Hosana… Le Sénat passe à gauche

Méfiance hein, vu l’âge des sénateurs, on pourrait vite avoir un lapsus dans les titres : « le Sénat passe l’arme à gauche », qui sait ? En tout cas, en attendant que les sénateurs ne passent l’arme à gauche, ils touchent de confortables retraites. Nous développerons cela un peu plus bas. Revenons auparavant sur la bisounourserie consistant à s’extasier parce que le Sénat est désormais majoritairement à gauche. Les journaux bien sûr on joué leur rôle en soulignant à loisir que « pour la première fois depuis le début de la V ème république, le Sénat passe à gauche ». Les socialistes se sont extasiés. Ils y voient un message fort à quelques mois de l’élection présidentielle. Un bastion réputé imprenable est tombé : hosana!

On a même entendu Robert Badinter (à qui l’on doit tout le respect du monde pour son action aboutissant à l’abolition de la peine de mort en France) prévenir : vous allez voir de quoi est capable un Sénat dirigé par l’opposition.

On a hâte de voir…

Ce que l’on va surtout voir, ce sont des petits arrangements, des distributions de postes clefs.

J’ai interpelé #Louizeline sur Twitter lorsqu’elle poussait un lien de France Info sur ce qui allait peut-être changer au Sénat. Selon la radio, les socialistes allaient pouvoir mettre en place des commissions d’enquête sur les sujets sensibles pouvant gêner le gouvernement.

 

Vertueuse gauche, exempte des travers des politiciens de droite, qui va enfin ramener un peu de démocratie dans ce qui est devenu depuis des lustres une oligarchie. Ouf, nous voilà rassurés.

Bien entendu, la gauche immaculée va créer des commissions d’enquêtes sur le système (révélé par Mediapart) qui permet à certains sénateurs, dont quelques estampillés socialistes en vue (Michel Charasse) de toucher plus de 10.000 euros de retraite…

Elle va aussi se pencher sur les dérives du questeur PS du Sénat, Jean-Marc Pastor à propos de qui Mediapart rapporte qu’il reçoit comme ses collègues UMP un traitement très confortable :

En plus de leur traitement de base de sénateur (7.100 euros brut par mois + 6.240 euros net d’«indemnité représentative de frais de mandat»), ils touchent une «indemnité de questeur» qui atteignait, fin 2010, 5.170 euros brut par mois.

à quoi s’ajoute :

une rallonge, annuelle celle-ci, pour «frais de représentation» de 11.600 euros

Souvenez-vous, la gauche défend les pauvres, les sans voix, ceux qui gagnent le smic en se levant tôt le matin. Je ne sais pas vous, mais même en en gagnant plus que le salaire minimum, je me dis qu’un tel salaire pour un serviteur de la République, est un tantinet obscène. Ceci dit, comme disait le regretté Desproges :

Quand on y réfléchit bien, les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches.

Les indignés de toute la planète vous le diront, gauche ou droite, peu importe, ce sont certaines pratiques du pouvoir qu’il faut changer.

Et votre pouvoir, qui vous permet de changer cela, ne repose probablement pas dans un bulletin de vote autorisant un choix entre blanc bonnet et bonnet blanc, mais dans votre capacité à vous assoir sur une place dans une ville avec quelques milliers de personnes. Et d’attendre là que cela change.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


13 thoughts on “Hosana… Le Sénat passe à gauche”

  1. Salut !

    Tu dis :
    Et votre pouvoir, qui vous permet de changer cela, ne repose probablement pas dans un bulletin de vote autorisant un choix entre blanc bonnet et bonnet blanc, mais dans votre capacité à vous assoir sur une place dans une ville avec quelques milliers de personnes. Et d’attendre là que cela change.

    Je trouve pas ça très pertinent, on ne sait pas ce que vont donner ces différentes révolutions et quand bien même le peuple en sortirait gagnant, qui sait combien de temps cela durerait… J’ai entendu parler d’un pays lointain ou il n’y a pas de nuit, que des jours… euh non ça c’est une chanson.
    Ce pays lointain qui aurait fait une révolution ce serait la France… Aux dernières nouvelles ils n’ont pas échappé au système globalisé…
    Parallèlement il y a eu dans ce petit pays étranges des avancées dues aux forces vives de ce pays, soit par l’action syndicale, l’action politique (un programme communiste mis en place après une période très peu glorieuse des années 40) voire associative, bref, le changement n’est pas venu d’une seule source mais de plusieurs.
    Donc voter à toujours une utilité (pour un groupe social ou un autre). Ce qui n’empêche pas de manifester en soi…

    1. Hum…

      C’est compliqué.

      Pour résumer : s’il était possible de faire quelque chose au sortir de la 2eme guerre mondiale, je pense qu’aujourd’hui, c’est impossible. Trop de choses imbriquées à l’échelle de la planète. Le politique ne contrôle plus rien et n’a plus aucun poids. La seule chose que les politiques de droite comme de gauche (et des extrêmes, mais eux ils ne comptent pas, trop dangereux et cons) fassent, c’est régler LEUR problèmes et ceux de leurs amis. Le populo, c’est le dernier de leurs soucis.

