La fin de l’empathie : critique du monde connecté et de l’esprit du temps

 L’esprit du temps est un concept très difficile à décrire, et rempli de pièges. Comment définir une orientation générale des mentalités, une forme de pensée commune à une population, à un ensemble d’individus au sein,
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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

74 thoughts on “La fin de l’empathie : critique du monde connecté et de l’esprit du temps”

  1. Lep roblème est peut-être là, dans la conclusion: les gens pourraient être tellement dégoûtés qu’ils préfèrent fuir ailleurs.
    Par extrapolation (attention là j’extrapole trèèèèèèèèèès loin), on arriverait à une matrice (oui oui, Matrix) où les gens se connecteraient à un environnement idéal pour fuir la réalité.

  2. Preum’s !

    Pas mal, pas mal…

    Ceci dit, je pense que c’est avant tout la déréalisation engendrée par ces objets reliés qui est nocive, et le désir rongeant de les obtenir, mais que le virtuel c’est de la foutaise.

    L’immense majorité s’y fait happer, mais comme ça avait été le cas pour elle depuis l’ère de la télévision. Rien n’oblige jamais personne à devenir gnou.

    Par contre le manque ou l’absence de contact physique occasionnée par ce support ne me paraît pas être un obstacle à l’empathie, a priori, bien que ce soit de fait ce qui se passe, hélas.

    Mais s’il n’y avait pas ces objets de désir ni les flux reliants, ce serait exactement pareil. La seule différence entre un lecteur de torchon imprimé d’autrefois et celui de la presse geek poulet PAC actuelle, est la vitesse de propagation de la pensée copiée-collée.

    Sinon c’est comme toujours : chacun pour sa gueule, sauf exception.

    1. Ici, on ne tape évidemment pas sur les jeux vidéos, et pourtant…

      Ces derniers, par leur réalisme et la violence désormais omniprésente, habituent chacun à accepter la douleur de l’autre et, petit à petit, à y être insensible.

      Voir mon commentaire plus bas quant aux études qui en parlent.

      1. C’est vrai pour partie, mais il ne faut pas généraliser : la plupart des joueurs sont conscients qu’il ne s’agit que d’un jeu et non pas de la réalité. Tout comme les jeunes des générations précédentes jouaient aux cowboys et aux Indiens, par exemple.

        Maintenant c’est un fait évident : si au départ, le joueur possède déjà des tendances malsaines, le jeu ne fera que les amplifier. Les scénaristes de ces jeux sont trop souvent eux-mêmes des gens réellement malsains. Et contrairement aux figurines des cowboys et autres chevaliers guerroyant d’autrefois, sur lesquels l’imagination et la projection entraient à fond en ligne de compte, développant l’imaginaire et l’intelligence, le fait que les jeux actuels se déroulent par le biais d’écrans happeurs, est très aggravant : de nombreux sens sont totalement mobilisés et le joueur n’est plus qu’une machine à réflexes, et non un être réfléchissant. Je parle des jeux les plus massivement populaires, et non pas de ceux développés par de véritables créateurs, qui sont à considérer comme des artistes contemporains.

        Bon après faut pas non plus tomber dans les délires de pokémons sataniste d’une Fabienne Guerrero ;-)

        L’inconvénient majeur de ces jeux est l’addiction qu’ils engendrent pour une bonne minorité… et celle-là est indéniable. Plus scotchant et aliénant c’est dur à trouver.

          1. Justement, il ne faut pas dire « je tue » mais « je cherche à gagner des points. » Prenons le jeux d’échec. Si on le modélise de manière réaliste, on se retrouverait avec des cavaliers qui égorgent d’autres cavaliers ou des rois et des reines. L’abstraction à travers les pions nous signifie que c’est de la stratégie. ça pourrait être des choux, des pions, des cailloux, l’intérêt serait toujours là. Il existe pléthore de jeux, plus ou moins bien réussis au niveau du gameplay qui simulent un jeu d’échec en plus « réaliste ». Ils prennent pour thème la seconde guerre mondiale, les armées romaines ou futuristes, avec du sang ou pas, peu importe, le plaisir du jeu se trouve dans le gameplay. Un bon jeu se reconnait d’ailleurs à sa capacité à combiner le gameplay et le scénario. Certains jeux jouent même la dessus. Ainsi on peut très bien jouer des terroristes dans certains jeux. L’expérience nous montre que ça n’affecte en rien les joueurs. Le terroriste est une excuse de gameplay. (exemple : je garde des otages contre une équipe qui cherche à les libérés, c’est ni plus ni moins qu’une excuse scénaristique pour justifier un mode de jeu : je défend une position contre d’autres qui cherchent à l’envahir.) Car l’objectif est de jouer pour gagner. Peu importe si on tue, pour qui ou pour quoi. Une preuve est que pour s’améliorer le joueur tend à objectiver son jeu et a ne plus dire « je tue ». Il parle de réflexes, combinaisons de touches, positionnement, connaissance du terrain virtuel, etc. Il y a même un vocabulaire pour ça.

            Et je tiens à dire qu’on néglige trop souvent la force du gameplay pour faire passer des émotions ou des idées. Un bon jeu est aussi efficace qu’un bon film pour ça. un exemple : un jeu nommé Paper, please.

  3. Merci pour cette analyse. Tu ne cite pas Edgar Morin, bien que tu parle de l’esprit du temps. (Je n’ai pas lu ce bouquin, c’est peut être donc extrapolé de parler de lui je ne sais pas) en tout cas cette réflexion mérite d’être poussée beaucoup plus loin que cette introduction.

  4. Chouette papier qui pose de vraies questions, des questions complexes, des questions de société.

    La vision de la région parisienne avec métro est un poil différente de ma vision au milieu de champs de tournesols noircis par le soleil, mais la question de fond et son urgence sont les mêmes. On ne parle plus de manque d’empathie mais de désertification.

  5. Euh… j’ai lu ça : « Nous sommes donc une masse informe d’individus de ce que l’on nomme la classe moyenne. »… le reste, je l’ai parcouru d’un œil distrait !

    Le « nous », c’est qui ? Une espèce de formule égocentrique, Drapher ?
    Classe moyenne, ça se situe où ? A 2 000, 3 000, 5 000 euros mois ? Non, parce que entre la « classe moyenne » d’il y a environ 20 ans et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on ne parle pas de la même chose, moi.
    Aujourd’hui, tu m’arrêtes si je dis une bêtise, la classe moyenne démarre dès le 1er euros au-dessus du SMIC. La belle affaire.

    Il n’y a quasiment plus, et en tout cas de moins en moins de « classe moyenne ». Tout simplement parce qu’elle ne sert à rien dans les visées des classes dominantes. Devenue inutile, rongée par le chômage, les augmentations d’impôts, les taxes à-tout-va, les appels à la solidarité (et la culpabilisation qui va avec), les enculades des placements boursiers, j’en passe et des meilleures… pouf ! la classe moyenne.
    Ceux qui pensent faire partie de la classe moyenne sont en fait de simples « prolos », allez je suis sympa : des « prolos+ » qui refusent de l’admettre et d’ouvrir les yeux, victimes de la communication dominante. Et d’adapter leurs actes en conséquence.

    Ceux qui s’estiment de la « classe moyenne », quand on écoute leurs discours, ne sont rien de plus que des « idiots utiles au système ».

    1. Dès lors que le miséreux devient moyennement classieux, il devient super con.

      Les classes moyennes se téléportent en canapés moches plantés devant des écrans de ternetélés™ géants.

      Personne ne sait où elles ne vont ou pas, dans l’univers bubulle. Les Vogons eux-mêmes en sont interloqués.

    2. « il n’y a plus (ou presque) de classes sociales. Le principe des 99% développé par le mouvement Occupy en est une parfaite illustration. » -> « La classe moyenne est grise : elle ne défend rien, n’active aucun combat particulier, vote indifféremment à droite ou à gauche, voire alterne son vote, ne cherche rien d’autre qu’une seule chose, essentielle dans le système économique et politique : consommer. »

      1. @drapher
        Le sous-emploi concerne 5,3 % des actifs + les 9,8 % de la population active au chômage on peut continuer comme cela avec les handicapées, les prisonniers etc .
        donc les classes sociale on disparu ou  » presque « , bien sure comme l’ouverture des magasins le dimanche soutenu par les salarier eux-mêmes .
        les généralités que tu balances, sons des mensonges au service de qui dit moi ? aux même qui peuvent achetaient un joujou à 11000 € .
        je n’aime pas du tout le ton sur le qu’elle je te répons,mais ces derniers temps sur reflets il se trouve que je ne suis pas sur de la ligne éditoriale, je la trouve un peu trop bourgeoise .

        bien cordialement .

