégagé de préjugés qui les emploie le mieux. La volonté de puissance s’est incarnée dans l’expansion et dans son accomplissement suprême : l’impérialisme des Etats. Les périodes de plus grands progrès techniques, ce sont les périodes de prospérité capitaliste et à un degré encore plus grand, les périodes de guerre entre Etats. Ce qui caractérise le monde totalitaire où nous vivons, c’est la symbiose du politique et du technique, l’accord entre la volonté de puissance des chefs d’Etats et la curiosité objective, le sens mécanique, la docilité bornée des techniciens. L’hitlérisme était l’expression d’une société où les plus hautes capacités techniques s’alliaient à un sens extrême de la discipline d’Etat ; la bombe atomique est le produit monstrueux de cet accouplement de la politique et du technique. Comme des fous rares et précieux, l’Etat enferme les savants quelque part au milieu des landes, fournissant de coûteux aliments à leur manie d’insectes aveugles et recueillant soigneusement le fruit redoutable que leur inconscience élabore. « Nous n’y sommes pour rien, si nos inventions servent à ça ». Grand argument des scientifiques… C’est bien pour cette démission qu’il leur sera un jour demandé des comptes.

    2. Tu as vraiment lu l’article, ou tu as juste sauté sur l’occasion pour raconter ton blabla ?
      Il est indiqué qu’Internet devrait rester _technologiquement_ neutre, ou en tout cas, qu’il devrait se rapprocher d’une certaine neutralité technique, mais que socialement, il est très loin d’être neutre.
      La neutralité technique n’a _rien_ à voir avec la « neutralité technologique ». Quand on demande la neutralité du net, on ne demande pas qu’Internet n’ait aucun effet sur la société. Tout le monde sait très bien qu’Internet a causé, et causera encore des bouleversements majeurs sur la société. Ce qu’on demande, c’est que le tuyau ne décide pas ce qu’il doit transporter ou non.
      Du coup, c’est ton commentaire qui est complètement creux, AMHA.

      1. Merci, j’ai lu l’article. C’est précisément ce dont je parle : que la prétendu neutralité à laquelle prétend ce système masque l’idéologisation du système lui-même. Mais du coup, je crains que vous n’ayez rien compris à ce que je racontais. Manque de culture sans doute, AMHA.

          1. Au sujet de la démarche scientifique, je ne peux que recommander « Itinéraire de l’égarement » & « Une folle solitude » d’Olivier Rey. Une approche intéressante est également fournie par Gérard Amzallag : « La raison malmenée » et « L’homme végétal ».

            Mais il y en a tant d’autres…

        1. En clair Laurent veut façonner avec les autres un tuyau absolu de partage et de liberté.

          Il en semble assez détaché — au point même de s’entacher d’un prétendu mensonge simplement issu des limites de la pensée.

          Du coup pourquoi, Marti, même si elle existe vraiment, évoquer la désillusion conséquence de la technophilie, où le sujet hypnotisé ne cesse de se confondre avec son objet/jouet jusqu’à oublier sa propre vie et ses responsabilités ?

          Internet, qui est plus construit pour survivre que pour détruire, peut en multipliant les ouvertures et en créant plus de proximité, nous aider à mieux nous organiser, à mieux communiquer, à mieux évoluer.

  3. Excellent texte (si je puis me permettre un tel jugement), avec du recul, de la mise perspective, une certaine prise de risque -inévitable lorsqu’il s’agit de parler de l’avenir. Du grand Chemla, as usual. Je ne sais pas si tout sera forcément vérifié dans les années à venir, et je ne sais pas si tout se passera « sans douleur ». Mais ce qui est sûr, c’est que nous vivons un moment charnière dans l’histoire des civilisations humaines. C’est un brin ironique pour des gens d’un « certain âge », qui pensaient que les grandes avancées étaient derrière nous, et que certains principes étaient acquis de manière immuable. Alors que tout reste à (re)faire.
    Merci Reflets, et bravo pour Pas Sage En Seine également.

  4. La transparence, pour aller où ?

    Assez d’accord sur le fond. Mais tout cela pointe quelque chose de très juste, il me semble, c’est de savoir qu’elle réponse nous apporterons à la transparence ? Oui, nous allons voir plus que jamais ce que les puissants font de nous ? Oui nous allons être de plus en plus leur jouet ? Oui, les corrélations vont extraire de Facebook tous les serial killers potentiels… Et comment répondrons-nous à cela ?

