La photo au féminin

La photographie est une technique de reproduction de la réalité inventée par des hommes et expérimentée par ces derniers. Portraitistes, reporters, photographes sociaux, sportifs, très rapidement cette expression lumineuse a envahi les différentes strates sociales. Petit à petit, l’art photographique se met au service de la femme et de ses courbes corporelles mises en valeur de différentes façons par la gente masculine. On retient particulièrement les clichés des stars telles que Brigitte Bardot, Marlène Dietrich et bien d’autres encore. Bien qu’elles semblent prédestinées à s’exposer devant l’objectif, nombreuses sont celles qui ont osé l’impensable : glisser leur regard derrière un appareil photo.

Si il est difficile de déterminer quelle est la première voleuse de lumière, on peut avec certitude citer quelques unes de ces femmes qui ont marqué, chacune à leur manière la photographie par leur regard subtil et leur sensibilité toute particulière.

Diane Arbus, New York et ses bizarreries

C’est par son mari, que cette jeune new yorkaise des années 20 apprend la photographie à 14 ans. D’abord styliste, elle n’osera explorer cet art que dans les années 60. Fascinée par l’étrangeté de cette société américaine pudiquement débridée, Diane capture ses concitoyens au travers de portraits intimistes et souvent dérangeants. Elle noue avec ses modèles une proximité extrême qui lui permet alors de prendre des images saisissantes d’authenticité. Proximité si intense qu’elle n’hésite pas à coucher avec ses modèles attrapant moult maladies sexuelles qui ont failli l’emporter à trépas plusieurs fois. Handicap, transexualité, homosexualité, nanisme, et autres bizarreries de la nature humaine nourrissent la production de cette femme sensible et dépressive. Elle dresse ainsi un tableau saisissant et troublant de sa société urbaine.

En 1967, elle vole l’image de ces deux jumelles qui inspireront quelques années plus tard le cinéaste Stanley Kubrick pour son film Shining.

Diane Arbus est une des maîtres du noir et blanc. Un fort contraste, des noirs tranchés, un cadrage très serré, un décor inexistant font de ses prises de vue une scène perturbante où l’observateur se trouve embarqué dans un autre temps, dans un autre monde, dans un étrange voyage vers ce que l’humanité aimerait cacher. Elle tient à maîtriser le travail graphique dans son entièreté. Ainsi, elle développe elle-même ses propres clichés.

Mais Diane est une femme fragile, elle mettra fin à ses jours en 1971, noyant à jamais une oeuvre considérable dans une overdose de barbituriques.

Gisèle Freund, un regard sur les têtes pensantes

Gisèle Freund est une fugitive de l’Allemagne nazie. Adolescente, elle apprend la photographie et se passionne pour cet art. C’est au travers d’une vie riche en voyages et en rencontres qu’elle devient le témoin de la vie intellectuelle des années après guerre, jusqu’en 1981 où elle fera le cliché officiel de François Mitterand.

Très rapidement, Gisèle se mettra à l’agfacolor. Ainsi, elle sera une des premières à réaliser des portraits couleurs de ses modèles. Les prises de vue, telles que celle ci de Virginia Woolf, se déroulent lors d’une conversation, de manière naturelle. Le modèle est comme pris à son insu, donnant une sensation de discussion de salon et de proximité de la personne. C’est cette intimité qui frappe chez cette voleuse de lumière, cette impression d’avoir toujours connu la personne.

André Gide, Sartre, Simone de Beauvoir, Samuel Beckett, André malraux, Cocteau.. peu échapperont au regard acéré de la portraitiste. Elle se pose ainsi comme le véritable témoin d’une réalité sociale de l’époque où la pensée, la philosophie et l’existentialisme occupaient les terrasses de café de Paris et d’ailleurs.

Gisèle ose parfois de légères mises en scène. Ainsi, on voit Jean Cocteau allongé près d’une main sculptée, clope à la main, dans une attitude douloureusement pensive, les lèvres légèrement maquillées, mettant en valeur la personnalité énigmatique de cet homme de lettres. Gisèle Freund est une amie avant d’être une voleuse d’images et c’est cette complicité qui rend ses clichés plus intimistes encore.

Bettina Rheims, la nudité vue par une femme

Bettina Rheims est une des femmes ayant osé photographier la nudité de la façon la plus crue et la plus incorrecte. Les mêmes clichés pris par des hommes auraient sûrement été vulgaires mais elle a su rajouter ce zest de pudeur qui fait de ses prises de vue une scène délicate et troublante.

Cette photo issue de la série « chambre close » capture des images de jeunes modèles jouant un rôle de prostituées, et ce dans des espaces très confinés, colorés mettant nos sens à la limite de l’overdose.Cette photographe française aime photographier l’incorrect, la nudité, la pauvreté sexuelle voire la soumission. La scandaleuse n’a pas peur des paradoxes en capturant tantôt des nudités provocantes, tantôt des hommes politiques voire des présidents (Jacques Chirac).

Bettina est une voleuse d’images « dans le vent », et c’est grâce à Paris Match entre autres, qu’elle a pu photographier les stars de la musique, du cinéma… Elle réalise ainsi des prises de vue subtiles, très colorées et où il n’est plus question d’intimité, de moments volés mais bel et bien de starification et de strass.