  6. « l’empathie n’existe que dans le monde réel ». Comme cyp, je ne vois pas en quoi monde connecté et empathie serait par nature antinomique. De plus, si on considère que cette faculté n’existe que dans le monde réel, force est de constater, en survolant les temps qui ont précédé l’époque actuelle, que très peu d’individu en sont finalement dotée.

    1. Voir définition de ce qu’est l’empathie : « Plus tard, Lipps introduisit la dimension affective dont héritera notre conception moderne : l’Einfühlung caractériserait par exemple le mécanisme par lequel l’expression corporelle d’un individu dans un état émotionnel donné déclencherait de façon automatique ce même état émotionnel chez un observateur. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Empathie)

      Une expression corporelle.

      1. Lipps, c’est la fin du 19ème S. ! Intéressant, certes, mais on reste dans la théorie savante. D’ailleurs, dans la citation que tu donnes, les 2 conditionnels et le « par exemple » réduisent, d’après moi, considérablement la portée de la définition.
        Si on s’intéresse maintenant aux conceptions contemporaines de l’empathie mentionnées dans Wikipédia, on s’aperçoit que l’on doit distinguer celle-ci de la sympathie, de la compassion, de l’altruisme. Or cela ne semble pas être le cas dans ton article ou le terme « empathie » est souvent utilisé dans son sens commun, usuel et erroné (!) c’est à dire comme une faculté de se mettre à la place d’autrui, susceptible d’entraîner une réaction de bienveillance, de solidarité… (http://fr.wikipedia.org/wiki/Empathie)

    2. « je ne vois pas en quoi monde connecté et empathie serait par nature antinomique. »

      Ils ne sont évidemment pas antinomiques mais on peut s’interroger sur les conséquences que l’ensemble des dispositifs nécessaires au « monde connecté » engendre. On sait qu’un dispositif n’est pas neutre, qu’il engage, mobilise et modifie le rapport aux objets (et donc le système de représentation) de fait même des contraintes inhérente à ce dispositif (ou ensemble de dispositif) ; or
      l’empathie (einfülhung ou intropathie) est le rapport privilégié aux objets ; dans la mesure où cette empathie a préséance dans l’expérience, comme matière du vécu.

      On peut donc poser l’hypothèse que ce nouveau mode de rapport aux choses dénommé « monde connecté » provoque littéralement une forme de « dés-affection », c’est à dire une atténuation de l’investissement dans une relation sujet/objet sur un mode affectif et non-computationnel.

      « si on considère que cette faculté n’existe que dans le monde réel » est un non-sens, elle suppose que l’empathie serait inexistante dans un monde irréel/virtuel/non-réel ; or c’est bien cette faculté qui nous permet d’affirmer cette différence entre réel/concret et virtuel/idéel, c’est bien sur un mode affectif que se mesure cette différence. L’empathie fonctionne sur un mode antéprédicatif, c’est à dire avant toute distinction catégorielle.

      « très peu d’individu en sont finalement dotée. » ? Alors que la psychiatrie dit exactement l’inverse : les psychopathes représentent une infime partie de la population (et heureusement). Mais j’imagine que les allégations des psychiatres « reste(nt) dans la théorie savante », non ?

      1. L’empathie a besoin, à mon humble abis, d’une relation physique pour percevoir l’autre dans son être authentique, et pas au travers d’un ersatz numérique reconstitué.

        A moins, je pense, que l’on ne connaisse déjà la personne.

        1. Pas obligatoirement. Par exemple : depuis des années un des commentateurs de mon blog est devenu un vrai ami. Pas un ami FB, ni même un simple copain : un ami. Pourtant il est un parfait anonyme et j’ignore quasiment tout de sa vie en dehors de l’internet.

      2. L’expression « théorie savante » est idiote, c’est vrai. Et il est vrai aussi que je ne possède aucune connaissance scientifique sur le sujet. J’essaie simplement de comprendre l’article en me basant sur ce que dit Wikipédia de l’empathie. Et j’avoue continuer à penser que ce n’est pas d’empathie dont il est question la plupart du temps dans ce texte, enfin pas de celle dont parle Wikipédia, comme dans cet extrait par exemple :
        « Dans l’étude des relations interindividuelles, l’empathie est souvent distinguée de la sympathie, de la compassion et de la contagion émotionnelle, par le fait que la réponse empathique aux états affectifs d’autrui se produit sans que l’on ressente soi-même la même émotion ou même une émotion quelle qu’elle soit. En toute rigueur, l’empathie émotionnelle peut ne pas être du tout dirigée vers le bien-être d’autrui à l’inverse de la sympathie. Ainsi faire acte de cruauté requiert une capacité empathique pour connaître le ressenti, en l’occurrence la souffrance, d’autrui afin d’en tirer un plaisir. »
        En fait, comme le dit fort justement Drapher plus bas, « Le problème avec l’empathie, c’est que la majorité ne sait pas ce que c’est. ». Et je m’inclus dans cette majorité…

  7. Le principe des 99% développé/E

    La communication entre humain?S

    comme l/eA tendance générale

    Les aspects économiques et politiques sont évidentS

    L’existence du connecté n’est plus conditionnéE

    trois quartS

  8. WTF Reflets?

    C’est ça la solution que vous avez trouvé pour être repris (et cités, parce qu’on aura compris que c’était important) par les médias mainstream; écrire des éditos aussi informés qu’eux?

    Que de postulats sans aucune références… »l’empathie n’existe que dans le monde réel » Ah oui? Je ne peux pas comprendre les émotions ou sentiments d’un autre à travers ses écrits/ses paroles si c’est au téléphone? Et en visio, c’est le sujet d’un prochain article? Si vous ne proposez pas de flux RSS permettant de filtrer ces posts, un lecteur (et ses quelques euros mensuels) de moins sous peu…

    1. Nous sommes tous très très inquiets : Reflets va-t-il s’en remettre ? La censure par filtre RSS passera-t-elle ? L’avis éclairé de Julien et ses quelques euros mensuels vont-ils manquer au magazine au point de le voir disparaître ? Ses menaces vont-elles porter ses fruits ?

      Vous le saurez en lisant le prochain billet de Drapher, le contributeur qui écrit des éditos bourrés de postulats sans références.

      Sur Internet, en 2013, si tu n’affiches pas tes références, tu as raté ta vie…

      1. @drapher
        ton mépris pour le commentaire de Julien, est malheureusement dans la même ligné éditoriale que ton article .
        relie stp le commentaire de julien , il ne parle pas de censure.

        1. Ah mais mon cher Franck, ça c’est la « Reflets’s touch » :-)
          Les différents intervenants sur Reflets, écrivent de manière assez régulière des articles très intéressants, mais ils ont un melon « gros comme ça » et n’acceptent pas l’ombre d’un propos qui pourrait éventuellement ressembler à une critique -sauf exception (il y en a, heureusement). Et les réponses sont faites sur un ton qui laisse en général rêveur…

          Il faut reconnaître, à la décharge de Drapher, que Julien est assez maladroit aussi. Se comporter comme un « sponsor » qui menace de retirer son budget à Reflets si la ligne éditoriale ne lui plaît pas/plus, c’est… maladroit. D’autant que les contributeurs de Reflets travaillent bénévolement, sur leur temps libre. Sans que ceci constitue une excuse sur le ton des réponses, il convient d’en tenir compte, et de baser ses commentaires sur le sujet de l’article, mais pas d’user de « menaces » comme celle-ci. AMHA.

          1. « Et les réponses sont faites sur un ton qui laisse en général rêveur… »

            -> Tu devrais quand même apprécier la réponse à l’aune du ton et du contenu du commentaire. Tu verras que ma réponse est très soft en comparaison de ce commentaire.

            « C’est ça la solution que vous avez trouvé pour être repris (et cités, parce qu’on aura compris que c’était important) par les médias mainstream; écrire des éditos aussi informés qu’eux? »

            Ca, si c’est un commentaire qui n’a pas « le melon » comme tu dis, je suis le pape François. En fin de compte, ce n’est pas la critique qui peut nous faire répondre de façon grinçante, mais la critique à 2 balles, agressive, régressive, méprisante, fat, honteusement prétentieuse et qui n’a comme volonté que d’abaisser l’auteur, l’équipe, enfin bref.

