Hadopi Labs : 35% de socio, 100% de pipeau

On trouve tout et n’importe quoi dans les Hadopi Labs, y compris de bonnes choses. Mais pas que. Il y a, comme partout ailleurs sur internet, ‘le pire comme le meilleur’, or manque de bol, on est tombé ce week end sur le pire.

Le billet de Vincent Petitet est un modèle du genre. Une concentration en mots savants inversement proportionnelle au sens qui se dégage de l’ensemble, une volonté farouche de faire entrer des ronds dans des carrés, et une bouillabaisse de mots-clés à rallonge qui laisseraient penser qu’il est en train de jouer au Scrabble.

Mais non, le but ici est tout autre, avec cette succession de mots compte triple, nous avons à faire à une nouvelle génération d’intellectuels bien Français qui tentent de se faire une place dans le petit cercle d’experts de ze internets. A regarder sa bio, nous avons clairement là un énième énergumène qui sous prétexte de maitriser un savoir en prend d’assaut un autre en tentant de l’assujettir, sans imaginer un instant ni le ridicule de l’effet produit, ni les réactions qu’il suscitera en retour.

Ce sont mes petits camarades de Reflets qui, dans ce qui nous sert de salle de rédaction – un chan IRC – ont attiré mon attention sur ce texte, et c’est dès la première phrase que je me suis dit que nous avions à faire à ce que l’on peut qualifier de bingo bullshit.

En usant à outrance de mots savants, on crée une distance avec son lecteur. Un truc que j’essaie d’éviter le plus possible car, contrairement à Vincent, j’écris non pas dans le but de faire comprendre à ceux qui prennent le temps de me lire que je leur suis supérieur et qu’ils ne comprennent rien (ce billet étant une exception notable en ce qui concerne Vincent), mais dans l’espoir d’être compris.

Jusqu’ici, ça marche plutôt bien. Je ne connais pas les stats de fréquentation du site des Labs de la Hadopi, mais je pense pouvoir m’avancer sans risque et affirmer que sur ce terrain là, j’en ai une plus grosse (ainsi que sur Twitter, Facebook, et n’importe où sur internet à priori). C’est sans doute dû au fait que je n’abuse pas de vocabulaire complexe pour faire comprendre des choses complexes, ou, comme dans le cas qui nous intéresse, je n’use pas de vocabulaire complexe pour cacher le fait que je parle de choses que je ne comprends pas.

Ce travers est cependant une tare qui touche l’ensemble de la classe intellectuelle française (qu’il s’agisse, de façon indifférenciée, de parler de sujets que l’on maitrise ou pas), et Vincent ne fait pas exception. Fort d’un « doctorat en science de l’information et en communication », il accumule des mots qui n’ont que pour unique fonction la mise à distance du lecteur. Un art dans lequel la sociologie Française excelle.

Posséder un doctorat en n’importe quoi vous dote nécessairement d’un vocabulaire académique qui permet de mettre à distance n’importe quel gueux, et la langue est un bouclier particulièrement efficace pour marquer une distinction de classe, qui sépare l’auguste guignol lettré et titulaire du poste de «Directeur délégué Adjoint DDO Hadopi» (whatever this is) de l’ignorant (un homme politique qui arriverait sur le site des Labs de la Hadopi, par exemple).

Le soucis dans un pays du tiers monde (des usages) numériques comme la France, c’est que les ignorants constituent l’écrasante majorité des élus, et que l’Hadopi, avec l’initiative des Labs, avait jusqu’ici fait exception à sa règle habituelle qui est d’aller à l’encontre du bon sens.

Pourtant, son introduction, sur le fond, colle avec l’approche que moi même, j’ai de l’internet et de son articulation sociale.

« l’Internet est dépendant des langages qui l’habitent : que cela soit de la langue courante, mais aussi du langage HTML et même des édifices algorithmiques, sans oublier les étranges ontologies qui président à l’élaboration de typologies propres à certains sites. »

Malheureusement, si l’informatique et la linguistique on eu la mauvaise idée de partager du vocabulaire, leur sens varie grandement d’un domaine à l’autre, et contrairement aux sciences humaines, leur emploi approximatif, en informatique, donne ce que l’on appelle un bug. Une erreur de syntaxe connue des geeks sous l’appellation de «Syntax Error».

Commençons par éliminer le mot geek. Il fut un temps (que les moins de vingts ans…) où ‘geek’ désignait un individu doté d’une certaine expertise en informatique. Il désignait également un adolescent mâle doté d’un sérieux problème d’acné, et d’une incapacité chronique à séduire les femelles de son espèce, au demeurant fort rares, celles appartenant à d’autres castes étant quoi qu’il arrive hors de portée.

Puis le terme geek est devenu branché. Pour les vieux geeks tels que moi, ce fut un choc. D’autant plus que j’ai vécu cette mutation sémantique au sein d’une agence de com’, suite au rachat par celle-ci d’une web agency, il y a à peine quelques années. Un poil d’épistémologie ne fait jamais de mal à personne, et comme – sorti du vocabulaire de la socio – Vincent fait preuve d’une insoutenable légèreté à manier des mots dont il ne maitrise pas le sens (quitte a les redéfinir, ses réponses aux gueux dans les commentaires sont cocasses), cela peut s’avérer utile. Sait on jamais.

Un temps contingentée dans un espace délimité, ceux qui furent d’entrée de jeu, au sein de la précitée agence de com’, affublés du qualificatif de «geeks» (et qui « faisaient du web ») ont pris d’assaut la branchitude en moins de deux ans en usant d’un stratagème que Goldman Sach ne renierait pas : en deux années, le chiffre d’affaire généré par les geeks a dépassé, et de très loin, celui du clan des « DA à mèche », qualificatif usité par les geeks pour désigner le groupe de ceux qui étaient issu de la com’, pour qui l’ordinateur relevait de la magie, et dont l’ignorance crasse en matière de technologie les condamnait à une reconversion express ou à la mort.

Ceux là, contrairement à Vincent, ne disposaient pas du vocabulaire nécessaire pour cacher leur ignorance par une savante construction littéraire (à défaut d’être scientifique). La formation (contrairement à Vincent, encore une fois) s’est avérée indispensable.

Car le souci, Vincent, c’est que l’informatique n’a rien d’une science humaine au départ, et que cette dernière ne peut faire l’impasse sur la science exacte sur laquelle repose les règles qui régisse les phénomènes sociaux qui en sont nés.

Or Vincent, la première phrase de votre exposé (permettez que je vous vouvoye, c’est une marque de distance, chez nous les geeks), montre de façon flagrante que vous n’y bitez que dalle, à l’informatique (permettez que je sois un peu vulgaire, ça détend).

« l’Internet est dépendant des langages qui l’habitent : que cela soit de la langue courante, mais aussi du langage HTML et même des édifices algorithmiques, sans oublier les étranges ontologies qui président à l’élaboration de typologies propres à certains sites. »

Les langages n’habitent pas l’internet, Vincent, ils sont contingentés aux machines qui le constituent, mais internet, lui, est un réseau de réseaux de machines dont les relations ne sont pas du tout subordonnées à ces dit langages, mais à des protocoles. Ce n’est pas vraiment la même chose.

