La République des lettres et la République des nombres

Le concept de République des lettres, même s’il n’a jamais vu le jour en tant que tel, représente une certaine idée de l’Europe et de son rayonnement. Plus de 6 siècles après l’invention de cet
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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d’autres médias. Ni « désengagé » ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

13 thoughts on “La République des lettres et la République des nombres”

  1. « les citoyens peuvent-ils accepter que des intelligences artificielles leur dictent leurs conduites ? »

    Si une (ou plusieurs) singularité IA bienveillante voyait le jour, elle pourrait être intégrée au débat démocratique sans que ça choque l’entendement (ce serait même souhaitable attendu ses capacités cognitives) ; sur son droit de procéder aux votations en revanche c’est lui reconnaître le statut d’être à part entière, ce qui pose comme implicite d’avoir correctement cerné ce qu’est un être.

    J’ai arrêté ma réflexion à : un être est une entité capable d’opérer des choix conscients ou inconscients qui ne soient pas uniquement dictés par une programmation antérieure (génétique ou artificielle) (le fœtus n’est donc pas un être dans les conditions actuelles de l’IVG par exemple).

    Ensuite il faut reprendre la définition de la démocratie : association à parts égales des membres d’un groupe dans l’exposé et le débat jusqu’à arbitrage de toutes propositions.

    Il faudrait donc reconnaître à cette (ces) singularité IA le statut de membre à part entière du groupe.

    Bref, ça se discute sérieusement, au sein d’un processus démocratique.

  2. Une petite remarque sur « le regain du sentiment religieux ». C’est eronné.
    La France (et ce n’est pas le cas du Monde) perd chaque année de plus en plus de croyants et ce même si l’équilibre des religions varie (cf. « Pew Research Center »). Les prédictions donnent même l’athéisme comme « première croyance » du pays d’ici 2050.

  3. Puisque c’est le progrès, on vous dit, retournez donc dans vos grottes eh, les rétrogrades ! Quoi j’ai pas bon ?

    Dans la même veine, si ça peut compléter le sujet voire motiver l’écriture d’un nouvel article, voici le bonheur des algos appliqués cette fois, au secteur des transports « autonomes ». Au programme (entre autres) le choix des *victimes* en cas d’accident, calculé voire aléatoire : qui tuer, de préférence ? Les occupants du véhicule, ceux des autres véhicules ? Les piétons ? Ceux dont l’algo pense qu’ils enfreignant la règlementation ? Les moins nombreux ? Ou selon la préférence du propriétaire ?

    http://www.technologyreview.com/view/542626/why-self-driving-cars-must-be-programmed-to-kill/
    http://www.wired.com/2014/05/the-robot-car-of-tomorrow-might-just-be-programmed-to-hit-you/

    Au passage, je fais le pari que la loi sanctuarisera un peu plus, pour l’occasion, l’embarquement de logiciels exclusivement propriétaires dans tout ce qui roule et qui communique avec un truc qui roule. Idem cf. les algos à pollution variable ou encore eCall, la signature des messages « légitimes » M2M/V2V en général. Quant au fichage, il a encore ses plus beaux jours devant lui.

    http://spectrum.ieee.org/cars-that-think/transportation/advanced-cars/researchers-prove-connected-cars-can-be-tracked
    http://www.automotion.lu/article/les-nouvelles-bmw-equipees-de-l-appel-d-urgence-automatique-ecall
    http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-534_es.htm
    http://ec.europa.eu/digital-agenda/ecall-time-saved-lives-saved

    Asimov, reviens!

    1. surtout que eCall va surement faire comme OnStar aux USA: vendre les donnees afin de recuperer de l argent.
      donc on va pouvoir savoir qui va ou et fait quoi …
      d ici qu il soit interdit de deactiver ce mouchard il n y a qu un pas

  4. « Le caractère déshumanisant de cette nouvelle gouvernance algorithmique ne peut être camouflé par des discours laissant croire que des idéaux ou des valeurs fondent les décisions politiques. Sans projet autre que celui de l’atteinte d’objectifs chiffrés, la société n’est plus gouvernée. Elle est gérée. Mécanisée. »

    De fait, mais le choix des chiffres produits ou occultés par nos « gestionnaires » pour justifier leurs politiques n’en résultent pas moins d’options idéologiques préalables et sous-jacentes. Face à la dette grecque, l’option néo-libérale privilégie le pillage et la privatisation des ressources de l’état : on aurait tout aussi bien pu s’appuyer sur les statistiques qui quantifient la misère pour privilégier le redressement de l’état et la restauration d’une sécurité sociale digne de ce nom.
    Plutôt qu’arguer des chiffres du chômage pour détricoter le pacte social, on pourrait tout aussi bien arguer de la croissance de la grande précarité et du nombre de sdf pour renforcer le rôle de protection de l’état.