            [réponse possible : Whouuuu : vilain garçon, toi, on sent que tu en as dans le pantalon, et que tu connais bien ton sujet :-)]

            Maintenant, il nous est aussi possible de ne pas répondre du tout. Ce qui finit par arriver, quand on en a marre des attaques à deux balles. Mais il est souvent proposé à ceux qui se plaignent, de contribuer, pour démontrer leur propre qualité. A quand un article de Julien…mais sur quoi au juste ?
            >>EOF

      2. Si vous n’avez pas de références, c’est pas dramatique, faudra juste argumenter un peu quand vous posez un postulat aussi falsifiable, histoire de dépasser le niveau de la discussion de comptoir.

        Je ne me fais pas de soucis pour reflets et mes quelques euros n’y changeront rien, tant mieux. Je trouvais intéressante la démarche de changement de braquet entre un blog avec des très bons articles pointus sur leur sujet et un organe de presse avec les moyens pour investiguer, ce qui me semble plus que jamais nécessaire sur vos sujets d’expertise. Le fait est que l’on ne s’oriente plus vers là, tant pis.

        Sur ce, longue vie à vos projets et peut-être à une prochaine si un autre média me ramène à un article sérieux chez vous…

  9. Bonjour,
    aujourd’hui tu nous apprends que sous prétention que plus personne ne veux reconnaitre son appartenance à une classe sociale celle-ci n’existe plus ou presque, Jaime bien le » presque » .

    je me fous complètement de la lutte des classes, puis de tout les génocides qui sens suivent , mais tout de même stop le délire .

    monsieur Bourdieu ,Levi Strauss, revenez du pays des morts, il a besoin de vous.

  10. Intéressant…

    On vit dans un monde en partie dématérialisé. Ou l’on perd le plaisir de « faire » soi même. Ou l’on ne sait plus fabriquer les choses soi même, vu qu’on peu à peu prés trouver tout et n’importe quoi dans le commerce.

    Est ce que c’est par un effet de réaction, que l’on voit fleurir (petit à petit hein…) tout les Fablabs ? Est ce que c’est ce même effet qui pousse des « jeunes » (25-30ans voire plus) à faire eux même la cuisine (et partager les recettes sur des blogs) à faire du scrapbooking, de la couture, du tricot ?

    J’ai 40 piges. pour les gens de ma génération et celles de mes parents, le tricot, c’est ringard.
    Alors pourquoi est ce que je vois des jeunes filles de 30 ans parler tricot, couture sur le net ?
    De la même manière je vois pas mal de gens « retourner à la terre ».
    (ma marchande de légumes à une licence de sociologie et elle est paysanne…)

    J’ai parfois l’impression que ma génération est une sacrée bande d’abruti (et je m’inclus dedans bien sur…)

    1. Bien vu ;-)

      De quoi ça vient ? tout simplement je crois, du fait que cette partie de la jeunesse qui a choisi de ne pas jouer les Tanguy chez les vieux, vit très souvent en coloc et que comme ils sont pas mal fauchés, ils partagent tout, des nouilles minutes aux idées lumineuses en passant par le tricot… or on est des animaux sociaux et rester planté devant son PC chez papa-maman à jouer, c’est minable et déréalisant au possible.

      Quant à nous autres vieux machins, on est pas tombés dans la marmite quand on était petits : on est une génération intermédiaire avec un pied dans le monde concret et l’autre dans un océan immatériel. C’est perturbant pour pas mal d’entre nous. Mais ça se soigne.

      (et je sais de quoi je cause, hé hé)

    2. Je confirme ce point de vue. Je connais un certain nombre de jeunes (sont-ils représentatifs? je l’ignore)qui pratiquent des « occupations » délaissées ces dernières années-décennies, et beaucoup le retour à la terre (ou l’envie pour ceux dont ce n’est pas possible).
      J’y vois deux choses. La fin d’un cycle (attrait de la ville et sa modernité) initié après guerre, qui est arrivé à son terme avec un retour récent à la campagne pour cause du prix du mètre carré constructible et disponible. Et un retour à plus de valeurs, plus de racines aussi, probablement en réaction à des excès de mondialisation (?)
      Chose curieuse, cette jeunesse met en pratique ses idées, qui sont des idées avec un fort sens politique, tout en se détournant massivement de la politique-politicienne. Comme si elle savait qu’il n’y a rien à espérer de ce côté là, mais en laissant aussi le champ libre à ceux qui en on fait leur métier, malheureusement.

    3. Assez vrai, Emma, et je participe également au retour à la terre (potager, ruche d’abeilles, arbres fruitiers).

      Mais c’est encore malheureusement très très restreint, et je suis le seul dans une entreprise de 50 à agir de la sorte.

  11. La ligne éditoriale de ces derniers temps est intéressante mais aussi risquée ! Je prendrais le parti de considérer que le but est de nous faire réagir à une recherche globale.

    Comme je vis assez loin de Paris (à quelque chose comme 12000 km), il m’est difficile d’exister autrement que de manière virtuelle. Je regrette au passage de ne pouvoir partager avec les autres lecteurs de Reflets et les journaleux courageux qui viennent en découdre ici. DRAPHER, t’es un peu dur avec moi sur ce coup-là !
    Ceci dit, si quelqu’un d’entre vous passe par Bogota, c’est avec plaisir que j’échangerai avec lui ou elle autrement que virtuellement…

    J’écris parce que j’ai un peu grimacé sur des choses que tu as dites dans ton article. Un peu d’optimisme ne ferait pas de mal.
    A commencer par « … ne peut plus (ou ne ressent plus le besoin de) se définir par une histoire particulière… » A quelqu’un qui m’interpelait (sur Libé, du temps ou on pouvait encore commenter) en me disant qu’il était un citoyen lambda, j’ai répondu qu’il n’existait pas de « citoyen lambda » a moins de choisir de l’être. J’ai envie de t’adresser la même réponse. Mais je te rejoins sur le fait que le post modernisme tend à banaliser l’individu. A nous alors de ne pas gober ce mensonge atroce (ou alors allons nous connecter à la Matrice).

    En définissant le mode virtuel, tu dis « on ne peut pas fermer par un clic de souris le berger allemand qui nous attaque ». Bien visualisé ma foi, mais ça c’est aussi vrai quand tu regardes un film d’horreur sur ton média player ou ton PC : tu peux faire « Stop » avec ta télécommande. Mais c’est juste parce qu’on t’en a donné le pouvoir (« pouvoir », mot très dangereux, je reconnais). Mais tu peux aussi choisir de ne pas arrêter le film, de répondre à un commentaire agressif ou désobligeant. Ça s’appelle le courage, et j’espère que les gens qui viennent lire Reflets en ont.

    Et puis le monde réel peut aussi être très douloureux. J’ai lu une fois dans un forum que « les internautes sont les bougnoules de la république » (au passage je me suis dit que je faisais du cumul de mandats sur ce coup), et c’est une formule qui m’a plu sur le moment pour la notion d’égalité qu’elle implique.

    Tu dis encore « la classe moyenne est devenue technophile ». Désolé, mais ça c’est faux (je trouve), c’est comme dire que d’avoir un smartphone te rendrait plus intelligent. Non, ça te donne juste l’illusion de l’être, une illusion bien frelatée. En ce qui me concerne, et peut être parce que je suis de la vieille école, je n’ai toujours pas intégré complètement ce qu’un smartphone ou une tablette m’apporte de plus (mais c’est surement parce que je suis un nul). Puissance ou liberté ? j’ai tendance à dire aucun des deux pour l’instant.

    Tu parles de « disparition de l’empathie ». Mouais, peut-être pour les névrosés, encore une fois pas trop le cas de ceux qui viennent participer ici. Cela dit, le monde post moderne est effectivement générateur et diffuseur de névrose à grande échelle, c’est sur cela que tablent les phynanciers (Alfred Jarry, précurseur) pour vendre de la dope en forme de rêve technologique rassurant.

