Immersion chez tonton Pôle

POLE_EMPLOIChez tonton Pôle, c’est la plus grosse entreprise française, celle qui recrute plus de 3 millions de salariés et qui augmente ses effectifs, grâce à la crise. Reprenons ; le concept nous vient de notre ami, Nicolas Sarkozy, qui souhaitait à l’époque rationaliser le service public de l’emploi afin de le rendre plus efficace. Il fusionne un organisme de droit privé – l’ANPE, qui a pour tâche d’aider les chômeurs à trouver un emploi – et un organisme public – l’Unedic, qui s’occupe de verser les indemnités chômage. Objectif: permettre un suivi plus efficace et individualisé des chômeurs.

Cette administration est montrée du doigt régulièrement, ses membres VIP, largement critiqués voir méprisés.

Entre des parents à la retraite qui ne comprennent pas comment on peut faire pour ne pas travailler, bah oui « de mon temps, on cherchait et on trouvait du travail » CQFD. Et les studieux travailleurs, bien intentionnés, qui nous assènent le coup de grâce « tous des feignants qui profitent du système à nos frais ».

Sachez qu’avant de devenir membre VIP chez Tonton Pôle et prétendre à une indemnisation, moi aussi je travaillais… Avant d’être gentiment remerciée.

Alors bien sûr, comme dans toute entreprise on a quelques feignants qui savent se planquer dans les coins, et qui nous sirotent le café comme s’ils étaient à la maison et le tout au frais du comité. Mais tout ne se passe pas comme ça pour tout le monde.

Dans le lot vous avez quand même d’honnêtes travailleurs qui ne demandent qu’à reprendre le chemin d’une entreprise moins prestigieuse. Parce que mine de rien, ça ne nous amuse pas de répondre qu’on est dans la recherche, que l’on fait de la figuration, ou encore, que nous sommes intermittents. Trainer en pantoufles lapin et jogg marcel toute la journée, ça nous plait souvent moyen.

Sauf que voilà, il faut commencer par s’inscrire au Pôle Emploi, parce que mine de rien, personne ne paiera nos factures si on ne touche rien. Bah oui, plus de travail, c’est plus de salaire. Alors bon, déjà on est aigris de savoir que notre gentil patron il a beau bien nous aimer, en ce moment c’est la crise, « comprenez moi, je ne peux pas faire autrement. Vous comprenez une entreprise c’est comme une montgolfière … » (on connait tous la fin).
Donc, direction Pôle Emploi, ou plutôt le téléphone, aujourd’hui ils sont over-surbookés, on ne rencontre pas un agent sans se faire enregistrer au téléphone et sans présenter un vrai papier avec une date de rendez-vous et tout et tout.

Quinze jours plus tard, vous avez enfin votre papier en main, et là, surprise… heureusement que le facteur vient de vous le donner, parce que c’est demain matin. 10h. Pas trop tôt, ils ouvrent pas avant 9h ! et oui, les 35h c’est aussi pour nos tendres amis du Pôle Emploi.

Premier rendez-vous, vous êtes sapés comme un sou neuf. Vos papiers bien classés pour bien montrer qu’on est motivé et prêt à l’emploi.

Ne vous inquiétez pas

La surprise elle vient après, ce jour là, vous serez heureux de savoir qu’après avoir effectué les 21 jour de carence obligatoire, pendant lesquels vous n’êtes pas payés, vous apprenez aussi, qu’à ça, vont s’ajouter les congés payés que votre patron vous à payés.

Oui ceux-là même que vous vouliez poser pour partir à Boca et qu’il vous à refusés. Du coup le petit voyage à Boca, il se fera à la maison parce qu’il va falloir vivre avec ça. Première déconfiture, le teint deviens gris, on commence à faire mentalement ses comptes, et on se dit qu’on aurait peut être du négocier plus avant de partir. La prime de licenciement aussi, il faut la déclarer ? Zut, finalement, je ne vais même pas me faire un peu de gras.

Ah oui, on commence à avoir les yeux qui piquent.

L’agent bien volontaire, nous rassure : « avec votre CV, ne vous inquiétez pas, vous retrouverez sans trop de difficulté. Au fait c’est quoi pilote de chantier ? Vous conduisez des engins si je comprends bien … »

On sent bien que l’entretien va devenir encore plus pénible. Un agent spécialisé bâtiment qui ne sais déjà pas ce qu’est un pilote de chantier, ça part mal. Oui maintenant, pour plus de fluidité, le Pôle Emploi vous oriente vers des agents spécialisés dans votre domaine. Rien que ça. On se sent bien là. Finalement, les syndicats à l’époque avaient raison de faire grève et de dénoncer un manque de formation des agents spécialisés, mais bon, ils ont reçu huit jours de formation chacun. Quand même c’est pas rien !

