Réponse à Jacques Crémer sur sa conception de la protection de la vie privée

J’en suis tombé de ma chaise. Dans un billet publié sur le site les Echos, Jacques Crémer se lance dans un incroyable plaidoyer anti protection de la vie privée. Pas au bénéfice de la sécurité
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28 thoughts on “Réponse à Jacques Crémer sur sa conception de la protection de la vie privée”

  1. « •transmette ces données (le contenu de vos mails, votre nom et votre adresse, ainsi que ceux de l’expéditeur) à ses partenaires commerciaux pour que ces derniers soient en mesure de remplir quotidiennement votre boite aux lettres de courriers indésirables. »

    >>>>

    avec un compte gmail, il doit y avoir une analyse contextuelle du texte des mails

      1. De mon côté, plus aucune pub dans Gmail depuis que je n’utilise plus (ou exceptionnelement) google comme moteur de recherche et que j’ai déclaré les scripts google comme non fiables dans NoScript…

        C’est déjà ça même si les mails reçus et envoyés doivent être analysés quelque part.

  2. On appréciera le parallèle entre le magasin et l’intervention du vendeur, et le net. Outre le fait que passer autant de fois que je veux dans un rayon de n’importe quelle superette, supermarché ou hypermarché ne déclenchera même pas un lever de sourcil du moindre employé, et qu’il en va de même pour toute enseigne de taille appréciable (FNAC, Virgin, magasins de fringues, etc.), c’est une analogie à la con. Si je fais mon shopping dans un magasin, je n’y lis pas mon courrier. Par exemple…
    De toute manière, les analogies entre les monde numérique et le monde réel sont toutes à chier. Comme les généralités ;)

    http://sid.rstack.org/blog/index.php/194-de-l-utilite-des-analogies

    1. Bien, nous ne devons pas fréquenter les mêmes boutiques que monsieur Crémer, perso quand j’hésite entre des Panzanni et les pâtes leader price, les vendeurs ne se ruent pas sur moi pour m’éclairer de leurs lumières.
      Quand aux lumières à la Fnac, les seuls « conseils » sont de tenter de te vendre une garantie à la con ou le produit sur lequel leur commission sera la plus importante.
      La valeur informative de la publicité, comme la valeur des conseils de vendeurs, c’est souvent une vaste blague, sauf peut-être dans des commerces que nous ne fréquentons pas.

      Pour les analogies je crois que celle qui m’énerve le plus est celle du code de la route appliqué à Internet :)

  3. merci bluetouff pour ce beau billet explicatif, sans t’énerver toussa :)
    juste je me demande si le monsieur va le trouver, voire même si il va pas être obligé de l’imprimer pour le comprendre…
    tu nous dis si tu a une réponse ou un retour hein ??

    1. Roh, petit coquin, j’ai tellement crié comme un putois hier que j’ai prévenu la personne des echos qui a first tweeté l’article que ce dernier était ahurissant et que j’entendais bien y répondre. Il m’a signifié qu’il transmettrait la réponse.
      Maintenant d’expérience, quand on marque un désaccord si affirmé avec une personne, celle ci répond rarement. Et puis les Echos, c’est l’économie d’en haut… reflets c’est plutôt les Internets d’en bas.

      1. Moi j’ai répondu directement, et oublié de mettre un lien vers ton article. J’étais un peu trop énervé pour ça. Riguidel, Cremer, comment les journaux peuvent être aveugles à ce point de publier des articles si… mauvais et hors du coup ? En effet, c’est comme les pubs corporate, c’est diffusé pour tous, mais ciblé sur un public très précis.
        Pour le DPI, je suis tout de même assez circonspect. Où feraient-ils une analyse des paquets ? Je ne vois pas du tout le concept. Je vois bien l’outil de DPI chez mon FAI, en sortie de ma ligne, mais où se placerait une boite de market pour faire ce travail ? Et en tirerait-elle des infos suffisamment précises pour relier cela à un consommateur ?

  4. Chers Bluetouff et autres participants au débat,

    Merci de vous être intéressés à ma chronique. Cela vous étonnera peut-être, mais je suis d’accord avec beaucoup de ce que vous dites et je pense que la protection des données personnelles est important.

    Ceci dit, je ne crois pas que je me sois lancé dans un plaidoyer contre la vie privée. L’objectif de ma chronique a été mieux comprise par Sid (http://bit.ly/ipxPfN): je voulais montrer que la protection avait un coût en attirant l’attention sur un article remarquable (pour ceux d’entre vous que cela intéresse, vous pouvez le trouver à http://bit.ly/in5ODp avec les transparents que Catherine Tucker a utilisé quand elle l’a présenté à Toulouse: http://bit.ly/lBvEKR).

    Comme il y a un coût, il me semble important d’essayer de voir si on peut le réduire, et c’est tout ce que je demande dans la conclusion de la chronique:

    « Bien sûr, il n’est pas question de réclamer la suppression de toute règlementation sur l’utilisation des données personnelles. Maîs il est important de
    se rendre compte que ces réglementations ont des coûts, que la course a toujours plus de restrictions est contreproductive et on peut se demander si
    l’identification de pratiques autorisées ne permettiait pas de concilier la protection contre les abus les plus criants avec plus d’efficacité. »

    Je ne suis pas assez compétent techniquement pour savoir si la réponse à cette dernière question est positive ou non, mais j’ai été choqué de voir que peu de gens se la sont posée. Le genre de choses que j’avais en tête est que l’on pourrait peut-être autoriser les « web bugs » à condition que les données qui sont acquises de cette façon soient effacées dans les 24 heures. Je ne sais pas si ce serait utile, mais il faudrait au moins tester ce genre d’idées.