On perçoit son génie en observant sa facilité pour restituer la personnalité publique de ses modèles. Tantôt elle saisit une Madonna sexy et allumeuse, tantôt une Juliette Binoche délicate et réservée.

Alexandra Boulat, le reportage au féminin

Fille du célèbre photo reporter pierre Boulat, cette voleuse d’images , morte d’une rupture d’anévrisme en plein reportage en Cisjordanie, a vécu sa vie entière au service du reportage de guerre. Elle est l’une des rares à avoir su allier la photographie artistique et le reportage au travers de prises de vues saisissantes de réalisme et de douleur. Alexandra s’est évertuée à photographier les femmes au sein de la guerre : mortes, en deuil, en prison… c’est la douleur qui règne en maître sur ses images. Une douleur solitaire, intense qui donne à voir une réalité des coulisses de la guerre, réalité bien plus angoissante que celle des armes.

Mieux qu’un commentaire, laissons nous pénétrer de ces images.

Alexandra Boulat arpente les dessous des guerres et prend ses clichés au hasard d’une prière

d’une manifestation

Cette photographe a bel et bien réinventé le photo reportage, elle a su capturer de belles images, fortes et angoissantes.

Liz Hingley, une jeune anglaise au service de la photographie sociale et familiale

Le concours de la femme photographe, le prix Virginia a vu sa première édition s’achever il y a quelques jours. Cette chronique ne peut s’achever sans en mentionner la lauréate, une jeune anglaise qui saisit des images familiales avec une procédure bien à elle. C’est en vivant quelques mois au sein de familles défavorisées de Londres qu’elle ramène des séries de vie, et comme elle aime le dire elle même, des scènes d’amour familial, cet amour qui perdure au delà de toute adversité et qui lie les humains entre eux au hasard des rencontres et des naissances.

Liz Hingley est pour l’instant peu connue du public. Elle photographie avec simplicité, spontanéité et franchise. Cette photographie sans fioritures, sans ambages, sans faux semblants, semble marquer notre XXI ème siècle.

 

Le monde de la photographie ne peut plus faire sans les femmes. Elles ne sont malheureusement que peu présentes sur les listes de lauréats des grands prix photo et c’est dommage. Leur regard amène un vent nouveau fait de finesse et de subtilité. Les voleuses d’image s’attachent particulièrement au détail, celui qu’on ne voit pas ou qu’on préfère ignorer. La guerre, la nudité, la souffrance, la pauvreté… rien ne fait peur aux captureuses de lumière, elles veulent être là, témoins implacables de nos réalités sociales, elles remplissent ainsi nos silences d’images lumineuses.

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41 thoughts on “La photo au féminin”

  1. Ah, que ça fait du bien un peu de féminité dans ce monde de papiers de mâles, avec belles images offertes généreusement qui plus est -:)
    Très surprenantes ces 2 jumelles, ça me titille. En tout cas, à chaque virage du gamin dans son kart dans les couloirs du grand hôtel dans la montagne, je fondais de trouille dans mon fauteuil.

    Bon, en tant que mâle barbare, je pourrais me vexer de lire ce genre de choses :  » Leur regard amène un vent nouveau fait de finesse et de subtilité. » -;) Mais bon, il doit y avoir un peu de vrai, je me sens parfois rustre. Et tiens, au hasard des rustreries, un vendredi, un mafioso et des complices m’ont fait un drôle de cinéma in fine ; j’aime bien les mafioso et les complices, cela dit…

    Merci pour ce papier, merci de m’avoir appris des choses aussi. Cette Liz Hingley est à la limite de la flasheuse avec smartphone.

    Il faudra que je pense à ce truc à l’occasion :
    « La photographie, c’est la conscience même de la peinture. Elle lui rappelle sans cesse ce qu’elle ne doit pas faire. Que la peinture prenne donc ses responsabilités. » Diane ARBUS.
    Je disais il y a fort longtemps à un passionné outré que la peinture était morte en tant qu’Art, à mon avis. Oh!

    ————-
    2 détails :
    leur regard subtilE
    reportage de guerreS (?)
    ————-

    Bon dimanche, je quitte l’espace commentaire que je squatte un peu là :)

  2. corrigé :)

    Oui les jumelles sont surprenantes, j’aime beaucoup cette photo. D’abord parce que shining est un des films qui m’a fait le plus peur dans mon adolescence et encore maintenant! ensuite parce que les jumeaux est un phénomène fascinant à mon sens.

    Il ne faut pas que les mâles barbares soient vexés. Nous avons forcément par essence des regards différents et la différence ne veut pas dire qu’il y a supériorité d’approche. les femmes ont certes un regard fin et subtil mais les hommes ont, quant à eux, une approche directe et corporelle dans la photographie qui est tout aussi intéressante. La différence entre les sexes est une richesse et je trouverais stupide de mettre le débat sur qui est le meilleur, nous sommes complémentaires, différents et nous nous enrichissons mutuellement. Les femmes peuvent être rustres elles aussi, et elles ont, contre toute attente, beaucoup de violence en elles. Il n’y a qu’à les voir quand elles ont le pouvoir pour en tirer quelques conclusions. La photographie est un art de l’image qui sait, plus que tout autre, faire passer des émotions contradictoires et des sentiments forts. Je pense que les femmes savent particulièrement jouer avec les paradoxes de l’image et de la réalité. Le fait d’enfanter n’y est sûrement pas étranger car on le sait bien l’enfantement est quelque chose d’une violence inouïe mais aussi d’une douceur incroyable. Nous portons ce paradoxe en nous, pas les mâles :) c’est un fait.