Bien sûr, notre agent note l’ensemble de la discussion tel un criquet de la maison poulagua, il fait sa déposition en caractère d’imprimerie : « MLLE MACHIN A BIEN 2T2 INFORMEE DE SES DROITS ? ELLE PRESENTE BIEN ? SON CV EST LISIBLE ET A JOUR. ELLE COMPRENDS QU AU VU DE SON NIVEAU D ETUDE ELLE EFFECTUERA SES RECHERCHES PAR LE BIAIS DE SES PROPRES CONTACTS ET SE SOUOMETTRA REGULIEREMENT A DES ENTRETIENTS MENSUELS »

Les accents on les oublie, les fautes aussi. Et on comprend, qu’au delà du Bac, on ne comptera pas sur eux pour nous aider à trouver des entreprises qui seraient potentiellement intéressées par notre CV. D’ailleurs ça les arrange bien, parce que pilote de chantier chez eux, ça n’existe pas, ni coordonnateur.

Conducteur de crèche

Après ce premier entretient, vous attendez patiemment, d’être de nouveau convoqués, le mois suivant. Surprise, ce n’est pas le même agent, comme on nous l’avait promis. C’est le même cirque, et puis à la fin de l’entretien on vous signifie que vos recherches avancent bien, même si vous n’avez pas encore eu d’entretien, on ne vous re-convoquera pas.

En revanche, on à un petit stage à pas piqué des hannetons, on vous y a inscrit. Aller hop, stage petite enfance. Ça vous servira dans votre métier. Clin d’œil de l’agent (il me fait du rentre dedans, ou il est juste en train de me faire comprendre qu’il me fait une fleur ?). Tout ceci est très sérieux, si vous ne vous y présentez pas, vous serez radié. Oui m’sieur-dame, ça ne plaisante plus. « Comment ça, vous travaillez pas dans une crèche ? En même temps, si vous n’y mettez pas du votre … »

Tout ceci commence à donner mal au crâne, on se demande comment on va faire pour tenir la fin du mois. On fait appel à la CAF. L’autre nom magique des aides. Là, après avoir bien tout rempli comme il faut, on comprend que nous gagnons de trop. Normal, ils se basent sur les déclarations d’il y a deux ans, et y a deux ans, je me faisait le double de salaire. Snif… R.I.P mon super appartement.

Les impôts aussi, ils sont en train de nous tuer. Ils s’en fichent bien que vous soyez chômeur. Pourquoi ne nous prélèvent-ils pas mensuellement sur le calcul salarial du mois dernier et pas de l’an passé ? Re-snif…

Bon et puis c’est pas tout ça, mais les droits au chômage ça va un temps (vingt-quatre mois normalement). Après c’est RSA. Pour le calcul, j’espère que vous êtes armés de courage, parce même en réfléchissant bien, ça ne tombe jamais juste.

Alors, bon… on travaille comme on peut. Un peu de mi-temps par ci, un peu de mi-temps par là. Oui vous devenez vendeuse de prêt à porter, et ce n’est pas votre métier, mais ce n’est pas grave, il faut repousser la date d’échéance de vos droits, le plus possible. Un jour travaillé = un jour de plus de droits. On se rend bien vite compte qu’à ce train là, on ne vas pas résister très longtemps.

Je me demande encore, ce que l’on entend par profiter du système ? Pôle Emploi est une administration, qui vous accompagne dans vos recherches d’emplois. Sauf que ces derniers temps, c’est la catastrophe, comme on vous l’a dit, ils sont hyper over-surbookés. Du coup, la convocation mensuelle pour faire le point et vous aider, elle n’existe plus, parce que ça non plus, ils n’ont plus le temps.

On poursuit notre recherche solitaire d’emploi. On passe des entretiens. De temps en temps on reçoit un courrier du Pôle Emploi, pour nous signaler que nous n’allons plus sur leur site rechercher du travail et que par conséquent nous serons radiés, si on ne se bouge pas.

Alors on leur fait plaisir, on y retourne, et on ne trouve rien.

Finalement, l’ANPE, n’existe plus. Il ne reste de cette alliance que le Pôle Emploi qui n’occupe que le rôle de l’UNEDIC.

Nous espérons tous que Monsieur Sarkozy est content de son idée de fusion, parce que nous, demandeurs d’emploi, nous le sommes beaucoup moins.

L’aide à la recherche d’emploi n’existe plus, l’accompagnement personnalisé, n’a jamais fonctionné, le taux de chômage continue de progresser, les agents du Pôle Emploi sont en sous effectifs, et tous complètement dépassés.

Alors heureux ?

