Il n’y a plus de crise, mais un problème de compétitivité

Nous sommes en 2013. Cinq longues années après l’embrasement financier venu d’outre-atlantique. Les banques au bord de l’écroulement se sont vues « refinanciariser » par les Etats, et donc, par les finances publiques : elles vont bien, (les banques, pas les finances publiques) merci à elles. Ces mêmes Etats ont injecté de l’euro à ne plus savoir qu’en faire pour pallier la tempête qui soufflait. Dans la finance et le CAC 40 surtout, l’injection. Au passage, ils vont bien (la finance et le CAC, pas l’euro), eux aussi, merci encore à eux.

Mais les machines à cash de ces mêmes banques se sont ralenties, les marchés publics se sont vus réduits à peau de chagrin, comme les différentes aides publiques. L’austérité a été mise en place partout en Europe, comme en France, contre l’avis des populations, avec même, pour ce dernier pays, un candidat à la présidence qui fustigeait la dite austérité avant de la mettre en place une fois élu.

Francois Hollande, Socialist Party candidate for the 2012 French presidential election waves at the end of a political rally in Le Bourget near Paris

Plus vraiment de croissance, ou si peu. Normal. Logique : il suffit d’aller lire les différents rapports d’instituts économiques (depuis au moins 3 ans) pour savoir que ce serrage de vis budgétaire généralisé était suicidaire. Suicidaire pour l’économie réelle, celle qui permet aux gens d’avoir un travail et de gagner leur vie. Pas pour l’autre, celle qui échange quotidiennement 5 fois le volume d’or existant sur terre.

Même le FMI s’est pris à douter et a dû avouer s’être trompé sur les effets bénéfiques de l’austérité, c’est dire. L’affolement politique de 2008, suivi de la mise en cause des pratiques délétères quasi mafieuses des grandes banques, fonds de pension et autres organisation spéculatives, la problématique des paradis fiscaux qui aspirent les recettes des Etats et les plongent dans une dette artificielle, les destructions sociales doublées de bénéfices gigantesques par les grandes entreprises ; tout ça a été oublié en 2013. Au profit d’un unique facteur (résiduel) de « crise » , la compétitivité !

Génie politique

Il faut un certain génie pour arriver à retourner avec autant d’habileté un problème : le libéralisme débridé, qui a pour but de privatiser tous les pans de la vie en société et de voir l’Etat réduit à une portion congrue, ce libéralisme débridé a trouvé le moyen— après pourtant avoir été accusé de tuer l’économie par ses abus— d’accuser à son tour les victimes de ses propres délits d’être la cause des problèmes économiques. Ce n’est donc plus la financiarisation de l’économie qui est en cause, ni les pratiques ultra spéculatives, mais les salariés qui coûtent trop cher ! Extraordinaire retournement : les voleurs de poule se retrouvent gardiens de poulailler… Salauds de salariés qui plombent les entreprises hexagonales !

competitivite

C’est donc un mot qui est dans toutes les bouches des « décideurs politiques », un mot qui serait en réalité le centre de tous nos maux : la compétitivité. Plus clairement : ce n’est plus la déconnexion des cotations en bourse qui atteignent des sommets, alors que la croissance est autour de zéro, qui pose problème. Ce n’est plus le robinet des prêts fermés par les mêmes banques sauvées par les populations contre leur gré (aux populations) qui freine l’économie. Ce n’est plus, non plus, le retour aux mêmes pratiques des plans sociaux d’entreprises bénéficiaires et de rémunération des actionnaires qui détériore le système social et économique. Ni la désindustrialisation forcenée menée à grands coups de délocalisations.  Non, non. Ce qui pose problème c’est la compétitivité. Mais oui, mais oui… Enfin, ça se discute. Explications.

Fourberie approximative

Le principe de la répétition est connu : vous assénez — chaque jour que le marché fait — que le problème français est celui de la compétitivité des entreprises. De partout, en toute circonstance. Que vous soyez un politique, un économiste, un éditorialiste, un patron des patrons, ou un lobbyiste de groupe industriel, le maître mot est : compétitivité. Seulement ça. Uniquement ça. Tout va aller très bien si on permet aux entreprises françaises d’être C-O-M-P-E-T-I-T-I-V-E-S ! Faut vous le dire comment ? TINA : THERE IS NO ALTERNATIVE !

thatcher

Soit on rend nos entreprises compétitives, soit on crève. C’est comme ça, c’est la mondialisation de l’économie, la concurrence effroyable des méchants asiatiques, des émergents, et il faut s’adapter. En plus, on est le pays qui a le plus de cotisations, pardon, de CHARGES sur les salaires. Donc, vous comprenez bien, ma brave dame, que bon, le reste, là, vos histoires de marchés financiers véreux, de banques qui trichent et fabriquent des produits financiers complexes, d’évasions et de paradis fiscaux, de retraites-chapeau, de plans sociaux de boites qui engrangent des bénéfices gros comme le PIB d’un Etat africain avec des CA équivalents au Portugal, d’un système financier en haute fréquence de type ponzi, c’est pas vraiment le moment, hein.