    Un mafioso et des complices? youh tout un programme. J’espère que tu t’en es sorti indemne parce qu’avec cette engeance on ne sait jamais hein ;)

    La peinture n’est pas morte, loin de là. Je ne le pense pas. MAis le numérique particulièrement en photo, permet des choses qu’on aurait jamais osé imaginer sur un chevalet et nous sommes dans cette ère là. En ce moment, il y a une mouvance de photographes (beaucoup de femmes aussi) qui font des peintures sur photos. Ils shootent, développent puis peignent à la main ou en photoshop. Cela donne des résultats surprenants et je pense que le nouveau souffle de la peinture se trouve là. Un exemple :
    http://emiliemoysson.com/detail_image.php?nr=5&r=4&ni=12

    C’est particulier, très onirique, parfois hyper étrange mais il y a une voie à surveiller, j’en suis convaincue. Et alors peut-être qu’enfin la peinture et la photographie se réconcilieront.

    Bon dimanche squatteur de commentaires :)

  3. Une dernière chose, oui Liz hingley n’a aucune technique ou presque. D’ailleurs, elle le dit elle même (je l’ai rencontrée lors de la remise du prix virginia) la technique ne l’intéresse que peu. Ce qui l’intéresse c’est de saisir des moments.

    Il y a de plus en plus de photographes smartphones, et qui en font l’apologie (ce n’est pas le cas de Liz mais elle pourrait s’en rapprocher). En cinéma, le phénomène arrive aussi. J’avoue ne pas du tout adhérer à ce concept. La photographie est plus qu’une capture d’images, le matériel a son importance et l’appropriation de son matériel aussi. Un appareil photo, cela se chouchoute, s’explore, se découvre et s’apprivoise. Un smartphone n’a rien de tout cela.
    la photographie émane de la relation entre l’homme (ou la femme), l’appareil photo et le modèle. Je n’entends la photo qu’ainsi. Et c’est une longue et lente découverte humaine et technique. Avec le smartphone, on annule cette relation avec la machine et c’est dommage. Et quant au modèle mettre son corps devant un smartphone n’a rien à voir avec mettre son corps devant un objectif photo. Ce sont vraiment des expériences différentes totalement.

  4. Ecoute epimae, je t’avoue que Homme et Femme c’est trop compliqué pour moi comme sujet. Je n’ose même plus y réfléchir, je me suis raboté au seul niveau du feeling, enfin dans la mesure du possible :)
    Sinon, oui, bon, ça va la frime, vous savez faire des bébés, ok. Mais nous on a l’étincelle, hé, ho ;) En plus, il y a cette histoire de « brassage génétique » ; Nature semble avoir trouvé ça intéressant à développer. Et je ne te parle pas des « sensibilités » et intelligences différentes, si tu exclues les aberrations comme MAM ou Lagarde et consorts par exemple comme axe aberrationnel -:), c’est cool en théorie. Je suis je le confesse plus sensible à la polarité jeunesse/vieillesse comme ordonnancement des choses. Mais c’est un autre sujet…

    Merci pour Emilie Moysson. Comme tu dis, vraiment intéressants ces travaux qui mêlent photo/photoshop/3D.
    Pour la peinture, on en reparlera à l’occasion. Franchement, je ne vois pas comment la faire coller avec ce que à une époque un peu passée était un de mes grands centres d’intérêt, tout ce qui se joue dans l’interactivité/le « Virtuel », et que je crois être la vraie rupture artistique liée au numérique. En gestation…

    L’Homme et sa machine à faire des choses, l’appareil photo pour toi.
    Je te cite
    « Et quant au modèle mettre son corps devant un smartphone n’a rien à voir avec mettre son corps devant un objectif photo. Ce sont vraiment des expériences différentes totalement. »
    et te réponds
    « Et quant au modèle CAPTURER de manière imprévisible UN corps AVEC un smartphone n’a rien à voir avec mettre un corps devant un objectif photo. Ce sont vraiment des expériences différentes totalement. »
    Du coup, on est d’accord je pense :)

    Vraiment, cette histoire d’oeuvre d’artiste opposée à action du profane est compliquée, riche, et comme la vie est bien faite ramène directement à tant d’autres choses bouleversées par le net et le numérique, notamment et pas seulement des plateaux télé sur des sujets trèèèèèès sérieux et graaaaaaves :)

    Well well well, bonne fin de weekend à toi chère epimae.

    1. « tout ce qui se joue dans l’interactivité/le « Virtuel », et que je crois être la vraie rupture artistique liée au numérique. En gestation…  »
      +1
      Le statut du spectateur/acteur/récepteur/regardeur/co-auteur est démultiplié, complexifié via l’interactivité (reste à préciser les qualités de cette dernière). Ca met à mal cette saloperie de contemplation -souvent trop passive pour être honnête- issue du classicisme suintant le neo platonisme à plein nez.

