La difficile gestion du conflit syrien par les media

Autant l’admettre tout de suite, je fais partie de ces média qui pensent tous la même chose, ne voient qu’un coté de la situation et se font un exercice de brasse coulée dans la compte de fée qui présente les gentils démocrates contre le méchant Assad. « Les média » n’en sont pas arrivés là par hasard.

D’abord il y a eu un engouement massif et général pour ne pas regarder ce qui se passait en Syrie. Cela a duré un mois, durant lequel on disait: on n’a pas le droit d’aller en Syrie alors on ne peut pas savoir ce qui se passe.

Il y a donc eu deux tendances : la tendance factuelle et la tendance « expertise décryptage analyse » avec des pointures capables d’expliquer ce qui se passe dans la tête de la « majorité silencieuse » de tel ou tel pourcentage religieux de la population.

La tendance factuelle consistait à se limiter aux faits et à présenter les chiffres des manifs. Ça, on sait faire.

Une petite vidéo prise sur un chaine Youtube des révolutionnaires avec « nous sommes dans l’impossibilité de vous dire si c’est vrai ou pas en raison des restrictions imposées aux journalistes ». Puis, à coté on mettait une petite ligne prise dans une dépêche de l’agence officielle introduite par « le régime dit que », un petit rappel sur le massacre de Hama en 1982, un « best of » des réactions internationales et ça faisait une dépêche potable.

Mais au bout d’un moment, ça devient lourd à porter. Parce que les chiffres qu’il faut donner ne sont pas simplement ceux des manifs mais ceux de morts, de disparus, de torturés. Vous pouvez tenter l’exercice vous même: voici le site de l’OSDH, voici le site de l’agence officielle SANA: rédigez donc un feuillet avec les deux versions, relisez-le et imaginez donner ça à vos lecteurs sans vomir avec le sentiment du travail accompli.

Suite à ce petit exercice vous allez vite vous retrouver confronté à un énorme problème. Car vous allez vouloir terminer votre dépêche par un petit bilan du style « depuis le début de « la crise » en Syrie, les « troubles » ont fait 8000 morts selon l’opposition et …? selon le gouvernement » Problème, le gouvernement Syrien n’a jamais pensé à établir un décompte précis du nombre de membres des « force de sécurité » tués par les « terroristes armés » depuis le début du « complot étranger contre la Syrie ». Il lui a fallu neuf mois pour établir son bilan et il a choisi de l’envoyer par lettre à l’ONU plutôt que de mettre une dépêche par semaine dans la boite mail « rédaction » des agences presse.

La parole est à M. el-Assad…

Après des mois de chiffres froids et glacials et d’analyse d’experts délirants, les journalistes ont commencé à aller en Syrie petit à petit. Il y a eu des reportages parmi les révolutionnaires (très peu) et il y a eu un « équilibrage » avec des petits paquets de « media occidentaux » qu’on baladait dans les manifestations pro-assad « spontanées » et à qui on faisait interviewer cette « majorité » silencieuse favorable à Bachar et inquiète face aux islamistes.

C’est le moment qui a duré onze mois où on a cherché à savoir si le régime disait la vérité

Tous les grands media sans exception ou presque, pendant onze longs, très longs mois, sont allés vérifier la version du régime, ont donné leur version des faits et ont cherché à équilibrer les fameuses « deux versions » dans un magma incompréhensible.

France 2 a ainsi envoyé une équipe avec Gilles Jacquier qui voulait voir « coté régime ». Le Figaro a envoyé Malbrunot qui s’est retrouvé en compagnie d’Alain Soral et de France3 pour une petite visite guidée par le régime.

CNN et Sky news ont fait un reportage à deux endroits différents en filmant le même habitant local pro-Bachar, Le New York Times a interviewé Rami Makhlouf, le cousin qui assure que déstabiliser Bachar c’est nuire à Israël.

The sunday times a interiewé Assad, Jonathan Steele expose fièrement dans le Guardian un sondage racontant que 55% des syriens seraient pro-bachar (sondage effectué anonymement par internet sur un peu moins de 200 syriens).

Infosyrie.fr, le site de propagande français pro-Bachar remercie régulièrement George Malbrunot, l’Express ou Alain Gresh de sauver l’honneur des media en proposant une « bonne lecture » pro-bachar des évènements.

Quand à Al Jazeera, le fer de lance du complot terroriste médiatique pour déstabiliser la Syrie c’est aussi une belle histoire oubliée. Al Jazeera a été fort critiquée pour son étrange refus de couvrir la situation en Syrie dans un premier temps. Mais Al Qaradawi, prédicateur vedette de la chaine a fait un petit sermon qui a déplu à Bachar. Le dictateur a trouvé ça inacceptable et a gelé pour 6 milliards $ d’investissement quatari en Syrie. L’émir du Qatar a envoyé pas moins de deux délégations s’excuser et essayer de dégeler ses milliards.