Parce que chaque intervenant va vous le dire : il y a une reprise ! Oui, une reprise ! La crise est derrière nous, la reprise économique est là, mais on ne la saisit pas, parce qu’on n’est pas…mais oui, vous le savez, allez, un effort : on n’est pas compétitifs ! Voilà.

Un salarié français (qui a payé avec ses impôts de 15%, plus toutes les taxes autour, le renflouement des banques et la politique d’austérité qui permet aux firmes géantes de toujours payer moins de 8% d’impôts, comme pour les grands patrons et autres fortunes françaises), ça coûte cher. Trop cher. Alors qu’un Chinois, un Vietnamien, voire un Bulgare, un Roumain ou même un Allemand, ben ça coûte moins cher. Et c’est plus compétitif. Et là, si demain on arrêtait d’avoir à payer les salariés français avec des cotisations charges sociales pareilles, et bien les profits des entreprises iraient mieux. On n’aurait encore moins de qualité de soin dans les hôpitaux, c’est vrai, il manquerait un peu de cash pour faire tourner les services publics, bon, ok. Parce que les « charges », ça sert un peu à financer la collectivité, un tout petit peu. Mais ce ne serait pas grave, on pourrait tout simplement les privatiser ces services publics (plein de feignants qui en rament pas une, c’est bien connu). Comme les autoroutes, que les Français ont payé durant des décennies, et qui désormais leur ont été volées ont été vendues pour que des entreprises leur fassent payer le prix fort tout en virant un maximum d’employés. Ça, c’est compétitif. Mais regardons de plus près la fameuse compétitivité, en comparaison avec des pays voisins, par exemple.

En Allemagne, ça dump socialement compétitionne fort (mais ailleurs aussi)

Ah, l’Allemagne ! Sa fête de la bière, ses expatriés français qui viennent faire des commentaires élogieux sur leurs salaires d’informaticiens bien meilleurs qu’ici ! Formidable, l’Allemagne. Et surtout : compétitive. Le petit problème des 7 millions de salariés pauvres en mini-jobs à 400€, pour cause de salaire minimum inexistant a déjà été abordé sur Reflets. On pourrait parler aussi des 25% d’Allemands qui n’ont pas de vrai emploi, ni de vrai salaire. Mais les cotisations charges ? Comment sont-elles, les charges, en Allemagne ? Et bien, elles ne sont pas toujours moins importantes qu’en France. Alors ça, c’est un coup dur quand même. Ils sont plus compétitifs, mais ils n’ont pas tout le temps moins de charges ? Ben oui. Tout dépend des secteurs, mais ça se vaut souvent entre France et Allemagne niveau « charges ». Petit exemple (source : eurostat) :

cout-salaires-fr-all

Alors, admettons qu’ils sont plus compétitifs en Allemagne que chez nous. Ils peuvent un peu moins « charger » certains salaires, surtout les hauts en réalité. Et d’autres non, comme les salariés avec un salaire de 1500€ ou moins. Il y a même 13,2 points d’écarts en « faveur » des charges françaises pour les salariés au Smic comparées aux allemandes. Mais comment font-ils alors ? Cela mériterait un article entier, mais chacun aura compris que ce n’est pas le coût des charges sur le  travail dans lequel réside la fameuse compétitivité allemande.

La question est surtout : qu’ont-ils en retour, les Allemands ? Pas les entreprises allemandes, qui elles vont très bien (encore merci pour elles), mais la population dans son ensemble ? Et bien, ils commencent à avoir un système public tout pourri. Ça marche de moins en moins bien. Le rail déconne, les routes aussi, comme les crèches, et pas mal d’autres services publics qui commencent à manquer carrément de moyens. C’est très ballot ça : plein de cash qui rentre dans des entreprises super compétitives et un pays qui commence à ne plus pouvoir s’occuper de ses vieux, et se voit obligé d’importer des tombereaux de travailleurs immigrés parce que les Allemandes ne veulent plus faire qu’un enfant virgule cinq ou six. Faut dire que niveau « aide à la famille » et structures pour les petits allemands, c’est un peu cheap chez les super-compétitifs d’outre-rhin.. Sachant que la fameuse compétitivité– dumping social généralisée de l’Allemagne ne va pas durer longtemps, selon de nombreux observateurs, qui craignent que socialement ça coince un peu sous quelques années.