      « Vraiment, cette histoire d’oeuvre d’artiste opposée à action du profane est compliquée, riche, et comme la vie »
      life s a bitch?
      Plus sérieusement, cette question pose problème car souligne les mécanismes de création de valeur arty (indissociable de sa valeur monétaire si l’on en reste aux mécanismes institutionnels de labélisation artistique). Ca nous amène directement à la culture ou plutôt aux cultureS et aux mécanismes purement humain faisant prévaloir l’une sur les autres. Cette question a été débattue entre autres par Guattari et Rolnik dans Micropolitiques. Perso, je trouve ça dommage d’opposer « oeuvre d’artiste » et « action du profane », ce sont des régimes de productions et d’intentionnalités différentes qui ne visent pas les mêmes objets (reste encore à préciser les termes « oeuvre », « artiste » et « profane »).
      Mais après tout, n’est ce pas le regardeur qui fait le tableau? :p

      1. Pfiiiiou :)

        Et en plus ton post est bouclé, il finit par où il a commencé. Classe!

        Tu as raison pour ta remarque sur « oeuvre d’artiste » et « action du profane », écrit à la va vite et polarités mal choisies (oeuvre, action, artiste, profane, symétries pas claires), et de toute façon insuffisantes. Ta remarque sur la création de valeur arty par exemple…

        Dis donc, tu devrais écrire un papier pour Reflets sur « Du devoir de Hacker grave l’art des contemplatifs », au hasard :)

        « Mais après tout, n’est ce pas le regardeur qui fait le tableau? :p »
        -> :) Enorme sujet!
        Mais on peut le contourner du moins en partie je crois, si on garde à l’esprit la différence que je crois essentielle
        entre un tableau encadré et proposant une image
        et
        des algorithmes incertains et co-produisants avec le « public » images.
        Vertus et vertiges du virtuel du brillant Quéau bien entendu.

        1. flo(w), Quéau a écrit il y a 2 jours sur son site Metaxu un papier qui concerne je crois l’objet dont nos quelques lignes sont le sujet, en gros :)

          Il l’a appelé « L’âge Intermédiaire » son billet.
          Il m’impressionne un peu ce Philippe là, mais ça reste entre nous…

          1. Ma remarque sur la création de valeur arty visait juste à questionner le statut d’une oeuvre, à souligner qu’elle n’apparait pas ex nihilo, au contraire, cela nécessite la coopération d’une foultitude de personnes des mondes de l’art pour la faire advenir comme telle (howard becker: les mondes de l’art, pierre michel menger: portrait de l’artiste en travailleur). L’artiste n’est pas le seul producteur de l’oeuvre, les assistants, les artisans employés par l’artiste dans le cadre de la production de l’objet d’art, les critiques d’art, commissaires d’expo, galeristes, historiens de l’art, conservateurs, collectionneurs, commissions d’experts chargés des achats des institutions,… sont des maillons nécessaires participant à faire d’une oeuvre ce qu’elle est, à cadrer le sentiment esthétique des regardeurs. A ce titre, un centre d’art agit de par sa simple existence comme un socle, les visiteurs savent que ce qu’ils vont voir à l’intérieur est de l’art. Ils peuvent aimer ou non les oeuvres, mais la labélisation se fait ici en tant qu’argument d’autorité quasi dogmatique. Si les visiteurs voyaient durant une promenade en ville des objets identiques à ceux qu’ils ont vu dans un centre d’art, malheureusement, une majorité ne les regarderait pas de la même manière (du fait de l’absence du socle institutionnel, de l’absence de cartel, donc de l’absence d’indication « this is art, trust me baby « ). La labelisation « ceci est de l’art » n’est pas apportée par l’artiste, du moins pas tant qu’il n’est pas une super star internationale dont la signature est à très forte valeur ajoutée (valeur qui reste très fluctuante durant la vie de l’artiste et comme le disent de nombreux conservateurs allergiques à l’art contemporain (lié en partie aux contraintes juridiques gravitant autour d’une oeuvre d’art) un bon artiste est un artiste mort (car les dites contraintes juridiques s’en trouvent alors réduites)).

            L’histoire de l’art, la sélection opéré par des « experts » dans le passé crée un socle cadrant en partie notre appréciation de l’art, en un sens on se soumet à l’influence des critères véhiculés par d’autres dans le passé…et dans le présent si l’on s’intéresse à la critique d’art contemporaine, à l’esthétique, au marché de l’art,…L’artiste lui même est soumis à un réseau relationnel (bien s’entendre avec certains critiques d’art, avec certains commissaires,…) pour que sa production puisse être labelisée en tant que « highbrow art »,ou Art (c’est une AOC). Aussi, la production d’objet d’art n’est pas la seule activité de l’artiste s’il veut être reconnu comme tel et que ses oeuvres acquièrent l’aura désormais virtualisé d' »oeuvre d’art » (méfiez vous des imitations) et ce depuis 5 siècles.