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52 thoughts on “Immersion chez tonton Pôle”

  1. Je me retrouve dans cet article, sauf que moi ce n’était pas encore Pôle Emploi.
    Je me rappelle mon inscription : il n’y avait même pas de ligne pour déclarer DEA comme diplôme. Faites des études qu’ils disaient.
    Et cette sensation qu’ils ne comprenaient rien de ce que je faisais. Remarquez au moins ils ne me faisaient pas chier dans ma recherche d’emploi.

  2. Allons, allons, dans structure sociale basée sur une économie de la rente, cela s’appelle simplement la gestion des stocks.

    Et puis l’actionnaire et ses affidés ont un train de vie à tenir.

    Quelques détails entre autre, sur http://www.actuchomage.org/index.php

    Allez un effort, on courbe un peu plus l’échine, il faut avoir le bon profil, et la viande bien attendrie, que diable !

  3. Bon courage à vous pour cette recherche d’emploi.
    Au début ça peut faire rire ou sourire les passages par le pôle emploi. Lorsque malheureusement ça dure un peu plus, ça peut devenir désespérant avec la sensation d’un énorme décalage avec leur rôle et votre situation.
    Bon article qui m’a fait sourire et remémorer quelques passages chez eux :)

        1. Non, je confirme : tous les étudiants ne passent pas par Pôle Emploi…
          Dans l’informatique, la plupart sont ramassés à la sortie des facs et universités pour être essorés par des sociétés de service (SSII) pendant 5 ans. Après direction chez Polo, car devenus trop chers et trop « expert »… C’est pour ça que l’informatique recrute tant, sauf que ça recrute bien moins quand on a plus de 30 ans.

          1. Nous sommes en train de parler de cas particuliers, formations spécifiques.
            Pôle emploi n’est absolument pas une obligation.

    1. sinon le pole-emploi ça sert à distribuer des allocations, et ya une petite section experimentale qui fait du social (de la recherche d’emploi ou autre); mais il faut pas en attendre plus.
      Et le rendez vous mensuel il a aussi et surtout vocation à faire du flicage, d’obliger certains chomeurs a faire des trucs qu’ils ont pas du tout envie de faire, et culpabiliser ton bonhomme sur le fait que c’est un vilain assisté. Bien sur tous les conseillers sont pas tous complices de ça et beaucoup essaient réellement de faire quelque chose, mais je crois qu’on leur demande aussi du rendement.
      Sur le sujet de la culpabilisation voir ce texte, qui compare le chomeur, et peut etre encore plus l’intermittent au personnage du procès de Kafka, qui s’emploie sans arret à prouver sa propre innoncence
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4410

  4. Ça va revenir, faut pas se démoraliser. Par contre ca serait peut être l’occasion de réviser la grammaire, orthographe, conjugaison etc ….
    « Les accents on les oublie, les fautes aussi. Et on comprends, qu’au delà du Bac …  » <<<< Ils ont des soucis à pôle emploi mais ils n'ont pas l air d'être les seuls ;)

  5. C’est exactement ça. On sent la maitrise du sujet chez quelqu’un qui a galéré dans cette horreur digne des 12 travaux d’astérix.

    Faut pas compter sur pole emploi pour trouver du boulot. Faut même éviter au maximum, la perte de temps qui en découle pourrait être utilisée d’une meilleure façon.

    Pour les moins de 25 ans je conseille de passer par la mission locale pour toutes les paperasses, ils sont bien plus efficaces, font leur boulot et essayent vraiment d’aider (en tout cas dans ma région). Alors que pôle emploi, c’est se tirer une balle dans le pied, on perd direct toute motivation avec ces pauvres branleurs.

    Et leur site, putain. LEUR SITE. Rien que d’y penser me fait souffrir.

    1. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils sont des « branleurs », mais ils ne sont surtout pas préparés à gérer autant d’inscrits, ni formés à nous conseiller efficacement.
      Il serait peut-être bon, d’ouvrir des unités spécifiques …

      1. Certains sont effectivement de bonne volonté, mais la plupart ont déjà abandonné toute conscience professionnelle… Préparés ou pas, ça fait trop longtemps que ça dure, je vais finir par croire que c’est volontaire.

      2. Je n’ai jamais été à pôle emploi mais pour moi il y a un problème de conception fondamental : comment quelqu’un qui travaille à pôle emploi depuis un certain temps peut il être au courant du marché de l’emploi ?
        Ils passent leur temps à remplir des documents administratif et s’occupent de profils très variés, pas étonnant qu’ils perdent de vue la réalité du monde du travail.

        J’ai pas de solutions miracle mais si les conseillers était à mi-temps dans un emploi et à mi-temps en tant que conseiller pôle emploi, ils seraient certainement mieux informés des réalités et avec des compétences plus variées.

  6. « Les accents on les oublie, les fautes aussi. » <= Dans ton articles aussi? "entretient", "çà", "on nous l'avais" … Je n'ai pas tout relu, mais simplement dans le paragraphe qui suit, on dirait que tu as tant été choquée que tu en as perdu ta grammaire.