    Mais assimiler l’humanité aux « 99% » je prétends que c’est une erreur ou un mensonge (c’est selon). Le principe de Pareto parle de 80%, et en l’occurrence les critères évoluent et s’adaptent même aux stratégies les plus machiavéliques. C’est justement cela que les phynanciers ne l’ont pas compris, et c’est pourquoi leur modèle prend l’eau sévère. Un exemple au hasard, vous connaissez bien Hadopi et ces héritiers par ici, je crois…

    Et puis je vais m’arrêter là et laisser un peu de place pour les autres, il y a tellement à dire et à discuter. Ah si, un dernier truc : « ordinateurs qui ont envoyé des hommes sur la lune… » Tiens donc, et où est resté le fameux module pour qu’on puisse le voir avec un bon télescope ? Bref cela fait bien longtemps qu’on vend du rêve. Et puis la mission prochaine de la NASA vers la lune (au motif bidon) mettra de l’ordre à tout ça et juste après, miraculeusement on pourra voir un module là-haut (qu’ils dépensent plein de fric surtout, ils le méritent !)

    Là, je me suis soulagé. Désolé DRAPHER, mais continue ! On finira bien par construire quelque chose ; ton article n’était pas si mal, ptet bien pour ça justement…
    (tain, trop dur le capcha)

  12. « Tu dis encore « la classe moyenne est devenue technophile ». Désolé, mais ça c’est faux (je trouve), c’est comme dire que d’avoir un smartphone te rendrait plus intelligent. Non, ça te donne juste l’illusion de l’être, une illusion bien frelatée. »

    Technophile : aimer la technologie. Le nombre de smartphones, tablettes etc, vendus est stupéfiant. C’est un constat, pas un jugement de valeur. Les gens aiment désormais la technologie et en consomme beaucoup. Et sont ultra connectés. En Occident.

    Empathie : au delà des définitions très techniques données ici ou là de l’empathie, il faut discuter avec des professionnels comme des psychothérapeutes, ou dans mon cas, une psychomotricienne. Elle va venir en parler, peut-être. L’empathie est une « capacité » très particulière, mais qui est reliée à la relation. A l’émotion aussi. Mais le corps rentre en jeu dans l’empathie, de façon centrale, et ce que dégage la personne, ses gestes, son regard, énormément de signes souvent peu visibles. Tout ça requiert d’être ensemble, dans le monde réel. Les artifices de la connexion peuvent simuler de l’empathie, de l’émotion. Mais ce ne sont que des artifices. D’ailleurs, dans les commentaires, des gens peuvent penser que tu es énervé, méprisant, content, troublé etc…alors que rien, mais alors rien ne leur prouve. Ils interprètent. A leur guise. Selon leur propre humeur. La mienne, personne ne la connaît dans le monde connecté. Absolument personne. Personne ne sait où je suis en ce moment, dans quel contexte, avec quelle humeur, ni quelle émotion.

    Ne pas se poser de questions sur le nouveau monde connecté dans lesquels une majorité d’occidentaux sont plongés est tout à fait possible. Mais dans ce cas là, pourquoi se poser des questions ? Le but n’est pas de dire « c’est mal » ou « c’est super », mais observer ce qu’il se passe autour de nous, comment la société et les individus qui la constituent évoluent, changent, où sont les blocages, les avancées, les ouvertures. Se référer à des Bourdieu, Freud, Marx, Kant, Spinoza, Nietzsche ou d’autres pour assoir une démonstration est possible. Mais pouvoir partir de postulats actuels et creuser de façon concrète dans la matière réelle est aussi possible.

    Il y a un moment assez particulier qui se déroule. Depuis quelques années. Une charnière. On vous en parle, on essaye avec nos références, nos recherches, compétences diverses et autres rencontres (pour ma part, mon métier me fait rencontrer plein de gens différents et plutôt passionnants puisque spécialisés dans des domaines différents) de parler de cette charnière. Avec une idée de ne pas se laisser embarquer. Que cette critique déplaise à certains c’est compréhensible, de là à décider de donner des bons et des mauvais points et de jouer à l’arène romaine (qui est l’un des comportements très peu empathiques du monde connecté) avec le pouce levé ou baissé…c’est autre chose. Le jeu du « moi-je-centre-du-monde » devant son écran, sans prise de risque autre que casser ou encenser, sans autre aptitude à l’échange qu’une opinion tranchée est l’un des facteurs d’enfermement des humains connectés.

    Mais tout ça mérite d’être creusé, comme tu le dis. Bogota ? Faudrait nous faire un papier sur ce qu’il s’y passe. On parle peu souvent de la Colombie ici, sauf pour quelques sinistres affaires…

    1. Sans vouloir me mêler plus que ça de ces échanges, je pense Drapher que tu devrais diversifier tes sources d’info sur ce qu’est l’empathie,
      vu que tu la places comme pierre angulaire de ton raisonnement dans ce papier.

      Tu diras à la psychoMOTRICIENNE qui te l’a définie que cémal et pas du tout rigoureux de ne voir midi qu’à sa porte, ceci dit sans volonté de troller ni de créer des tensions électriques :)

      A+

      1. Bon, je ne vais pas insister plus que ça, mais j’ai pas mal bossé sur l’empathie à une époque, entre autres avec des psy. Et je me suis aussi tapé tous les ouvrages de Carl Rogers il y a quelques années. Donc, sans vouloir vous importuner ni vous blesser, vous êtes pour le coup, tous un peu mal tombés (ceux qui pensent que l’empathie fonctionne à travers le réseau).

        La psychomotricienne, c’est juste que pour avoir échangé longuement avec elle sur le sujet, vu qu’on est proches, et qu’elle donne des cours sur le sujet. C’est pour permettre à une professionnelle « de la chose » d’en parler.

        Mais ce qui est le plus bizarre, c’est qu’une partie des lecteurs soit offusquée par le fait que l’empathie ne fonctionne pas à travers un réseau « électronique ». Il faudrait que certains se posent la question de quel rapport ils entretiennent au monde pour en arriver à détourner à peu près tous les concepts afin de prouver que la connexion peut à peu près tout remplacer et n’a aucune limite. Que le monde connecté peut faire « pareil » que le monde réel.

        Etrange quand même.
        Critiquer les effets sociaux, psychologiques, politiques de la super connexion au cyber-monde a l’air de déranger.

        Mais tu me diras, dès que quelqu’un ose s’en prendre à fesse de bouc et autres gazouilleurs dans ce qu’ils ont d’effets pervers, l’arrivée de leurs défenseurs est instantanée. Que reste-t-il à débattre, critiquer, soumettre à la critique aujourd’hui ? Peut-être plus grand chose en fin de compte, vu que ce sont des lobbies d’intérêt qui travaillent très fort pour empêcher que ce qui les nourrit soit critiqué.

        Remarque, il reste des sujets qui font consensus : la torture, l’hyper surveillance et le « élite-bashing ». La finance aussi. Mais sorti de ça, on sent que c’est limite quand même. Dommage.

        1. Et allez, as usual c’est impasse.

          Bon, pour conclure :

          1. baser une critique sur un postulat erroné

          « l’empathie ne fonctionne pas à travers un réseau électronique » est un postulat erroné.
          Preuve : je te f

        2. Et allez, as usual c’est impasse. Et mince :/

          Bon, pour conclure ma modeste contrib sur ce fil, quelques remarques possibles et non exhaustives :

          1. baser une critique sur un postulat erroné n’est pas une base adaptée pour mener une critique.

          « l’empathie ne fonctionne pas à travers un réseau électronique » est un postulat erroné.
          Preuve par l’exemple : lors d’une conversation Skype je te raconte en pleurant ma tristesse suite au décés d’un proche, ta plus ou moins grande capacité à l’empathie pourra tout à fait se manifester, exactement comme en face à face IRL.

          2. PsychoMOTRICITé.
          Majuscules -> motricité -> corps et mouvement physique comme centraux -> biais à voir le corps comme vecteur unique des choses comme la capacité à empathie.
          Cf « ne voir midi qu’à sa porte ».

          Rajout : ce genre de biais est très fréquent chez les zuhmains, qui ne sont pas-que des êtres de raison, et en psychologie ça existe aussi ce genre de biais.
          Je me sus fritté un jour avec une nana qui m’
          Il y a des dizaines de façon d’approcher la psychologie, et l’empathie, des neurosciences à la psychomotricité en passant par les sciences cognitives la psychiatrie la psychanalyse la psychosociologie et toutes sortes de courants de pensée psychothérapeutiques.
          J

          1. etc la flemme d’aller au delà avec au mini les points 3 et le 4 que j’avais en tête
            suite à mon erreur de clavier et le « Enter » malencontreux… Sourire :)

          2. Bon. Irrécupérable. Va donc pleurer sur Skype : tu comprendras que tout ce qui fait une relation interpersonnelle, avec quelqu’un en souffrance, par exemple, procède d’une expérience vécue, où l’on peut interagir avec cette personne. Comme lui filer un mouchoir en papier, se lever, aller vers elle, ressentir ce qu’elle dégage émotionnellement. A travers un écran, n’importe quel comédien te fait croire ce qu’il veut : des preuves ont déjà été amenées à travers des expériences. Beaucoup plus difficile en face à face de faire passer la simulation.

