Kitetoa, une vraie Mme Irma gratos : quelle belle affaire !

Dès l’instant où Bluetouff et moi avons décidé de créer Reflets, nous avons opté pour une autre forme de journalisme. Une sorte de mélange entre bloggeur, hacker, journaliste, analyste à 2 cents d’euros et une pincée de Mme Irma.

Ah, mais ça ne va pas du tout ça nous diront les grands journalistes qui peuplent les rédactions. Notre métier n’est pas de prédire l’avenir, mais de raconter l’actualité, sans prendre parti.

Voyez-vous, un peu de bon sens près de chez vous et un peu de recul permettent de prévoir – en gros – ce qui va se passer pour une bonne partie des événements qui bouleversent chaque jour ce monde. Bien entendu, c’est un jeu périlleux car la probabilité de se tromper lourdement et de passer pour un imbécile est assez forte. Ceci dit, un peu d’analyse mêlée à du bon sens ne nuisent pas.

Alors, Reflets peut-il vous raconter des histoires abracadabrantes ? Pouvez-vous nous faire confiance ? Oui et non. D’une part, nous ne souhaitons qu’une chose : que vous disposiez de tous les outils nécessaires pour déclencher votre propre réflexion et votre propre analyse. Il vous revient donc de remettre en question tout ce que nous écrivons et de le passer à votre propre moulinette. D’autre part, nous nous trompons rarement. Vous pouvez donc nous faire confiance. La plupart du temps.

Prenons un exemple simple qui me permet de me lancer quelques fleurs, ce qui de temps en temps, fait plaisir.

Le 7 janvier 2011, je publiais un article chez Owni dans lequel j’expliquais que la finance joue souvent avec les chiffres et que l’introduction prévue de Facebook à 50 milliards de dollars (à l’époque), c’était, pour résumer, une blague, mauvaise, qui plus est, et que cela nous ramenait en 2000 avec la bulle Internet qui va bien.

La vache… Qu’est-ce que j’ai pris. Les commentaires n’ont pas été tendres. Citons-en quelques uns :

antoine le 7 janvier 2011 – 20:09

comme les commentaires précédents, je suis surpris par la légèreté de cet article. Tout d’abord, on parle en ce moment d’un resultat de FB de 1Md, et de marges d’ebit approchant les 40%. Des lors, le PER retombe à 50.
Le PER ne reflete pas seulement la situation actuelle (et les multiples d’ebitda non plus) ou l’historique de la société mais son potentiel. Un PER de 50 sur une boite qui fait du +30% par an ça n’a rien de choquant, d’abracadabran.
Pour info, en ce moment, il y’a des intros qui se font à plus de 100x le PER en Chine. Et sur la durée, le multiple se maintient au dela de 50. Bulle ? Non. Avec le potentiel du marché interieur chinois, meme à ce prix il y’a des fortunes à se faire.

 

Moi le 8 janvier 2011 – 2:49

Sans rire, avec votre calcul de coin de table vous vous croyez plus intelligent que des gens qui mettent 2M$ dans l’affaire ? On hésite entre arrogance, bêtise ou idéologie.
Je vais vous en faire un autre calcul de coin de table:
1Md d’users à 1$/mois de revenu en pub, ça fait 12 Mds de $ de revenus par an. Pour le 3eme site mondial. Quand le 1er, Google va sur ses 30Md$…
Le journalisme de données, très bien, mais il faut bosser un peu !

 

Mes « calculs de coin de table » valent ce qu’ils valent, et les experts qui les remettaient en cause peuvent utilement lire la tripotée d’articles qui on suivi l’introduction en bourse de Facebook. La pire de tous les temps, si l’on en croit les journalistes financiers et les analystes. Et ce n’est pas la pire de tous les temps simplement parce que le titre s’est effondré après l’introduction. C’est la pire parce que les banques ont surévalué la société. C’est à dire, exactement ce que je me permettais de raconter en prédisant un peu l’avenir, façon Mme Irma.

Et pour tout vous dire, les financiers ne font pas véritablement autre chose que de jouer à Mme Irma, la plupart du temps. Ils évaluent la valeur d’une société au doigt mouillé, enrobent le résultat avec un jargon incompréhensible du commun des mortels (c’est fait exprès, je vous rassure) et récoltent les fruits.