  7. « On poursuit notre recherche solitaire d’emploi. On passe des entretiens. De temps en temps on reçoit un courrier du Pôle Emploi, pour nous signaler que nous n’allons plus sur leur site rechercher du travail et que par conséquent nous serons radiés, si on ne se bouge pas. Alors on leur fait plaisir, on y retourne, et on ne trouve rien. »

    C’est pas ça. C’est juste ton « espace personnel » sur le site de pôle-emploi qui est effacé. rien a voir avec ton inscription effective sur la liste des demandeurs d’emploi, même si c’est vrai que ça porte à confusion.

  8. Lorsqu’un jeune débarque sur le « marché de l’emploi » (beurk …), il a en fait un certain nombre de problèmes à résoudre :
    1) Savoir faire un CV (en gros, étaler un peu de confiture sur une grande tartine).
    2) Savoir faire une lettre de motivation (peut-être a-t-il un peu plus de potentiel ici ?)
    3) Apprendre les codes sociaux du milieu professionnel qu’il souhaite rejoindre
    4) Trouver un employeur prêt à embaucher quelqu’un qu’il va former en sachant que le jeune va partir bientôt parce qu’il sera sous-payé (ben oui, il n’est pas complètement opérationnel…)
    5) Déménager … Parce que s’il souhaite vraiment trouver du boulot, il est tout à fait probable qu’il y ait un déménagement.

    En face de ça, l’accompagnement à l’emploi il fait quoi ?

    Ensuite, on pourrait parler du type qui a bossé 20 ans en tant que manoeuvre pour l’industrie (38 ans au chomdu et à peu près autant de chances de retrouver un CDI que de gagner au loto), du type de 55 ans qui était trop vieux lors du dernier plan social, de la dame qui cumule déjà 3 boulots dans la semaine pour une durée de 23h payées au SMIC horaire, etc, etc …

    Mais pour ceux-là, j’ai l’impression qu’accompagnement ou pas, il n’y aura pas d’emploi …

    Après, il y a tout ceux que j’ai oublié mais j’ai une mauvaise mémoire (un peu déprimé sur les bords aussi mais faut pas s’en faire !).

  9. Ça résume assez bien la situation effectivement mais sans vouloir jouer les rabat-joie, c’était encore pire avant pour ceux qui ont connu. Maintenant, il y a un semblant d’organisation en plein milieu de ce foutoir. Ça ne fonctionne pas vraiment mieux pour autant mais bon, la situation n’est pas pire comme le laisse penser l’article…
    Par contre, s’il y a bien une chose qui m’insupporte, c’est que la plupart des conseillers prennent de haut les chômeurs qu’ils accueillent, les considérant comme de vrais merdes et se permettent des propos totalement déplacés et de les juger sans modération. Je pense qu’il y en a plus d’un qui se serait pris une claque si les personnes en face n’était pas tributaires de leur jugement à ce moment de leur vie.
    Je suis d’accord qu’ils n’ont pas un boulot de rêve et que le système qui les régie est défaillant, qu’ils n’aient plus de conscience professionnelle est une chose, mais qu’ils manquent de respect parce que la personne en face est en position de faiblesse en est une autre.

  10. Tellement véridique comme témoignage. Je ne sais pas depuis combien de temps tu es inscrite, mais je trouve que tu nous a fait une version light du stress.
    Si tu me le permets, je rajouterais deux ou rois points du style :
    – chaque mois qui passe, l’impression de se rapprocher de la « guillotine », histoire de se sentir à l’aise
    – chaque fin de mois plus difficile que la précédente financièrement, évidemment, le revenu ayant sérieusement baissé. Et on a tapé un peu dans ses réserves les premiers mois (impôts, taxe d’habitation, assurances, tout ça, qui ne baissent évidemment pas).
    – chaque fin de mois, le pointage via internet (ce qui est déjà bien mieux qu’à l’époque où il fallait se déplacer), le serveur écroulé sous les connexions. Et là, au choix : attendre minuit l’ouverture du pointage ou mieux, le lendemain matin tôt (avant l’heure du petit déjeuner). Tout ça pour être sûr de bien être pris en compte et ne pas retarder la date de paiement.

    – bien sûr, comme tu l’as dit, les remarques de gens qu’on croyait bien connaître. « Si on veut trouver, on trouve du travail » ! « Les chômeurs vivent aux crochets des actifs » (alors on leur explique que le chômage est une assurance : nos DROITS ont été acquis par notre travail, ils ne sont pas prélevés sur les impôts des copains !)