    2. Pourtant comme il est dit dans cet article (traduit de l’anglais), la Banque Mondiale, la Banque Centrale Européenne, le FMI et quelques autres sigles qui semblent dominer les médias (et qui sucent le sang des populations) n’ont jamais été élus par personne.
      http://www.legrandsoir.info/l-economie-chez-les-fous-dissident-voice.html

      J’avais vu la vidéo citée plus haut par Drood
      (Étienne Chouard – Le tirage au sort)
      http://www.dailymotion.com/video/xiyzhh_etienne-chouard-conference-le-tirage-au-sort-comme-bombe-politiquement-durable-contre-l-oligarchie_news#rel-page-under-2
      Les arguments semblent se tenir et je me demande si ce ne serai pas la meilleure des solutions.
      Evidemment l’oligarchie aujourd’hui mondialisée qui perdrait alors ses pouvoirs ne laisserai jamais passer une telle mesure et cela aboutirai à un nouveau massacre général comme celui de La Commune de Paris avec certaines mesures semblables (Elus révocables, etc.)

  2. « Les indignés de toute la planète vous le diront, gauche ou droite, peu importe, ce sont certaines pratiques du pouvoir qu’il faut changer. »

    Je dirais même plus, il faut créer davantage de contre-pouvoirs car de droite comme de gauche, je crois de moins en moins au pouvoir vertueux.

    Ceci-dit, il faut pas rêver non plus. Que ce soit la gauche, la droite ou les indignés, aucun système ne sera jamais parfait. Après tout, un bon politicien c’est celui qui satisfait la moitié de la population (ses électeurs) au détriment ou du moins à la colère de l’autre moitié (l’opposition).
    Il faut parfois se satisfaire de ce qu’on a, au lieu de rêver au monde idéal.
    Je ne parle évidemment pas du gouvernement actuel, mais avec le recul je me dis que le gouvernment jospin, que j’ai tant critiqué à l’époque, n’était peut-être pas si mal. Pas parfait, mais disons que c’était une bonne base pour améliorer la situation.

  3. Il n’y a pas que s’asseoir comme moyen de lutte. Personnellement je n’ai pas trouvé la mienne, à part peut être parler, parler, parler avec tout le monde et partout.

    Mais chez moi on appelle ça être un « Disou » en opposition avec le « Faisous ». Celui qui dit et celui qui fait.

    En tout cas le constat fait ici (https://paris.indymedia.org/spip.php?article8018) je le partage (malheureusement Egalité et Réconciliation le partage aussi).

    Mais je partage également ce constat : http://nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com/article-un-petit-texte-enerve-d-un-sale-gosse-libertaire-68288894.html

    Et puis cette façon de s’organiser et d’agir (http://interfax.werebuild.eu/2009/11/29/instructions-on-how-to-build-a-cluster-like-werebuild-eu-and-telecomix-org/) me convient parfaitement, elle fait partie de ma culture et de mes pratiques depuis une dizaine d’années.

    Bref je n’ai pas trouvé LA bonne façon de s’engager, mais je ne crois qu’il n’y a pas UNE bonne façon de lutter ou de manifester son envie de changement, il y en a des milliards. Peut être une par mécontent.

    Peut être que parler, parler et encore parler est également une expression de la lutte. Elle permet au moins de faire circuler l’info et de confronter les points de vues.
    Et puis ça permet peut être de se dire que le vieil anar et pas si à l’ouest que ça. Que l’indigné façon flower power, n’est pas si ridicule. Que le Hacker est fréquentable et qu’on peut lui faire confiance.

    J’ai l’impression que les choses changent et qu’il y a de plus en plus de transversalité dans ces réseaux et mouvements. C’est surement un mieux. Et c’est en causant que ça se fait.

    Commençer par nommer le monde avant le refaire sans cesse.

  4. Salut,

    je trouve que tu exagères un poil trop. Certes le PS n’est pas exempt de tout reproche loin de là, mais le virage à gauche du Sénat est littéralement historique. Le gouvernement actuel a bien plus qu’aucun de ces prédécesseurs largement perverti cette démocratie, ses organes principaux (santé, sécurité, éducation…), à en croire presque que c’est une gnignolerie tellement flagrante que ça en deviendrait pitoyable. Alors oui ce virage (inéluctable aux vues des électeurs locaux) est une bonne nouvelle, mais non il ne faut pas non plus en entendre des miracles. Le Sénat ne reste qu’un outils, reste à voir comment il sera utilisé par cette nouvelle majorité.
    Quand aux sitting en face des bulletins, et pourquoi pas les 2. Voter en 2012 pour sortir de notre république bananière, c’est une évidence, donner béatement un blanc-seing à des énarques pour nous rendre nos libertés individuelles c’est encore autre chose.

  5. Et si les pendants les manifestations, on se rassemblerait sans faire chier ceux qui ne peuvent pas prendre le temps de venir, ou qui n’y crois plus du tout, (ça éviterait que les gens détestes les manifestants étant donné que c’est pas le but) et on changeait nos façon de faire?
    C’est à dire mettre en place de la prévention, de l’information, et surtout de l’éducation. C’est à dire, mettre en place des conférences ou stands je ne sait pas, expliquant comment fonctionne chaque mécanisme politique, à partir de l’histoire, et tout ce que je ne sais pas énumérer. J’appelle ça de l’éducation populaire. Éduquons nous et partons sur les mêmes bases pour encourager la reconstruction…

    1. C’est effectivement un très bonne démarche. Les journées à la Cantine semblent bien marcher, c’est une démarche éducative assez intéressante. Toutes les actions diverses, qu’elles soient politiques, judiciaires, éducatives et manifestative (pour faire le rime), bref suivant la sensibilité de chacun sont bénéfiques à notre intérêt commun.

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