L’article qui cyberterrorisait tout Internet

by @Slim404
by @Slim404

Nous savions que c’était dans les bacs, et le voici, maintenant adopté par le Sénat. Alors que dans le même temps, le Figaro évoque le fait que 95% des cas de radicalisation sont le fruit de rencontres bien physiques, c’est une fois de plus Internet que l’on stigmatise.
L’Article 10 de la énième loi antiterroriste vient donc consacrer la pénalisation de la consultation de sites web « terroristes »… au sens large. Car souvenez vous, le sens large, c’est celui adopté dans l’article 421-1 de la loi du 14 mars 2011 dont vous vous souvenez probablement plus du petit nom, la LOPPSI 2.

Article 421-1
Modifié par LOI n°2011-266 du 14 mars 2011 – art. 18
Constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, les infractions suivantes :
1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, l’enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d’aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport, définis par le livre II du présent code ;
2° Les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique définis par le livre III du présent code ;
3° Les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous définies par les articles 431-13 à 431-17 et les infractions définies par les articles 434-6 et 441-2 à 441-5 ;
4° Les infractions en matière d’armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires définies par le I de l’article L. 1333-9, les articles L. 1333-11 et L. 1333-13-2, le II des articles L. 1333-13-3 et L. 1333-13-4, les articles L. 1333-13-6, L. 2339-2, L. 2339-5, L. 2339-8 et L. 2339-9 à l’exception des armes de la 6e catégorie, L. 2339-14, L. 2339-16, L. 2341-1, L. 2341-4, L. 2341-5, L. 2342-57 à L. 2342-62, L. 2353-4, le 1° de l’article L. 2353-5 et l’article L. 2353-13 du code de la défense ;
5° Le recel du produit de l’une des infractions prévues aux 1° à 4° ci-dessus ;
6° Les infractions de blanchiment prévues au chapitre IV du titre II du livre III du présent code ;
7° Les délits d’initié prévus à l’article L. 465-1 du code monétaire et financier.

Et ce n’était qu’un début. Parce qu’une fois que la notion de terrorisme est aussi bien établie pour des atteintes à la vie que pour des délits financiers, en passant par de la détérioration de biens ou les infractions relatives aux mouvements dissous par arrêté, il était crucial d’introduire un peu de cyber dans tout ça, histoire de « moderniser » la loi.

On ne dérive plus, on cybersombre.

Il a donc le principe général, qui pose les bases en s’appuyant sur une définition la plus large possible du terrorisme. Assez pour qu’on s’en garde un peu sous le pied afin de réprimer toute personne visitant une page web de ce que quelqu’un a qualifié ou voudra qualifier de terroriste un jour ou l’autre.

Traduit en termes cyber, ça nous donne ceci :

« Art. 421-2-5-1. – Le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages, images ou représentations soit provoquant directement à la commission d’actes de terrorisme, soit faisant l’apologie de ces actes lorsque, à cette fin, ce service comporte des images ou représentations montrant la commission de tels actes consistant en des atteintes volontaires à la vie est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. »

Les mots ont leur importance car ici, il n’est pas fait mention de sites web sur lesquels on trouverait trace de délits objectivement définissables comme « l’appel au meurtre » par ailleurs déjà réprimé par les articles 222-17 et 222-18 du code pénal

Le législateur ouvre donc la possibilité de réprimer bien plus durement, mais surtout, bien plus largement. Un « acte terroriste » n’étant pas forcément un acte entraînant la mort, on imagine assez aisément qu’on est toujours le terroriste d’un autre.
La notion « d’organisation terroriste », qui trouvait déjà un pendant légal dans la notion de « bande organisée », viendra parfaire le décor.

Exemple de la vie quotidienne : le menu de navigation de Windows Vista est un attentat à l’ergonomie qui terrorise les utilisateurs, donc Microsoft est une organisation terroriste, donc visiter le site web de Microsoft est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende… et si en plus vous faites une mise à jour, vous voilà passibles de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

L’exception qui marque une régression

  • Journaliste « professionnel », ne t’inquiète pas, les boites noires ne loguent pas ;
  • bloggueur, anonymise toi ;
  • lanceur d’alerte, ferme la.