Et puis nos concurrents asiatiques ont fortement l’intention de nous bouffer tout cru, en ayant opéré les transferts de technologies nécessaires pour arrêter de nous acheter ce qu’ils vont bientôt nous vendre. Sans oublier que nous avons désindustrialisé la France à la vitesse grand V, particulièrement ces 10 dernières années. En montant des usines en Asie, pour être plus compétitifs, ah, ah ! La vie est décidément cruelle dans le joyeux monde libéral mondialisé…

La crise, c’est fini , hein !

Récapitulons donc : un seul pays en Europe, l’Allemagne, n’est pas trop par terre d’un point de vue macro-économique, mais son taux de chômage est totalement fabriqué, avec une part de population énorme dans une précarité et une pauvreté digne des pays émergents. Ce même pays a baissé sa dette et ses déficits publics en arrêtant d’investir correctement dans ses infrastructures, ce qui est un signe très inquiétant pour son avenir. Le reste des pays européens rame avec un chômage dramatique, une économie atone dans un contexte international toujours aussi pourri : spéculation à tous les étages, blanchiment et évasion fiscale dans les paradis fiscaux, banques frileuses qui n’ont rien changé de leurs pratiques et investissements publics quasi nuls des Etats qui continuent à pratiquer l’austérité. Cette photographie très simplifiée (mais réelle) de la situation économique, financière et sociale française, démontre quand même une chose : la « crise », en réalité, est plus que jamais là, elle est peut-être même parvenue au stade tant redouté de « systémique », et comme ceux qui l’ont déclenchée sont les mêmes qui viennent nous donner les solutions et sont aux commandes, il y a fort à parier que nous serons compétitifs dans quelques années : comme les Allemands, ou les Hongrois. Quelqu’un a quelque chose contre les Hongrois ? Leur président est un facho qui ne respecte pas la liberté de la presse ? Et alors ? En attendant, son pays, lui, va bien. Et ses entreprises sont compétitives. Et ça, c’est essentiel. Et puis n’oublions pas nos amis américains qui vont bien mieux niveau économie en injectant quand même 85 milliards d’US € tous les mois depuis pas mal de temps.

Avec tout ça, vous comprenez bien que l’unique problème de l’économie française c’est la COMPETITIVITE.

Faut leur dire comment ?

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31 thoughts on “Il n’y a plus de crise, mais un problème de compétitivité”

  1. L o !

    Juste deux remarques sur la forme (pas la peine de la publier) : pallier est un verbe transitif comportant deux « l » donc on « pallie une tempête ».
    Enfin, je crois qu’on préfère « réduire à peau de chagrin » plutôt qu' »à une peau de chagrin » mais c’est peut-être un plus personnel que syntaxique.

    Sinon, excellent article; comme quoi la sémantique a vraiment son importance : il ne faut plus pallier la crise mais simplement un manque de compétitivité. En clair, nous sommes responsables voire coupables de cet état … fainéants de travailleurs français va !

    Belle pirouette !

    1. Trop fort comme analyse vivement 2014 ou vous aller descendre de votre piédestal sans parler de votre crédibilité si tenter qu’elle existe.

      Au sujet d’un article paru sur les sectes politiques et leurs gourous je tenais a vous répondre aussi donc j’en profite pour vous faire part de ma réponse ici.

      Quelle fine analyse franchement si je vous écoute ce sont des gourous!!!! SIMPLE RAPPEL qui a sont importance a mon sens ceux que vous décriez avec une telle éloquence sont au gouvernement,il est de notoriété que ils sont tous ou FRANC MACON OU AU SIECLE ET J’EN PASSE mais cela semble vous avoir échapper visiblement ou il ne fallait pas le dire? A gauche ou la droite ne veule plus rien dire depuis fort longtemps en 40 ans les désillusions n’ont cesser de marquer le clivage politique de notre pays.Et quand on voit toutes les magouilles des uns et des autres il est clair que d’une façon tout est a reprendre a la base dans le seul intérêt du PEUPLE FRANCAIS.A ce titre tout doit être mis en oeuvre pour unifier le peuple contre cette MAFIA POLITIQUE ACTUEL .Ange

    1. Bonjour Laurent91. Comment expliquer la participation de la France au marché commun européen, première zone de libre échange au monde ? La dérégulation financière et boursière européenne, partie de France ? Les règles de l’OMC, libérales en diable sont appliquées en France, et son directeur à l’OMC était Français au cours des 10 dernières années. La privatisation de nombreux secteurs publics, est-ce libéral ou non ?