    – et enfin, les bons conseils, le piège suprême (asséné par tout le monde, y compris les conseillers du pôle) : « moi, à ta place, j’accepterais n’importe-quel boulot, à n’importe-quel tarif ».
    Ben voyons : tu acceptes n’importe-quel boulot, et tu fais comment pour en retrouver un dans ta branche, une fois que tu as été « badgé » plongeur ou femme de ménage (exemples non discriminatoires, c’est une image) ? Et à n’importe-quel tarif, bien sûr mon lapin ! Déjà, tu es à 57% du brut du salaire que tu avais auparavant. Tu acceptes un boulot moins bien payé, et tu peux prier pour ne pas faire partie d’une prochaine charrette ! Parce que là, ça devient la descente aux enfers.
    Ceux qui n’ont jamais connu le chômage devraient éviter d’en parler. Ils ne savent pas le mal qu’ils font, certains involontairement, d’autres… faut voir.

    1. J’ai cherché du taf pendant 3 mois à la fin de mes études (plus parce que j’étais exigent que parce que je ne trouvais rien) et même dans cette situation idyllique par rapport au chômage, il y a vraiment des moments de forte démotivation.
      Je compatis avec les chômeurs et espère ne jamais me retrouver dans une telle situation.
      Je me demande vraiment ce qui pourrait améliorer le retour à l’emploi. Etre coaché par des personnes connaissant le bien secteur ? Avoir accès à des formations pour se réorienter (mieux que technicien de surface) ? Ou autre ?

      1. Pour améliorer le retour à l’emploi ?

        Peut-être déjà juste avoir une instition public dont c’est l’objectif. Rien que ça se serait un grand pas.
        La privatisation des missions d’utilité public est une catastrophe….

  11. Moi, j’aime bien leur logiciel de gestion. Au top.
    Il faut être polyvalent parait-il. Je le suis. 3 métiers.
    Mais pas possible de l’inscrire dans leur magnifique logiciel.
    « Nous ne pouvons mettre qu’un seul code APE, m’sieur, il faut choisir. Alors, on vous range où ? »
    Je lui dirais bien DTC, mais ça doit être saturé aussi…

    Pôle en bois.fr est également un super site qui se fait naturellement DDOs chaque début de mois ^^

    Au fait, il y a à peine 500.000 emplois vacants et + de 3 millions de chômeurs (catégorie A). On fait comment ? Hein ?

  12. je sors d’un an de chom et cet article me laisse mitigé. Faut il en rire ou en pleurer ? je me suis retrouvé sur un tas de trucs. sauf, que, n’étant pas une fille a qui l’on peu faire du rentre dedans j’ai eu a faire a autant de mal B… homme que femme.
    Cet épisode m’a interpelé sur 2 points.
    Ayant déjà été au chom du temps de l’ANPE, oui! Il fallait jumeler les 2 entités ANPE/ASSEDIC. Le problème est qu’une fois de plus la réforme a été mal faite. On dit les français contre les réformes mais faut voir pourquoi. Pour moi tout en étant dans le meme batiment, un ASSEDIC devait rester assedic et anpe, ANPE, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui. Ils sont cons ou quoi dans les hautes sphères? où a t on vu dans les entreprises un RH (plutot profil psy) devenir comptable (les chiffres) et inversement ? Si bien que maintenant c’est encore plus le bordel :-))) ou plutot :-(((

    Deuxième chose, ces types me rappellent l’éducation nationale : a l’ouest du monde du travail. Et c’est pas un sarkozyste qui vous parle, très loin de là. Mais y a un minimum quoi.

    Donc aujourd’hui, j’ai appliqué le petit sarkozy illustré, j’ai un job, que je deteste après réorientation, mais j’ai un job qui nourrit ma famille ! pour combien de temps avant que mes nouveaux actionnaires en décident autrement …
    Ptite question en passant. en 68, les temps étaient moins durs et tt le monde en avait raz le c.. Les gens attendent quoi aujourd’hui ? (et chuis pas révolutionnaire nan plus :p )

    1. « Donc aujourd’hui, j’ai appliqué le petit sarkozy illustré, j’ai un job, que je deteste après réorientation, mais j’ai un job qui nourrit ma famille ! pour combien de temps avant que mes nouveaux actionnaires en décident autrement …
      Ptite question en passant. en 68, les temps étaient moins durs et tt le monde en avait raz le c.. Les gens attendent quoi aujourd’hui ? (et chuis pas révolutionnaire nan plus :p ) »

      Les gens attendent quoi ?
      Et bien tu as répondu juste avant de poser la question.

  13. C’est tout à fait ça, et effectivement, ça ferait plutôt pleurer…

    Dans le genre « expérience qui sent le vécu », t’as oublié le « Forum Local pour l’Emploi » !
    Argh… Toutes ces boîtes de formation privées, les coach, les association pour l’aide à la création d’entreprises, etc… J’ai eu du mal à trouver qui recrutait… Peut-être qu’il n’y en avait pas…

  14. Je pense qu’un article du genre mérite un lien avec un point de vue interne.

    J’ai un de mes proches en CDD à PE (plan 2012 pour l’emploi, recrutement massif).