« Le présent article n’est pas applicable lorsque la consultation résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public, intervient dans le cadre de recherches scientifiques ou est réalisée afin de servir de preuve en justice. »

« profession ayant pour objet d’informer le public » tout le monde aura compris que l’on parle de journaliste PROFESSIONNEL.
Sont également exemptés les chercheurs (dont c’est l’objet d’étudier le « terrorisme ») et les experts judiciaires.

La cerise sur le gâteau est une pastèque

Et la petite cerise qui criminalise de manière brutale à peu près tout ce qu’elle peut ou veut qualifier de terroriste :

« Art. 421-2-5-2. – Le fait d’extraire, de reproduire et de transmettre intentionnellement des données faisant l’apologie publique d’actes de terrorisme ou provoquant directement à ces actes afin d’entraver, en connaissance de cause, l’efficacité des procédures prévues à l’article 6-1 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique et à l’article 706-23 du code de procédure pénale est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. »

Si vous n’avez pas bien compris le message… si vous souhaitez créer un site miroir de Copwatch, de Wikileaks, d’un blog de ZADiste ou de bérets rouges c’est 5 ans et 75 000 euros d’amende.

Quoi ? Tu es « anonymous » et tu consultes Anonops ? … toi tu vas avoir des problèmes…

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29 thoughts on “L’article qui cyberterrorisait tout Internet”

  1. Merci pour cette article.

    Ca me fait penser, qu’il faut que j’arrète de consulter le site du senat et que j’évite les recherches sur google. Que j’aille me désabonné au compte twitter de Sarko.

    Je vais bloquer tout les ip sortant de ma machine tien sauf wikipedia et debian.org … quoique debian font un systeme pour les indépendentistes c’est pas trop OSsouverain tout ça, comment je vais faire mes maj moi maintenant sans payer 30 000euros

    Blague ou pa

      1. /!\ Ne suivez pas le liens si pas de carte de journaliste /!\
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Terrorisme

        En plus ils ont une pages dédièe pour ça… les fous

        Bientot seul facebook sera disponible en france, dans sa version Made in France sécure (ou orange sécure c’est au choix) par contre :

        « Merci d’envoyer votre mots de passe à mon chef de guerre interieur, c’est une question de sécurité nationale antiteroriste »

        Votre maitre commender V comme Valls

  2. C’est rétroactif? parce que je pense que beaucoup de monde ont vu des photos d’attentats, les ont diffusés etc…
    Et la TV qui montre les images des terroristes? Vraiment on vit une drôle d’époque. On ne doit plus réfléchir, plus s’informer en dehors du télécran, ne plus chercher d’explication des faits. Il faut tout simplifier à un point tel qu’on devient simpliste. On devrait aussi réécrire l’histoire comme on simplifie l’ortograf (sic)
    Après le siècle des Lumières, on est désormais en plein obscurantisme. Suis dég.

  3. Ca veut dire que je n’ai pas le droit de m’informer par moi meme ?

    C’etait quel zine de nouveau, qui avant les attentats du 11 septembre avait dit que des reseaux terroristes semblait prendre des cours de pilotage ? uzine ? minirezo ?

    Ca veut dire que s’il le gouvernement fait plein de lois inapplicables, car ne permettant pas de resoudre le probleme (explosifs), je n’aurais pas moi, le droit d’avoir un esprit critique sur cette loi, car on a substitué la démocratie à la (pseudo) technocratie ?

    Veut on cacher la poussière sous le tapis ?

    1. Ce n’est pas pour minimiser le danger, mais moi, pour m’informer, je le fais sur des sites qui ne poseront pas de problèmes.
      Quand, par exemple, je veux être informé des manipulations faites par l’extrême-droite, je ne vais pas sur un site d’extrême-droite, je lis des journalistes qui font cette analyse eux-mêmes (et je peux utiliser mon esprit critique sur base des infos données et des réactions des autres journalistes à l’esprit critique que je suis).