      Vous confondez peut-être, cher Laurent91, la collecte des impôts et taxes par l’Etat (qui permettent à vos enfants d’aller à l’école ou d’être sauvé dans un hôpital sans montrer votre carte bancaire), les normes diverses et variées censées nous protéger et l’étatisme débile ?

      Il y a de nombreux articles sur notre site qui expliquent le principe d’une forme d' »Union soviétique néo-libérale » en France et en Europe. En gros, l’Etat, l’Europe, contrôlent toutes les petites parcelles de vie des citoyens, mais laisse par contre la finance et ses acteurs sans aucun contrôle. Connaissez vous les montants offerts par l’Etat (c’est-à-dire nous tous) aux grandes entreprises qui en échange ont détruit des millions d’emploi au lieu d’en créer ? Comment expliquer les 60 milliards d’évasion fiscale annuels ? Hum ?

      Cet article pourrait vous aider : http://reflets.info/oligarchie-quand-tu-nous-tiens/
      Ah oui, et ça aussi : http://reflets.info/origines-de-la-crise-fin-cdo-et-ptites-pepees%E2%80%A6/

      Nous parlons ici de libéralisme économique, il va sans dire. Et en réalité, aujourd’hui, de néo-libéralisme. Les entreprises françaises du CAC40 (et d’autres aux très gros CA) ne payent que peu d’impôts, très peu. Le néo-libéralisme est une histoire de profits. Au détriment de tout le reste. Le fonctionnement économique français démontre très bien sa volonté de participer à ce néo-libéralisme. Mais vous ne devez pas avoir travaillé dans la sidérurgie, la construction de pneumatiques, ou d’autres groupes qui écrasent tout et tout le monde impunément.

      Avec un Etat qui laisse faire.

      Un étatisme débile, oui. Celui du laisser-faire en réalité. Economique.
      Au plaisir de vous lire.

      Cordialement : Y.M

      1. Ouyou, ce n’est pas cohérent, les faits sont vrais mais pas les interprétations.

        Non, ce n’est pas parce que l’Europe essaient tout de saupoudrer de libéralisme que ça en est.rappel: La France et l’Allemagne dirige l’Europe donc rien ne nous est « imposé ».

        et non, l’état ne laisse pas faire .. la protection des monopoles/rentes du tabac, pétrole, sécurité-sociale, télécom, taxi etc.. sont des contres-exemples.

        La seule cohérence de la politique économique actuelle est au mieux de l’amateurisme, au pire une recherche du profit et de son maintien par une oligarchie qui détient le pouvoir. Le pire étant que la majorité des gens ferait la même chose à leur place. Ils sont le reflets de tout le monde mais avec du pognon :-D

        Comme disait Malcom X, le pouvoir ne se donne pas, il se prend :-D donc n’attendait pas que ça change.

        La seule théorie économique qui colle ici s’appelle « l’escroquerie »(joke). Les libéraux ne sont pas les ennemis, ni les communistes non plus d’ailleurs, ce sont juste des utopistes qui croit à mort que leur théorie apportera bonheur et prospérité (modulo la réalité lol) et aucun d’eux ne contrôle les conneries fait par les dirigeants. Malheureusement, je dis, car au moins ça serai à minima cohérent et donc compréhensible…là, c’est juste stupide.

        Ce n’est pas le « néo-libéralisme », c’est le capitalisme qui est la recherche de la maximisation du profit – infini bien sûr lol- (en espérant que tout s’équilibre, vive l’offre et la demande, l’homo-économicus, le marché efficient et d’autres foutaises qui ont été démontrées comme telles).

        En quoi, c’est mal qu’il y ai destruction d’emploi ?
        Le vrai problème est sur la redistribution des richesses (le travail en est juste une forme). Je veux vivre avec des robots qui feront les tâches pénibles. Comment paieras-t’on ceux qui ne peuvent plus travailler car il faut qu’ils consomment (ex: revenu inconditionnel universel) ?

        le terme de « Union soviétique néo-libérale » est maladroit. Si par là, ça signifie par ‘union-soviet’ un glissement vers le totalitarisme. En effet, et c’est normal. Internet et la mondialisation bouscule l’ordre établi, il ne faut pas penser qu’ils allaient se laisser faire (idem pour la propriété intellectuelle).
        La partie ‘néo-libérale’ signifie sans doute une financiarisation à outrance de l’économie, bah oui c’est le casino. On gagne plus a parier en bourse qu’à créer de réelles richesse, il faut être con pour pas le faire (il faut juste un ticket d’entrée, ça filtre les pouilleux).

