La haine en partage

Les présidents, les politiques en général, les intellectuels, les chefs d’entreprises, tous tweetent désormais. Mais pas seulement. Une très grande partie de la population se répand sur les réseaux sociaux. Et comme nous l’évoquions dans
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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

7 thoughts on “La haine en partage”

  1. La haine et l’ignorance ont existé de tout temps.
    Il y a 20 ans, internet était réservé à ceux qui avaient la curiosité d’esprit nécessaire pour configurer un ordinateur, un os, un navigateur, qui avaient l’appétit du potentiel d’échange que représentait internet. C’était un idéal progressiste, un monde à part. Une ile.
    Il y a 10 ans, bien que plus accessible il fallait toujours un mobile individuel de curiosité pour se connecter.
    Aujourd’hui, internet est aussi accessible qu’une bouffée d’air qu’on respire.
    Internet était jadis une niche pour les curieux et les idéalistes.
    L’ignorance et la haine y ont aujourd’hui accès. Et le visage d’internet est comme le monde conséquence de ceux qui le composent.
    Nous avons partagés nos utopies entre curieux sur cette ile. Absorbés ne voyant plus la haine qui n’a jamais cessée, cette haine attendait qu’on lui construise une autouroute pour y avoir accès.
    C’est pas foutu. Pas plus qu’hier, pas plus que demain.
    Juste la haine qui a débarqué sur l’ile.
    Vivre ensemble est toujours possible. A vrai dire je pense qu’on a jamais autant vécu ensemble que depuis qu’on a construit cette autoroute de l’internet. La haine fait parti de l’homme. Et c’est une bonne chose que les utopistes ne restent pas isolés dans leur tour d’ivoire. La haine et l’amour sont en discussion directe. Profitons-en et ne baissons pas les bras.

    1. Je dis un grand merci à l’auteur de ce commentaire qui décrit de manière assez bien imagée, une évolution d’Internet. Mais surtout cela me permet de mettre un peu d’eau dans son vin en comprenant que la haine faisant partie de l’Homme, mieux vaut s’en servir que d’essayer de la combattre non…?

    2. Merci pour ce petit moment d’optimisme :)

      Sur la construction de l’île Internet, j’ai bien aimé le bouquin « Aux sources de l’utopie numérique : De la contre culture à la cyberculture », de Fred Turner.

  2. Je suis en partie d accord avec Alix. La haine a toujours existe, elle fait partie de l homme (pour prendre un exemple lointain ou il n y avait ni internet ni meme journaux, regardez la St Barthelemy (500 ans a quelques jours pres) et les guerres de religion de l epoque)

    Le point ou je diverge avec Alix c est sur le fait qu internet etait il y a 10-20 ans un monde d idealistes. C etait surtout un monde de techniciens (car comme il l ecrit il fallait avoir les compétances pour se connecter et aussi l envie car c etait cher). Et en general les techniciens ne s interessent pas a la politique, aux news people et a tout ce qui fait le buzz actuellement.

    L irruption du monsieur tout le monde a transformé le net. On a donc maintenant des negationnistes, des partisans des theories du complot, des illuminati … Mais ils existaient aussi avant dans la vrai vie (simplement vous ne les côtoyez pas)
    De plus il y a aussi l antidote disponible sur le meme reseau. Vous pouvez surfer sur des sites nazis mais aussi voir les photos de Treblinka. La pire chose a faire serait de commencer a censurer certains pour devenir une chine bis. Ca ne resoudrait pas le probleme (meme en chine, malgre une police politique et un appareil repressif developpe le PCC fait face a une contestation), il serait juste masqué jusqu au jour ou il vous exploserait a la figure

    PS: pour donner de l espoir a l auteur, apres des decennies de massacres aux XVI sciecle, les francais ont fini par decider qu on pouvait vivre a cote de quelqu un qui croyait pas aux meme chose que vous. Donc le pire n est pas certain

    1. « Et en général les techniciens ne s’intéressent pas a la politique »

      Je vais passer pour un dinosaure, mais est-ce que ça vous dit quelque-chose:
      alt.anarchism
      alt.society.anarchy
      alt.fan.noam-chomsky
      talk.politics.*
      soc.politics

      Rappel, pour Usenet, le grand renommage (la rationalisation des noms de newsgroup) , c’est 1987. Bref, l’hypothèse du technicien moins politisé que les autres, je n’achète pas…

      Sinon, l’argument de la massification de l’accès au Web (et surtout à lui) qui ressort une frange plus large de la population, ça me semble imparable.

      Antoine: c’est sourcé, l’augmentation des haters dans le bouquin que vous citez ? Je me permets de douter (pas de nier, je n’ai pas de données propres), vus les biais qui peuvent tromper cette évaluation:
      * Les trolls aboient fort, et il passent plein de temps à le faire
      * Les sages ferment leur gueule quand il n’ont rien à dire
      * On remarque surtout les trucs qui nous choquent, et donc tu remarques sans doute plus les haters que les calmes
      * Internet est peut être une fenêtre sur la société, mais alors le verre est très déformant..

      Bon, c’est vrai que institutionnalisation du mensonge est choquante, mais comme tu le fais remarquer, elle n’est pas nouvelle. Je m’intéresse aux affiches de propagande de la première moitié du XXème siècle: à côté, Colin Powell est l’ange de la vérité et Trump l’apôtre de la subtilité.

      La propagande, ça vieillit mal et ça devient visible quelques décennies plus tard, quand elle ne fait plus mouche à cause d’une iconographie datée ou d’un trop grand décalage avec notre vision de l’époque. Alors ça s’oublie discrètement, ça s’enseigne peu ou pas, on en rigole en doutant de son efficacité jadis… Du coup, la propagande actuelle, une fois démasquée, apparaît comme une nouveauté. Mais est-elle réellement plus intense ou plus habile?

      Je partage ta douleur et ton inquiétude sur l’état actuel du mensonge mais j’hésite à conclure que ça empire durablement (ailleurs que sur Internet ou l’on était tranquille entre nous). Bon, d’un autre côté, dans les vieilles vignettes, la propagande allait croissante jusqu’à une guerre, et ça se calmait temporairement après… Je ne vais pas te remonter le moral là…

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