Si Bachar n’avait pas refusé de les recevoir il aurait pu bénéficier du même silence qu’Al Jazeera a offert aux autorités du Bahreïn sur leur répression.

Tiens… Des journalistes meurent…

Puis les journalistes ont commencé se faire tuer, en particulier Gilles Jacquier qui partait précisément, encore, pour aller voir « coté régime » parce que « ce qui se passe en Syrie est éminemment plus compliqué » que ce qu’on nous raconte. (Consultez ici la vidéo de la conférence où il explique ses théories complotistes et ses motivations pour aller en Syrie « coté régime »).

C’est à ce moment-là que les journalistes ont constaté un phénomène étrange: « coté régime » ils se font tuer sous l’oeil des services de sécurité qui ne lèvent pas le petit doigt. En face, coté révolution on se sacrifie par douzaine pour les faire sortir vivants du pays. Le genre de phénomène qui aide un journaliste à se faire une opinion.

Autre souci: ces dernières semaines le régime ne fait plus aucun effort de crédibilité.

Il retrouve des drones Israéliens qui atterrissent directement dans le jardin des terroristes.

Il apporte la preuve que les terroristes qui attaquent la Syrie sont payés avec des billets de 10 pounds Libanais ($0.0067) et des Shekels israéliens qui n’existent plus depuis 1982.

Il annonce la mort de gens qui sont bien vivants en train de se faire interviewer au même moment sur CNN.

Il invente des interview d’experts internationalement reconnus comme Olivier Roy qui démentent ensuite.

Il arrive à capturer vivant des terroristes suicides d’Al Quaeda et à retrouver des photos de Ben Laden dans les voitures brulés.

Même infosyrie.fr qui bosse pour le régime admet que c’est parfois difficile tellement le régime ne fait plus aucun effort pour élaborer des mensonges crédibles.

Enfin, il faut bien l’admettre, les media sont anti-Bachar depuis très récemment pour s’excuser d’avoir participé à un autre complot international sur la Syrie depuis 10 ans destiné à aider, soutenir, dialoguer, financer, protéger et légitimer Bachar al Assad.

Quand Bachar était un gentil-gentil

En plus du Qatar et de ses 6 milliards de dollars, il y avait le rapprochement avec la Turquie qui offrait ses bons offices pour les négociations avec Israël.

Il y avait le retournement du leader libanais du 14 mars, Saad Hariri qui s’excusait publiquement d’avoir accusé Assad d’être responsable de l’assassinat de son père.

Il y a Obama qui a rétabli les relations diplomatiques, nommé un nouvel ambassadeur, envoyé John Kerry à Damas faire des déclarations communes sur la paix au Proche Orient par le dialogue et la négociation.

Obama qui prend systématiquement soin d’utiliser l’expression « step aside » (se mettre en retrait), laquelle continue d’être largement confondue avec « step down » (démissionner) mais qui diplomatiquement ne veut pas dire la même chose. On a oublié que Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine a continué d’appeler Assad un réformateur jusqu’à la fin mars 2011.

 

Il y avait Sarkozy qui l’invitait au défilé militaire du 14 juillet, Il y a la Russie et la Chine qui lui offrent non pas un mais deux véto à l’ONU. Au Liban il y a le Hezbollah qui le soutient publiquement. Et le Hezbollah qui a été très arrangeant après l’assassinat en 2008 à Damas de son numéro 2, Imad Moughniye et qui a passé l’éponge sur l’énorme liste de suspicions qui pointe les services syriens comme responsables.

Les « media occidentaux » si méchants racontaient jadis la belle histoire du petit ophtalmo timide et réservé qu’on était allé chercher à la mort de son père, alors qu’il n’avait jamais voulu du pouvoir.

The Economist saluait son arrivée au pouvoir d’un sympathique « plus de raisons de se réjouir que de désespérer ».

Des militants des droits de l’Homme dans le New York Times en 2001 soulignaient l’incroyable élan d’ouverture démocratique prouvé par le fait que les Syriens appelaient leur président « docteur Bachar ». On vantait ses réformes économiques, timides certes mais toujours sur la bonne voie.