Par ailleurs, le HTML, Vincent, au risque de vous surprendre, n’est pas vraiment un langage. Cela sert à baliser un texte et à le structurer, et depuis quelques années (depuis que les CSS se sont imposées), il se rapproche de ce qu’il aurait dû être dès le départ si des gens tels que moi n’avaient pas tout salopé en utilisant la fonction de balisage du HTML à des fin de design dès la sortie de HTML 1.0 en 1993, c’est à dire un ensemble de balises destiné à apporter une couche plus ou moins sémantique, à charge aux CSS de mettre cela en forme d’un point de vue visuel.

C’est pour le coup plus proche de la fonction de langage telle que vous l’entendez Vincent. Tout cela est appliqué à ce que vous qualifiez de « langue courante », un truc auquel les machines ne comprennent rien si vous ne les aidez pas en leur en balisant la structure de la langue, à l’aide du dit html, où en utilisant des moulinettes sémantiques telles qu’OpenCalais, mais celle-ci n’ont pas grand chose à voir avec la sémantique telle que vous la comprennez. C’est un peu compliqué, j’en conviens.

Quant au fait que les ontologies soient étranges, ma foi, elle sont pourtant tout ce qu’il y a de plus normées sur internet, c’est juste une langue qui vous est étrangère, ça n’a rien d’étrange en soi, peut être confondez vous avec les folksonomies, ou peut être, en fait, que vous n’y comprenez rien et que vous espérez n’être lu que par des personnes qui ne relèveront pas que votre introduction est en fait la confession que – comme je le disait précédemment – vous n’y bitez que dalle.

Il se trouve, pourtant, que j’use du même stratagème que vous pour expliquer ce que vous tentez de démontrer, et faire un brin de sociologie des phénomènes sociaux émergents sur internet.

Et là, Vincent, vous allez me dire que j’use à mon tour de vocabulaire savant. C’est normal. Je fais cela lors de cours que je prodigue aux masters du CELSA, auprès de jeunes qui, un jours, tout comme vous, finiront pour certains par décrocher un doctorat en quelque chose, et dans le but, précisément, qu’ils ne finissent pas par écrire des conneries telles que les vôtres.

Oui, tout comme vous, Vincent, je suis un intellectuel Français labellisé qui sait se réfugier à l’occasion derrière un vocabulaire compliqué quand il cherche à masquer une carence intellectuelle (qui n’en a pas ?). Du coup, j’ai tendance à compenser par un brin de vulgarité quand je suis sur un domaine que je maitrise. Un mélange étrange de schizophrénie et de syndrome de Gilles de la Tourette. Désolé.

Revenons à nos geeks, qui désormais représentent une écrasante majorité de la jeunesse puisque l’examen d’entrée consiste à allumer un ordinateur et à lancer le pack Office. Un peu comme le baccalauréat, on a fait baisser le niveau dans des proportions telles qu’on est arrivé à 80% d’une classe d’âge, mais les savoirs qui faisaient le geek d’hier, manque de bol, eux, se sont entre temps complexifiés de façon fantastique.

Pourtant, Vincent, je partage avec vous cet instinct que la maitrise d’un ensemble de fondamentaux techniques propres à internet est un préalable nécessaire à la compréhension des phénomènes sociaux qui s’y développent. La différence, c’est que je les maitrise autrement mieux que vous, et que mes carences dans ce domaine – nombreuses au demeurant – sont parfaitement compensées par les connaissances de mes petits camarades, avec qui j’échange quotidiennement.

Cette confusion entre langage et langage, deux mots qui dans la sociologie et l’informatique désignent deux choses très différentes, et la confusion dans laquelle vous plongez d’entrée de jeu en qualifiant le HTML de langage et qui vous sert à vous rattraper aux branches et éloigner par – once more – un vocabulaire savant, les contradicteurs qui s’expriment dans les commentaires de votre billet en qualifiant tout et n’importe quoi de language, suffit à établir le sable sur lequel vous construisez votre raisonnement, or si on peut construire – le saviez vous ? – des processeurs avec le silicone du dit sable, on ne construit rien de solide là dessus.

Certes, la confusion du HTML comme langage est entretenu savamment depuis des lustres, et à force de voir cela écrit partout, on trouve des gens qui classent le HTML à coté du C++, et il m’est arrivé de lire sur des CV des candidat annonçant fièrement savoir ‘programmer en HTML’, mais voyez vous, non seulement le HTML n’est pas vraiment un langage, mais l’internet n’est pas articulé par des langages, ou plus exactement, l’articulation dont votre instinct vous dit qu’il est un soubassement d’une explication du social propre au web, est plus à chercher dans les protocoles ‘qui baignent internet’.

Internet, lui, est parfaitement indépendant des langages, le langage derrière le site que vous êtes en train de lire se nomme PHP, mais si ce site tournait sous Movable Type plutôt que sous WordPress, il y aurait du Perl, et ça ne changerait pas grand chose. Les protocoles que vous utilisez (sans le savoir à priori) pour consulter ce site se nomment eux http ou tcp/ip, ils ne sont pas, eux, interchangeables, et structurent de façon très significative internet. Ce ne sont pas – je vous vois venir – des langages, mais alors pas du tout.

Aussi, en étudiant de près un truc comme TCP/IP, vous pourriez vous apercevoir de la stupéfiante structuration qu’ils imposent à tout ce qui est sur internet, comme les phénomènes sociaux qui vous tentez maladroitement de comprendre, ou le fait que l’institution dans laquelle vous exercez, la Hadopi, tente d’imposer des lois sur internet avec autant de ridicule que si je faisait voter un amendement interdisant la pesanteur.

Après tout, Vincent, la pesanteur est directement responsable d’une quantité faramineuse de décès chaque année, et il est temps de mettre fin à cela, non ? Cela vous semble stupide ? Vous avez raison, et cela prouve que vous maitrisez bien mieux la physique de Newton que les internets.

La construction intellectuelle qui fait suite à cet axiome bancal posé comme une évidence est à l’image de votre introduction, et appeler Lacan à la rescousse n’est pas sans rappeler l’énorme contresens réalisé il y a peu par mon ami Yann Leroux, psychanalyste de son Etat (et grand amateur de WoW), qui fonçait tête baissée dans un mur en proposant, lui aussi, une lecture du social basée sur des théories issues du réel l’amenant à accumuler les erreurs et les contresens au point de générer tant au sein de Telecomix que d’Anonymous – deux structures sociales propres à internet qu’il tentait d’analyser – des quolibets et des insultes.

Or tout comme l’institution à laquelle vous appartenez n’interdira pas la pesanteur, le monde des internets est structuré non pas par des langages mais par des protocoles, qui font que les théories appelées à la rescousses peinent à s’y appliquer sans faire sombrer ceux qui les incantent dans un ridicule dont seul les vrais geeks mesurent la profondeur abyssale.

Sur internet, il n’y a pas de distances et (pour l’instant) pas de frontières (sauf en Chine), le temps ne se déroule pas du tout de la même façon que dans la vrai vie, sous la strate fort à la mode du ‘temps réel’ (que vous m’avez l’air de mépriser copieusement), se cachent d’autres strates temporelles, qui s’accumulent et se percutent. L’identité – un fondamental de tout construct social, vous en conviendrez aisément – peut devenir multiple, fractionnée, simultanée, ou s’effacer sans pour autant trahir, comme ce serait le cas si l’on constatait une telle chose dans la vie réelle, de maladie psychiatrique gravissime. Forcément, tout cela a un impact lourd sur le social qui s’y développe.