            PsychoMOTRICITé. : non, c’était un exemple.Tu devrais lire Rogers, qui était psychologue, et a fait un travail colossal sur l’empathie. Tu comprendras mieux que l’empathie ne se définit par X biais. Autrement, tu imagines que si chaque chose a X définitions, plus la peine de discuter, chacun sa définition. Faut pas prendre non plus les gens pour des cons. L’émotion se communique de façon physique. Les animaux en sont une preuve assez flagrante. Les animaux ont de l’empathie. Mais les animaux n’ont pas d’empathie à travers Skype. Ca se saurait.

            Les rapports connectés ne sont pas les mêmes que dans la réalité. Les facilités qu’ils donnent, la faculté à zapper les gens, tout est différent.

            Au point qu’une discussion comme celle-ci ne se ferait pas sur ce registre dans le monde réel. Parce que tu ne serais pas aussi tranchant, ni moi, et que nous aurions une vraie discussion. Ce qui n’est pas possible en mode connecté. Et me donne la possibilité de te congédier. Parce que je n’en ai rien à foutre de toi. Alors que dans le vrai monde, en face à face, ce ne serait pas le cas. Parce que tu serais là, devant moi, et que grâce à l’empathie je ne me permettrais pas de te congédier comme cela.Et au passage, je n’en aurais pas rien à foutre de toi : parce que tu serais présent, en tant qu’humain. Pas en tant qu’avatar.

            Bye.

          3. Je l’avais loupé celui de post.
            Diantre, que c’est agressif! Une fois de plus.

            ————–
            J’ai hésité, mais je poste ça finalement :

            J’ai bien peur Drapher que le pouvoir de congédier (sic) ou d’effacer quelqu’un sur un espace en ligne, et le fait d’exercer ce pouvoir #oupas, ne doive pas être pensé en rapport à une supposée empathie supérieure née de contacts physiques,

            mais bien plutôt à ce qui motive réellement celui qui décide discrétionnairement d’exercer ce pouvoir de congédier/effacer.

            Et cesse un peu de renvoyer vers un spécialiste choisi de l’empathie ou de la « psychologie » ou de que sais je qui serait une sorte d’autorité indiscutable et absolue. Il ne faut pas accepter d’autorité indiscutable et surtout absolue dans ces domaines. Les gens les plus intéressants que j’ai rencontrés dans ce champs -et mon parcours m’en a fait rencontrés pas mal à une époque- étaient des gens capables de ne pas adhérer trop fort à untel ou untel(comme dans d’autres domaines, n’est ce pas?)

            Maintenant, comme tu le sais, je n’ai rien contre les rencontres IRL, mais chat échaudé craint l’eau froide, et comme tu le sais aussi j’ai plusieurs raisons de ne plus avoir jusqu’à preuve du contraire des masses confiance en la clarté de Reflets, et en sa capacité à ne pas instrumentaliser les personnes ET pire que tout à mes yeux à ne pas ostraciser les idées et les personnes sur la base de raccourcis intellectuels et d’apriori puérils qui aboutissent à des jugements arbitraires et posés autoritairement comme non discutables. Suivez mes regards.

            A+

          4. Ce que j’aime sur Reflets c’est qu’y a même pas besoin de parler, on parle à notre place. Bah ouais c’est moi la psychoMOTRICIENNE, formatrice en travail social et de surcroit photographe.

            Bon la psychomotricité c’est quand un peu plus vaste que cela hein. Nous nous situons à un carrefour entre la thérapie corporelle, la neuromotricité, la neurologie sans oublier l’art thérapie pour certains dont je fais partie. L’empathie, définie par carl rogers entre autre, est quelque chose de bien plus complexe que juste ressentir l’humeur de l’autre. Elle sous entend beaucoup de choses dont la communication non verbale, les messages corporels divers et variés.
            Une expérience de la psychoMOTRICIENNE avec ses étudiants : visage figé, bras et jambes entravés, consigne de ne donner aucun signal corporel, une personne dit une phrase, et l’autre analyse la manière dont il a reçu cette phrase. Il s’avère que quand le corps ne rentre pas dans la communication, les messages peuvent et sont souvent reçus de manière complètement erronée, voire contraire de ce que l’émetteur voulait dire.

            Qui n’a pas fait l’expérience sur le net d’avoir une conversation avec quelqu’un qu’il ne connaît pas dans la vie réelle, et qui n’a pas connu les emballements (amoureux, colériques, passionnels) que cela peut engendrer, puis le jour où on se retrouve face à la personne, cet emballement retombe comme un vieux soufflé au fromage.

            Quant à skype et autres chats, le fait de ne pas voir la personne (je dis bien quand on ne la connaît pas) diminue l’empathie, c’est chiant mais c’est un fait… car le corps ne rentre pas en ligne de compte. D’ailleurs quand on est derrière un écran personne ne voit notre corps donc beaucoup de choses sont beaucoup plus aisées à faire : insulter, dénigrer, mépriser, être violent, agressif, amoureux , passionné etc… Le fait d’ailleurs d’être derrière un écran permet aussi de jouer un rôle, d’être quelqu’un d’autre etc…

            Bref, la psychoMOTRICIENNE constate de plus en plus un vrai désarroi relationnel chez des jeunes personnes très connectées, un grand isolement et une impossibilité de rentrer en relation de manière adéquate.

            C’est sûrement dérangeant pour certains d’entendre cela mais c’est la réalité… tiens voilà une phrase que j’aurais pas dit comme cela dans la vie réelle mais ouf je suis derrière mon écran :)

          5. Je ne parle pas aux copines/compagnes/amies des racailles susceptibles et agressifs, bien trop dangereux… :D

            Mais quand même, risquant presque ma vie réelle et on line skype toussa y compris, je maintiens :
            « l’empathie ne fonctionne pas à travers un réseau électronique » est un postulat erroné ; un postulat erroné n’est pas une base adaptée pour mener une critique (nécessaire oeuf corse la critique du ninternet et des relations zumaines, mais sur les postulats erronés ne mènent nulle part) ;)

            Bonne continuation.
            Amicalement.

        3. « Mais ce qui est le plus bizarre, c’est qu’une partie des lecteurs soit offusquée par le fait que l’empathie ne fonctionne pas à travers un réseau « électronique ». Il faudrait que certains se posent la question de quel rapport ils entretiennent au monde pour en arriver à détourner à peu près tous les concepts afin de prouver que la connexion peut à peu près tout remplacer et n’a aucune limite. Que le monde connecté peut faire « pareil » que le monde réel. »

          Clap clap et bravi bravo.

          Ils sont dans le déni. Et bon, après tout : qu’ils restent dans leur réalité diminuée : pendant ce temps-là ils n’agressent pas les petites vieilles…

          1. @ kitetoa, je comprends mieux pourquoi la plupart de mes groupes tiennent pas éveillés toute la journée!!!! si je faisais cours en sms et la nuit cela marcherait mieux nan?

    2. on peut quand même distinguer différents degrés de « détachement » (perte du rapport à un être physique), par exemple entre téléphone (la voix, les silences…), messagerie instantanée (où les choses se passent en temps réél, et les pauses et réécritures peuvent dire aussi beaucoup, et on les surinterprete de la meme manière que dans le « monde réél »), mail ou sms (où on peut choisir de montrer exactement ce qu’on veut montrer, et paradoxalement, pour moi, dans certaines situations, c’est la manière la plus efficace de mettre des mots sur ce qu’on ressent, parce que justement dans la vraie vie où on peut se toucher pour de vrai, les mots ils veulent pas toujours sortir. et ça n’as rien à voir avec la technologie, ça existe depuis l’écriture).
      Si il est évident que les relations humaines ne pourraient pas exister de la même manière sans contact physique,
      et que la communication éléctronique à tendance à rendre les autres « abstraits »;
      par contre il est aussi vrai que tout le monde à une manière différente de s' »exprimer physiquement », qu’il est possible de « tricher » aussi dans cet expression, et qu’on ne peut pas juger les gens là dessus ni sur leur idiosyncrasies.