En décembre 2003 il était à l’honneur dans les colonnes du New York Times qui lui accordait une longue interview dans laquelle le héros de la lutte contre l’impérialisme américain et israélien se disait heureux de pouvoir reprendre les négociations de paix avec l’administration Bush qui venait tout juste d’envahir l’Iraq. Les magazines people n’étaient pas en reste avec Paris Match qui titrait une longue interview avec le couple « Deux amoureux à Paris » et Vogue, en février 2011 trouvait que sa femme, Asma al Assad la « rose du désert » était très belle et moderne, qu’elle gérait sa maisonnée comme un modèle de démocratie. Ni plus ni moins. Un article qui a depuis mystérieusement disparu du site…

A son arrivée au pouvoir en 2000 Bachar a été salué par le « printemps de Damas »: les intellectuels, opposants et « droits de l’hommistes » unis pour lui proposer clé en main les réformes à faire. L’occasion rêvée de devenir un leader héroïque salué l’histoire comme l’homme par qui la démocratie et la liberté arrive au Moyen Orient. Une chance unique.

Il a mis tout le monde en prison. L’histoire ne pardonne pas ceux qui lui crachent à la figure…

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32 thoughts on “La difficile gestion du conflit syrien par les media”

  1. C’est difficile ou il faut suivre la mouvance ? Ne pas être « trop » décalé ?

    J’ai un a-priori assez « partisan » sur ce monsieur, en effet j’étais au Liban (mes racines) quand son papa est décédé, et subir 3 jours de deuil pour la mort d’un président voisin, ça ne m’a pas aidé à apprécier la montée au pouvoir du fiston.

    Vouloir comprendre les deux côtés d’une pièce c’est très bien, ne vouloir brusquer personne, c’est anti productif.

    1. Merci pour les « généralités », ça fait toujours plaisir qu’un « collègue » vienne te déglinguer un travail de recherche, sourcé, construit, qui tente d’analyser d’un point de vue géo-stratégique, historique et politique la situation syrienne, et qui, malgré tes affirmations, ne colle à aucune propagande et fabrication d’opinion, mais tente au contraire de sortir de la fabrication d’opinion dont tu me sembles, cher KheOps, après ce commentaire désobligeant, un pur produit.

      Le problème, je le répète, mais on s’en fout visiblement, c’est qu’il faut continuer à analyser et réfléchir, pas tenter d’avoir raison d’un côté ou de l’autre. Il n’y a pas le méchant Assad et les gentils résistants.

      Comme depuis 25 ans que j’observe des conflits et tente de les comprendre aidé par divers regards, la situation n’est pas binaire et les manipulations sont très importantes, chez nous aussi.

      Au passage, sans vouloir me la péter, je travaille aussi dans une rédaction internationale et je peux vous certifier que l’orientation médiatique n’est pas neutre. Non pas qu’il y ait conspiration ou complot, mais il n’y a quasiment aucune source fiable, ni traitement correct de la Syrie : personne ne va sur place ou presque. Quand quelqu’un y va mais ne ramène pas le propos tenu depuis des mois (l’armée syrienne horrible qui commet des horreurs et une population désemparée), il est soit mis de côté, soit traité de pro assad ou proche de Soral sur le web, et au niveau des directions de l’info, ça ne colle plus avec ce qui est raconté depuis des mois…

      Posez-vous des questions jeunes gens, et arrêtez deux minutes de vous emballer avec un filtre unique : vous allez finir par cautionner des trucs vraiment pas clean…

      Le traitement sur la Syrie est pour l’heure univoque chez nous, quoi qu’en dise cet article, comme avec Kadhafi, qu’Assad ait été un ami de la France et autres ne change rien : la voie médiatique et politique est celle d’une révolution populaire et une répression du régime. Depuis très peu de temps on commence à parler des bandes armées, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de crimes qui pourraient être commis par l’ASL ou des salafistes…mais c’est très récent. Parce que justifier un an de torture, de guerre civile avec seulement une population désarmée et pacifique, à un moment ça devient absurde.

      Le mouvement populaire et pacifiste de contestation syrien a duré quelques mois, il est récupéré depuis un certain temps (cet été) par des intérêts divers et variés. Maintenant si ça gène ceux qui ont soutenu l’aspect pacifiste et ne veulent pas accepter les changements, qu’ils se posent la question de leur incapacité à gérer la réalité de l’information et de leur militantisme obscurantiste.

      Pas besoin d’être pour un camp ou l’autre, hein, seulement essayer de comprendre et d’être honnête. Parce que les super démocrates qui défendent des causes au lieu de dénoncer les manips de leurs propres gouvernements et des détournements médiatiques, ça commence à bien faire.

      Un truc intéressant à aller suivre : Kony 2012

      Vous allez voir, d’un point de vue propagandiste « droit de l’hommiste », c’est quand même pas piqué des hannetons.