      Bref, je considère que je suis qlq’un qui « s’informe » par moi-même pas mal. Et je constate que cela ne changera pas grand chose pour moi. (par contre, oui, ce qui sera considéré du jour au lendemain comme « terroriste » est un danger)

      1. Salut j-c,

        Pas pour t’encourager à aller lire l’extrême-droite mais j’encourage à trouver les sources de l’info. Qui te dit (ton esprit critique ?) que les journalistes qui relaient l’info le font objectivement ? À moins d’aller au plus près de la source, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher un détournement de l’info.

        Et malheureusement ça se voit beaucoup, l’orchestre qui joue faux… Par exemple les infos sur la Russie, le moyen-Orient, etc…
        En France, il y a des « infos » relayées venant des chaînes arabes qui sont mal traduites et cela change tout le sens de l’interprétation au final.
        Sans aller à l’internationale, je crois que chacun dans son domaine est capable de voir comment l’info est simplifiée, transformée, etc…

        1. Cela ne m’empêche pas au cas par cas d’aller vérifier la source de l’info, mais c’est du cas par cas et cela ne rentre donc pas dans le cadre de l’article de loi qui s’attaque à une consultation habituelle.

          Ensuite, c’est extrémement rare de voir des infos qui ne sont pas ensuite elles-mêmes analysées par d’autres journalistes (sauf si on se restreint à TF1, ce qui n’est pas une fatalité, il y a énormément de sources journalistiques alternatives, elles-mêmes en concurrence).
          Par exemple, quelles sont les infos mal relayées que vous avez détricotées vous-mêmes et dont aucun journaliste des médias alternatifs n’a parlé ?

          Finalement, j’ai un gros problème avec l’idée qu’un amateur éclairé soit systématiquement plus compétent en analyse qu’un journaliste d’un média alternatif. C’est sans doute du au fait que la grande majorité des fois où j’ai vu qlq’un dire une énormité, celui-ci s’ennorgueillait de se faire sa propre opinion tout seul, tandis que le démontage des énormités a chaque fois été fait, entres autres, par des journalistes.

          Cela ne m’empêche pas d’être critique envers ce que je lis (j’ai écrit un autre commentaire pour cet article, où je commente trois aspects que je trouve mal équilibrés (pas faux, simplement mal équilibrés) mais qui est en attente de modération). Mais je constate que je n’ai jamais eu besoin pour cela de faire quelque chose qui rentre dans le cadre de l’article de loi dont il est question ici.
          (et de nouveau: cela ne veut pas dire que cet article n’est pas dangereux. Simplement, je ne comprends pas ces réactions sur le danger pour les « lecteurs éclairés »)

          1. Mais alors comment être certain que le site sur le quel nous consultons une analyse , n’est pas un site qui tombe dans la définition de la loi ?

            Ah moins que reflets ne soit un site façade d’une entreprise étatique prônant la lutte dans l’espoir de la manipulé , je pense que celui-ci pourra, un jour ou l’autre et avec l’aide d’une ou deux petite loi de plus, tombé dans le collimateur des emmerdeurs. Non ?

          2. Je n’ai pas a etre assujetti à des journalistes, car je n’ai pas à etre consideré comme stupide.
            Ceci: que je sois competent ou non, car je n’ai pas à etre infantilisé.
            Il n’y a pas d’infantilisation à « juste titre », tant qu’on est dans un systeme ou l’on considere que les gens sont responsables de leurs propres destins.
            (Et je ne parle meme pas de « démocratie »)

          3. Et puis en toute honneteté, je me moque de ce que tu fais toi, parce que tu n’es pas un exemple que j’ai envie de suivre; contrairement à la posture que tu prends.

      2. ouai, c’est ça.
        « Moi, je n’ai rien à me reprocher donc… bla bla bla »

        Je le connais, ce baratin or il se trouve que la presse avec laquelle tu n’es pas d’accord peut dire des choses juste.

        Quand à crier au nazi pour tout et n’importe quoi, je connais aussi ce procedé.

        1. Je ne dis pas « je n’ai rien à me reprocher », je dis au contraire à chaque fois que cette loi est dangereuse.
          Ce que je dis, c’est qu’être un citoyen indépendant et critique ne passe pas, selon moi, par la lecture habituelle des sites extrémistes (et je demandais simplement de me donner des exemples où c’est nécessaires, ce que je n’ai pas eu).
          Et donc, lorsque tu dis que cette loi empêchera ça face à quelqu’un qui défend cette loi, cette personne comprend que tu n’es pas un interlocuteur sérieux, et cela discrédite les bons arguments.