        Bref, ça s’équilibrera forcément un moment, faut juste espérer que ça se fasse dans la douceur et rapidement (aham). Les humains sont incroyablement résistant donc ça peut durer super longtemps (modulo les médias de masses :-).
        Bref, je m’en vais relire ‘la chute de l’empire romain’ de Montesquieu pour faire une éval du temps que ça prends et en espérant que les remplaçants ne soit pas pire.
        Je cherche une île déserte pour y ouvrir un bar à mojitos, quelqu’un sait où en trouver une ? c’est la seule solution intelligente que j’ai trouvé (j’aime pas les chèvres et les ardennes)

        1. Pris la main dans le sac : « la protection des monopoles/rentes du tabac, pétrole, sécurité-sociale, télécom, taxi »

          La sécurité sociale est un monopole ? Les « Télecoms », payés avec nos impôts, devenus privés (Orange est majoritairement privé et mis en concurrence avec d’autres entreprises privés) c’est un monopole ?

          Il faut que vous relisiez le programme du conseil national de la résistance, et vous allez comprendre que des gens se sont sacrifiés, ont lutté pour améliorer une société détruite par le nazisme : mélanger la sécu avec un monopole d’Etat dénote votre ignorance du sujet. J’en suis désolé, mais il faut aller réviser le sujet avant de vouloir venir argumenter ici en parlant de manque de cohérence.

          Sachant que le néo-libéralisme s’arrange très bien de situations de monopole, sans l’aide de l’Etat. Google en est un très bon exemple. Ou Total.

          -1

          1. Orange, ex France-Télécom, ex PTT n’a jamais été payé avec nos impôts. Il s’est développé par le biais d’un budget annexe (loi de finance de 1923) qui lui a donné une autonomie financière pour développer notamment les infrastructures téléphoniques et qui a conduit à la fin des années 60 à d’importants investissements financés grâce à des emprunts sur les marchés financiers, emprunts remboursés par… l’abonnement de ses clients.

  2. Mais puisqu’on vous dit depuis 30 ans qu’on peut pas faire autrement. C’est l’URSS Chàveziste de la Corée du Nord que vous voulez ?
    Réindustrialiser le pays ? Mais vous êtes FOU ! La vérité c’est que vous êtes des nostalgiques de STALINE, parfaitement messieurs.

    Arrêtez de réfléchir, c’est INTERDIT ! Il faut appliquer le DOGME libéral jusqu’à la mort (des pauvres, qui d’ailleurs l’on bien mérité, d’être pauvres) et calmer le COURROUX des agences de notation en faisant des SACRIFICES sinon ce sera l’URSS.

    Gné

    Hi-Han

    PâDotPoliticPossib

    #TINA

  3. Chaque pays a des gros problèmes en Europe.

    En France immobilier trop cher, résultat 2,5 fois plus de SDF qu’en Allemagne. La plus grosse partie de l’épargne française part dans l’immobilier au lieu de soutenir les autres investissements.

  4. Je suppose que le passage pour les expatrie francais me visait …
    Au moins ca prouve que Yovan lis mes commentaires :-)
    Par contre je suis pas sur que tu as bien compris ce que j y ecris. (je te tutoie, apres tout vouvoyer ca fait un peu ceremonial)
    Comme tous pays la RFA a ses problemes mais les critiquer fait plutot penser a la fable de la paille dans l oeil du voisin contre la poutre dans le sien. Si je nie pas certains porbleme, ca m agace qu on utilise la RFA comme un bouc emissaire pour ne pas regarder en face nos problemes

    Maintenant voyons un peu ce que tu ecris:
    « ils commencent à avoir un système public tout pourri. Ça marche de moins en moins bien. Le rail déconne, les routes aussi, comme les crèches, .. »
    Je suppose que tu vis a Paris et que tu ne mets jamais les pieds hors des grandes villes. Les transport en commun allemands marchent en general bien mieux que les francais. Il y a evidement des ratés ou du manque d entretien mais j irai jusqu a dire que c est bien pire en France. Mes parents habitent dans une ville de 40 000 habitants mais y aller autrement qu en voiture est chercher les problemes (on a meme pas un bus pour aller jusqu a l aeroport qui est a 30 km)

    Le couplet sur les creches et le taux de natalite allemand est une idee fixe des francais. Comme la natalite francaise est un des rare domaine ou on fait mieux, on le sort a tout bout de champs. Sans se rendre compte que:
    1) il n y a pas de quoi pavoiser de fabriquer des futurs chomeurs ou de viser la densite de population du Bengladesh. Si l avenir d un pays dependait de sa natalite la somalie serait promise a un avenir radieux …