    Je peux vous assurer qu’au début, (les 2 ou 3 premiers mois) la motivation est là. Mais quand la machine administrative est bien en place et l’expérience commence à se faire. La personne commence à devenir un agent administratif qui comment à en avoir plus rien à faire.

    Pourquoi ?
    – Managment équivalent à celui de la fonction publique: Pas de réprimende à ceux qui foutent rien voir ceux qui font mal leur travail. Des équipes de managment qui sont décridibilisés par leur erreurs et leur manque de compétence (typiquement, des types qui n’ont jamais été agents de terrain qui essaye d’apprendre leur boulot à des bonnes femmes qui ont 10 ans de boite).
    – Recrutement fait par une direction régional sans prise en compte des compétences.
    – Organisation du travail sans consultation des agents: on se retrouve typiquement avec des ordres contradictoire avec la mission de l’agent.
    – Knowledge managment au sein des agences inexistant. En cas de départ d’une personne spécialisé indeminisation (vous savez, le domaine qui concerne presque 90% des demandes :) )et bien elle est remplacé par … une nouvelle recrue non formé pour les indeminisations. ON se retrouve donc avec des agences qui perdent en compétence surtout en cas de congé, ces comps sont absentes de l’agence. Je vous laisse imaginé le pauvre demandeur qui à eu une erreur de montant qui se retrouve dans la merde et doit attendre 2 semaines.

    Ce malaise qu’il y a pour un demandeur est aussi existant pour l’agent qu’il a en face de lui. Certain ont abandonné depuis longtemps. Pour les autres c’est plus une sensation de « je ne peux rien faire pour vous ».
    Besoin de formation ? Plus de budget.
    Besoin d’assistance ? Pas le temps.
    Besoin d’un conseil ? Jamais la même réponse.

    Vous ajoutez les profils habituel que l’on trouve en entreprise : focul, carrieriste, MrJeSaisTout, MrJenAiRienAFoutre, MadameJaiPeurDuPublique.

    Un soupçon de peur car selon les agences la clientelle est un poil suceptible. Du coup, on ne convoque pas certaine communauté (vous savez l’ancien RDV mensuel) car on a peur de leur réaction. Ou sinon la population de personne qui vient dans l’agence sans parler français sauf pour dire « argent ». Ces situations laissent les agents sans une situation assez dangereuse car non assumé par la direction. Il n’y a pas de propos raciste ou xénophobe, ce n’est pas représentatif de tous les demandeurs, mais c’est assez récurent pour être dit.
    Ajoutez à cette incertitude sur les traitements spéciaux, il faut aussi faire avec les fous furieux. Qu’importe la raison, les anecdotes sont régulières. Menaces, altercations, humiliations, aggression. Sauf que tout ça, ne se passe pas obligatoirement sur le lieu de travail.

    Pour finir, le gros soucis avec les articles comme celui-ci. C’est qu’ils sont propre à l’agence et parfois à la région. Car chacune à sa propre façon de gérer les demandeurs en fonction des moyens et du nombre de demandeur.

  15. Bonjour,

    J’aime bien votre article et je souscris aux témoignages qui critiquent notre Paul national. J’ai connu l’ancienne version et même si on pouvez être insatisfait de certaines choses c’est sans comparaison aucune avec la configuration actuelle. Qui ose affirmer que cette fusion des Assedic et de l’ANPE est satisfaisante ? pour personne, y compris pour le personnel (une partie est sur des CCD, dès qu’ils se sentent un peu à l’aise dans leur job pas évident on les remercie).
    Personne encore n’a évoqué cette vaste connerie que sont les plate-formes téléphoniques.
    Obtenez-vous des réponses fiables au téléphone ?
    Perso, j’ai pas confiance car elles selon l’heure de la journée et d’autres paramètres qui m’échappent complètement.
    Arrivez-vous à avoir le n° de tel de votre conseiller, ou de votre agence pour avoir une réponse un plus sure ?
    Perso, je n’ai réussi à obtenir que le mail, et quand on n’a jamais vu son conseiller c’est pas fantastique comme mode de relation. D’ailleurs elle ne répond pas à mes questions.
    Quant au système informatique, personne en trouve qu’il bug ?
    Perso, j’ai découvert que je ne recevais pas les offres pas mail alors que j’ai pourtant coché la demande de réception par ce canal. En revanche je recevais très régulièrment les mails me signifiant qu’aucune offre ne correspondait à mon profil K… !
    Comment considérer que le Paul est un allié quand on voit tous les incidents qui surviennent ?