          Cela dit, ce n’est que mon opinion, et je voulais juste apporter mes 2 cents. Je n’ai jamais prétendu que mon opinion était la vérité, je voulais juste la confronté aux autres pour éventuellement la changer. Dommage du ton qu’a pris si rapidement la discussion.

          1. Lis minute.
            Tu trouves des trucs que tu trouves pas sur france2.
            Apres, le reste est un probleme d accessibilite de l information.
            Je pense que les sites qui se font descendre des qu ils disent une connerie ont une pression selective.
            Comment ca, je suis un troll ?
            Je suis oppose a la censure et je n aime pas le « diviser pour regner » a la sauce Valls. Point.

          2. Ben déjà, je n’ai pas réussi à voir la vidéo de revendication d’Amady Coulibaly, même via torrent…

            Si j’ai envie de vérifier ce que dit Cedric Mas (qui d’ailleurs n’est même pas journaliste, donc sans doute punissable par cette loi) à propos de Dabiq, je fais comment?

            Et quand des chercheurs reconnus ont voulu publier « Al Qaeda parle » ils ont eu largement autant d’emmerdes que les réalisateurs de « Salafistes », même si les deux, appartenant au sérail, ont finis par pouvoir publier leurs trucs.

            Tout ceci bien sûr avant que toutes ces lois soient publiées…

      1. Sauf qu’il est plus facile de trouver des journalistes non mainstream que des non-journalistes non mainstream.

        À l’heure actuelle, il y a une vraie demande d’un petit groupe de lecteurs pour du journalisme de qualité, qui font des dons pour soutenir ces initiatives.
        Cela fonctionne uniquement si les journalistes de ces groupes montrent au quotidien qu’ils font du bon boulot, et si un article est mauvais, ils peuvent le payer cher.
        En tant que journalistes, ils peuvent subir des pressions, mais ils ont aussi des protections: tout d’abord via les nombreuses assocs qui défendent les droits des journalistes, et ensuite via leurs lecteurs.

        Face à ça, un non journaliste est beaucoup moins fiable: il n’a pas d’intérêt à faire du bon journaliste. Si son but est de se faire mousser, ou de promouvoir une idéologie, ou simplement parce qu’il a un gros égo, vérifier ses sources à fond ne lui sert à rien. Non seulement il s’en fout si on arrête de le lire, mais en plus, il ne risque pas grand chose car il peut toujours se cacher derrière le fait qu’il n’est pas journaliste et qu’il n’a donc de devoir envers personne. Parmi ses buts, il y en a peu qui l’oblige à être honnête, au contraire, certains buts le poussent à être biaisés.
        Au niveau des pressions, c’est une cible plus facile: il peut être attaqué sur ses autres activités, là où ça fait mal, et être facilement décrédibiliser s’il essaie de se défendre (vu que ceux qui disent des conneries et puis crient au complot sont courants).

        Je suis étonné de voir que certains, face au « mauvais journalisme », au lieu de prôner un renforcement du bon journalisme, tombe dans le cliché stupide du « c’est pas nous c’est eux » et soutiennent les non-journalistes non pas parce que ceux-ci sont intrinséquement meilleurs (ils sont intrinsèquement moins bons: la part de « bons » est forcément plus petite, et s’ils sont bons, ils peuvent facilement devenir journalistes), mais parce qu’on s’identifie à eux plus facilement. C’est le coup classique de la création d’un groupe ennemi pour simplifier la situation et se rassurer.

  4. Quelques remarques pour relativiser un peu le côté anxiogène de l’article « les politiciens vont tous nous mettre sous les verrous » (cf. https://youtu.be/8WiiqssAME4 ).

