Il est peut-être temps de passer la droite décomplexée par les urnes

Allons, les révolutions façon 1789, la Commune de Paris, c’est fini. Il n’est plus question de passer les opposants politiques par les armes. En revanche, les passer par les urnes… Ce serait peut-être faire preuve de salubrité publique. Nous l’avons dit à plusieurs reprises sur Reflets.info, Nicolas Sarkozy et sa droite décomplexée n’ont peur de rien, surtout pas du ridicule. Rien ne les arrête. On courtise le colonel Kadhafi, on veut lui vendre des centrales nucléaires, des Rafales, des missiles Milan, que sais-je… On va le voir, on l’invite, on dresse une tente VIP dans les jardins des palais de la république, on se fait remettre à sa place en public lorsqu’il dément avoir parlé avec le président français de la situation des droits de l’Homme, tout est bon. Et le jour où tout bascule, où la réalité s’impose : oui, c’est un dictateur sanguinaire et complètement dingue, on grille la politesse à tous ses partenaires en partant seul au front. Oui, on est pour des frappes sur le sol libyen, oui, on reconnait les insurgés comme seul interlocuteur valable. Un grand théâtre pour faire oublier le silence assourdissant lors des événements en Tunisie et en Egypte, à peine troublé par l’offre de services de Michèle Alliot-Marie en termes de police anti-émeute pour le dictateur tunisien…

Voici venu le temps des catastrophes nucléaires. Le Japon sombre, avec des accidents dont la gravité semble chaque jour plus importante. La plupart des pays annoncent une révision de leur politique nucléaire civile. Et que nous disent Nicolas Sarkozy et ses amis de droite décomplexée ? Qu’il n’est pas question de sortir du nucléaire, le débat ne se pose même pas. Allez, soyons fous… Pourquoi pas ? Partons du principe que la dépendance de la France au nucléaire civil est telle qu’il est impossible de sortir de cette filière dans un avenir proche. Mais au moins, un petit débat ? Juste pour prendre en compte l’horreur en cours au Japon ?

Un audit des centrales françaises, « ça ne me choque pas », a tout simplement déclaré le porte-parole du gouvernement, François Baroin sur LCI.

Dites-donc M. Baroin, qu’est-ce qui vous choque exactement ? Existe-t-il seulement une chose qui vous choque ?

Les grandes manoeuvres de l’Elysée dès ce début de semaine pour vanter les mérites de l’EPR ? Ca ne vous choque probablement pas non plus.

Visiblement, les peuples de la planète ont ces temps-ci des opinions assez divergentes de celles de leurs « dirigeants ». Voyez ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte, en Libye, à Bahrein, faites preuve d’une once d’imagination et réfléchissez à ce que le peuple nippon va penser dans les jours à venir.

Observez le cours de l’économie, les fondamentaux mondiaux, réfléchissez à ce que les peuples vont penser dans quelques mois. Et prévoyez une retraite dans un coin tranquille. Loin. Très loin. D’ailleurs, si vous pouviez embarquer avec vous vos amis des autres bords politiques… Merci d’avance.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

2 thoughts on “Il est peut-être temps de passer la droite décomplexée par les urnes”

  1. Si la gauche était prête, unie, avec un programme pragmatique et réaliste qui prépare le futur du pays, je serai en désaccord avec vous. Mais là, dans le contexte actuel, je milite pour un passage aux urnes anticipé qui redonnerait sans doute l’élan qui manque à ce gouvernement pour faire enfin ce pour quoi il a été élu. Quand Sarko arretera de faire des ronds dans l’eau, il redeviendra populaire.. Si sa cote est si basse aujourd’hui, ce n’est pas qu’il a déçu les 40% de la population de gauche, c’est qu’il a trahi les 50% de ceux qui croyait qu’il était différent..

  2. Arevlis,
    Autrement dit tu reconnais que la droite n’est pas à la hauteur, mais qu’il ne faut pas voter à gauche surtout si elle est « prête, unie, avec un programme pragmatique et réaliste qui prépare le futur du pays. »

    Étrange contradiction.
    A moins qu’il s’agisse d’une répulsion viscérale pour la gauche.

    Moi qui me définis plutôt de gauche, je n’hésiterais pas à voter pour le candidat dit de droite si j’estimais son programme et ses capacités meilleures.

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