      Allez, je repars à mes généralités et mes théories collées à la propagande et la fabrication d’opinion, loin de la réalité de la situation. Ca fait quand même un peu mal au cul d’avoir été sur pas mal de fronts pendant un sacré bout de temps au niveau de la fabrication de l’opinion et de se voir traîné comme une merde par des jeunes gens à la conscience politique et historique à peine naissante. Mais bon. C’est l’apanage de la jeunesse : ils pensent savoir, c’est bien.

      P.S : Alain Gresh, spécialiste du Liban et de la région, comme de nombreux autres observateurs avertis, qui n’ont pas 2 ou 3 ans derrière eux de compréhension des enjeux politiques, économiques, religieux planétaires divers et variés, sont donc loin de la « réalité de la situation ».

      Ils ont échangé, sont allés là bas avec les quelques journalistes présents sur place comme Pierre Piccinin de l’université de Louvain, mais bien entendu, si un site pro assad reprend (et déforme ou appuie) ce qu’ils disent, ils ne sont plus crédibles…

      Mais ou, mais oui. Posez-vos la question suivante : s’il suffit pour décrédibiliser le travail de quelqu’un, de reprendre ce qu’il dit, à quoi bon laisser travailler des journalistes ? Franchement…

  2. A la relecture je comprend un peu mieux.

    Vous devez admettre qu’un tel, régime, évidement utilise aussi ( comme nous ) sa propre propagande, ca n’a rien d’étonnant. Pour autant je ne crois pas que ca donne plus de crédit à la version qui nous est présenté dans les médias.

    Le plus agaçant dans cette histoire, c’est le conte qu’on veut nous faire avaler comme quoi nous sommes différents… Voir pour celà les évènements d’algérie : on a tout fait pour matter la révolte et, à n’en pas douter, ceci se reproduirai aujourd’hui dans le même contexte.

    Conclusion : Je pense que pour comprendre ce type de conflit il faut bien analyser les forces en présence, la structure du pays etc… Je ne suis pas certain que beaucoup de personnes puisse faire ce travail.

  3. Au début en lisant le titre de l’article je me suis dit : « chouette, un article intéressant qui va analyser le traitement médiatique du conflit syrien ».
    Passé le premier paragraphe qui explique plutôt bien l’inanité de la construction des dépêches AFP j’attendais une déduction, un raisonnement sur les sources, leur validité etc… Et puis rien. Ou plutôt si : une espèce de justification maladroite et embrouillée de la version ressassée par nos grands media indépendants. Et ça commence par cette formule surréaliste pour qui a suivi le traitement du conflit : « Tous les grand media sans exception ou presque, pendant onze longs, très longs mois, sont allés vérifier la version du régime, ont donné sa version des faits et ont cherché à équilibrer les fameuses « deux versions » dans un magma incompréhensible. »
    Va pour le magma. Mais « incompréhensible » vraiment ? Et puis, les grands media ont cherché à « équilibrer les deux versions des faits » ? Vraiment ?
    Et bien non, dans une réalité parallèle, peut-être mais en France, sûrement pas. Pas un seul jour ne passe sans que les communiqués de l’OSDH ne soient relayés par les dépêches puis par les media. Pas une journée sans les déclarations impitoyables d’Alain Juppé and Co. Non, vraiment, les media n’ont jamais cherché à savoir ce qui se passait réellement et les journalistes embeeded des media maintream ont-ils livré une version différente ? Non, à aucun moment, contrairement à ce que suggère l’article. D’ailleurs
    Gilles Jacquier avait-il comme intention de couvrir les événements côté régime comme vous l’affirmez ? Vraisemblablement non.
    Les journalistes qui ont livré une version différente sont marginalisés, peu ou pas cités, et n’ont pas accès aux media dominants qui n’ont offert qu’une version des événements, la version des coalisés derrière l’ASL (c’est à dire la France, la Turquie, le Qatar avec Al Jezeera).
    http://www.voltairenet.org/Les-journalistes-combattants-de
    Finalement, on part d’un article qui fait mine de s’interroger sur le traitement médiatique du conflit mais qui très vite montre qu’il a pour seul objectif de justifier la « narrative » occidentale.
    Il aurait ainsi été intéressant de montrer qui se cache derrière l’OSDH, unique source des dépêches sur le conflit !
    http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com/article-syrie-autant-en-emporte-le-vent-89585362.html
    De même, il faudrait un petit peu s’interroger, lorsqu’on se prétend journaliste, sur la nature de l’opposition armée qui se dénomme ASL, mais il est vrai que cela risquerait, comme en Libye, de casser un petit peu le mythe de la « révolution citoyenne ».
    http://www.voltairenet.org/L-Armee-syrienne-libre-est
    Et pourquoi l’ambassadeur français à Damas a t-il démissionné, refusant de soutenir la version d’Alain Juppé ?
    http://www.voltairenet.org/Alain-Juppe-accuse-par-sa-propre
    Il est également vrai que cela vous amènerait à vous interroger sur le fait que notre gouvernement soutienne, au nom des droits de l’homme et de la démocratie, des gens liés à Al Qaida, comme ce fut le cas en Libye, et qui massacrent ceux qui prétendent leur résister :
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29879
    Ceci explique peut-être pourquoi les syriens manifestent massivement contre une intervention étrangère :
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29813