     » Alors que dans le même temps, le Figaro évoque le fait que 95% des cas de radicalisation sont le fruit de rencontres bien physiques, c’est une fois de plus Internet que l’on stigmatise. »

    Logiquement, la phrase du Figaro ne prouve pas qu’internet ne joue pas un rôle. Il faut pour cela prouver que ceux qui se radicalisent ne le font pas via des contacts physiques ET internet.
    Je peux facilement imaginer la chose suivante:
    – M. X rencontre M. Y, et M. Y tente de le radicaliser, en discutant avec lui durant une heure. M. X rentre chez lui et continue sa vie normale, et oublie ce que M. Y a dit.
    – M. X rencontre M. Y, et M. Y tente de le radicaliser, en discutant avec lui et en lui donnant des adresses de sites internet. M. X rentre chez lui, et regarde de temps en temps les sites internet, ce qui nourrit sa paranoïa et son impression qu’il subit une injustice.

    Je connais mal la radicalisation religieuse, mais pour pouvoir observer la radicalisation dans le racisme, internet joue très certainement un rôle dans celui-ci: je connais bcp de personnes qui ne seraient pas aussi radicales aujourd’hui si elles n’avaient pas traîné sur les sites confusionnistes.

     » on imagine assez aisément qu’on est toujours le terroriste d’un autre. »

    C’est la nature même de la justice.
    De la même façon, on est toujours le « collaborateur à une dictature d’un autre ». Si Amesys se fait un jour condamné (on peut rêver), c’est parce que certains ont décidé relativement arbitrairement que le régime Libyen est méchant (c’est un cas extrême, tout comme personne ne doute que les auteurs des attentats français sont méchants). Mais de la même façon, on pourrait tout autant dire que Wikileaks est méchant (car il met en danger des gens qui ne font que défendre leurs valeurs), et que Wikileaks doit être condamné pour les mêmes raisons que Amesys.
    Bref, dans les deux cas (le cas de l’article ou le cas où on condamne Amesys), on a toujours un jugement qui peut dériver en fonction de ce que veut celui qui a le pouvoir.
    En d’autres termes: si on refuse les éléments qui permettent un choix subjectif, on doit aussi refuser toutes les lois qui permettraient un jour de faire condamner Amesys.

    « tout le monde aura compris que l’on parle de journaliste PROFESSIONNEL. »

    Vu que la carte de presse s’obtient aisément (pour peu qu’on soit vraiment journaliste), cela ne me pose pas vraiment de problème.
    http://www.votrejournaliste.com/13-choses-a-savoir-sur-les-journalistes-et-les-medias-francais/#Avoir_une_carte_de_presse_sobtient_assez_aisement
    Et vu que c’est « l’usage habituel », je ne pense pas que le bloggeur ou le lanceur d’alerte risque réellement quoi que ce soit, à moins qu’il s’amuse à faire de la surveillance, ce qui ne me parait pas très sain.

    À part cela, évidemment, la situation est vraiment mauvaise et en l’état, ces décisions sont très dangereuses.

    1. Vue la façon dont le Bataclan avait été nommément menacé par un jihadiste sans que la police informée de ce fait ne daigne en prévenir les responsables de la salle, faire de la veille (comme le fait Cédric Mas par exemple) peut être considéré relativement prudent…

  5. Ohoho mais les journalistes pro’ ne sont même pas à l’abri d’une bavure si « la consultation résulte de l’exercice [a]normal » du journalisme…

    Que voudrait dire « normal » ?

    Plus on est flous, plus on rit.

  6. le Gus en bleu a eu son premier accès au web* il y a 20 ans. Le Gus en bleu est encore sous contrat avec un FAI commercial* et bidouille encore avec des logiciels privateurs*. Le Gus en bleu aime la devise française*. Le Gus en bleu n’a pas été assez attentif aux cours de musique et d’art plastique dans le cycle secondaire*. Le Gus en bleu pour défendre ses convictions* poursuit sa radicalisation* dans les inter-tubes via Wikipédia*. C’est tout de même la médiathèque* la plus proche, la plus accessible et la plus fournie. Le Gus en bleu applique pourtant les recommandations de l’ex Garde des Sceaux* (le Gus en bleu regarde hélas encore la télé*) pour paraphraser* Mme T’obéiras : « lire,(son livre « Murmures à la jeunesse », le Gus ne dispose pas de budget littéraire*) même les mots compliqués, faire les recherches nécessaire pour devenir… exégète*… mais amateur dés fois que l’on parviendrait à faire une étude approfondie et critique de son texte sacré*.