            Concernant Philippe Quéau, il est impressionnant même s’il est platonicien (XD). C’est marrant que tu pointes cet article, je suis en train d’analyser un bouquin de Jacinto Lageira « la déréalisation du monde » qui traite des rapports entre simulacre, fiction et réalité. Cet article de Quéau s’éclairerait d’un nouveau jour si l’on y introduisait les rapports dynamiques de ces notions (mais il est impossible de poser en une page ce que d’autres personnes « impressionnantes » posent en 300). Quéau, diplomé de l’X, de l’INT et de l’EHESS, fondateur d’Imagina, j’en passe et des meilleurs…ça calme.

            Quand à « ce sont les regardeurs qui font le tableau », c’est une célèbre citation attribuée à Duchamp.

            « Du devoir de Hacker grave l’art des contemplatifs » mériterait en effet d’être travaillée. La posture de hacker permettrait certainement de s’attaquer à la relation oeuvre/visiteur de manière riche.

          2. //Je vais alléger mon implication commentaires à présent, besoin activer pas mal d’autres choses.

            -Voui voui voui. Je perçois chez toi une envie de désinstitutionnaliser l’art (contemporain mais pas que). Remarque, ça tombe bien, vu que la tendance dans ce pays fossilisé c’est de tout « muséifier » avant même que ça naisse.
            Et si ça nait pas comme il faut pour les canons muséaux des zautorités, tu es mal.
            Tiens, le Point Ephémère a fermé d’un coup un jour il y a pas longtemps parait il, mais bon pas grave, on a la nuit blanche et pâle et si parallèle pour faire de Paris une ville « Lumière »!

            -Quand il y a rupture majeure, les validations basé sur le passé de la part des experts me fait marrer. Ils sont bien emmerdés avec les graffs, les jeux vidéo, les mondes « virtuels » eh oui, les intall ou les perfs pas comme il fut dans la lignée 60s/70s.
            Après, oui forcément, l’artiste est soumis à des contingences sociales zet relationnelles si il veut manger de son travail.
            Du coup, tiens, je te sens au feeling :) chaud sur ce sujet, si tu intègres le revenu de vie dans le circuit, ça peut donner à réfléchir différemment sur tout ça.

            – Tu es vache de dire que Quéau serait platonicien, lancé tel quel. Je le vois pas des masses atomiste, par exemple.
            Ce qui m’impressionne le plus chez lui, ce n’est pas les diplomes… hum, tu as gaffé là, tu as fait le contraire de hacker ;) : c’est son érudition, sa capacité à imaginer, sa poésie et son intelligence acérée, ce qu’il a réalisé dans la mesure de ses moyens le pauvre qu’ « ils » ont du le faire chier…, la diversité de ses centres d’intérêts qui semblent sans limite et cette capacité à synthétiser, et son humanisme.
            Bref, il serait très très utile à ce pays encrouté et corrompu.

            – J’aime beaucoup ce qu’a fait (créé?) Duchamp -:)

            – Hackons tout et tout le temps dans la mesure de nos moyens et dans le cadre de nos centres d’intérêts respectifs ;)

            Salut à toi flo(w)

          3. Pour Quéau, c’était une boutade, il se présente comme tel dans le texte pré-cité. Sa double formation sciences dures et sciences humaines matinée de saine curiosité et son apparent humanisme (apparent car je n’ai pas fait suffisamment de recherches sur ses créations) a effectivement quelque chose de rafraichissant. (et put1, c’est lui qui a mis en place Imagina, ça a grandement participé à me pousser dans ma voie).

            merci de ta participation, Amicalement,
            A+

  5. Oui Emilie Moysson est une artiste à découvrir. Humainement aussi… c’est une chouette nana, très humble qui est très inspirée par la peinture, particulièrement dali et Modigliani. On s’est retrouvées sur ces peintres là et bien d’autres.
    Je ne pense pas qu’on puisse être photographe sans avoir savouré la peinture. C’est d’ailleurs, à mon sens ce qui manque à certains artistes d’aujourd’hui, particulièrement les photographes et les cinéastes.

    Le numérique a amené d’autres regards, d’autres possibilités d’expression mais la peinture reste la source de tout. Contempler un Camille Pissaro, un Miro ou un Caravage procure des sensations inédites et renouvelées sans cesse. Le numérique quant à lui, nous permet, à nous photographes, de jouer sur des lumières qu’on ne peut, je pense, pas reproduire avec un pinceau. Mais cela signifie t’il la mort de la peinture, je ne le pense pas. Il y a une rupture artistique avec l’avènement du numérique, c’est vrai mais quand je vois de jeunes photographes, ou de jeunes cinéastes, se battre pour revenir à la pellicule ou à l’argentique, je me dis qu’il y a un lien à trouver entre le non numérique et le numérique. Peu d’artistes osent chercher ce lien mais il y aurait matière à chercher et à trouver j’en suis certaine.
    J’ai une amie peintre qui est une peintre dans les règles de l’art qui a inventé un autre mode de peinture où les corps se mèlent et se confondent. Perso, j’aime bcp ce qu’elle fait:
    http://maria.amaral.free.fr/
    C’est une peintre contemporaine, une peintre engagée dans sa vie de chaque jour qui est, je pense, intéressante à découvrir.