    1. Les différents articles consacrés a la syrie sur reflets ont bien fait le tour de ce conflit et j’en ai appris des masses sur le fratra de religion/peuples/minorités qui étaient des acteurs de ce conflit. (tellement que je peux désormais briller en soirée sur ce sujet)

      reflets n’a, a mon sens, jamais betement acquiescé aucune des 2 versions mais a tenté d’éclairer les noob comme moi qui ne savaient de la syrie que son emplacement geographique et sa coupe sur le liban.

      Dans cet article, comme l’indique le titre, il est juste demontré la difficulté a avoir des infos coherentes pour les media (quand ils se donnent la peine -desfois- de chercher).

      Rectifez moi si j’ai tort

      1. Tu as tort. Le seul vrai média qui dit la vérité vraie, c’est le Réseau Voltaire. Enfin Thierry Meyssan. Euh, l’IRIB quoi. Bref, le gouvernement iranien.

        Ceci est du conspirationisme à l’envers.

        UMAD?

    2. Au début en lisant votre commentaire je me suis dit « chouette un commentaire »

      Puis j’ai vu 3 liens vers voltaire.net, un lien vers piccinin et deux vers mondialisation.ca et j’ai compris

      C’était pas la peine de se donner tant de mal, on peut retrouver les mêmes « infos » reprises par les trois ensemble ou les uns par les autres.

      Piccinin est aussi repris par Infosyrie qu’on ne présente plus et par Alain Soral qu’on ne devrait plus avoir besoin de présenter. Voltaire.net est le site de Thierry Meyssan, les liens du personnage avec Soral, Dieudonné ou Chatillon ont déjà été exposé par Bluetouf lors d’un précédent article
      Quand à Mondialisation.ca on trouve évidemment les articles de Piccinin ainsi que ceux de Meyssan et de voltaire.net

      On retrouve aussi des trucs assez gore sur comment les illuminatis sont responable de la crise mondiale ou comment comprendre le génocide à Gaza en lisant la « bible juive ». On a aussi des articles qui présentent Lyndon Larouche comme « leading economist ».
      http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27306
      http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13861
      http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=5101
      http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=10256

      Les compétence de Larouche en matière économique se limitent à demander au grand dragon du KKK comment blâmer les juifs.

      Enfin si vous voulez connaître Piccinin un peu plus en profondeur, vous pouvez aller lire ses articles Sur riposte catholique
      http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/tribune/amalgames-acharnement-et-stigmatisation-l%E2%80%99eglise-catholique-de-belgique-dans-la-tourmente
      ou sur Ripoublik.
      http://ripoublik.com/2010/12/liran-havre-de-paix-pour-les-chretiens-du-moyen-orient-par-pierre-piccini/
      N’hésitez pas à explorer un peu ces sites pour vous faire une opinion par vous meme sur leur idéologie.

      Je ne suis pas trop surpris mais plutot flatté que ce que j’écrive modestement aille déplaire et contredire tout ces gens là.