    L’asymétrie de pouvoir subsiste et reste entière. La transparence va-t-elle la rendre encore plus insoutenable ?

    1. D’autant que les « puissants » sont mal identifiés, qu’il est nécessaire d’organiser une « société de surveillance des surveillés » (merci aux BBA canal historique); que cette « élite », à laquelle nous appartenons de facto, puisque nous « entendons » ce (génial) article, est bien mieux formé à ce sujet que le citoyen/prospect/client/patient/administré/consommateur… « lambda »; que le gap entre les spécialistes de la question et les « décideurs » qu’ils soient politiques ou financiers ou industriels est de moins en moins grand…
      Pour s’y préparer, il faut, à mon humble avis, de la pédagogie; mais le temps manque ??

      Ca me donne envie de DL Truman Show (excuser moi pour les réf. culturels…)

  5. « Quand des bidouilleurs en tireront des tableaux, clairs »

    Des bidouilleurs ? Qui sont ces bidouilleurs ? Qui aura les connaissances nécessaires pour bidouiller ? Les jeunes de banlieue ou les jeunes de centre ville ? Et quel contrôle le reste des citoyens aura t-il sur ces bidouilleurs ?

    Si Internet réussit à changer les mains du pouvoir il ne changera pas la domination et l’exploitation de la majorité des individus par une minorité (celle qui saura coder).

    Penser le progrès social sans violences est vain.

  6. Très bon texte Laurent mais je ne te suis plus quand tu dis : « les monnaies virtuelles transnationales telles que le bitcoin pourraient constituer une vraie opportunité ».

    Oui sans doute, mais l’exemple (Bitcoin) est très mal choisi. En l’état Bitcoin me semble en effet porteur de Très Grandes Illusions (TGI), bien pires que celles exposées dans la première partie du texte. Voici pourquoi :

    http://ouishare.net/2013/05/bitcoin-human-based-digital-currency/

  7. Merci pour ce texte passionnant à lire.

    Toutefois, j’ai beaucoup de mal à partager la conclusion qui dit en substance « il faut accepter de sacrifier notre vie privée pour le bien de l’Humanité ».

    D’une, la transparence n’est pas un gage de changements de mentalité. Echelon, PRISM ne modifieront pas fondamentalement le comportement de la plupart des gens. Il faut voir aussi le nombre d’affaires qui ont éclaté ces dernières années, sans que l’on voit émerger une quelconque réponse sociale.

    De deux, je refuse de sacrifier la liberté fondamentale de mon Droit à la vie privée en espérant que le comportement des hommes et femmes corrompus en soient altérés. C’est leur faire un tel cadeau… !

    Je pense qu’il faut plutôt promouvoir l’éducation populaire, le partage, les échanges, la diversité pour que les gens se battent pour l’Internet que nous souhaitons, plutôt que de croire en l’illusoire vertu naturelle de la Transparence.

  8. Excellent article, merci.
    Un point a considerer dans cette discussion et quand on commence a impliquer la masse des utilisateurs dans les debats et les decisions est qu’il faut faire attention a preserver l’equilibre.
    A l’oppose des derives possibles dans les discussions qui restent au sein de « spheres politiques et privees » il y a aussi la dictature des foules, qui ignorent les minorites. Les manifestations contre le mariage gay en est un exemple, une tentative par une majorite bien pensante d’imposer un point de vue qui prive une partie de leur concitoyens de certaines libertes. Des manifestations en masse qui meme si elles sont pacifiques font que ceux qui sont le plus directement affectes par le sujet n’osent probablement pas sortir de chez eux ces jours la. Une violence latente plutot que directe, mais non moins oppressive.
    La vraie transparence, ca n’est pas seulement la diffusion de l’information vers toutes les parties prenantes, c’est aussi un effort conscient de mettre avant tous les aspects a considerer, et un effort conscient d’inclure dans la discussion un echantillon vraiment representatif de la population dans son ensemble, y compris les minorites. C’est aussi s’assurer que les responsables de la decision finale pourront prendre une decision informee, ce qui n’est certainement pas le cas du processus democratique qu’on connait aujourd’hui (combien vont dans le detail et creusent vraiment le pour et le contre des differentes propositions mises en avant par les candidats avant d’aller voter?)
    Donc je reverrais un peu la conclusion: meme si il n’y a rien a cacher au peuple, il faut aussi craindre la dictacture des foules. La beaute du Net est qu’il est beaucoup plus facile, voire inevitable, d’inclure toutes les parties prenantes dans les discussions.
    J’espere donc que le Net nous permettra de faire evoluer les processus de decision (prives comme public) vers des processus de democratie participative qui garantiront une vraie representation (statistiquement representative) de toutes les parties prenantes et une vraie mise en avant de toutes les aspects (le pour et le contre) d’une decision. On peut voter par internet, donc la technologie est la. La vraie transparence sera de mettre les bons processus en place.