Cette importance particulière du protocole et sa prédominance sur le langage (pour la partie informatique, j’entends), ainsi que son aspect symétrique, est à l’origine du revival de moultes utopies, dont mon camarade Sam vous a exposé au passage un aspect dans les commentaires de votre billet.

Elle est aussi le substrat d’un corpus philosophique et politique important, qui réuni tout un tas de gens improvisant des campements dans tout un tas de lieux partout sur terre. Dans certaines dictatures, où la liberté de réunion n’est pas reconnue, ça donne des révolutions (sauf en France où pour l’instant, la liberté de réunion n’est pas reconnue sans que cela donne grand chose). Je suis sûr que vous avez entendu parler de tout ça.

Il est évident que l’égalitarisme des machines – une conséquence directe non pas du langage, mais là encore des protocoles qui régissent les relations entre les machines, préalable à la notion de réseau, elle même préalable au concept d’internet, laisse une place à une véritable renaissance d’un concept oublié et pourtant gravé sur le frontispice de toutes les mairies de France, l’égalité.

Je suis tenté de poser un contrepoint à Sam, qui consiste à souligner que ceux qui maitrisent (comme lui, d’ailleurs) les articulations d’internet sont plus égaux que d’autres. Ce sont eux qui, par exemple, ont paralysé cette Haute Autorité dans laquelle vous travaillez en exposant les failles d’un de vos fournisseurs, TMG (demandez à Eric Walter). D’une certaines façon, ils ont fait de même avec Bachar El Assad ou Ben Ali (Eric doit être au courant). Le fait de maitriser cela permet également d’appréhender différemment la fonction du langage – telle que vous l’entendez – et de bousiller par exemple un plan de com’ à 3 millions en faisant précisément l’inverse de ce que vous tentez de faire : prendre d’assaut le monde de la com’ (ou de la socio, la différence est mince vue d’ici) à partir des lois du réseau, et ridiculiser publiquement une multinationale de la com’ qui pèse des milliards. Demandez à Eric, il vous racontera.

Bien que nous ayons parfois des points de vue différents avec mes petits camarades des internets comme Sam, un point nous réunit cependant, qui consiste à s’appuyer les uns sur les autres afin de construire ensemble (ce que vous touchez du doigt en survolant le coté ‘collaboratif’ des z’internets).

Ensemble, tout est possible, comme dit l’autre.

Pas sûr que ce soit vraiment cela l’égalité, mais au moins, elle est inscrite dans les protocoles (et pas dans un quelconque langage), ce qui la rend rigoureusement incontournable, alors que l’inscrire sur le fronton d’un établissement public n’a de nos jour pas la moindre conséquence. Le récent procès de Jacques Chirac suffit pour s’en convaincre.

Je pourrais divaguer plus longtemps sur les protocoles et remarquer ironiquement que pour une institution qui se croit républicaine, la Hadopi a causé un tord considérable au plus égalitariste des protocoles, le P2P, mais ce genre d’humour ne ferait rire que les geeks – les vrais – et vous vous retrouveriez à devoir faire semblant de comprendre une bonne vanne pour ne pas avoir l’air idiot. Ce serait tout aussi grossier que d’utiliser à outrance un vocabulaire complexe destiné à créer artificiellement un effet de classe grâce à l’hermétisme d’une science comme la sociologie dont la fonction première du vocabulaire est d’exclure plutôt que de partager, ce qui, finalement, résonne merveilleusement bien avec la mission de la Hadopi.

Comme quoi on peut vanner dans le même paragraphe en utilisant la sémantique telle que vous l’entendez et un protocole auquel vous n’entendez rien.

Car sur ces protocoles, très égalitaire à la base, se greffent des humains qui, eux, utilisent le langage, mais certains d’entre eux maitrisent ces protocoles, et usent du langage de façon coordonné. J’ai tendance à croire que ceux-ci sont plus égaux que les autres (comme tout bon intellectuel Français, je suis élitiste).

C’est d’ailleurs à mon sens ce qui fait qu’internet et ceux qui, contrairement à vous, le maitrisent, sont à l’origine d’un transfert de pouvoir au sein de la société. On a bien à faire à l’émergence d’une classe dominante, vous le touchez vous même maladroitement du doigt, même si elle n’a rien de bourgeoise et n’a strictement rien a voir avec ce que l’on appelle geek de nos jours (on parlera plutôt de hackers).

C’est d’ailleurs l’objet des cours que je donne à Science Po. Je vous avais prévenu, Vincent, j’ai plein de labels intellos, comme un poulet élevé au grain et en plein air, et je vous prie de croire que si je n’abuse pas outrageusement comme vous le faite de vocabulaire technique, c’est avant tout pour vous permettre de me lire plutôt que pour vous écraser à l’aide du dit langage, ou soyons précis, à l’aide du vocabulaire qu’il contient (en ai-je véritablement besoin ?). Les petites pointes de vulgarité savamment distillées ont elles pour fonction sémiotique de vous rappeler de ne pas pour autant y voir un quelconque signe de respect.

Si d’aventure vous échappiez à ce réflexe qui consiste à considérer vos contradicteurs comme de simples cons (normalement, face à un prof à Science Po, où vous avez fait vos études, ça va vous poser une injonction paradoxale), et si vous savez descendre du piédestal où certains de mes collègues du corps enseignant vous ont mis en vous faisant croire – à tord – que vous faisiez partie de l’avenir de la nation, et que vous étiez apte à affronter le futur du simple fait que vous pouvez, comme tout élève issu de Science Po, en particulier avec une major en socio, embrouiller (presque) n’importe qui en le noyant dans des termes que le commun des mortels interprètent comme un signe d’intelligence, je vous suggère d’aller apprendre auprès de Jean Michel Planche les rudiments de TCP/IP, et de discuter avec lui du fait que, ça se trouve, c’est indispensable de comprendre ce truc pour faire ses premiers pas dans l’analyse de quoi que ce soit sur ze internets. (vous pouvez reprendre votre souffle, écrire des phrases de dix lignes, c’est ma façon à moi d’exclure les gueux, mais si vous avez un doctorat, c’est pas ça qui vous arrêtera, hein Vincent ?)

Excusez par ailleurs ce qui peut sembler comme de l’agressivité de ma part ou de la part de mes petits camarades, mais ils seront nombreux à l’Hadopi à vous confirmer que ce n’est rien par rapport à ce que vous faites ou que vous ferez demain (demandez à Riguidel), et que nous même, de notre coté, on a fait infiniment pire par le passé (sans même évoquer le futur). Si vous voulez parler de sociologie sur internet, commencez par comprendre les rudiments de base d’internet.

Il y a tout de même suffisamment de monde dans les Labs pour cela, pourquoi ne pas collaborer et échanger avec eux ? Echanger de la culture et des connaissances, ce n’est pas sale, comme dirait Difool, contrairement à ce que l’institution à laquelle vous collaborez tente de faire croire aux gamins à qui j’enseigne. Essayez, vous verrez. Au besoin, planquez vous pour le faire, comme le font les gosses que vous contribuez à mettre sous surveillance.