    2) la relation entre taux de natalite et creche est loin d etre etabli. Il y a enormement de creche en ex RDA (heritage du communisme) pourtant le taux de natalite s y est effondre pour s aligne sur celui de l ouest. C est une chose qui m avait quand meme pas mal choque a mon debut ici: les allemands ne voient aucun probleme a declarer qu ils ne veulent pas d enfant car ils ont pas envie de s emmerder: ils veulent voyager, avoir du temps libre voire faire carriere et pas torcher les enfants. Et ce n est pas comme tu le crois un probleme d infrastructure. J ai pas mal de collegues dont l epouse ne travaille pas (les salaires etant meilleurs qu en france et le cout de la vie inferieur, ce n est pas un luxe comme en France), ils pourraient tres bien avoir plus d enfants
    Sinon a propos de service public tout pourri ici, as tu vu que les allemands nous ont nettement depasse pour l education (etude PISA). Il y a 10 ans on etait mediocre mais devant eux. Ils se sont pose des questions, on reforme leur systeme et maintenant ils sont devant

    3) « Ce même pays a baissé sa dette et ses déficits publics en arrêtant d’investir correctement dans ses infrastructures ». Il y surtout moins de besoins. Le gros des investissements pendant 20 ans ca a ete la RDA ou il y a eut tout a refaire. Maintenant ils ont tout tout neuf, on a forcement besoin de moins. Sinon il faut quand meme aussi reflechir sur ce qu on fait: investir c est bien mais il ne fait pas jeter l argent par les fenetres: creer un nouvel aeroport, que ca soit a Nantes ou comme ca ete fait a Berlin, c est pas des investissement, c est du gaspillage

    PS: ce WE je suis alle a un marche de noel. Contrairement a la france, pas de SDF qui font la manche. Surement parce qu il ne savent pas qu ils vivent dans un pays du tiers monde ;-)))

      1. Oui, il le sait, c’est d’ailleurs pour ça qu’il utilise le passé (« Le gros des investissements pendant 20 ans ça a été la RDA ou il y a eut tout a refaire. »).
        Lorsqu’un pays a été coupé en deux, on peut toujours reprocher quelque chose à l’autre moitié, non ?

        1. Si vous voulez c est un peu comme si soudain l algerie redevenait 3 departement francais (ce qu elle etait jusqu en 62: rappelez vous « l algerie c est la France de Mitterrand). ca couterai une fortune de tout remettre a niveau

          Meme s il y a des tensions entre ex RDA et RFA, c est pas tellement pire qu entre paris et la bretagne (et je parle meme pas de france/corse: aucun representant de l etat allemand s est fait abattre dans les nouveau länder contrairement a l ile en question)

    1. Je ne sais pas quoi répondre, cher cdg…
      Le coup des SDF absents des marchés de noël, comment dire…je n’ai plus l’âge de me laisser berner par ce genre de pirouettes : les pauvres ont leur dignité, et chaque culture est différente vis-à-vis de la difficulté sociale. Je vais aussi sur des marchés de noël en France, et je ne vois pas non plus de clochards qui font la manche. On peut aussi cacher ses pauvres, comme ses prostituées. Au passage, tu supputes mon lieu de vie et tu te trompes, cher cdg : je ne vis pas à Paris, mais en pleine campagne, parce que je déteste les villes.

      Il y aurait beaucoup à dire pour t’apporter la contradiction, puisque le sujet Allemagne est vaste, je peux peut-être te filer quelques liens basés sur des analyses sérieuses, avec des statistiques, des études sur le long terme, quelque chose de plus réaliste qu’une impression en vivant sur place ?

      Le danger, c’est de croire qu’on sait comment fonctionne un pays en étant à l’intérieur, depuis sa petite lucarne, avec ses petites habitudes, son petit univers. Une société est plus large que ça, d’où les études économiques, sociologiques, des personnes qui consacrent leur temps professionnel à étudier en profondeur comment les sociétés fonctionnent.

      Actuellement, tout indique que l’Allemagne vit un dumping social qui dure depuis une dizaine d’années, que les problèmes sont en train de s’accumuler, que c’est difficile. Même si les Allemands ne disent rien ou presque. C’est une autre culture que la française. Mais croire que la solution réside dans des salaires aux ras des paquererettes pour une part toujours grandissante de la population est un leurre. Surtout que cette part de population est la plus démunie, la moins diplômée, soit dit en passant. Ce n’est pas celle des informaticiens.

      Bref : l’Allemagne n’est pas la cause des problèmes français, rien ne l’indique dans l’article. Malgré le fait que d’un point de vue macro-économique, sa pratique de l’export massif (à l’Allemagne) pose problème au niveau européen, comme sa capacité à faire baisser les salaires au lieu de les augmenter. Le final est simplement que faire croire que nous avons un problème de compétitivité en France est un énorme bobard, et que la compétitivité n’est rien d’autre qu’un nivellement par le bas qui nous mènera au désastre (voir l’état de l’Angleterre aujourd’hui…). Il y aurait d’autres issues, mais personne ne veut en parler. Dommage.