    La relation corps/modèle/photographe/appareil photo est un vaste sujet. On peut capturer de façon imprévisible un corps, même avec un appareil numérique. Les séances de pose n’ont rien de prévisible. J’aime bosser sans prévoir beaucoup mais il arrive un moment où l’appareil me guide et où la modèle me guide aussi sans le savoir. C’est un travail impulsif. Mais il y a des photographes qui calculent tout, c’est une autre façon de bosser.
    Le corps est un matériau de travail. Le modèle le sait et nous offre ce matériau pour quelques séances de travail. Toute la magie est de souligner ce qui est beau ou mystérieux dans ce corps, cela n’a rien à voir avec les canons au sens où on l’entend. Tous les corps sont beaux, mêmes handicapés, difformes ou je ne sais quoi mais tous les photographes ne savent pas retirer cette beauté. Diane Arbus, elle, a su exactement retiré cette essence. Elle est l’une des rares à avoir su le faire d’ailleurs.

    Enfin voilà… tout cela pour dire que le numérique et le virtuel ont ses limites et qu’il n’y a rien de plus sûr et de plus vrai que le réel qu’il soit vécu, reproduit en peinture ou en photographie ou sur quelque support que ce soit.

  6. Tiens, il y a eu un revenant de passage ce soir j’ai noté… Il a traversé Reflets en faisant vraouuuuuum :)

    Je me trompe si je dis que Emilie Moysson c’est un peu une Ken Loach mais à 1 image par seconde?

    Là c’est chiant le en ligne, vu les sujets abordés et tout ce qu’il y a à dire ça donne envie d’en causer IRL avec un mafioso par exemple, mais tranquillou pas en train de rédiger 300 lignes via un écran :)

    Il y a beaucoup de douceur dans les toiles de ton amie maria. Pour être sincère, c’est un de mes défauts, je ne suis pas fan totalement, mais bon.

    Vite fait, cette histoire de virtuel/réel/numérique, c’est pas simple. Un de mes dadas « naturels » c’est en plus de mater le présent droit dans les yeux d’essayer de regarder loin aussi.
    Du coup, je me dis que les arts numériques/virtuels? actuels, c’est un peu comme les premiers dessins rupestres vis à vis de toute l’histoire de la « peinture » qui a suivi.
    C’est à mon avis une rupture radicale ce dans quoi nous avons mis les pieds depuis allez 20/40 années à peine. On discerne à peine quelques trajectoires, il est trop tôt pour voir le dessin, mais c’est un autre monde pour Art et pas que Art, vraiment un autre monde, vraiment vraiment, « peut être bien ».
    Du coup, je garde les roots quand je peux, ballades en forêts à renifler les odeurs, randonnées en montagne avec ces moments uniques où moi et Nature dans le grand silence, manger des herbes, tout ça. Genre ours quoi ;)

    Dali Modigliani Pissaro Miro tu dis? Pourquoi pas? :)
    Tout est bon dans le cochon, après c’est question de préférences et de sensibilités pour les menus et leur fréquence.

    Voilà, il commence à être tard. Papotage sympa. Bonne semaine à toi et ta précieuse famille. Et merci encore pour tes Reflets photographiques epimae!

  7. De jolies photos, surtout en bas de la page. Et qui rejoignent un précédent article de toi epimae.

    huffingtonpost.fr/2012/10/27/elysee-jardins-ouverts-public-hollande-empreinte-chaque-president-palais_n_2031116.html?1351444130

    Bonne semaine à tous…

      1. Un peu obsessionnel peut être, mais je te propose ça :
        fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Beuys

        Je le trouve très très intéressant et très très « dans l’air du temps ». Cf sculpture sociale.

        Tu me diras ton avis quand tu auras un moment ok?
        :)

        1. Super intéressant! du coup je suis allée flâner du côté du mouvement fluxus dont j’avais entendu parler mais sur lequel je ne mettais pas vraiment de notions ni d’images.
          J’aime bien ce concept de sculpture sociale et d’interaction entre l’art et le social.
          Ce Joseph Beuys fut un sacré personnage et l’histoire de sa vie, enfin plutôt le mythe de sa vie n’est pas négligeable dans sa créativité. Le chamanisme, la crise psychique etc… m’interpellent fortement. Quand on travaille en psy, particulièrement auprès de patients schizophrène on cotoie une créativité toute particulière et cela me fait penser à cela.

          Dans l’air du temps? oui je le pense aussi.
          Quand je réfléchis à l’art intriqué dans le tissu social, cela me fait penser certains artistes des cités, tout ce que l’on appelle la culture de la banlieu. Ce n’est pas qu’un concept. Il suffit d’aller se balader dans certains quartiers pour voir que la production artisitique est parmi, avec au milieu des gens.
          Je prépare une série photo dans un quartier de Melun qui a été investi par des taggeurs, des artistes taggeurs. Leurs productions sont étonnantes et interpellent beaucoup sur ce qui se passe actuellement dans nos sociétés. Je pense faire cette série cette semaine, je te ferai parvenir quelques clichés. Tu verras on en recausera

          Je suis complètement en adéquation et sensible à cette notion de sculpture sociale. La création est l’affaire de chacun en tant qu’individu mais aussi en tant qu’acteur d’un groupe social. Et si la société doit avancer c’est pas ce biais là, j’en suis convaincue

          Merci de cette découverte fascinante, je vais continuer à farfouiller :)

          1. Cool :)

            Preneur des clichés.