Dernier détail, plutôt que de tenter de réinventer la roue pour en faire un carré et vous imaginer provocateur en faisant un parrallèle entre ‘les geeks’ et les bourgeois, commencez par apprendre (et si possible respecter) ce que sont les aristocrates, traditionnellement situés au dessus des bourgeois, que l’on appelle Netocrates (chez Amazon). Vous verrez, il n’y a rien de provocant derrière cette idée pour peu qu’elle ne soit pas construite sur du sable, et quand elle est énoncée par un sociologue qui, comme Alexander Bard, sait ce que c’est qu’internet.

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: Fabrice Epelboin

Ancien directeur de publication de ReadWriteWeb France, cofondateur de plein de trucs, e-guerillero fi Tounes, spécialiste intergalactique de l'infowar, réincaranation de Nostradamus tous les 26 du mois par temps agité à très agité.

93 thoughts on “Hadopi Labs : 35% de socio, 100% de pipeau”

  1. Ok, là, on arrête les conneries.
    Je trouve ton attitude parfaitement minable, et contrairement à toi, je te le dis. *
    Que tu ne sois pas d’accord avec les propos de Vincent, libre à toi.
    Mais au lieu de prendre ton clavier et de commenter directement, afin que Vincent te laisse une réponse et peut-être même, se rallie à ton point de vue, tu le fais sur Reflets. Parce que sur son texte, la seule chose que tu as faite, c’est coller un lien vers Reflets avec une moquerie.
    C’est pour quoi faire? Gagner de l’audience? De la visibilité?
    Je vais te dire un truc : Vincent est un intellectuel, peut-être pas toujours dans « le vrai » mais lui, il sait écouter, il apprend en permanence, il n’est pas rempli d’orgueil comme toi, qui pense posséder en permanence une pseudo-parole divine et mépriser les autres.
    N’oublie jamais une de nos valeurs : l’humilité.
    Manifestement, tu ne sais pas ce que c’est, ni ça, ni le respect.
    Tu me déçois.
    Quand tu seras capable de poser tes couilles sur la table et de mettre les mains dans la merde, tu pourras venir parler.
    A plus

    1. De l’audience ? Heu… pour quoi faire ? Se rallier à mon point de vue ? En étendant le concept de langue à l’air ambiant ?

      Pour ce qui est de poser ses couilles sur la table, cocotte, il fut un temps où tu le faisais avec nous, non ? Remember, remember… Le texte de ton ami Vincent ne me semble, ni à moi ni à ceux qui l’on lu, pas plus emprunt de respect que le mien, ses réponses aux commentaires sont de l’ordre de l’embrouille plus qu’autre chose et tiennent du foutage de gueule (intello, j’en conviens, tu me connais, je suis pas mauvais dans le genre aussi).

      Le binaire, un langage ? Yalla, comme on dit.

    2. Tris…

      Ici, personne ne court après l’audience. Nous sommes très humbles. Avec rien (un pauvre serveur Web, des tonnes de nuits blanches et des claviers), nous avons construit un lieu de réflexion. Des gens sont venus. De plus en plus de gens. Avec un budget de zéro euros, nous avons fait en un an d’un petit site de rien du tout, un truc qui affiche 250.000 pages par mois à des gens qui, dans l’ensemble trouvent nos textes plutôt intéressants.

      Je pense donc que Fabrice n’a pas cherché à faire de l’audience en publiant ce texte. Je ne pense pas non plus que, pour donner de la visibilité à Reflets, Fabrice ait choisi les forums des labs comme endroit où poster un lien vers Reflets. Tris, si je te donne un accès aux stats de Reflets, tu me donnes un accès aux stats du forum des labs ? Je suis curieux et accessoirement le co-créateur du plus beau super héros que l’Internet ait connu, j’ai nommé Statisticator(.com, bien sûr) le héros au slip jaune.

      Je suis assez d’accord avec Fabrice, le texte de Vincent est pompeux, creux, et qui plus est, dénote d’une incompréhension de ce qu’est ce réseau, ce qui est, il faut en convenir, une constante chez beaucoup de monde. Surtout parmi l’élite française. Attention, je dis ça, mais je ne suis pas le seul. Mon papy du Web à moi que j’ai, Jean-Michel Billaut, me répète ça depuis que je le connais. Et pour tout dire, ça fait un bail.

      Ce que Vincent pourrait faire, c’est s’inspirer de tes bons et avisés conseils : faire preuve d’humilité.

      Expliquer ce qu’est le sexe à Rocco Siffredi ou DSK, c’est un peu chaud. Surtout quand on est puceau. Je m’explique… Quand on ne maitrise pas un sujet, on ne cache pas son ignorance derrière des mots creux pour faire accroire que l’on est une pointure du domaine.

      C’est ridicule et très méprisant pour les autres. Tous les autres. Celui qui n’y connait pas grand chose non plus, parce que l’on ne l’aide pas à étendre ses connaissances. Celui qui y connait quelque chose, parce que c’est faire insulte à son intelligence.

      Bref, tout ça pour dire que tu te trompes. Tu peux me croire, ou pas, mais nous sommes plutôt humbles chez Reflets. Et pourtant, sur le terrain d’Internet, on pourrait ne pas l’être. Tiens, moi, par exemple. Je jouais déjà avec alors que tu ne devais pas avoir dépassé les 12 ou 13 ans. Au pif, hein, je ne connais pas ton âge. Est-ce que je te prends de haut pour autant? Non. Je te dis bienvenue sur le réseau et espère que tu aideras d’autres personnes à s’y intégrer en choisissant la bonne voie (Lao Zi, toussa).

    3. « Quand tu seras capable de poser tes couilles sur la table et de mettre les mains dans la merde, tu pourras venir parler. »

      J’ai jamais aimé ce non-argument. C’est le même quand on dit qu’on n’aime pas un groupe/style/chanteur : « bah fait ce qu’il(s) fait/font et on en reparle après ».

      Le fait d’exercer la même activité ne me rend pas plus légitime pour la juger. Et au contraire, d’ailleurs, car on ne peut être juge et parti.

      Quant aux autres arguments, ils sont tellement réfutés par le simple constat de m’sieur Vincent aux commentaires de son article que tout commentaire supplémentaire dénaturerait un si beau démenti.

      Et le respect, ça va dans les deux sens. L’article de Vincent reste proche de l’insulte à quiconque connait un minimum Internet. Il y a, cependant, d’autres moyens de manifester son mépris tout en tendant la main. Je ne crois pas que ce soit l’esprit de cet article ni la volonté de l’auteur.

      Mais qu’on adhère ou pas à cette volonté (je n’y adhère pas, personnellement) le style est tout de même un souffle d’air PUR par rapport à la bouillie infâme que nous servent tous ces « sociologues » et autres savants.

      (et j’ai dit « savant » et pas « scientifique », grosse différence)

      Bisous !

  2. Pouah ! Superbe texte ! Je reste scotché ! Comment désarsonner un « beauf » quoi. Désolé de l’insulte, mais rien qu’en lisant son texte, j’ai tout de suite eu envie dire : « le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence »
    J’espère au moins qu’il aura comprisquelque chose à cette réponse et ne réagira pas avec un texte surplombé de mot loufoque que le commun des mortels ne captent pas.