    3. Aie ! Vraiment désolé que quelque chose que j’écris finisse par servir de base à une bagarre. Ce n’était pas du tout le but.

      En même temps je m’aperçois en lisant toutes les réponses de drapher (en majuscules ou minuscules ?) que nous ne sommes pas en train de parler de la même chose : un des mots clé est « Facebook » (beurk) et je comprends mieux à quoi tu fais allusion.

      En effet aller parader sur Facebook ou sur Twitter sans avoir des bases d’humanité ne permettra pas de les apprendre. Le monde connecté dont je parle est un monde qui vient compléter le monde réel dans lequel nous évoluons et ressentons, certainement pas un monde de remplacement.

      Il est pathétique (au sens éthimologique) de penser qu’un avatar puisse remplacer une vie réelle. Attention quand même (je me répète) aux cas où le vécu réel devient trop douloureux. Le virtuel peut alors devenir un outil pour la surmonter. Mais je suis également d’accord pour dire que ce n’est pas une fin.

      Et pis je vais insister quand même sur un point : non, le citoyen postmoderne n’est pas technophile simplement parce qu’il manipule des instruments gorgés de technologie. Un bidouilleur est technophile, comme l’est un hacker (salut Bluetouff), un gamer aussi (un peu), ou un ingénieur (ou en tout cas il devrait l’être, sauf que sa version moderne pense surtout au pouvoir sur les gens et pas sur la technologie). Par contre celui qui joue à Angry Bird sur son téléphone portable, qui s’extasie sur son IPAD, qui soigne son profil Facebook, est juste un cochon de payant qui s’achète une image. Et les objets en question font partie de son avatar.

      Mais je n’écris pas ça pour entamer une bagarre, c’est juste l’opinion d’un ex rat de laboratoire qui lui en a bouffé et créé, de la technologie.

  13. Bien d’accord avec l’analyse, il faudrait d’ailleurs compléter en disant ce que rapportent les études sur la télévision et les jeux vidéos : tout le monde sait que la violence ajoutée au réalisme toujours plus poussé dans les films et jeux vidéos conduit à un manque d’empathie extrême et sont globalement néfastes au cerveau. (Un lien : https://bouillaud.wordpress.com/2011/02/19/michel-desmurget-tv-lobotomie-la-verite-scientifique-sur-les-effets-de-la-television/) (Une conférence : https://www.youtube.com/watch?v=NvMNf0Po1wY)

    A mettre en miroir avec l’excellent plaidoyer de Mr Ricard, « Plaidoyer pour l’altruisme », extraordinairement pertinent : http://www.nil-editions.fr/site/plaidoyer_pour_l_altruisme_&100&9782841116232.html

    Notre monde ne pourra être sauvé que par un retour à ces valeurs authentiquement humaines (et aussi, parfois, animales) que sont l’empathie, la compassion et l’alruisme.

  14. 1. baser une critique sur un postulat erroné

    Seulement, le postulat n’est pas erroné. Mais si tu en es si certain, écris-nous quelque chose qui démontre que l’empathie est possible à travers un réseau, que cette empathie que l’on connaît en face à face est la même en réseau. Le seul problème, et le monsieur psychiatre (visiblement) au dessus l’explique très bien : « l’empathie (einfülhung ou intropathie) est le rapport privilégié aux objets ; dans la mesure où cette empathie a préséance dans l’expérience, comme matière du vécu. »

    « On peut donc poser l’hypothèse que ce nouveau mode de rapport aux choses dénommé « monde connecté » provoque littéralement une forme de « dés-affection », c’est à dire une atténuation de l’investissement dans une relation sujet/objet sur un mode affectif et non-computationnel. »

    La fin de l’empathie, dans le titre est une provocation pour simplement observer ce que peuvent créer ces nouveaux rapports connectés. L’empathie existe encore entre les êtres, mais ce que tu nommes empathie sur le réseau n’en est pas en tant que tel, puisque celui ou celle avec qui tu interagis n’est pas présent au monde, à toi. Il est un avatar de lui-même, rien dans ta perception de lui(elle) ne peut être traité sur un mode empathique puisque la personne n’est pas là. Ce que tu vois est une projection de l’individu, par l’écrit, la plupart du temps. Et à force d’être en rapport avec des projections, il est possible d’observer des changements de comportements dans le monde non-connecté. Qui indiquent une capacité de plus en plus faible à l’empathie. « Ressentir avec ». Le problème avec l’empathie, c’est que la majorité ne sait pas ce que c’est.

    1. Cher Drapher, je t’ai prouvé par un exemple qui il me semble est non-réfutable que le postulat « l’empathie ne fonctionne pas à travers un réseau électronique » est faux.
      Après, par exemple, si il y a par exemple quelqu’un qui traine par ici et qui souhaite creuser par exemple le sujet « empathie on line » et qui en a le temps et les moyens, il est tout à fait possible par exemple à mon avis de monter un protocole expérimental suffisamment rigoureux pour par exemple mesurer si l’empathie est différente en « quantité et qualité » si sur le skype où quelqu’un raconte le décés d’un proche à quelqu’un d’autre ne sont activés par exemple que le son ou que la vidéo ou que le chat. Par exemple…

      Cela dit, ce n’est pas inintéressant de se demander SI il y diminution dans la société de l’empathie, et SI oui de quoi elle peut bien provenir.

      Ce que ton papier entre autre (entre autre car cf un autre point qui serait ce fameux « air/esprit du temps ») propose aux lecteurs si j’ai bien compris.

  15. La notion d’empathie, selon la discipline ou sous-discipline selon laquelle on cherche à la définir, peut prendre bien des aspects.

    Néanmoins, je suis tout a fait d’accord sur le fait qu’il n’ y a pas d’empathie « réelle », directe, possible dans le monde connecté. Les réactions émotionnelles induites dans le monde connecté ne sont que des « simulations », des « échos » de réactions éprouvées dans le monde réel.

    Etre en présence d’un être humain sujet à une charge émotionnelle, cela provoque chez nous une réaction d’abord biologique, via tous les capteurs sensoriels dont l’on dispose.

    Voir quelqu’un pleurer sur Skype, provoque une réaction « virtuelle ».
    Inconsciemment, on réagi à un stimuli visuel/sonore, qui fait écho à une expérience préalablement vécue. « Elle pleure. Lorsque quelqu’un pleure, la réaction habituelle dans ce genre de situation c’est d’être triste. Je suis donc censé être triste… »

    Le danger, mais je pense que ça fait un bail que c’est déjà trop tard, c’est que les jeunes générations présentes et futures grandissent sans faire l’expérience « réelle » de certaines situations émotionnelles, et ne les vivent que dans le monde connecté, de plus en plus tôt.

    Mais je m’arrêtes là, je ne connais pas du tout suffisamment le sujet pour en parler sérieusement.

    Merci Reflets, en tout cas, pour ce que vous faites et, je l’espère, ferez encore longtemps.

  16. Je pense qu’il faut continuer dans la ligné de la penser de Jacques Ellul, et « actualiser » sa critique de la société technique,a l’heure de la société « connecté » (qui finalement déconnecte les gens les uns des autres et les déconnecte de la réalité?)

    http://www.youtube.com/watch?v=LdogID589Mk

    « Le monde réel serait-il si difficile qu’on veuille le fuir à ce point ? »

    Là, je pense qu’il faut se pencher sur la notion du divertissement développer par Pascal.

    http://www.philolog.fr/le-divertissement-pascal/

  17. Mon expérience la plus marquante de l’empathie c’était un match de coupe d’Europe en 1992 ( gagnée par le Danemark je crois ) , où un défenseur s’est déboité un genou en direct et en gros plan ( je me souviendrai toujours ce genou parti en vrille ) devant x millions de téléspectateurs puis s’est écroulé sur la pelouse en hurlant de douleur, j’ai hurlé de douleur avec lui et je ne peux me rappeler cet épisode qu’avec une grosse gêne à mon genou droit. Je dois être trop sensible. La vision de la souffrance humaine et animale me fait souffrir et je commence à croire ce musicien suédois qui m’affirma un jour que la vie est insupportable sans alcool.
    Je laisserai donc les lecteurs de ce site s’écharper sur les différentes définitions de l’empathie, pour me concentrer sur le diagnostique imparable que l’auteur fait de la classe moyenne. Je parlerai donc de la classe moyenne que je connais, l’européenne et l’américaine, n’ayant que très peu d’expérience des pays « émergents » : étant plutôt douillet de nature, et adepte d’un confort minimal, j’en suis venu néanmoins à souhaiter que cette crise économique empire très sérieusement, et que la classe moyenne en prenne plein la gueule, car pour de simples raisons esthétiques encore plus que morales je ne peux plus la voir en peinture, cette gueule, si jamais j’ai pu la voir d’ailleurs…
    Marguerite Yourcenar fait dire à son empereur Hadrien dans les mémoires du même qu’étant bien conscient des défauts et limites de la classe moyenne ( il est gentil l’Hadrien ) , il lui reconnaît une fonction essentielle, celle de pilier d’une société/état, d’autres diraient d’une démocratie. Il a raison. Pourquoi je dis ça ? Sais pas, le beurre et l’argent du beurre je suppose.