      1. Nous sommes au moins d accord sur un point: « l’Allemagne n’est pas la cause des problèmes français » par contre c est rarement ce qu on lit dans la presse francaise. Rien qu aujourd hui c est « Merkel ne veut pas payer pour renflouer les banques etrangeres » (dans la tribune (journal pourtant pas pro melanchon ou pronant le repli sur nos frontieres) http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20131211trib000800458/comment-l-allemagne-a-sabote-l-union-bancaire.html).
        Autre ex qui me herisse le poil : c est pas l economie francaise qui va mal, c est les mechants allemands qui nous font une concurrence injuste (ca c est commun a la droite et la gauche : la gauche fustige les mini job ou les 1 € job, la droite l érige en modele on oubliant que ca concerne une minorite et que l etat paie un supplement pour leur permettre de vivre, d ou le debat en RFA en disant que ce n est pas a l etat de subventionner des societes privees). On la encore vu avec les manifs bertonnes qui accusaient les porcs allemands en oubliant que les allemands avaient investi dans la methanisation et que donc le cochon rapportait meme sans vendre sa viande

        Meme si je n est pas la pretention de connaitre toute l Allemagne ni toute l industrie francaise ou allemande, j ai quand meme une petite experience de la chose (quasiment 10 ans de chaque cote).
        Et franchement imputer le succes allemand a lexport a des salaries sous paye est risible. Regarde le profil du PDG de PSA (Varin) et celui de VW (Winterkorn, il a meme une page sur wikipedia france). On a d un cote quelqu un qui a fait toute sa carriere dans l automobile en commencant dans la R&D et l autre un X-mines (typiquement francais ca) qui n a fait que du management (et meme pas dans l automobile) avant d etre parachute a la tete de PSA.
        Autre ex lu dans un journal (en suisse allemande, mais c est quasiment la meme mentalite de ce point de vue): un patron suisse disait que prendre des apprentis c etait un investissement, meme s ils restaient pas dans la societe et qu on devait bien les traiter pour les motiver. Le francais ne comprenait pas: pour lui un stagiaire c est un cout et on doit essayer de le faire travailler gratuitement. Apres ca tu t etonnes que ca marche moins bien en France (et c est pas une question de salaire: une caissiere chez aldi fait 4000 € en suisse, quasiment le cout d un inge debutant dans une SSII)

        1. Le problème de ton argumentaire c’est pour opposer des idées macro tu as recours à des arguments micro.
          « Mes parents, mes collègues, mon marché de noël, mes stagiaires, etc ».

          Ca sonne bien, mais ça n’est pas assez pour convaincre. Voir ça dénature un peu ta réflexion, puisqu’on pourrait croire que tu as un angle de vue trop serré, sans regarder l’ensemble du paysage.

        2. Je crois qu’ils sont assis sur la même banquette cuir pleine peau, nos 2 pdgs là : Varin et Winterkorn. L’un s’auto-offre une retraite hallucinante qui fait un peu désordre dans le contexte actuel, et donc le contraint à revoir ses émoluments de retraité à la baisse, (c’est fâcheux quand même) l’autre toujours en activité réduit -de mémoire- un salaire annuel « ramené » de 17 millions à 14 millions … L’un serait meilleur que l’autre ? Aucun intérêt à les comparer ou les opposer, lorsqu’ils atteignent de tels niveau de rémunération.

          Vous êtes informaticien, donc John Chambers vous dit certainement quelque chose, c’est le pdg (encore un) de Cisco. En octobre, un article de 01 business annonce qu’il va, concernant sa rémunération,je cites :
          « toucher un peu plus de 21 millions de dollars pour l’exercice 2013 du groupe (clos fin juillet), contre 11,7 millions un an auparavant »

          dont environ 1 millions de salaire fixe, le reste en stock-options. Dans le même article :

          « Le groupe souligne que cette rémunération « est davantage conforme à la pratique » des autres groupes du secteur. Cisco avait annoncé mi-août une hausse de 24% de son bénéfice net, à 10 milliards de dollars, et la suppression de 4.000 emplois, justifiée par un environnement « difficile ». »

          Tous ces types barbotent quotidiennement dans des millions, et sont convaincus qu’ils le valent bien, d’ailleurs Cisco argumente : »c’est davantage conforme à la pratique » disent-ils !!!

          C’est cette pratique, que permet, amplifie, encourage la fameuse compétitivité, que met en avant l’article de Y.M.