            Et ça me rappelle le grand écart culturel avec les grands malades nuisibles finkielkrautiens qui avaient torturé des pauvres gosses avec La princesse de Clèves il y a un peu plus d’un an, et qui avaient tenté un buzz via vidéo sur le net – lol

  8. Bonjour,

    Pour la partie historique de la photographie au féminin, je me permets d’ajouter un nom : Claude Cahun.

    Un rebond sur le fil de discussion et le commentaire sur
    « la vraie rupture artistique liée au numérique » fait par « amicalement ».
    Bonne remarque. Les conséquences sont bien connues pour la musique et le cinéma. Qu’en est-il des arts visuels ?

    Cordialement.

    1. Epimae répondra mieux que moi quand elle aura le temps :)

      Remarques :
      – je ne suis pas certain que les conséquences soient si bien connues que ça à ce jour ;
      – le cinéma est un art visuel ;
      – le champ des arts visuels est très vaste, du cinéma à la photo en passant par l’art vidéo la peinture la sculpture les hologrammes la 3D certaines installations et tant d’autres choses anodines comme les tags et la graffs et pour ma part j’y inclue même les jeux vidéo et les « univers » en ligne.

      A suivre.
      Si tu as le temps de promouvoir ce papier sur quelques « lieux » où des gens vifs et ouverts s’intéressent à la photo en particulier et aux arts visuels en général… -:)

      1. Oui Claude Cahun aurait pu faire partie de cette chronique, particulièrement avec ses autoportraits, mais aussi bien d’autres encore.

        Effectivement les arts visuels sont très vastes, c’est difficile de mesurer les conséquences du numérique. On peut voir que de nouveaux arts visuels sont arrivés grâce au numérique. Je pense effectivement à certains jeux vidéos, aux hologrammes, mais encore beaucoup d’autres choses. Mais comme je le disais plus haut il y a aussi un retour à l’argentique en photo et même au daguerréotype.
        On peut voir aussi, à mon sens, de nouvelles formes de photographie et de cinéma grâce au numérique. Bon évidemment la 3D en fait partie (perso je déteste cela et je ne trouve pas la 3D très aboutie encore mais c’est un avis personnel).

        Par contre, le numérique et le web en général a opéré une mutation profonde du métier de photographe. Les rédactions se passent de plus en plus de photoreporters et récupèrent leurs photos sur le net. C’est d’ailleurs sur le constat de la disparition du photo reportage qu’une revue comme « 6 mois » s’est créée.
        http://www.6mois.fr/

        De plus en plus de gens publient leurs photos, les vendent sur le net, participent à des concours et il devient de plus en plus difficile de se faire connaître en tant que photographe tant la concurrence (mauvaise à 70 pour cent) est rude et immense.
        Certains photographes prédisent la mort de certains arts visuels et particulièrement la photo.
        Le seul côté positif que je vois c’est que pour se faire connaître il faut être original donc il faut chercher encore plus et plus fort. Mais parfois cela finit par devenir n’importe quoi à force de devenir original

        Mises à part ces conséquences triviales, il est difficile de tirer des conclusions fiables sur la rupture créée par le numérique sur les arts visuels. Enfin à mon humble avis.

        On peut analyser les évolutions du matériel photo également et les manières de shooter. En numérique on shoote plus et parfois de façon hasardeuse. En argentique on ne peut pas se le permettre à moins d’être un riche rentier :). Je pense que cela influence quand même le processus de création et pas toujours dans le bon sens.
        Cela a induit une forme de hasard dans le travail des photographes, de certains photographes devrais je dire et je pense que c’est dommage.

        Promouvoir ce papier? je pensais monter une revue web photo avec ce genre de papiers et des thèmes photographiques mais je ne trouve pas de photographes suffisamment dispo pour m’aider bénévolement à ce type de boulot. On a tous des boulots à côté car on ne vit pas de notre photo et du coup nos salariats grignotent petit à petit sur nos projets. Je tourne bcp sur ce souci depuis quelques temps.

  9. Merci pour l’article, c’est vrai que la femme et la photo ont toujours été intimement liées au départ, la première photographie érotique réalisée l’année suivant l’apparition du daguerréotype représentait une femme nue.
    La photo de Bettina Rheims est amusante, elle rappelle énormément un cliché d’Araki gràce au cadrage et à la pose du modèle.
    Mais j’ai du mal à saisir la conclusion: la photo (de même que les autres médiums arty du 20eme siècle) s’est constituée grâce aux photographes dont une partie non négligeable étaient des femmes, la photo ne s’est pas passée des femmes pour se développer et ne va pas commencer à le faire…
    Par contre, en ce qui concerne la parité totale dans les mondes de l’art, c’est clair que c’est une autre histoire (cf guerilla girls) mais on n’est pas non plus dans la situation artistique pré révolutionnaire qui était purement masculine et aristocratique à quelques très haut bourgeois près (cf nathalie heinich « du peintre à l’artiste » pour la situation française…cf la querelle du paragone pour la renaissance italienne).
    De plus, tu sembles limiter la photographie à la capture de lumière avec une connotation de reportage et de capture d’instants dits réels (non composés). Ca marche un poil avec Liz Hingley ou encore Nan Goldin (qui elle aussi s’insinuait dans la vie de personnes pour les prendre en photo à des moments qu’elle jugeait opportun) cependant la simple présence de la photographe modifie les réactions de ses « modèles »…
    Il y a aussi beaucoup de compositions et de boulot en studio dans le monde de la photographie et énormément de retouche (mariko mori, cindy sherman,…) et il y a aussi les travaux sur la mise en abime du medium lui même qui évacue le modèle (cf photo abstraites de Tillmans)…