    1. A Ion, « Le beurre et l’argent du beurre »… Et tu oublie « et le cul de la crémière avec », car c’est ainsi qu’il en est.

      Si cela peut ne pas te rassurer, la classe moyenne dans les pays émergents est coulée dans le même moule. La seule espérance étant qu’elle a plusieurs décennies de retard sur sa grande sœur euro – nord américaine, et que pour ce décalage elle a encore une chance d’emprunter une route différente (une toute petite chance en réalité).

      Etant d’origine malgache (il m’en reste tout juste le patronyme et la tronche de métèque) je suis assez bien placé pour savoir ce que réserve le destin aux peuples conformistes, lâches et égoïstes : dans ce cas, après avoir obtenu leur « indépendante » en 1960, ils ont glissés lentement sur une pente savonneuse qui les a amenés au bord du néant dans lequel ils vont disparaitre dans très peu de temps.

      C’est un exemple spectaculaire qui devrait enseigner… Oui, je rêve tout debout, je sais. « D’autres diraient d’une démocratie » Des noms !

  18. Je trouve qu’il y a par ici un manque d’empathie envers ce qui est appelé « la classe moyenne »,
    (expression-traduction de allez minimum bien 70% de la population vu que ce serait -?- à présent à peu près tout le monde sauf les 15%+pauvres et les 15%+riches.

    Je suis très choqué. Mais je peux me tromper sur l’air du temps qu’il fait par ici.

    Me trompe-je?

    :D

    troll mais pas que

      1. Ah? Un tas de briques? Ce n’est pas très gentil pour tes congénères ça.
        Et surtout ça ferme la porte à la possibilité d’une plus grande confiance laissée en eux à raisonner et décider intelligemment et humainement.
        Bref, ca me semble très contraire à l’idée de progrès démocratique et de diversité des « acteurs » dont on aurait plus que énormément besoin et le plus vite serait le mieux ;)

        Ps. Ne te vexe pas, je suis un peu autiste, du coup je communique trop direct et sans rondeurs sauf si je fais des efforts pour ça, mais remarque ça me donne quelques aptitudes en compensation ce petit côté autiste alors bah…

        1. Je peux être très direct aussi : ayant beaucoup roulé ma bosse, vécu et travaillé dans des pays de misère, j’ai vu de mes yeux, vu, que l’émergence des classes moyennes − qui est un bien en soi − signe l’arrêt de mort de l’âme (ou du sel, comme tu voudras) d’un peuple.

          Ce n’est pas un jugement de valeur, mais un constat.

          1. Je crois que je comprends ce que tu veux dire, ce qu’il y a derrière ce que tu dis dans ta tête (consommation accessible et tisane, diminution des polarités habituelles et radicales, toussa).

            Mais je crois aux « résurrections » si tant est qu’une âme de peuple ça meure.

            Quant au sel du peuple, tu sais bien ce qu’il lui arrive quand il est foulé aux pieds le sel par quelques uns, et insulté et méprisé et mis même plus bas que terre. Il reprend saveur.

            Rire « déconne ».

            A+

          2. Je crois que je comprends ce que tu veux dire, ce qu’il y a derrière ce que tu dis dans ta tête (consommation accessible et tisane, diminution des polarités habituelles et radicales, toussa).

            Y a rien de tout ça derrière ce que je dis. J’emballe pas ça dans des concepts. C’est de l’observation et du vécu, rien de plus. Ce qui a pris un gros demi-siècle ici dans les pays riches, s’est déroulé en moins de vingt ans, ailleurs. Passer du Moyen-Âge au XXIe siècle en vingt ans : imagine ça. Donc ça offre un angle de vision intéressant…

            Je suis pas un intellectuel, tu sais.

  19. Le moins que l’on puisse dire c’est que tes positions sur l’empathie sont casses-gueule et qu’elles suscitent débat! Les divers exemples d’émotions partagées médiatisées semblent assez pertinentes, à la rigueur pourrait-on parler de « réalité diminuée »?
    Mais ce que je trouve intéressant, c’est la question finalement de la place de « l’outil », « la machine » dans notre environnement. Et il me semble que ta critique devrait plutôt être dirigée dans cette direction. Dès que l’humain a commencé à créer ses objets techniques, il a par là même médiatisé son rapport à la matière, plus de contact direct, on s’aide d’un médium pour agir sur le monde (le marteau en est un). Y a t’il quelque chose de « moins vrai », qui n’est plus de l’ordre naturel finalement, dans notre rapport au monde? J’ai vu le nom d’Ellul trainer dans les commentaires, ça me parait une superbe piste, Illich pour la critique du « méga-outil » où au final il fait une nuance sur la « convivialité » de l’outil qui mérite qu’on s’y attarde.
    Ressort aussi l’idée que cette empathie disparaît à cause de l’écran. Mais est-ce l’écran l’objet de cette transformation où l’écran répond-il a une demande? Qui de la poule ou de l’oeuf etc. Je pencherais évidemment pour la 2ème option, l’écran en tant qu’ersatz d’une réponse à une frustration dont l’origine est à chercher ailleurs, comme par exemple dans le travail salarié tel qu’il existe aujourd’hui. On pourrait suivre la piste aussi de Lasch et parler d’une culture du narcissisme qui suit la même idée générale, il y a un malaise structurel. Au final ton analyse n’est-elle pas trop centrée sur ce que tu vies au quotidien? N’est-ce pas une déclaration de haine à cette écran qui te bouffe tant de temps?
    « Le monde réel serait-il si difficile qu’on veuille le fuir à ce point ? » … à qui s’adresse réellement la question?

    En tout cas c’était courageux, et un travail compliqué.

    1. Plein de choses importantes dans ce que tu dis. Je vais y réfléchir, je rumine d’ailleurs un truc sur l’envahissement du code dans nos vies. Le code est quelque chose de vraiment important, il détermine énormément de choses. Un monde fait de d’objets fonctionnant avec du code n’est pas le même qu’un monde fait d’objets analogiques.

      Pour ma part, je ne me retire pas du sujet, mais je n’analyse pas la situation seulement à l’aune de ma propre situation : je viens d’ailleurs par exemple de passer 8 mois à travailler quasiment tous les jours dans le réel (le froid, l’humidité, l’effort physique) pour bâtir notre maison, donc c’était très analogique, très réel aussi. Je vis dans la nature et je ne passe pas ma vie devant un écran. Loin de là. En tout cas j’évite.

      Je refuse de fuir le monde réel depuis un certain temps, et malgré (ou à cause) des vingt années à « procéder dans le monde binaire » pour gagner ma vie, mais aussi parce que ce monde est réellement fascinant quand on crée en son sein, j’ai vite compris la possibilité que ma part autistique pouvait prendre le dessus. Et je n’ai rien contre les autistes, mais vivre avec des autistes est très difficile. Etre autiste aussi, ême si l’on se s’en rend souvent pas compte.

      J’observe, lit, en tout cas, qu’une part de plus en plus importante de la population s’enferme dans les mondes numériques et je cherche à savoir ce que cela génère. De positif, mais aussi de négatif.

      Passer plus de temps en mode connecté qu’en mode non-connecté est questionnant. Donc je pose la question de « est-ce pour fuir le monde réel, est-il si difficile qu' »on » veuille autant s’en extraire ? Ou pas…

      A suivre…mais toutes les réflexions (quand elles sont faites sur un ton aimable), mêmes critiques de mon « analyse » m’intéressent. Pour aussi mieux savoir comment chacun perçoit ce phénomène.