  3. Très bon texte. Une remarque cependant : lire sur reflets.info que  » Sur internet, il n’y a pas de distances et (pour l’instant) pas de frontières (sauf en Chine) », même pour des besoins de simplification, ca pique un tantinet les yeux. Je consacre mon mémoire de M1 géopo (Paris 1) au sujet, mais il est devenu assez évident depuis quelques années (Gabriel Dupuy l’écrivait en 2000, pour ne citer que lui) que les territoires numériques présentent des frontières physiques bien tangibles.

        1. oui, c’est vrai, j’ai pas encore pris l’habitude mais en effet, la Chine et l’Iran ont perdu le monopole de ce genre de trucs… On va quand même différencier des trucs comme Hulu/Netflix & co qui sont bloqués pour des raison de droits d’auteur territorialisés (stupide, j’en conviens), ThePirateBay, qui est encore autre chose, et la Chine qui bloque des contenus politique, mais bon, au final, on arrivera tous au même endroit, c’est évident :(

      1. (Je ne suis pas télépathe, mais j’ai failli réagir au même passage donc j’imagine qu’il parle de :)
        Ce qu’Ethan Zuckerman disait l’an dernier, stats de consultation de site locaux et surtout non-occidentaux à l’appuis, sur combien en laissant les lecteurs choisir ce qu’ils regardent et en les équipant d’algo de filtrage, on les rend encore plus casaniers — en gros, le kilomètre-sentimental se rallonge, surtout pour les Africains qui ne passent pas à TED.
        Mais, à vrai dire, je ne me rends pas bien compte à quel point c’est pertinent par rapport au bashage en règle de Vincent (Ça va mieux ? Ça faisait longtemps que j’avais pas lu une tirade pareille — probablement depuis que Ze Frank a arrêté ses concours de ‘Yo Mamma’.) Et puis, des initiatives comme celles que tu couvres depuis un an (Telecomix, KeOps, etc.) tendent à faire mentir cette tendance (tant mieux, merci).
        [Ajouter d’autres précautions oratoires ici.]
        Mais, en gros, ça vaut le coup de distinguer ce qu’on *pourrait* faire avec Internet (être pote avec une pub Benetton passé par l’ONU) et ce que la majorité des usagers en font la plupart du temps (pirater des blockbusters Hollywoodiens et s’envoyer des photos de soirée) mérite d’être notée. Si on veut discuter la géographie, je pense que ça serait plus honnête de regarder l’usage que le possible.

        1. La on parle de frontières linguistique, pas de distance, si ?

          Pour les frontières ‘artificielles’ (filtrage, tout ça), Telecomix a effectivement pour but de les abbatre en effet… Ensuite, pour ce qui est des usages constatés et des possibles, on ne peut distinguer cela des contraintes.

          Si on vivait dans un monde où le P2P et le téléchargemetn ‘gratuit’ était légal, on pourrait imaginer des sites dont le but est d’amener les consommateurs de blockbuster à aller vers une consommation un poil plus intello, et on pourrait faire bien d’autres choses encore, ceci dit, on n’empêchera jamais le fait qu’une écrasante majorité consomme de la merde passivement, on peut juste espérer en choper quelques uns et leur donner accès à bien mieux. C’est une approche assez courante dans l’éducation nationale où les profs repèrent des élèves doués et les aident à se hisser vers le haut…

          Donc au final, non, il ne faut pas négliger le possible, surtout quand des lois le déclarent illégal…

  4. Intéressant et agréable démontage de Vincent Labaudruche.

    Dommage pour les erreurs grossières car si le sable est bien constitué de silice ou aussi silicium, mot qui se traduit souvent imparfaitement de l’anglais au français. Ces mêmes français qui s’orthographient sans majuscule. Mais cela n’est rien comparé la méprise entre pesanteur et apesanteur, même si les geek planent dans leur monde cela m’étonnerait que cette dernière y fasse beaucoup de victimes.

  5. hello Fabrice,
    je crois que tu vas trop loin. Je crois qu’à un moment, il faut arrêter de se la pêter (là je parle de ton passage sur la Tunisie, car contrairement à toi j’y étais peu de temps avant les évènements pour donner qques tutos sur Tor :-)).
    Hadopi est une tentative, un essai,pour trouver un système dans lequel chacun a sa place. Contrairement à certains mercenaires hacker, ils ne sont pas égocentrés mais proposent une concertation. Certes des risques sont inhérents à cette démarche (par ex l’emploi du dpi) mais ne perdons pas de vue que le secteur culturel entier est bouleversé actuellement. Je crois que cette démarche vaut le coup et que critiquer de la manière dont tu le fais est contreproductif et pédant. Je te mets au défi de nous donner une définition de la culture, de définir la différence entre culture et divertissement…et pour finir comme je l’ai fait remarquer à JZim de me donner le coût précis de la production d’un album de musique que tu voudrais voir distribuer gratuitement sur Internet.
    Cordialement

    1. > Hadopi est une tentative, un essai,pour trouver un système dans lequel chacun a sa place.

      Les ayants-droits, oui. Les artistes, moins. Les internautes, on leur demande quelque chose d’impossible (sécuriser totalement leur système).

      > Certes des risques sont inhérents à cette démarche (par ex l’emploi du dpi)

      Le DPI c’est très bien avec le pare-feu OpenOffice.

      > et pour finir comme je l’ai fait remarquer à JZim je te mets au défi de me donner le coût précis de la production d’un album de musique

      Je te mets au défi de me donner le salaire des dirigeants de la Sacem, de la SCPP, des majors et de ce qu’ils auraient pu gagner avec une offre légale de qualité. Ah, oui, et aussi des chiffres crédibles à propos du piratage :)

      > que tu voudrais voir distribuer gratuitement sur Internet.

      C’est déjà le cas ! Les musiques sont déjà distribuées directement sur Internet. Tape le nom d’une musique sur Youtube, ou bien sur Google suivi de « Megaupload » pour t’en convaincre. L’Hadopi n’a fait que faire passer les pirates du P2P au DDL, fait diffuser indirectement aux gens le moyen de mieux se cacher sur internet, et condamnera peut-être quelqu’un un jour, qui sait :)

      1. A propos de la SACEM :
        une chorale affiliée au mouvement A choeur joie (mouvement national ayant passé des accords avec la dite SACEM) donnant un concert gratuit de pièces du domaine public devrait encore payer son obole à la gentille organisation (dans les 20€ mais quand même c’est du pognon qui sort des poches des chanteurs amateurs).
        Juste pour dire.

    2. La culture est ce qui permet d’élever les gens (intellectuellement), leur donner matière à réflexion sur des sujets divers et variés. C’est un pas de transition entre l’approche émotionnelle et l’approche rationnelle sur des choses concrètes de l’environnement aussi bien qu’abstraites et du domaine des idées ou de la conception politique/économique/philosophique du monde.

      Le divertissement est un pis-aller qu’on utilise quand on ne veut ni rationnaliser ni être submergé par des émotions trop intenses. Une sorte de repos cognitif.

  6. Je n’ai lu qu’un tiers du texte (et pourtant je commente…). Et pourtant le sujet m’intéresse.
    La réponse semble être à la hauteur de l’original, en à peine moins imbitable, mais loin d’être exempte de fautes. C’est dommage, un démontage en règle se devrait d’être irréprochable.