Pour vous aider à mesurer l’étendue de nos pouvoirs de Mme Irma, ici, chez Reflets, je me permets de citer un article du Monde daté du 23 mai dernier. Là, ce n’est ni du Reflets ni du Mme Irma, c’est le journal de référence qui le dit. Après l’introduction et donc après que les prédictions de KitetIrma soient devenues une réalité. Place aux faits :

Facebook : le ratage pourrait tourner au scandale

L’entrée en Bourse de Facebook est déjà un échec financier. Va-t-elle tourner au scandale judiciaire ? La question se pose, au vu des événements survenus mardi 22 mai. Pour la troisième fois en trois jours d’existence, l’action Facebook a chuté à Wall Street (de 8,90 %). Introduite vendredi à 38 dollars (30 euros) par le consortium bancaire chargé de la mise sur le marché – opération que les banquiers appellent IPO, pour Initial Public Offering -, et proposée à la vente à 42,05 dollars, elle a clôturé mardi à 31 dollars. Soit une chute de 26,3 %, par rapport au premier prix proposé aux investisseurs.

Il n’en fallait pas plus pour que les marchés découvrent avec une innocence confondante que Facebook était vraisemblablement survalorisé, que son « modèle économique » restait à préciser, que sa croissance, jusqu’ici effrénée, ne pouvait plus dès lors que décélérer, que sa stratégie dans la téléphonie mobile (premier vecteur de connexion au réseau) était très floue et sa capacité à engranger des recettes publicitaires loin d’être démontrée…

Quant à Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, il est la risée de Wall Street: « Avec son ego, il était obnubilé par l’idée de dépasser les 100 milliards de valorisation, rien d’autre ne comptait », y entend-on.

Au-delà de ces questions, la mise en Bourse de Facebook pose aujourd’hui des questions sur la manière dont l’opération s’est déroulée. « Il y a toutes les raisons d’avoir confiance en nos marchés et en leur intégrité, mais, concernant Facebook, il y a des questions que nous devons regarder plus spécifiquement », estime Mary Schapiro, la présidente de la Securities & Exchange Commission (superviseur des Bourses américaines). Et d’annoncer une enquête.

La Financial Industry Regulatory Authority, principale administration fédérale de contrôle du secteur bancaire et financier, s’intéresse aussi de très près aux conditions dans lesquelles l’IPO s’est déroulée.

L’Etat du Massachusetts a, pour sa part, assigné la banque d’affaires Morgan Stanley, le chef de file du consortium de 33 institutions financières qui ont géré l’opération de mise en Bourse de 16 milliards de dollars, pour qu’elle réponde de la façon dont elle a informé les investisseurs.

Le directeur financier de Facebook, David Ebersman, devra répondre à nombre de questions. Tout comme le Nasdaq, qui voyait dans l’arrivée du réseau social l’occasion de s’affirmer comme le lieu de cotation de toutes les firmes high-tech, pas seulement des « jeunes pousses ». Et qui devra justifier les ratés de son système informatique qui ont perturbé l’opération.

Mais c’est Morgan Stanley, plus que tout autre, qui est désormais soupçonné, au mieux d’incompétence, au pire de tromperie. La banque d’affaires, qui souhaitait asseoir sa primauté dans la gestion des IPO de valeurs technologiques, se voit reprocher d’avoir largement surestimé la valeur boursière de Facebook. Elle a « surjoué l’enthousiasme et mal lu l’état d’esprit réel des marchés », juge Keith Wirtz, directeur des investissements d’une société de gestion d’actifs, Fifth Third Asset Management.

Dans ce type d’opérations, les banques sont juge et partie. Elles évaluent l’entreprise, le prix de l’action et le volume de titres mis en vente, et elles sont rémunérées en fonction de la capitalisation boursière qu’elles promettent à leur client. Dans le cas Facebook, Morgan Stanley n’a pas lésiné sur les moyens pour gonfler celle-ci.

L’action, dont le prix d’introduction en Bourse avait d’abord été fixé à 28 dollars, a été réévaluée à 34 puis à 38 dollars. Et, à la veille de la cotation, le nombre d’actions mises sur le marché a été augmenté de 25 %, aidé par un « buzz » très favorable entretenu par Facebook et ses banquiers.

« ILS ONT TOUT FOIRÉ »

Prix trop élevé, volume d’actions trop important… « Ils ont tout foiré. L’offre aurait dû être moitié moindre et la clôture se serait faite à 45 dollars » le premier jour, clamait lundi Michael Pachter, analyste du conseil en investissements Wedbush Securities. Pour nombre de ses confrères, si le prix et le volume des actions avaient été maintenus au premier niveau prévu (28 dollars), avec le même résultat obtenu le premier jour (34 dollars), chacun aurait conclu à une réussite, et le titre n’aurait ensuite pas plongé.