    Voila pourquoi le Gus est en bleu*. Le Gus en Bleu pour survivre, doit se salir les mains quotidiennement*, au détriment* de sont intégrité physique* et psychologique*. Le Gus en Bleu n’est pas plus instruit* et cultivé*(acquis*) qu’un routeur*, mais son intelligence* est inné*

    Le Gus en bleu déplore* les réflexes de téléspectateur* profondément ancrés dans l’esprit de j-c.

    j-c écrit : « Quand, par exemple, je veux être informé des manipulations faites par l’extrême-droite, je ne vais pas sur un site d’extrême-droite…

    j-c aurait du écrire : « Quand, par exemple un journaliste m’informe sur de potentielles manipulations faites par l’extrême-droite, je ne vais pas sur un site d’extrême-droite(pas fous non plus, ils ne vont tout de même pas dire à leurs adhérents en cours de radicalisation qu’ils se fond embobiner).
    Alors comment recouper et vérifier cette info à mon niveau? Réfléchissez bien avant de répondre.

    Enfin, le Gus en bleu tremble à l’idée d’avoir décelé une coquille…
    Le Gus en bleu ne maîtrise pas du tout le verbe ni le clavier. Le Gus en Bleu ne comprend pas toujours les subtilités de l’esprit.
    Alors le Gus en bleu parce qu’il est né il y a un certain temps et a connu le service militaire obligatoire* se demande si il doit bien lire à la fin de l’article : …un blog de ZADiste ou de bérets rouges c’est 5 ans et 75 000 euros d’amende.
    Ou alors les BONNETS rouges…?

    Ne tapez pas fort, ni sur la tête svp je suis juste un Gus en bleu…

    1. « Alors comment recouper et vérifier cette info à mon niveau? »

      Prenons par exemple la manipulation suivante: le FN dit « le nombre de Y est X ».
      Un journaliste dit alors: le FN a fait de la manipulation, car il dit que Y est X, cf. copie d’écran, et pourtant Y n’est pas X, cf. source [1].

      Je veux recouper et vérifier cette info à mon niveau.
      Pour vérifier la première partie, je regarde la copie d’écran.
      Si j’arrive assez tôt sur l’article, je vérifie sur le site FN en question. Si j’arrive plus tard, c’est inutile: vu qu’ils peuvent changer la page quand ils veulent, voir que l’info y est différente ne me permet pas de prouver quoique ce soit.
      Au final, cela me fait au grand maximum 1 clic vers 1 page spécifique par semaine (les rares fois où je suis un des premiers à lire l’article), rien qui puisse qualifier de « lecture habituelle » (une différence courante en droit, où le contexte est pris en compte, comme par exemple dans le cas du harcèlement).
      Je regarde aussi les commentaires autour de l’article: si cette copie d’écran est falsifiée, cela ne passera pas inaperçu et ce sera relevé par les autres observateurs, indépendants du FN (et en général tout aussi critique du FN).
      Pour vérifier la deuxième partie, je regarde la source [1].
      J’utilise ensuite ces infos pour me faire une opinion.

      Aucune de ces actions ne requiert d’aller régulièrement sur le site du FN.

  7. Bonjour.

    Si je m’insurge contre la déclaration de Fabius affirmant qu’Al Nosra fait du bon boulot en Syrie, est-ce que je tombe sous le coup de la loi, vu que je « transmets intentionnellement des données faisant l’apologie publique d’actes de terrorisme » ?

  8. @Reflets, Pour les contributeurs sans cartes de presse, quels sont désormais les risques de tomber sous le coup de cette loi? Déjà que Bluetouff a été condamné pour avoir faire une recherche gougleu…

  9. Enveloppé de chlorophylle, et de soleil,
    le sable blanc des grandes îles berce le sommeil.
    Les secrets, planqués dans des cases, ont des goûts truqués;
    la nuit tombe, comme un couteau sur un condamné.

    San Salvador © 1974 Bernard Lavilliers

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