    L’auteur du texte auquel vous répondez n’utilise ses connaissances que pour se rendre inaccessible, et ainsi n’inspirer que les réponses d’autres usurpateurs (Unicode, un langage ? « ASCCI » ? Une norme, un protocole, une spec, la distinction doit être trop fine pour lui), alors que la vraie connaissance rend accessible. En vous plaçant à son niveau syntaxique, armés de vos connaissances réelles, vous êtes accessible de ses lecteurs et de lui-même, mais perdez ceux qui comme moi ont perdu l’habitude de ce verbiage pompeux, par goût d’appeler un chat un chat.

    Ayant sur ce site déjà lu des articles bien renseignés, je fais confiance aux 2 autres tiers pour aller dans le bon ‘sens’ :)

    1. Ne pas utiliser ses connaissance pour les rendre accessible, c’est pas vraiment le soucis, c’est un classique et on voit ça partout, les utiliser pour prendre d’assaut un autre corpus et s’en improviser expert, quand on collabore (le mot est employé à dessein) avec un truc qui s’avèrera tôt ou tard (et plutôt tôt) la première étape de l’Orwellisation de la France, c’est autrement plus grave. Je lui fait volontier le crédit ceci dit de ne pas être conscient de ce point.

      Après, le verbiage pompeux, c’est un peu la réponse du berger à la bergère ;-)

  7. Fabrice, je ne comprends pas pourquoi tu t’efforces à plusieurs reprises d’expliquer que le html n’est pas un langage, le L d’html est pour « langage », et même si l’on veut rentrer dans des définitions plus précises, je ne crois pas que ce soit une faute que d’affirmer que c’est un langage. Pourquoi vouloir faire compliqué ? Et comme tu accuses ton interlocuteur de faire ses propres définitions… moyen :)

    1. Je n’avais pas lu son billet, et d’après ta réponse, je m’attendais à un vocabulaire illisible et incompréhensible, en fait pas du tout, 1 ou 2 mots recherchés, comme « ubiquité », et qu’il définit immédiatement, donc je ne comprends pas le problème.
      Une réponse 3 fois plus longue parce qu’il dit que le html est un langage, et qu’il utilise 2-3 mots compliqués, sans plus… y’a un acharnement gratuit que je ne m’explique pas :-/

      Il faudrait interdire les gens cultivés sur internet, c’est ça l’idée ? Interdire le vocabulaire recherché, et favoriser les termes pipi et caca, pour que tout le monde comprenne bien, et c’est ça rendre service au lecteur ?

      1. Faudrait plutôt interdire de parler de pipi quand on s’improvise expert en caca, ou un truc comme ça. Encore une fois, il existe dans les Labs – comme le souligne Poc – des gens qui tente, de l’intérieur, de faire changer les choses ou d’éviter l’irréparrable (manque de bol, en vain, mais ça se tente en effet), il existe également des collabos qui y voit un tremplin pour s’improviser expert d’un domaine auquel ils n’y comprennent rien et que l’on retrouvera secrétaire d’Etat demain si l’on n’y prend pas garde (coté Vincent je ne pense pas qu’il soit sur ce chemin, mais le jour où tu le verra dire dans les colonne d’un journal que la culture est bien mal à cause des internets, tu fera moins le malin ;-)

        1. je l’ai déjà dit et le redirais :-).
          La culture souffre à cause d’Internet, parce qu’Internet est un lieu populaire, un lieu de forum alors que l’art qui construit la culture est solitaire, il ne souffre pas le jugement populaire.
          Une œuvre devient œuvre d’art des dizaines voire des centaines d’années après sa création. Mais elle fut créée parce que l’artiste avait le luxe de travailler seul sans être jugé par un forum sur le bien fondé des concepts qu’il créait.
          C’est pourquoi d’ailleurs le concept de mymajorcompany est odieux car il impose la tyrannie du peuple (qu’il soit cultivé ou non là n’est pas la question) dans la décision de la légitimité de l’artiste.
          C’est sur CE sujet (et pas d’autres) que je vous attaquerai de plus en plus et de plus en plus sévèrement, vous autres, représentants de l’idéologie soviétique véhiculée par la Quadrature du Net.

          1. Comme tu ne laisse pas d’adresse web, je suppose que tu n’as pas de blog, donc je cherche encore d’où va veniçr l’attaque. Je vais t’aider : on t’attend pour l’attaque sur IRC #laquadrature.

          2. J’en suis pas là :-)))) et puis une attaque ne se fait pas forcément par UNE adresse IP cher klorydryk :-)cependant c’est pas très difficile de me retrouver, un peu de social engeeniring… un exploit serait plus approprié.
            on se connaît je crois(rdv au Loop)
            Mes propos ne portent pas sur toutes les actions de la Quadrature liées à la liberté d’expression, pour lesquelles je suis vraiment favorable.

          3. Sur la culture (disclaimer, je suis pas à LQDN même si j’aime bcoup ce qu’ils font), c’est le concept de licence global qui te fais les traiter de soviétiques ?

            C’est un débat interessant, et il mériterait d’avoir lieu. J’aime pas trop le terme de soviétisation, mais force est de reconnaitre que dans cette vision, la presse est également dans le lot (1,4M€ de subventions), ainsi que tout un tas d’autres trucs.

            C’est clair qu’il faut un débat, LQDN a un point de vue, il y en a d’autres, mais au final, tu ne crois pas qu’on est plus en ce moment en train de s’orienter vers une situation où les communistes lutent au coté des Gaullistes contre une dictature 2.0 ?

            Par ailleurs, j’imagine que tu as croisé des gens de LQDN, ils ne sont pas fermés au dialogue et au débat.

            Autre soucis, le financement (pas à la majorcompany, plus à la Flattr) ne marche pas du tout, tout le monde partant du principe que tout est gratuit, ce blog en est une illustration criante : il marche au don, et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour l’instant, ça ne paie même pas l’hébergement…

          4. oui je sais que le don ne fonctionne pas sur Internet, je suis désolé d’être un peu virulent dans mes propos mais c’est un peu ma profession (et celle de mes collègues) qui est en jeu lorsque l’on parle de la culture même sur Internet.
            J’ai proposé de réunir mon savoir faire, mon réseau artistique assez développé, j’ai eu des contacts avec bbayart, avec bluetouff, avec Jérémie, personne n’a accepté que l’on réfléchisse ensemble, AVEC des artistes (auto-producteurs, blogeurs, penseurs du numérique), j’ai même un catalogue de trèès bonne musique qui croit de jour en jour dont les auteurs et interprètes sont prêts à me suivre dans une voie de distribution innovante (mais pas gratuite)!!!!, que l’on propose une solution concertée, décentralisée, avec une réflexion sur
            1. une plateforme innovante dédiée à la musique
            2.un FAI associatif dédié à la musique (pour les enjeux liés à la bande passante)
            3.des formats pour la musique sans perte pas cher.
            4.l’intégration des ces concepts dans une pensée politique plus globale en prévision de 2012…
            Au final, il se passe quoi ? chacun de son côté, des hadopilabs qui prennent de l’ampleur (mais bon c’est à vérifier), des offres légales qui utilisent ces idées (Qobuz) mais en vendant les catalogues des majors…
            Alors je fais quoi, bah je vais voir les hadopilabs (tout en faisant un don à reflets.info).
            Bien à toi Fabrice

          5. La dessus, c’est indiscutable, on n’a jamais réussit a faire émerger un débat sérieux sur le mode de rémunération des artistes dans la musique (le ciné se porte à merveille, malgré, curieusement, un piratage qui lui aussi, explose).