      1. « les liens du personnage avec Soral, Dieudonné ou Chatillon ont déjà été exposé par Bluetouf lors d’un précédent article »
        Non, justement, il s’agissait d’amalgame, c’était assez mal fait, enfin pas franchement du journalisme. Du genre : machin à publier un truc sur le même site que truc donc il pense la même chose que bidule etc…
        Vous ressortez le même type d’argument (j’ai dit argument, hein, pas démonstration, car, encore une fois, ce n’est pas ça, le journalisme) à propos de mondialisation.ca.
        Je sens que vous vous êtes retenu de me brandir le fameux « complot rouge brun » qui est d’une inanité et d’une stupidité sans nom, c’est à dire digne de l’anti-fa de base sans aucune conscience ni culture politique.
        Ah si, nous avons quand même le lien vers riposte catholique qui est sensé prouver quoi au fait ??
        Mais le problème, finalement c’est que sans diplôme de bien pensance « de gôche », il semblerait qu’on soit voué à l’excommunication, même lorsqu’on est en fait… de gauche. Ainsi, ici même, les mêmes raisonnements idiots assimilaient le site « legrandsoir » à la fameuse (et psychotique) mouvance « rouge brun » alors qu’ils ont pris position récemment en faveur du front de gauche (ah mais merde, c’est vrai, j’avais oublié, Mélenchon roule pour Marine contre Hollande et pour Sarkozy, p’tain suis con moi heureusement qu’il y a les gars de reflet pour m’expliquer la politique…).
        Je n’ai que foutre de vos sites cathos, s’ils veulent y publier Piccini c’est leur affaire, après tout les cathos ne sont pas tous des poulpes décérébrés (par contre chez les anti-fas j’en connais un tas…).
        Bref, ce qui est intéressant et que vous ne dites pas, c’est que contrairement à vos sources, des gens comme Piccini ou Meyssan se sont rendus sur place et ont enquêté sur le terrain…
        Pour finir je vous invite à lire les articles de mondialisation.ca (même si on peut y trouver des trucs « conspis » il est vrai, c’est quand même très marginal contrairement à ce que vous sous-entendez…), qui sait, vous comprendrez peut-être qu’être de gauche et démocrate c’est d’abord défendre la souveraineté nationale contre les barbus d’al qaida, les fondamentalistes et les bombardements de l’OTAN…
        Et puis redisons-le encore une fois, les rebelles de l’ASL ne sont pas de « gentils démocrates », ce sont des barbus fondamentalistes, des mercenaires, des barbouzes… Et comme vous pourrez le vérifier si vous voulez vous en donner la peine, la population syrienne n’a aucune envie qu’une intervention militaire la livre à ces gens là. Mais après tout, libre à vous de penser qu’un scénario à la libyenne ou à l’irakienne, c’est « pour leur bien », et, ça leur « apprendra la démocratie ».

        1. Tu t’énerves pour rien, bien que je trouve ton dernier commentaire franchement clair et intéressant, parce qu’il souligne une chose importante : le système de l’opinion (sur le net) n’est pas de chercher à comprendre, il est de faire des liens et d’en tirer des conclusions qui te font faire ensuite partie d’un camp. Et par ricochet, comme dans ta liste tu as les liens « pas bien » avec les gens « pas bien » qui auraient pu croiser l’ours qu’a vu l’homme ou qui ont écrit sur un site qui n’est « pas bien », tu peux facilement expliquer à tes détracteurs qu’ils sont « pas bien », et qu’ils sont donc soit :
          1) Manipulés
          2) Des fachos
          3) des illuminés conspirationnistes
          4) Des merdes décérébrées.
          (Cocher la case de son choix)

          Ca s’appelle la guerre de l’opinion hypertxetuelle, c’est super gadget, ça en jette un maximum, c’est frais, c’est jeune, ça ne mange pas de pain, on s’en fout, mais c’est fashion. Et puis ça pose ton homme : t’as vu la liste de liens que te balance. Pfiouuuu, putain le mec, vu le nombre de bons liens qu’il a il est hachement balèze. Ah ouais, alors que l’autre là, sans liens, franchement il nous fait un peu chier à théoriser sur la réalité. Et puis il utilise des liens vers des sites pas clairs ou qu’on connaît pas, ou qui sont bien mais on peut trouver un autre lien qui va montrer que ce lien là « pas bien » parle aussi du type sur l’autre lien. Comme ça on peut les raccorder et le type « bien » devient « pas bien ». Ouais, ouais, ouais. Tout n’est qu’histoire de liens en fin de compte. Ca s’appelle être attaché, voir ligoté. Pas franchement l’ouverture et la liberté revendiquées. Mais c’est super. On parle information, journalisme. Whouuuuouuuu, génial.

          Bon, il fait beau, je vais me taper un ou deux liens moi :-)

    1. Ce n’est vraiment pas gentil pour Alain Gresh de le mettre dans le panier de ceux qui portent un discours pro-Bachar…
      Certes, il ne perd pas de vue les questions géopolitiques et ne considère pas comme positive la préparation d’une guerre contre l’Iran par l’affaiblissement d’un régime allié, mais il n’oublie pas la légitimité des revendications démocratiques de l’opposition.

  4. « L’occasion rêvée de devenir un leader héroïque salué l’histoire comme l’homme par qui la démocratie et la liberté arrive au Moyen Orient. Une chance unique. »

    super la démocratie, trop bien youhou
    nan mais sérieux qui croit encore à la démocratie c’est débile