      1. Je ne sais pas si ce n’est juste qu’une impression ou bien réel, mais le genre de bouleversement de trajectoire que tu sembles vivre m’apparaît fréquent chez les gens qui ont passé trop de temps derrière la machine. Une sorte de revanche du concret sur l’artificiel? Bonne suite!

  20. Merci pour cette réflexion stimulante. Par souci d’équilibre, ou pour « prendre un peu de recul sur le recul », ou tout simplement pour ne pas sombrer dans le désespoir, rappelons que l’empathie est un trait commun à tous les mammifères, profondément inscrite dans leurs gènes, et qui se manifeste notamment par l’action des neurones miroirs. Leur action a été décrit par Frans de Waal dans son livre « l’âge de l’empathie ». Ce ne sont pas quelques clics de souris, de tablette ou de smartphone qui les amèneront à disparaître. La question de meure posée. Selon Frans de Waal, nous serions la seule espèce capable de déconnecter le câble et de nous détourner ce qui faisait tout notre charme parmi la vaste famille des mammifères. C’est l’autoroute de l’évolution prise à contre-sens, l’âge de l’apathie après celui de l’empathie ?

  21. Heu, en fait, non : j’ai construit ma première maison, en bois, en 1992, au fond d’une montagne. Et j’ai toujours géré le binaire avec un environnement isolé, en campagne. Donc, pas de bouleversement chez moi, bien que les machines m’aient pris beaucoup de temps, c’est vrai :-)

  22. « de la place de « l’outil », « la machine » dans notre environnement », de l’externalisation des fonctions corporelles pour les transformer en outils. l’avant bras devient un marteau, la main une pince, ….le cerveau pour ses fonctions de mémorisation et de raisonnement : un (ou plusieurs !) ordinateur(s).
    -> Conférence de Michel Serres :
    https://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive

    « sur l’envahissement du code dans nos vies », sur le fait « qu’une part de plus en plus importante de la population s’enferme dans les mondes numériques et je cherche à savoir ce que cela génère »

    -> conférence de Bernard Stiegler / Ars Industrialis:
    http://arsindustrialis.org/adolescence-et-obsolescence-ou-comment-est-il-possible-de-devenir-adulte-dans-un-monde-jetable

    Quelques extraits retranscris :
    Socialisation de la technologie. Avoir le temps de s’approprier les technologies.

    Accélération phénoménale des transferts technologiques.
    Les temps de transfert de technologie ont été réduits de plus en plus. Bertrand Gilles montrait par exemple en 1978 que pour passer du bitume de judée qui est le systeme qui permettait de capter la lumière et ça on l’avait compris au XVIIIe siécle à l’invention de l’appareil photo à proprement parler, il faut 150 ans. Au début du XXe siécle, il montre que pour passer de l’invention des ondes qui permettent de faire des radars, à l’invention des radars, il faut une trentaine d’années. Aujourd’hui nous avons des domaines dans lesquels les passages de la conception d’un nouveau dispositif scientifique à sa socialisation, dans certains domaines, il faut une semaine pour faire ce passage. Par exemple dans le domaine logiciel. Donc il y a une accélération absolument foudroyante, qui fait que les systèmes sociaux n’arrivent plus à s’approprier ce processus parce que l’évolution du système technique suppose que les système sociaux se ré-approprient ces processus sinon ces processus deviennent désocialisants, ça c’est çe que nous sommes en train de vivre.

    Remise en cause complète de la socialisation de la technologie par la financiarisation de l’économie, qui fonctionne elle meme sur la spéculation qui elle meme doit maitriser la socialisation et l’innovation et donc ca consiste, le résultat de tout ça à remplacer la puissance publique qui autrefois prescrivait la socialisation de la technologie par le marketing.

    aujourd’hui la technologie dans ce contexte là n’est plus socialisée par une relation inter-générationnelle classique.

    Quand j’étais petit dans les années 50, c’était les pères qui transmettaient le rapport à la tehcnique, que ce soit la mécanique auto électronique pour mon cas, ou d’autres, c’était les pères qui transmettaient… Et entre l’époque où j’étais petit et aujourd’hui les choses se sont changées comme vous le savez bien aujourd’hui ce sont les enfants qui prescrivent les pratiques à leurs parents.

    Il en va ainsi d’abord parce que le marketing est devenu essentiellement générationnel. A partir principalement des années 1960, et en france pour ce qui concerne la france d’abord a travers les radios périphériques europe 1 et rtl, hé bien on a solvabilisé les marchés qui étaient les marchés de l’adolescence, d’ailleurs c’est ce qu’on a appelé la contre-culture, aux etats unis ou liverpool, les beatles, les stones, le rock and roll, etc etc, et tout ce qui venait avec, des représentations fascinantes à travers des personnages identificatoires fascinants comme James Brown, etc les grandes personnalités magnifiques ; les industries culturelles ont su capter des pouvoirs symboliques d’identification mais à travers ça faire des agencements comme disait Gille Deleuze entre cette capacité de production d’admiration par des objets symboliques très forts et des processus de socialisation du marché et faire en sorte que à travers au cours des années 60, entre 1960 et 1970 on passe de 13% de téléspectateurs en france à 70% de téléspectateurs, une socialisation de la télévision qui se fait au cours de ces années là, est énorme.

    Donc le fait d’une génération technologique, numérique c’est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche, c’est que cette génération se produise à cette vitesse là et sans capacité d’absorbtion par la transformation des systèmes sociaux qui sont pris de vitesse, qui sont court-circuités et qui du coup, hé bien sont rendus caducs et qui donnent l’autorité aux marques et au marketing, et non plus aux systèmes sociaux. Du coup ça pose d’énormes problèmes de désidentification à la sphère publique, à la chose politique, à la chose symbolique et ça créé des procédés d’identifications tout à fait nouveaux. … dans ce contexte là, je crois que le problème se pose à nous tous que nous soyons spécialistes de l’adolescence, parents, citoyens, profs, ou je ne sais quoi, adultes de l’invention de ce j’appelerai un nouveau contrat de génération.

  23. Intéressé par le titre de cet article, j’ai eu la déception de voir que le mot critique était employé dans son sens vulgaire, à savoir un jugement négatif alors que j’avais espéré une analyse. Je me demande quel est le bien-fondé d’un tel article, surtout de la part d’une revue de journalisme, qui revendique l’espoir par ailleurs – : on n’est pas sur un blog perso. L’intention de départ est certainement bienveillante mais au final on alimente surtout ici des pensées réactionnaires potentiellement dangereuses.

    Il serait intéressant de traiter ce sujet sur un mode dialectique et ne pas se laisser à ruminer sur des prétendues pertes (d’empathie, classe sociale ou autre…). Ce n’était pas mieux avant. En général c’était pire. Comme le souligne Michel Serres, chaque nouvelle technique est une nouvelle extension qui soulage l’homme. L’écriture a permis de libérer la mémoire, celle-ci a pu se concentrer sur de nouveaux sujets. les anciens n’avaient plus à connaître l’intégralité de leur savoir par cœur, et en plus ils ont pu en bénéficier mutuellement par l’échange qui s’en est trouvé facilité. Et ainsi de suite. Et l’humanité y gagne toujours.

    Une approche plus saine me parait celle développée par Bernard Stiegler par exemple, à savoir que ces nouvelles technologies sont un pharmakon (à la fois remède et poison). Plutôt que de se contenter de se plaindre des supposées pertes engrangées par la technologies (il y en a, mais il y a aussi des gains), il serait plus enrichissant pour tous de se concentrer sur de véritables questions, à savoir comment exploiter ces nouveaux outils au profit d’un meilleur vivre-ensemble.

  24. Je suis très déçu que tu sois déçu. Mais peux-tu m’expliquer cette phrase, développer un peu, ce qui serait plus « enrichissant » et se concentrer sur les véritables questions :

    « Ce n’était pas mieux avant. En général c’était pire » ?

  25. Très bel article. En transformant nos vies en algorithmes, Internet finit par nous offrir tout ce que nous attendons, au moment où nous l’attendons, sans que nous ayons à bouger le petit doigt. Si tout devient formaté, nous perdons cet enrichissement propre aux hasards. Or, pour évoluer tels des êtres Humains, je crois profondément que nous avons besoin du monde réel et de ses coïncidences, nos découvertes inattendues qui font la richesse de cette existence.

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