    Encore une fois merci de m’avoir lu.

    Jacques Crémer

    1. Oops, avec beaucoup de retard (j’étais en déplacement, rentré hier soir tard et je crois qu’il y a eu des soucis avec les commentaires).
      Merci déjà d’avoir pris le temps de me répondre. Vous comprenez bien que ma réaction quasi épidermique était principalement due à des erreurs que je pense très factuelles dans la manière de poser le problème.
      Je me doute évidemment que cet article ne peut résumer le fond de votre pensée. Mais imaginez l’impact de ce dernier sur des économistes en herbe, de jeunes diplômés qui montent leur startup dans la pub en ligne, ou même sur notre représentation nationale qui a du mal à aborder la complexité de la chose Internet.

      Économiquement, il est faux de dire que publicité porte l’économie d’Internet. internet est payé par ses utilisateurs sous forme d’abonnements, qui permettent aux FAI de déployer de l’infrastructure. Je ne connais pas d’infra financées par la pub.

      Techniquement maintenant, les « web bugs » sont autorisés, les cookies de tracking le sont aussi. La loi est bien plus permissive que vous ne le pensez à mon sens. Nous devrions _obliger_ les publicitaires à anonymiser les données qu’ils manipulent (là c’est le diplômé d’école de commerce qui parle). Nous sommes en train de créer des bombes à retardement.

      La question de la vie privée sur Internet est complexe, il y a surement des moyens de faire cohabiter l’intelligence économique et le respect de la vie privée, mais les concessions, nous ne pouvons pas les faire sur un droit fondamental. Les effets seraient vraiment désastreux pour tout le monde.

  5. Chers Bluetouff et autres lecteurs,
    Merci de vous être intéressés à ma chronique et merci pour vos commentaires (que j’ai lus sans les imprimer !). Je suis d’accord avec beaucoup de ce que vous dites (sauf, peut-être sur le fait que j’ai écrit des énormités), mais je crois que beaucoup de ce vous présentez comme des désaccord viennent du fait que j’ai dû mal m’exprimer et donc que j’ai été mal compris.

    D’un point de vue analyse économique, mon objectif principal était de dire qu’il y avait des coûts à la réglementation européenne telle qu’elle est en train de changer, et de montrer que ces coûts pouvaient être mesurés comme l’ont fait les auteurs de l’article remarquable que j’ai cité (que vous pouvez trouver à http://bit.ly/in5ODp – vous pouvez trouver les transparents dont Catherine Tucker s’est servi pour le présenter à Toulouse à http://bit.ly/lBvEKR). Sid, dans son commentaire sur son blog (http://bit.ly/ipxPfN) a bien compris ce point.

    D’un point de vue de politique économique, j’ai juste voulu dire que comme il y a des coûts, il faut les identifier et qu’il aurait été intelligent d’essayer de trouver des façons de les limiter. Comme le montre bien le dernier paragraphe de la chronique, je n’ai absolument pas fait de plaidoyer contre la protection des données personnelles : « Bien sûr, il n’est pas question de réclamer la suppression de toute réglementation sur l’utilisation des données personnelles. Mais il est important de se rendre compte que ces réglementations ont des coûts, que la course à toujours plus de restrictions est contre-productive, et on peut se demander si l’identification de pratiques autorisées ne permettraient pas de concilier la protection contre les abus les plus criants avec plus d’efficacité. »

    Le genre de pratiques autorisées auxquelles je pensais serait par exemple de permettre l’autorisation des « web bugs » mais d’empêcher que les données qu’elles génèrent soient conservées plus que 24 heures. Je ne suis assez compétent ni en technique Internet ni en Marketing pour savoir s’il y a effectivement des choses intéressantes à faire dans cette direction. Je pose la question, et je prétends que le législateur européen aurait dû se la poser.

    En tout cas, merci encore de m’avoir lu et d’avoir pris le temps de répondre.

    1. Amis lecteurs, Ami Jacques Crémer, ce commentaire a été approuvé par le grand manitou du coin (après avoir été repêché dans le spam où il avait fini pour je ne sais quelle raison). C’est à dire, moi.

      Je ne peux confirmer qu’il émane bien de l’auteur prétendu.

      En clair, l’IP (une donnée personnelle…) du supposé Jacques Crémer le situe géographiquement, mais n’est pas celle du CNRS. Donc je peux pas dire que c’est bien lui l’auteur. Chacun prendra le commentaire avec les pincettes qu’il souhaite.

      K.

  6. S’il faut encore convaincre les ploutocrates de l’Internet, nous avons perdu la guerre de la vie privée. Prenons plutôt au quotidien les mesures qui préviennent au maximum la fuite de nos données personnelles vers de grandes corporations.
    L’argumentation du coût ne tient pas la route. Et puis, le coût, il est porté par les consommateurs, comme toujours, ou les contribuables …e etpour nous emm. avec de la pub à 2 balles, non merci !

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