  5. Les imbéciles copyrightés (et il faut en tenir une sacré couche…) qui se disent « de gauche » tout en soutenant les barbus et les islamistes au nom des « droits de l’homme » et de ne je sais quelles autres fables qu’on leur raconte et auxquelles ils ne demandent qu’à adhérer pour préserver leur bonne conscience (car tout être humain normalement constitué serait horrifié qu’on bombarde les gens à l’uranium appauvri dans un but « humanitaire » pour ensuite dépecer leur pays et placer à sa tête des fondamentalistes réactionnaires mais serviles) face à la réalité des faits qu’ils s’évertuent à nier en anonant de manière mongoloïde que truc muche est un « dictateur », et qu’il faut donc aller « libérer » son pays alors que personne ne lui a rien demandé…
    Bref, le bourgeois « de gauche » mongoloïde en question (car à ce stade je ne vois plus d’autre explication, la connerie ayant ses limites) continuera à bramer jusqu’à ce que mort s’en suive qu’il est juste et bon, vraiment (oh oui seigneur…) d’aller bombarder la gueule des gens lorsqu’on le fait « pour leur bien » (bobo ferait bien d’aller demander aux irakiens ce qu’ils en pensent…). L’abruti citera forces sources « respectables » pour venir confirmer sa bêtise et proposera même des liens vidéo pour montrer que truc muche est bien un dictateur, ce qui, à ses yeux, justifie qu’on aille libérer son peuple contre sa volonté à grands coups de missiles balistiques et surtout, en portant au pouvoir des barbus fondamentalistes. Et là ou l’être humain normalement constitué se rendrait immédiatement compte qu’on ne peut décemment pas soutenir des barbares obscurantistes, même au nom des « droits de l’homme », l’abruti congénital vous rétorquera que « oui mais la démocratiiiie… ». Cet aveuglement sélectif qui justifie finalement toutes les horreurs impériales s’explique généralement par le phénomène de dissonance cognitive ainsi que par le bête amour propre (un individu assez con pour se copyrighter sur le net se prend très au sérieux). Pourtant bobo aurait dû se rendre compte que les révolutions réellement populaires et démocratiques ne soulevaient pas le même enthousiasme chez nos dirigeants, signe qu’ils n’ont en réalité rien à foutre des droits de l’homme ou d’une quelconque démocratie, tout ce qu’ils veulent ce sont des régimes fantoches qui leurs permettent de faire des affaires :
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/13/tunisie-les-propos-effrayants-d-alliot-marie-suscitent-la-polemique_1465278_3212.html
    Ah oui, il reste l’argument ultime des « sources » que mongoloïde renvoie incessamment à la figure de son contradicteur alors qu’il n’est même pas foutu de faire turbiner ses quelques neurones disponibles pour s’interroger sur ses sources à lui et le fameux OSDH, dans le cas qui nous occupe, mais de toute façon ça n’a pas d’importance pour bobo puisque tout se résume à « oui mais la démocratiiiiie… », étant entendu que pour bobo il ne saurait exister que d’un côté les gentils démocrates (et bobo), et de l’autre le méchant dictateur allié aux perfides « rouge bruns ».
    On peut donc fournir à bobo quantité de liens, témoignages, le rapport des observateurs de la ligue arabe, voir des articles publiés sur le site de la WSWS
    http://www.wsws.org/francais/News/2011/dec2011/syri-d13.shtml
    bobo s’en fout parce que tu comprends « Alain Soral a dit la même chose » ou encore, truc muche a publié avec bidule et Alain Soraaaaal etc… etc… J’attends avec impatience le jour ou Alain Soral déclarera qu’après tout, oui, « la terre est ronde », pour écouter le positionnement « de gauche » de bobo sur ce sujet.
    Bref, finalement tout ceci est vain et inutile et je ne m’y risquerait plus, les mongoloïdes pourront donc dormir sur leur deux oreilles en écoutant le doux chant des Tomawak humanitaires tout en affirmant aux côtés de BHL qu’après tout, la charia, quand c’est bien fait, c’est tout à fait démocratique.
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/dc9fd544-fe5b-11e0-a80e-c26ab5cb2612/R%C3%A9introduction_de_la_charia_en_Libye_Bernard-Henri_L%C3%A9vy_critique
    Je concluerai par cette citation de Michéa qui a bien résumé la contradiction fondamentale de la gauche bobo à tendance mongoloïde :
    « Le libéralisme est, fondamentalement, une pensée double: apologie de l’économie de marché, d’un côté, de l’Etat de droit et de la « libération des mœurs » de l’autre.
    Mais, depuis George Orwell, la double pressée désigne aussi ce mode de fonctionnement psychologique singulier, fondé sur le mensonge à soi-même, qui permet à l’intellectuel totalitaire de soutenir simultanément deux thèses incompatibles. Un tel concept s’applique à merveille au régime mental de la nouvelle intelligentsia de gauche. Son ralliement au libéralisme politique et culturel la soumet, en effet, à un double bina affolant.
    Pour sauver l’illusion d’une fidélité aux luttes de l’ancienne gauche, elle doit forger un mythe délirant: l’idéologie naturelle de la société du spectacle serait le « néoconservatisme », soit un mélange d’austérité religieuse, de contrôle éducatif impitoyable, et de renforcement incessant des institutions patriarcales, racistes et militaires. Ce n’est qu’à cette condition que la nouvelle gauche peut continuer à vivre son appel à transgresser toutes les frontières morales et culturelles comme un combat « anticapitaliste ». »

    1. Ohhhhhhhhhhh qu’il est beau ce commentaire. t’as du te faire bien chier pour écrire avec autant de beau termes dont on a rien à branler juste pour dire que tu n’es pas d’accord. Allé je c/c, je stock et j’imprime. J’vais voir si je plastifie aussi pour l’encadrer.