            La ‘solution’ de la licence globale s’est imposée faute d’autre chose, et surtout faute de faire autre chose que de défendre la liberté d’expression et la neutralité du net (un poil plus important imho). Je persiste à croire que ça reste la moins pire des solution, même si la ‘collectivisation’ de l’art n’a jamais profité à l’art en fin de compte, et qu’en faire une solution de transition serait finalement pas si mal.

            Je ne connais pas ton projet mais ça m’a l’air un poil compliqué (e.g. besoin de bcoup de capitaux), par ailleurs, pour avoir suivi avec bcoup d’attention et d’enthousiasme l’expérience de Jamendo, j’ai peur qu’un catalogue indépendant pour seul bagage soit insuffisant pour commencer/bootstraper cela, et convaincre les majors d’expérimenter est de l’ordre de l’impossible (en même temps, ils sont proche du but, le filtrage, donc leur stratégie a toutes les chances de s’avérer payante)…

            Le pire dans tout ça est que tout laisse croire que les musiciens aient servis de bouclier humain dans l’histoire afin de cacher le véritable projet, l’internet civilisé, et que tout cela est porté avant tout par le besoin de maitriser le bouleversement dans l’équilibre des pouvoir qui accompagne l’usage généralisé d’un outil qui donne à tout le monde la capacité de faire porter sa voix et de s’organiser – le printemps arabe l’a montré de façon flagrante – et ça, c’est terrifiant pour les pouvoirs en place, quels qu’ils soient :(

          6. le gros problème de Jamendo est qu’il n’y a pas de direction artistique donc (désolé si je suis dur) aucune légitimité.
            Je représente un label, c’est différent.
            Ça m’a toujours angoissé de voir mme Michu reprendre du JM Jarre à l’accordéon et le diffuser via Jamendo, c’est pas bon pour leur image (c’est pas bon pour nos oreilles:-P).
            Diriger un label c’est un métier autre que celui de gérer une plateforme de téléchargement de musique.
            Tu sais je suis à peu près certain que Google Music va faire un flop pour ces raisons.
            On ne s’improvise pas directeur artistique même quand on s’appelle jamendo, google… ça ne dépend pas de l’argent engagé mais de sa culture.
            La boucle est bouclée :-)

          7. Jean Michel Jarre à l’accordéon, effectivement, c’est angoissant :D

            Tout a fait d’accord sur le fait qu’un label et une plateforme de téléchargemetn sont deux choses distinctes, mais pour ce qui est de l’échec prévisible de Google, je n’en suis pas si sûr. iTunes se serait planté si c’était si simple, et leur base Android est conséquente… Bon, d’accord, la plupart des projets de Google se plantent, mais celui là, je suis assez impatient de voir ce que ça va donner, je ne serait pas si pessimiste (Google ne prétend pas être un label ou faire de la direction artistique d’ailleurs, ou j’ai raté un truc ?)

            Au final, c’est clair qu’il nous faut un espace pour discuter de tout cela, Reflets n’est pas approprié, pas de spécialiste à bord, et très focalisé sur des enquêtes plus que sur des articles de reflexion sur le fond comme l’était RWW (exception notable cependant sur les sujets touchant à l’économie), et pour être dans le team, l’époque est on ne peu plus appropriée à cette approche… Peut être a-t-on raté le coche en 2008-2009, tu ne peux pas me reprocher d’avoir essayé, mais il faut reconnaitre que la licence globale a manqué de susciter un vrai débat…

  8. Bon, moi j’ai décroché à la moitié, quand j’ai été rechercher sur Wikipédia ce que c’était qu’une Ontologie.
    (he non, ce n’est pas une variante de la blennorragie, encore que…)

    Enfin, bref, la prochaine fois que tu te passe un intello à la broche, met un warning au début de l’article, pour que les grands guerriers roux avec des tresses y z’aillent voir ailleurs.

    Tiens d’ailleurs je dois avoir un sanglier sur le feu, a plus tard les gars…

    1. Assez d’accord avec toi (Emma Indoril), j’aurais et j’ai d’ailleurs résumé ainsi :
      « C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases. » (ce n’est pas de moi, bien sûr)

      Maintenant je dis juste que nous prenons un vrai mauvais chemin et lorsque les quelques uns, qui tentent de recoller les morceaux du plat que l’on s’évertue à briser, auront baisser les bras et utiliser leur énergie à leur profit exclusif, il n’y aura plus de limites, les bornes seront franchies.
      Si certains s’épanouissent plus dans l’affrontement, je le respecte. Mais à un moment, il faut se demander pour quels buts ?
      Pour certains on le comprends (organiser la rareté à leur profit) mais pour d’autres … je me demande s’ils ne s’épanouissent pas eux aussi à organiser une rareté illusoire de compétence. Le libre accès de tous à tout ne sera jamais et ne serait-ce un moyen alors de conserver un pouvoir entre les « ayants droit », les « boeufs » (ie: nous) et … les « sachants », qui sauront comment tirer les ficelles d’un monde privé de sens et dominé par la technique ?
      Partage ou illusion d’un partage ?

      1. « Maintenant je dis juste que nous prenons un vrai mauvais chemin et lorsque les quelques uns, qui tentent de recoller les morceaux du plat que l’on s’évertue à briser, auront baisser les bras et utiliser leur énergie à leur profit exclusif, il n’y aura plus de limites, les bornes seront franchies. »

        jmp, on vit un monde libre, laissons la morale de coté, on gagnera du temps!

      2. Jean-Michel, tu l’as toi même lu entre les lignes d’un très récent article collectif publié il y a peu ici : les bornes ont été franchies, et pas qu’un peu. Vous avez eu raison de tenter ce que vous avez fait, toi, Soudo et les autres, mais à force de s’imaginer que cela viendrait d’Hadopi, et surtout à force de considérer qu’en face, ils ne comprenaient rien de tout à internet, on s’est tout de même tous royalement plantés tu ne crois pas ?

  9. Bonjour,

    j’ai trouvé le texte intéressant mais difficile à lire. Pourquoi difficile à lire ? Simplement à cause de la grammaire approximative (accord des verbes, des adjectifs et des participes passés, etc., toutes choses que le correcteur orthographique ne détecte pas). Je vous assure que ça ralentit la lecture au point qu’on s’arrête au bout d’un moment. Ce n’est pas une question de longueur de texte.
    En français la grammaire est presque aussi précise que le langage html. Après tout, ils ont à peu près la même fonction : structurer le texte.

    Cela dit, je ne rate aucun de vos articles, qui donnent toujours à réfléchir. :)

    1. Tout compte fait il n’y a que très peu de coquilles dans ce texte, mais comme j’ai l’habitude d’en voir beaucoup (sur d’autres sites), j’ai tendance à ne pas trop faire confiance à l’orthographe pour trouver le sens de la phrase. C’est la vérification automatique qui prend du temps de lecture quand les phrases sont longues.

  10. Je ne me prononcerai pas sur la controverse des arguments des articles, et de la problématique de l’emploi de (des) vocabulaire(s).