  16. J’ai eut l’occasion de chercher un peu du temps de l’ANPE et ma femme récemment à Pôle Emploi. Je sais qu’on est pas dans la moyenne nationale mais pour ce qui nous concerne ça a peu bougé : inutile mais le reconnait…

    Mon cas : Bonjour, je viens de finir un diplome d’ingé et j’ai besoin d’être inscrit pour avoir une prise en charge des déplacements pour les entretiens (trop jeune pour les allocs) : OK, par contre pour les études supp on fait pas. Voila le dossier pour l’aide, pour le reste bonne chnce.

    Mon épouse : Vous avez quoi comme diplome ? Doctorat… c’est l’équivalent d’une licence non ? … Ah c’est 8 ans après bac, bon vous savez déja ou vous voulez aller je suppose, on s’occupe juste des allocs donc.

  17. un point de vue interne peut-être…
    il est évident que tout ne va pas bien, loin s’en faut.
    s’en prendre plein la gueule, on a l’habitude, que ce soit en agence ou à l’extérieur. mais ne s’en prendre que plein la gueule, faut pas non plus exagérer. quel que soit le service public, on n’en voit que les mauvais côtés. rares sont les instants où l’on entend « ça c’est bien » et pourtant, il y en a, partout, tout le temps. mais on ne retient que les instants sombres, plus facile et tellement français (oui, ça y est, j’ai fini de pleurer). Des demandeurs et des entreprises qui nous disent merci pour ce qu’on a pu leur apporter, ça existe aussi et ça efface facilement une matinée d’accueil où on s’est fait aboyer dessus.
    totof a assez bien résumé la situation sur la création de pôle emploi (oui, certains sont très cons dans les hautes sphères), qui est, pour la gouverne de l’auteur de l’article, la fusion de l’ANPE, établissement public, et des Assédic au statut associatif et donc privé. L’Unédic existe toujours et n’a fusionné avec personne.
    je précise que je ne suis pas né à PE, j’ai connu l’anpe de l’autre côté de la barrière. mais c’est en voyant l’autre côté du miroir que l’on comprend mieux pourquoi on n’est pas aimé (ce n’est pas ce que l’on demande, juste un peu de respect, ça suffira) et surtout du côté placement (l’ex-anpe) plus que du côté indemnitaire (ex-assédic), preuve en est que la majorité des reproches ici sont bien sur le recherche d’emploi, pas sur l’indemnisation, alors que la majorité des questions posées en agence porte sur l’indemnisation. v acomprendre.
    successions antinomyques de politiques de l’emploi au grè des gouvernements, rôle mal perçu car mal expliqué (on est pas là pour trouver du boulot à la place de), mauvaise image du fonctionnaire, celui qui n’en fout pas une (et pourtant aucun des ex-anpe n’a été fonctionnaire, juste le statut batard d’assimilé), fusion dans un contexte qui ne s’y prêtait pas, mélange des genres contre-nature (et pourtant j’en connais qui y trouve leur compte), bref, rien pour aider.
    AnoPE – cfmail en parle assez justement, notamment pour le management qui est soit à côté de ses pompes, soit dépassé par la situation (pas tous, attention, un grand nombre gère très bien) et surtout pour les agents qui sont des êtres humains comme les autres, avec toutes les incertitudes et les faiblesses que cela engendre.
    Difficile de parler de soi, difficile de trouver ses mots.

    pour info, Drood , un code APE n’a jamais défini un métier, c’est le ROME
    Someone, l’inscription à PE n’a jamais permis d’avoir une couverture. Couverture = Assurance santé = cotisations = revenus (salaire ou revenu de remplacement). pas de travail, pas de perte involontaire d’un emploi, pas de cotisations, pas de couverture. Après il y a le RSA, sous conditions. version courte bien sur.

    un peu d’infos sur la vie dans PE sur http://peiheu2015.tumblr.com/
    et aussi sur ce qu’il reste encore de http://www.lafusionpourlesnuls.com/

  18. Chacun y met de sa petite expérience alors hop ! je balance les miennes aussi tiens !
    Tout d’abord, on se rend au premier RDV. Bon, je comprends tout de suite que la personne en face de moi est bien trop qualifiée « général » et ne peut donc m’aider dans mes démarches qui sont dirigées dans une seule voie.
    Le résultat ?
    Après trois offres reçu sur mon tel par SMS qui ne correspondaient en rien à ma demande (un boulot à 75bornes mais j’ai pas de voitures.. hum, dur le vélo là. Ou encore un travail à années lumières de ma formation professionnelle etc…), je me suis tout simplement fait remettre au pas. « Mr Rames, vous ne comprenez pas. Si nous au pôle emploi on vous trouve du travail, vous vous devez de l’accepter (c’est un devoir capiche ?). C’est la crise non pas seulement pour vous, mais pour tout le monde (sérieux je savais pas), ainsi vous comprendrez que nous ne pouvons vous garder au pole emploi, et au prochain refus, vous serez radié (sic) »
    Bon, on reste calme. Que dois-je faire ? J’ai droit à 2ans de chomdu et, pas que je souhaite de tout mon coeur en profiter durant 2 ans, j’aimerai au moins qu’on ne me rade pas car je refuse des boulots qui ne me conviennent, mais alors pas du tout…