Cette erreur était-elle évitable ? C’est là qu’intervient le soupçon, dès lors que Morgan Stanley aurait disposé d’informations qui auraient dû l’alerter. Selon des sources encore anonymes, plusieurs analystes de la banque – dont Scott Devitt, spécialiste du secteur de l’Internet – auraient fait valoir à leurs supérieurs, dans les jours précédant l’IPO, qu’à leur avis, la banque survalorisait Facebook.

M. Devitt, en particulier, pronostiquait une croissance du chiffre d’affaires du réseau social en 2012 inférieure aux estimations fournies aux investisseurs. D’autres indiquaient que les prévisions de bénéfices au second trimestre avaient reculé de 5 %. Des inquiétudes similaires seraient apparues chez Goldman Sachs et JPMorgan, également banques conseil de Facebook.

La direction de Morgan Stanley et le directeur financier de Facebook auraient minoré ces alertes et mis une forte pression pour que les investisseurs n’en sachent rien. Seuls quelques clients privilégiés auraient été informés des craintes des analystes.

Pourtant, indique une source proche du dossier dans l’une des banques chargées de l’introduction en Bourse, Facebook aurait demandé, le 9 mai, à Morgan Stanley de « revoir ses modèles à la baisse ». On ne sait pas à ce jour qui chez Facebook aurait effectué cette démarche, ni quels analystes auraient été contactés.

On sait en revanche que ce jour-là, l’entreprise a enregistré auprès de l’autorité des marchés financiers américains un amendement à son prospectus d’introduction en Bourse, qui incluait une mise en garde à propos des revenus publicitaires sur le mobile : ils risquaient de ne pas être à la hauteur des attentes. Ce document était consultable et public.

Autre interrogation : pourquoi avoir poussé à augmenter fortement le volume des actions proposé alors que des indices concordants montraient que des investisseurs institutionnels amorçaient un mouvement de repli ? Face à une demande bien plus faible que prévu, la banque interviendra le premier jour pour éviter que le cours ne descende sous son niveau initial de cotation.

Si les enquêtes démontrent que Morgan Stanley a sciemment maintenu un cours d’introduction artificiellement haut et placé un volume d’actions trop important, s’il s’avère, pire encore, qu’elle a fourni à des clients des informations cachées à d’autres, le scandale pourrait être retentissant. En attendant, Morgan Stanley percevra 67,8 millions de dollars de commission. Mardi, la banque s’est contentée d’un communiqué lapidaire : les « procédures ont été conformes aux règles en vigueur ».

Sylvain Cypel (New-York, correspondant)

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


26 thoughts on “Kitetoa, une vraie Mme Irma gratos : quelle belle affaire !”

  1. C’est le moment de relancer un vakooler like, non? :-)
    J’étais pas mauvais à l’époque.
    Il suffisait de repérer les gogogadgetophrases dans les PR.
    Au plus il y en avait, au plus la boîte avait de chances de se péter la gueule.

  2. Puisqu’on irmatise, n’oublions pas que Bono (un des plus mauvais investisseurs de ces dernières années, dans tous les mauvais coups) est un des primo-investisseurs de facebook.
    Le chat noir est dans le fruit !

  3. Dans les commentaires de l’article sur Owni, ‘moi’ fait remarquer :
    « A part que le raisonnement n’a pas de sens, car dans le cas de 2ndLife on a un site qui n’a jamais eu que quelques millions d’utilisateurs, pour la plupart des no-life qui se prenaient pour Conan le Barbare, bien cachés derrière leur pseudo. Chez facebook, on en a 500 millions, mais surtout, on y a tous ses copains. On est scotché. tant que FB ne fait pas une grosse connerie, on ne part pas. »

    Mais dans son message précedent, il compare facebook a google ou plutot leur introduction en bourse (theorique pour facebook). N’est ce pas aussi ça le sens de ton article sur owni ? de dire que ces sociétés n’ont rien à voir ? que « le fond de commerce » de facebook n’est pas stable ? qu’avoir 900 M de comptes, ça ne veut pas dire 900M de consommateurs potentiels… et que tant que son business model ne sera pas « éprouvé » , toute capitalisation sera très incertaine ?

    Est-ce que ça veut dire que tant que l’on ne sait pas combien il y a de réels utilisateurs de fb , n’importe quelle valeur de capitalisation sera de toute façon sortie du chapeau ?

    (ou alors je m’emballe beaucoup trop ?)

  4. Calcul de coin de table:

    1Md d’users à 1$/mois de revenu en pub

    -dejà facebook n’a pas 1Md d’utilisateurs réel.
    -Tous les utilisateurs n’y vont pas tous les jours
    $1/mois/utilisateurs, ça nous fait:
    si l’utilisateur se connecte tous les jours:
    30 impressions/mois/utilisateur
    pour arriver à 1000 impressions, il faut
    33.33 utilisateurs.
    Donc si on compte « 1Md d’users à 1$/mois », ca fait un cpm de $33.