    Et à part ça, qu’est ce qui t’a poussé à choisir précisément ces artistes pour faire cet article ? (en ce sens ou les femmes photographes ne manquent pas, il y a l’embarras du choix même s’il y a plus de photographes masculins).

    Et pourquoi la peinture serait elle à la source de tout? pourrais tu développer un peu car là c’est quand même un poil péremptoire ?

    1. arf je suis péremptoire effectivement :). J’aurais plutôt dû dire que la peinture est probablement le premier art de l’image qui continue d’ailleurs à en inspirer plus d’un. On compare souvent le travail des portraitistes peintres à celui des portraitistes photo d’entants.
      Le travail des peintres a permis un travail sur la reproduction de la réalité et sur la manière de la fixer dans le temps de manière plus ou moins fidèle. C’est à mon sens aussi le travail du photographe. C’est en cela que je dis que la peinture est la source de tout.

      En ce qui concerne mon choix des photographes, j’ai longuement hésité sur mon choix. J’ai aussi pensé à des femmes comme Graciela Iturbide ou d’autres…
      J’ai finalement fait le choix de présenter 5 femmes, aux personnalités et aux époques différents et avec des genres photographiques différents. Les autres auxquelles je pensais méritent à elles seules une chronique. Il s’agissait là juste de montrer des femmes un peu pionnières de leur genre et de leur spécialité mais je suis obligée d’avouer que je n’étais pas tout à fait satisfaite de mon choix. La seule obligation que je m’étais posée était de finir avec la lauréate du prix Virginia parce que je pensais qu’un tel concours devait être signalé. Il a été peu médiatisé et c’est dommage.

      Je ne limite pas la photo à la capture d’instants… Loin de moi cette volonté. Le travail en studio génère des choses hyper intéressantes et je ne les renie pas. C’est juste l’angle que j’avais choisi pour cette chronique. La composition photographique fait partie de mes projets pour cette chronique ainsi que le travail en studio et retouche.

      Donc voilà… j’essayerai d’être moins péremptoire et mieux argumenter mes affirmations. Quant au choix pour ces chroniques, c’est difficile car j’aimerais écrire sur pleins de photographes mais je suis obligée à chaque fois de faire des choix, choix hyper subjectifs et ne se basant pas que sur mes propres intérêts ou genres photo. C’est vraiment un exercice difficile.

      1. oki, merci pour les précisions.

        Mais j’ai toujours du mal avec ton coup d’état pictural. On pourrait dire la même chose de la peinture, de la performance ou de la danse, c’est pour cela que ça me démange là ou ça fait mal. L’image est avant tout image mental de l’artiste (disegno), dimension expérientielle de la production artistique (résistance du matériau en ses logiques propres, interaction artiste/médium) et image mental du regardeur (interaction plus ou moins unique oeuvre/visiteur).

        Cela dit, l’exercice d’écriture auquel tu t’emploies est effectivement difficile. La critique est aisée mais l’art est difficile ?

        1. Ceci dit dans l’art de l’image, la première image connue et reconnue est celle de la grotte de Lascaux. C’est, on peut dire la première image de l’humanité et la première peinture. C’est aussi cela qui fait que la peinture est la source de tout ce qui a suivi en terme de création d’images.
          Je ne parle pas de danse ou de performance où on trouve d’autres types de source. Je me place bien dans l’art de l’image quand je fais mon coup d’état ;) nulle part ailleurs

          :)

          1. Tu es certaine epimae pour Lascaux?
            Il y a des trucs dessinés aussi anciens ailleurs en France, et je crois en Espagne et au Portugal.
            Et même en Australie :)

            Du coup, l’histoire de l’art selon label EN de France…

            D’ailleurs, plus j’ai vieilli, mince flute, plus je me suis rendu compte du nombre de mensonges qu’on m’avait inculqués et du nombre de vérités qu’on m’avait cachées.
            Le choc avec « internet » va pulvériser cette engeance là ;)

  10. heuuu non en fait je suis plus trop sûre sur lascaux en fait je crois que tu as raison c’est en Espagne les plus vieilles peintures rupestres trouvées. Comme quoi l’histoire de l’art comme on nous l’a enseigné a la vie dure, j’ai sorti ça par réflexe en me disant que je me plantais! à ma décharge, je sortais d’une sieste donc les neurones un peu embrumés!
    Heureusement qu’il y a internet pour nous réapprendre l’histoire… voire la vie ;) ;) ;)

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