  9. Il y a tellement de choses dans ce texte Laurent Chemla.
    La conclusion de Slim Amamou est bienvenue je trouve pour aller au bout de la révolution numérique comme on dit : « La société de surveillance generalisée est inéluctable. La seule voie c’est la distribution massive de ce pouvoir ».

    Reste que derrière cette conclusion, complément essentiel à mes yeux car le simple contrôle par la transparence d’un pouvoir s’instituant encore tel qu’actuellement n’est pas une option tenable, on peut mettre beaucoup de choses et des contradictoires même.

    Distribution massive de pouvoir, donc?
    Mais encore? Why what who how?

  10. « Je doute qu’il y ait jamais eu une seule innovation qui n’a pas détruit le modèle économique d’un tiers. Il faut imaginer la tronche du type qui pré-mâchait la viande crue pour le vieux chef de tribu édenté quand on lui a montré un gigot rôti. S’il avait eu un lobby à l’assemblée du clan, on peut être à peu près sûrs qu’on aurait eu une HADOPI pour empêcher les feux de camp »

    Personnellement j’aime croire que c’est le système qui perverti l’homme, et pas l’inverse.
    Je suis convaincu que le machouilleur de viande crue avait une conscience sociale beaucoup plus élevé que la notre.
    C’est l’une des conséquences de tout miser sur les libertés individuelles.

    Plus de conscience sociale, plus de lien à la terre et moins se focaliser sur les libertés individuelles…. je ne sais pas…

    Le documentaire « l’esprit des plantes – intelligence végétale », en particulier le truc avec les coudous est vachement parlant….

    Une vie plus simple, la campagne… le vercors ????????

    Même si je ne partage pas forcément ton opinion je suis pressé de pouvoir enfin matter ta conf à PSES…

  11. La comparaison village d’antan village global est intéressante, et je l’ai pratiqué bien souvent. Mais en y réfléchissant bien, il y a un gros gros gros changement : antan on pouvait émigrer, changer de lieu, refaire sa vie, il y avait des tas de villages.
    Avec le village global, il n’y a qu’un village, pas possible de refaire sa vie ailleurs. C’est LE village. On y est enfermé. C’est la différence fondamentale entre la liberté (je peux choisir mon village) et l’enfermement.

    Alors oui, c’est vrai que tous ne pouvaient pas partir, c’est vrai qu’il fallait en vouloir, mais bon, les deux amériques se sont bien fondées sur des millions de gens qui ont bougé.

  12. Les secrets des simples citoyens n’auraient peu d’importance que dans une société et une civilisation totalement respectueuses de son prochain, sans jamais de mauvaise intention. Auquel cas on n’utiliserait ce qui dérange que parce qu’il y a effectivement des raisons louables et justifiées de le faire. Mais dans une civilisation qui promeut l’individualisme et le dépouillement de son voisin, dans une civilisation où l’on cherche toujours des boucs-émissaires, dans une société qui se prétend démocratique mais peut baculer vers un régime encore moins démocratique suite à une crise économique grave, il y a certainement des secrets qu’il vaut mieux que les voisins ne connaissent pas. On n’a rien à cacher tant que personne n’a de mauvaise intention *contre* nous. Par ailleurs une société qui serait totalement respectueuse d’autrui n’aurait pas besoin de révéler de secrets puisque tout le monde considérerait l’autre comme son égal, l’autre soi, et n’aurait donc aucune intention cachée à révéler au grand jour. Non, seuls les secrets de ceux qui ont trop de pouvoir méritent d’être mis au grand jour. Laissez les autres vivre en paix comme ils peuvent !

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