    1- c’est énorme, normalement on tourne autour de $4 le cpm
    2- sur le Md d’utilisateurs de facebook, tout le monde ne gagne pas la même chose et
    n’a pas les mêmes habitudes de consommation. Le cpm sur du trafic chinois ou turc,
    c’est beaucoup moins.

    Avec un cpm de $4 et 200 000 000 d’utilisateurs jour (comme j’ai dit, je doute que
    les gens aillent TOUS sur facebook tous les jours)
    ça fait $800 000/jour, soit $292 millions par an.
    La valeur d’un site se situe entre 1 fois et 10 fois son CA annuel (je constate ces chiffres).

    Il faut répondre à la question: « pendant combien de temps facebook tiendra-t-il son régime ? »
    Je vais dire 5 ans (mon avis), facebook est DEJA un bulle médiatique, comme les pins à une évoque
    à la fin des années 90: une connerie qui permet de se mettre en avant comme individu.

    Donc, allez on va dire CA annuel x8. = valeur de facebook
    Ça fait 2Md 336 millions pour 421 millions d’actions.
    Ça me fait le titre à $5.5.

    Le truc, c’est que cette chute boursière de facebook, pourrait donner une sorte de signal
    de fin de vie et ringardiser facebook. Il se pourrait que la chute boursière de facebook
    amplifie la chute réelle de facebook (son business). Que ca fasse « has been ».

    À mon avis les déboires de facebook ne sont pas finis.
    Bon au moins zuckerberg c’est marié et facebook a permis à un geek de se caser.

      1. il faudrait tenir compte du nombre d’impression par utilisateurs et par jour aussi (x20), donc la on se retrouverait à une valeur de 50Md (dans mon calcul).
        Je persiste malgré tout à penser que le cpm sur du traffic tout venant c’est pas $4, mais plutot un truc tres bas assez en dessous de $1.
        Sinon facebook est censé faire 40% du traffic mondial (source: alexa), donc apres il faut voir le nombre d’internaute par jour dans le monde en moyenne. C’est 2Md d’internautes diffrents au total sur un mois (je ne trouve pas de données journaliere)

        Malgré tout, le fait que GM retire sa pub de facebook veut dire (au moins) que facebook ne constitue pas une solution publicitaire facile à utiliser (c’est à dire sans risque d’erreur).

  5. Le but de ces opérations financières n’est pas seulement de créer une manne pour les gros comptes du nasdaq. Elle est aussi de blanchir un quantité astronomique d’argent sale et de l’injecter dans l’économie réelle « sans contrôles » des pouvoirs publics.
    Notre économie est tellement financiarisée et en pleine désintégration qu’elle ne tiendrait plus sans cet argent du crime (drogue, prostitution, ventes d’armes illégales…).
    A bientôt les p’tits loups, la bise à bluetouff.

  6. Donc en fait Facebook est entré en bourse avec une capitalisation boursière sur-évaluée.
    Et résultat, le « marché » lui en a mis plein la gueule en lui disant en gros : « t’es gentil cocotte mais je crois que tu surestimes ton prix un petit peu là ».
    Au final le prix de l’action chute.

    Est-ce que ça signifie pour autant que Facebook sera toujours (ou pour très longtemps) une valeur non fiable sur le marché boursier ?

    1. Au bout d’un moment, les gens qui vendent vont atteindre un prix ou ca ne vaut plus le coup, et inversement, le prix va baisser jusqu’a un seuil qui sera considéré comme réaliste. A ce moment, le prix va se stabiliser et l’action Facebook continuera comme n’importe quelle action.
      Quand a savoir si le cours repartira plus vers le haut que vers le bas, ca dépendra des décisions de Facebook…

    2. « le « marché » lui en a mis plein la gueule » , Ahah!

      Non ca tient pas parce que :
      1) les « marchés » et les banques qui ont vendues les actions pourries aux petits porteurs , ben c’est la mếme chose.
      2) ce n’est pas facebook qui est perdant! Entre entrer (exemple) à 50$ l’action ou à 100$ puis chuter à 50$, c’est mieux la 2eme solution pour FB..
      3) Parce que oui, les seuls perdants dans l’affaire ca a été les « petits », ceux à qui on disait « il faut du FB dans votre portefeuille! ». Les gros ils ont vendus dès l’introduction… au second marché.

      Donc non je ne pense pas que ce soit un echec en type d’introduction, je vote pour un succes franc et complet de toute les parties (habituelles hein, pas les petits).