      <3 je t'aime.

    2. Pourquoi gauche, gauche puis gauche?
      Les gens (de droite?) qui vote pour des partis de droites ne pensent ils pas?

      Dommage qu’on ne se contente pas de débats constructifs, il y a beaucoup de choses intéressantes dans vos réactions. Mais même adultes on reste de grand gamin puérils qui doivent montrer leur muscles et s’insulter…(regardez le commentaire dessous, c’est affligeant)

  6. @Reflets

    Je vous apostrophe : Hé ! les gars ! Z’avez entendu nostre président ?!

    Il prend des mesures – j’imagine que vous suivez le raid du RAID – deux mérites discussion :

    1) Empêcher l’endoctrinement dans les prisons et dans les cités – c’est une discussion de logistique principalement.

    2) Réprimer ceux qui consultent les sites salafistes – j’imagine et j’espère que, comme moi, vous avez bondi de votre chaise, le discours sous-entends que nous, heeu.. enfin eux, ont déjà les moyens de le faire, vous avez dit DPI ???!!!

    Je m’excuse (ou pas) de ce message hors-sujet, mais là… Good luck for us :(

  7. Deux ou trois réflexions sur ce énième remake du « Nous les bons contre les méchants d’en face ».
    La première c’est que quand on veut faire dictateur plus tard on fait militaire et pas ophtalmologie. Or Bachar exerçait l’ophtalmologie en Angleterre quand son frère (militaire) est mort et que son père (militaire et) « homme de fer » de son pays est venu le chercher pour sa succession. Il n’a pas voulu être là au départ.
    La seconde c’est que Al Jazzera n’est pas un ange non plus et qu’on ne peut pas le présenter comme une source fiable d’information depuis avril 2011, bien au contraire. La preuve en est que nombre de ses journalistes vedettes démissionnent :
    http://www.dedefensa.org/article-l_objectivite_perdue_et_retrouvee_22_03_2012.html
    Est à mon humble avis un meilleur article pour comprendre ce qui se passe en ce moment.
    J’aime bien l’enthousiasme des rédacteurs de reflets, j’apprécie beaucoup leur manière de mettre à ma portée la compréhension des techniques et leur emploi par les gouvernements ici et ailleurs. Mais quand il s’agit de tenter de comprendre ce qui est en train de se passer je préfère dedefensa.
    Pour conclure au Mali vient d’avoir lieu un coup d’état déclenché par des militaires qui ne supportaient plus de se faire mettre la pâtée par des rebelles mieux armés qu’eux. C’est une sénégalaise qui me l’a appris hier et qui m’a dit aussi que le président déchu était un homme bon. Les rebelles ont de bonnes armes depuis qu’on en a parachuté pour aider la « juste ? » révolte libyenne. Comme il avait été prédit par une partie de ceux qui s’opposaient à faire tomber, juste parce qu’il était dictateur, l’homme fort de la Libye. C’est désormais un pays dans lequel on peut enfin dire du mal de lui mais où les infrastructures sanitaires, scolaires, routières, toutes sauf pétrolières, sont revenues à l’âge de pierre.
    « Mon Dieu gardez moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge » disait Jean de la Fontaine. Il me semble que les libyens, les irakiens, les maliens et tant d’autres qu’on a voulu aider aimeraient Jean de la Fontaine.

    1. ATT avait une autorité morale certaine depuis qu’il avait remis le pouvoir au peuple en renversant Moussa Traoré après les violentes émeutes de 1991, mais sa compétence était limitée…

      1. Peut être mais il ne se représentait *PAS* aux élections du mois prochain !
        Pour citer à nouveau ce cher vieux De La Fontaine
        « Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ;
        Mieux vaudrait un sage ennemi. »

  8. Bonjour,

    J’apprends aujourd’hui qu’un de mes anciens collègues est originaire de Homs et ne donne plus signe de lui (ni à moi ni à mes collègues) depuis mois. Je crains pour sa peau. Est-ce que quelqu’un ici sait où on peut trouver une liste des victimes de BeA ?

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