          Aux étages informatiques inférieurs, des cadres généralement très qualifiés bénéficient aussi d’un environnement notamment financier disons « de qualité ». Ils roulent sûrement dans de confortables VW cuirs pleine peau aussi.
          Assurément hautement diplômés, que doivent donc penser les 4000 licenciés de cisco en ce moment ? Certains ont dû retrouver un djob (yeahhh), quelques-uns, mais les autres ? sdf, marché de noël, aldi ??? Allez-y Messieurs, choisissez. (Je dis Messieurs, parce qu’il semble que les dames peuvent se permettre de rester chez elles compte tenu des salaires pratiqués)…
          Cisco leur donne pourtant la réponse : « c’est davantage conforme à la pratique » : la fameuse compétitivité, appliquée cette fois aux 4000 diplômés ex-cisco, mais avec l’autre face de la médaille décernée à Varin, Winterkorn, Chambers. Ces 3 là valent donc mieux que les 4000, et que tant d’autres donc ? Ces 3 là valorisent un système que décrit très bien l’article de Y.M., sous couvert de compétitivité, en mettant en opposition frontale des pans entiers de l’économie. Je crois pour ma part que nous sommes en guerre, une guerre économique qui ne dit pas son nom, une guerre où quelques-uns se font des fortunes monstrueuses à une vitesse vertigineuse.

          Les décideurs dans cette affaire sont bien les actionnaires, pour qui Chambers, Varin et Winterkorn travaillent vraiment très très dur, et décident (les actionnaires) que 4000 pimpins servent de variables d’ajustement, c’est à dire foutus dehors. Les variables, élément bien connu en informatique, sont ici des hommes (et sûrement quelques femmes). On vient de les effacer ces variables, hors circuit. C’est l’autre aspect de la compétitivité.

          JcFrog est aussi informaticien , 45 ans, il se demande s’il ne serait pas plus utile au chômage. Il a passé de nombreuses années en tant ingénieur informaticien à la Poste, à automatiser les centres de tri. Persuadé qu’il était en train de réaliser un travail bénéfique à tous. Les années passant, il se demande maintenant s’il n’a pas été un brin naïf… : http://jcfrog.com/blog/je-serais-tellement-plus-utile-au-chomage-emploi-hasbeen/

          salaire Martin Winterkorn :
          http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/le-patron-de-volkswagen-fait-un-effort-sur-son-gigantesque-salaire_372999.html
          cisco J. Chambers :
          http://pro.01net.com/editorial/604514/le-pdg-de-cisco-voit-sa-remuneration-augmenter-de-80pour-cent/

  5. /Mode Fabrice epelboin ON

    Tain comment que t’es trop démago, t’es trop un dangereux populiste opportuniste menteur méchant antisémite mangeur d’enfant quoi.

    Et en plus tu veux clairement la guerre contre l’Allemagne ca se voit, sale raciste.

    /Mode Fabrice epelboin OFF

  6. Ce qui m’étonne pas mal, c’est qu’un système qui prétend apporter la liberté (de commercer) de tous (ceux qui peuvent vendre) vers tous (ceux qui peuvent acheter), un système qui EST LA LIBERTE, on (c-à-d ces ex-staliniens devenus prêtres de la Nouvelle Foi, si pointus sur ce chapitre) ne s’étonne pas de ce slogan fondamentalement, structurellement totalitaire qu’est « There is no alternative ».

    S’il n’y a pas d’alternative, alors il n’y a pas de liberté.

    Non mais: on sait manipuler les symboles, nous aussi! ;)

    Quand à nos prêtres, manifestement ils sont passés d’une religion à l’autre, ce qui n’est pas très étonnant. Pourquoi cesseraient-ils de se tromper ?… surtout que la nouvelle paye nettement mieux que l’ancienne.

  7. Magistral !

    Il faut bien comprendre un truc, que toutes ces …. savent très bien ce qu’elles font.
    Au regard des politiques menées, elles sont donc coupables de Haute Trahison.

    Rien à ajouter, l’Histoire n’oublie pas, quand bien même certains de ses acteurs auraient quelques pertes de mémoire…

  8. Juste un commentaire pour me rajouter à la liste des remerciements : j’ai trouvé cet article d’une grande qualité, beaucoup de liens pour soutenir les propos, un ton ajusté qui sert la démonstration, et une excellente tenue dans les commentaires… Je lis beaucoup d’articles et là j’ai envie de dire : chapeau !
    Bonne continuation, en espérant lire d’autres articles aussi bien épaulés côté sciences sociales et politiques.

  9. Article excellent, mais la trombine de Maggie surgissant d’un coup sans crier gare m’as fait flipper. Bon faut avouer que même si elle avait crié, j’aurai eu un peu peur, elle n’est pas rassurante la vieille rouillée avec son aura de séide intemporelle de l’ultra-libéralisme.

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