      1. « le « marché » lui en a mis plein la gueule » , Ahah!
        >>

        Je pense quand meme que ce n’est pas dans l’interet de facebook d’avoir de chuter comme ça, ne serait ce qu’en terme d’image.
        Les petits porteurs de facebook sont peut etre aussi des utilisateurs…

  7. Analyse que j’ai partagé aussi ailleurs et qui m’a valu tout autant d’acrimonies. L’action ai-je lu sur un site boursier US (désolé je ne trouve plus le lien) aurait dû être introduite (avec ce volume et cette part de flottant) entre 6 et 9 $.

    Pour moi c’est encore une valeur très risquée du fait du manque de visibilité sur la stratégie et les incertitudes sur les revenus futurs. En plus cet argent ne servira pas véritablement à Facebook qui va racheter des petites boîtes naissantes pour éviter qu’elles ne deviennent concurrentes ou qu’elles ne soient rachetées par les autres grands acteurs (Google, Apple, etc…).

    Mais pire encore : comment peut-on investir de tels montants dans une compagnie ou le dirigeant possède 57% des droits de vote ? À ma connaissance c’est la première fois dans une IPO que le dirigeant fondateur a un tel poids… bref je trouve cela très louche.
    Nous ne sommes pas les seuls semblent-ils : l’action est à $27 aujourd’hui ? Dans 5 mois et quelques semaines ce sera fini de la période de l’entiercement (c’est la durée pendant laquelle les investisseurs initiaux ne peuvent pas vendre leurs titres) et là, on pourra peut-être la voir passer sous la barre des 10$, c-a-d proche de sa valeur réelle. Wait and see.

  8. Il n’y a pas besoin d’être madame Irma pour deviner que cet IPO « du siècle » (sic) allait tourner à l’eau de boudin.
    Facile à dire ensuite mais le plus gros facteur était à mon sens l’extrême médiatisation de l’affaire.

    Les bonnes affaires se font rarement dans le tapage. Une bonne affaire se traite dans l’intimité voire dans la clandestinité.

    Et c’est d’ailleurs une règle assez générale : à partir du moment ou une chose, un évènement est très médiatisé il en devient pourri.
    Pourri par les arnaqueurs de tout poil qui rôde à la recherche de proies faciles rabattues par la presse. Pourri par les attentes disproportionnées d’autres.
    Pourri par ceux qui ne se sentent plus de profiter de l’occasion.
    Bref, de véritables gamins ! Mais des gamins avec des jouets d’adulte entre les pognes.

    Dans ces conditions là le bon sens a quitté la planète depuis longtemps.

    Maintenant si on veut parler chiffres, les pseudo-financiers qui hantent la planète (et dont fait peut-être partie Moi) oublient (volontairement ou involontairement) un facteur fondamental typique des réseaux sociaux : le taux de remplissage.
    Prétendre avoir 1 Gcomptes ouverts ne signifi pas que 1Gcomptes sont actifs. Tout le monde le sait mais on se garde bien de le rappeler !
    Plus concrètement, pour FB on considère (seul FB connait réellement ce nombre mais se refuse à le dévoiler, forcément) qu’un tiers des comptes déclarés est actif (participe régulièrement à des échanges). Il y a ceux qui sont venus et n’y reviendront jamais, il y a l’immense groupe de ceux qui disposent d’un compte pour surveiller (ce qui se dit sur eux, entasser de la donnée, etc) et il y a enfin les comptes multiples (correspondant à un même individu).
    Ces 600 Mcomptes ne rapportent rien, leur titulaire ne jouant pas le jeu du réseautage. Au contraire ils gênent la véritable activité.

    db

  9. J’ajouterai, à l’intention d’un Moi qui nous lira peut-être qu’investir 2MUSD ne signifie pas que l’on n’est pas un idiot.
    Au contraire dirais-je : plus on possède et plus on a été habitué à « flairer » les coups et à agir sur un coup de tête.
    A l’inverse de quelqu’un sans le sou qui ne peut se permettre de jouer avec sa tirelire les fins de mois étant déjà difficiles à boucler comme ça.

    Et qu’est ce que 2MUSD pour quelqu’un qui en possède des centaines de millions en banque ?
    Pas davantage que 5 euros pour quelqu’un qui a 1 000 euros sur son compte.

    db

  10. Il est très clair que tous les comptes ne sont pas actifs.

    Perso j’en ai 3, un seul actif et je n’ai jamais donné le moindre centime à FB.

    Et si je regarde mes contacts on est très nombreux à avoir au minimum deux comptes.

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