    Ces choix et le choix même des données à encoder relèvent de la décision politique : les données recrachées sur les imprimantes ne servent qu’à rétrospectivement les justifier et les objectiver.

    1. Bien sûr, même si on ne peut plus distinguer a posteriori de valeurs morales le choix de tel ou tel mode de gouvernance (et son fonctionnement intrinsèque) n’est pas neutre.

      Ce qui reste injustifié et injustifiable c’est que nous (la plèbe) n’ayons aucune voix au chapitre de ces décisions politiques ; pourquoi acceptons-nous, somme toute docilement, tel état de fait ?

      Peut-être un début de réponse (c’est du Lordon, vous cliquez à vos risques et périls).

    2. D accord avec Samson. c est pas les donnees qu il faut condamner mais l utilisation biaisee de celle ci afin de justifier ceci ou cela. Surtout que nos dirigeants au final arrivent toujours a justifier leur echec par un « c est pas de ma faute » (Sarkozy, c est de la faute de la crise. Hollande je sais pas encore ce qu il va inventer pour justifier son plantage et tenter de trouver les pigeons qui vont voter pour lui) voire par un truquage des statistiques (comme par ex pour le nombre de voitures brulees, on a invente « brulees par contagion quand le feu avait ete mit a une voiture voisine. A un moment il y a eut carrement un black out sur le sujet car meme trafique les chiffres etaient mauvais)

  5. Cet article est intéressant et pertinent sur plein d’aspects, mais quelque chose me gène

    Modéliser un système avec des maths, résoudre un problème qui se pose sur ce système grâce à nos connaissances des mathématiques, et appliquer la solution au système, quand c’est bien fait, ça marche ! (Par définition, si ça ne marche pas c’est que le problème n’était pas bien modélisé).

    Par exemple, les machines qui pilotent des fusées ont un modèle mathématique dans lequel elles injectent les données venant de tous les capteurs. En déduisent l’état du système, ce qui ne va pas, et comment faire pour le corriger.

    Il y a une phrase que j’aime bien, « les chiffres, c’est comme les minijupes, ça donne une idée tout en cachant essentiel ». Sachant que l’essentiel est d’une complexité terrifiante, les chiffres ne permettent pas de l’appréhender, les lettres non plus.

  6. L adulation de la science est plutot quelque chose du XIX sciecle ou on croyait que celle pouvait resoudre tous les problemes.
    Lisez Jules Verne par ex.

    Quand aux chiffres, meme si l auteur a raison sur le delire que consiste des consignes du genre X expulsions ou + 1.5 % de croissance cette annee, il faut pas jeter le bebe avec l eau du bain.
    IL est quand meme dans certain cas mieux d etre juge avec des donnees chifrees que de facon totalement subjectives (et donc la victime de l arbitraire de la personne qui decide)
    Apres il y a en effet l algorythme qui peut etre entachee de prejugé ou simplement sans le cas d algo s enrichissant eux meme ils adoptent les prejuges des utilisateurs (cf le fait que google propose aux USA pour un nom de famille comme suggestion la verification des antecedents judiciaires si le nom a la consonance d un noir)

    1. Le scientisme positiviste a de beaux jours devant lui (cf. les investissements massifs dans les recherches qui peuvent potentiellement mener à l’immortalité, calico, 2045, etc.)

      Sur le traitement automatisé de données à des fins de gouvernance, l’éthique est prépondérante et avec ce qu’ont déjà montré nos très chers élus on peut sereinement statuer qu’avec telles orientations axiologiques les bénéfices potentiels sont sans commune mesure avec les risques potentiels.

  7. Est-ce à côté du sujet si je rappelle que cela ne change rien aux pauvres qui sont de plus pauvres, aux riches de plus en plus riches, et qu’on nous raconte de plus en plus de conneries pour éviter de mettre du sens à cela ?

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