    Les pauvres personnes pleines de bonnes volontés travaillant là bas sont bien courageuses. Mais ce système est clairement un échec et les exemples sont plus que nombreux pour oser affirmer le contraire.

    Aujourd’hui je reviens d’un visa d’un an. Je pourrais aller m’inscrire au pole emploi pour qu’ils m’aident dans mes démarches seulement je ne vois pas l’intérêt :

    1 – Coté finance : j’ai perdu tout mes droits en partant en visa (merci j’ai beaucoup aimé ça) et je les ai perdu à jamais (ça fait toujours plaisir de se faire sucrer une part de sa paye qu’on ne retrouve pas hein)
    Résultat, je n’ai aucun avantage financier à y retourner.

    2 – Coté recherche d’emploi : pourquoi aller m’inscrire si c’est pour recevoir trois offres d’emplois que je devrais refuser simplement par logique. Je prendrai ainsi le risque d’être radié pour une durée qui me fout les jetons alors que je peux simplement envoyer mes candidatures moi même. (heureusement, je sais encore me débrouiller sans eux de ce coté là, tout le monde n’est pas dans mon cas certes)

    Conclusion, le pole emploi m’a toujours laissé un gout amère là ou il aurait du y laisser un gout de quelqu’un qui se sent rassuré car pris en charge et non en attaque sur tout les fronts.

    Ps : Anon > Comme tu dis… leur site…

  19. Juste une précision concernant la fusion ANPE+ASSEDIC ,la création de l’entité Pole-Emploi impliquais une re-negociation des mutuel des 2 anciennes structures => Devinez qui emporta le nouveau contrat ? (Je vous donne un piste : Cherchez dans la famille proche de N Sarkozy pour trouver !!!)

  20. Article vrai, c’est sûr… Mais on n’y apprend rien au final. Il suffit d’aller sur n’importe quel forum pour en lire dès centaines, des témoignages comme celui-la.

    Quant à penser que « c’était eux avant la fusion »… Je pense que l’auteur n’a pas connu cette époque.

    Au lieu de se déplacer deux fois pour vivre un enfer, aujourd’hui on peut le vivre en une seule fois (enfin… théoriquement, car la séparation des deux entités existe encore dans de nombreux endroits de province…).

    Là où l’article se plante, donc, c’est en affirmant que ce système ultra pourri est de la faute de Sarkozy. Avant lui, c’était déjà comme ça. Et avant son prédécesseur aussi…

    Il faut vraiment être naïf (enfin, naïve) pour croire qu’il y a eu un Âge d’or de nos structures sociales…

  21. Salut ! Au RSA depuis 2008, j’ai bien compris que pôle emploi ne servais pas a grand chose, je ne vois jamais le même conseillé et je répète mon histoire à chaque rendez vous. A force de tourner en rond, je me suis laissé aller a boir un peu trop, du coup, c’est les gendarmes qui son venu me récupérer pour m’envoyer a l’hopital psy. Depuis c’est pas une goute. Et un seul contrat de travail par ans a faire le larbin. La crise… la crise… si j’arrive a la retraite, ca sera pour touché le minimum viellesse… Merci Sarko ! Je suis au bout du rouleau. A+

  22. Pour avoir eu l’occasion de m’inscrire au Pole Emploi (surtout en vue de toucher mes prestations), les quelques mois que j’ai passé chez eux ont été assez pénibles.

    Le pire étant que leur systeme d’enregistrement des données d’emploi et d’études est absolument catastrophique et surtout extremement rigide: Diplomes qui n’existent pas/plus, des termes qui ne correspondent plus aux termes utilisés par les RH et agences de recrutement, peu d’espace « commentaires ».
    Bref, étant un cas « facil » et n’ayant pas du tout eu besoin de trouver un emploi via PE, je compatis avec les personnes en recherche d’emploi.

  23. rationaliser le service public de l’emploi afin de le rendre plus efficace. Il fusionne un organisme de droit privé – l’ANPE, qui a pour tâche d’aider les chômeurs à trouver un emploi – et un organisme public – l’Unedic, qui s’occupe de verser les indemnités chômage.

    Non ! c’est l’Assedic qui était privé (Association pour l’Emploi dans l’Industrie et le Commerce). Association = privé.

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