    Je me contente de relever le paradoxe, une fois encore, de l’Hadopi :
    1) mettre en oeuvre la SOLUTION
    2) se poser ensuite les questions, et mettre en place des « labs », mot qui me fait un peu rigoler dans ce contexte-là.

    Et que ce soit Vincent Petitet, JM Planche ou tout autres contributeurs, ne change rien au fond du problème. Bien sûr, certains sont plus compétents que d’autres dans le domaine, plus lisibles aussi. Mais cette réflexion a bien besoin, idéalement, de toutes la facettes de notre société civile.
    Aurait eu besoin, en fait.
    Puisque la charrue a été placée avant les boeufs.

    Bravo Fabrice, bravo Reflets.

    1. Et donc, au motif que la charrue a été placée avant les boeufs, on laisse les boeufs à l’étable et on décrète que le champ est un champ de bataille pour les 20 ans qui viennent ?

      Perso, je préfère commencer à ramener les boeufs à proximité pendant que d’autres sont entrain d’enlever la charrue. Certains ramènent les boeufs avec de jolies phrases, d’autres avec des textes accessibles au plus grand nombre.

      Sinon, critiquer un texte chiant à comprendre avec un texte chiant à comprendre, ça vaut 2/20, pas plus.

      #mytwocents

      1. @Spyou

        Le soucis, c’est qu’on s’est tous focalisé sur la charrue et/ou les boeufs, en laissant tranquillement les tracteurs se mettre en place derrière notre dos.

        Sinon, critiquer un texte chiant à comprendre avec un texte chiant à comprendre, ça vaut 2/20, pas plus.

        Effet de style, désolé, c’est chiant a comprendre et c’est voulu ;-)

    2. qu’est ce qui fait que certains soit plus compétents que d’autres ?
      le dilemme est bien là. Certains aimeraient a croire que les valeurs de sélectivité sociale, de mise en avant sociale du monde réel sont les memes ici dans le réseau.
      C’est faux.

      Suis je vraiment le seul a proner une égalité devant cet effort collectif qui nous attend tous ?
      Sinon, laissons les parvenus faire ce qu’ils savent faire, occuper la place.

  11. @ spyou

    Ah ben, justement, je ne t’ai pas cité dans mon post, parce que que tu assez difficile à classer, et que je ne te suis pas dans tes raisonnements. J’ai déjà du mal avec JMP, par ailleurs.

    « Et donc, au motif que la charrue a été placée avant les boeufs, on laisse les boeufs à l’étable et on décrète que le champ est un champ de bataille pour les 20 ans qui viennent ?  »

    Oui, oui, cent fois oui ! !
    La volonté initiale de prendre les gens (les internautes en tout cas) pour des cons, me fait dire que je préfère un bon champ de bataille qu’une mauvaise collaboration (comme Fabrice, le mot est employé volontairement). Je préfère avoir en face de moi un combattant que je vais combattre, plutôt qu’un marionnettiste qui « me tire les ficelles ».

    La question est en fait la suivante : peut-on faire quelque chose de bien, à partir d’une situation tronquée, et d’un édifice monté de travers (Hadopi) ?

    Mon point de vue est que non. Libre à chacun d’en avoir un différent.
    Mais j’ai bien peur que vous perdiez votre temps pour rien, collectivement. Ce qui est d’ailleurs très dommage compte tenu de vos compétences, aux uns et aux autres. Et je suis sincère.

    1. Tu me flattes en ayant du mal à me classer, merci :)

      J’entends l’argument sur le combattant plutôt que le marionnettiste, mais j’estime qu’il y a déjà assez de combats à mener par ailleurs. Et puis, je ne me reconnais pas (plus ?) dans ce combat là.

      Pour ce qui est de faire du bien sur une fondation monté de travers, j’ai la vague impression que tout le monde (moi le premier) le fait à longueur de temps. Je sais, quick & clean c’est mieux, mais en ce bas monde on fait surtout du quick & dirty & clean after : rien n’empêche, pendant qu’on tente de réparer la toiture, que d’autres aillent consolider les fondations. On le fait bien avec les murs de vieilles pierres alors qu’il serait probablement moins coûteux, sur le moment, de les démolir .. Mais le parpaing, ça isole moins que la pierre :)

      Enfin, pour le risque de perdre son temps, il est très bien employé : je fais ce que j’aime : rencontrer des gens pour discuter et échanger nos connaissances / points de vues / etc. Si on n’arrive pas à ce qu’on souhaite, la seule chose qui aura été perdue sera l’argent du contribuable, qui de toute façon est déjà engagé par nos amis politiques. C’est regrettable, mais autant que ça serve maintenant que c’est là.

      Le moment ou je trouverais que je perd mon temps coïncidera probablement avec le moment ou la majorité des gens aura basculé en mode « champ de bataille », ce sera le moment ou il ne sera plus temps de discuter et d’échanger mais juste de s’en foutre plein sur la gueule (et je sais faire aussi, sacré coup de bol)

      1. « Et puis, je ne me reconnais pas (plus ?) dans ce combat là. »

        Hadopi n’est qu’une illustration d’un système qui n’est plus acceptable. Un système qui essaye de ralentir sa perte de pouvoir en agressant la population.
        « Ce combat là » fait partie du même combat contre ce système.

        « Perso, je préfère commencer à ramener les boeufs à proximité pendant que d’autres sont entrain d’enlever la charrue. »
        Pourquoi préférer une action à une autre ? Les deux sont tout à fait possibles.
        Et qui sont ces boeux dont tu parles « à ramener à proximité » ?

        1. Toutes les actions sont possibles, mais MOI, je préfère celle la. Ça n’enlève rien à la qualité des actions de ceux qui préfèrent autre chose.

          Le boeuf est celui du débat, celui qui sait parler calmement sans balancer des insanités et des images d’enfants avec des flingues dans la bouche sur la personne qu’il a en face de lui.

  12. Merci pour cette réponse.
    Deux-trois réflexions qui me traversent l’esprit, et que je ne voulais pas développer plus haut, pour ne pas être trop long :

    Je pense que (même « à l’insu de votre plein gré ») vous servez de caution internetesque au projet Hadopi.

    Que, au sein des labs, il y ait des rencontres entre gens de qualité, et donc des échanges très intéressants, ne fait aucun doute pour moi. Seulement, les labs hadopi ne sont pour moi pas le lieu, à cause du contexte décrit auparavant.

    Un reproche, fait globalement aux participants (ce n’est pas une attaque personnelle envers quiconque) : personne n’est dans un lab pour l’argent. Tout le monde gagne sa vie ailleurs (et tant mieux !).
    Cependant, je n’ai lu nulle part qu’un participant aux labs ferait don de sa rémunération (disons entre 30 et 60% pour tenir compte des impôts, des frais etc) à une association (entre la Quadrature du Net, les restos du coeur, etc… il y a de quoi faire)

    Maintenant, l’avenir.
    Je pars du principe que Sarkozy dégage en 2012 (l’idée contraire me glace d’effroi), et que Hollande, probablement, arrive à la présidence.

    – soit Hadopi est rayée de la carte, remplacée par autre chose, et j’espère qu’une vraie concertation préalable aura lieu. Certains travaux des labs pourront servir de base de réflexion.
    – soit Hadopi est simplement remaniée, et j’espère à ce moment-là que les travaux (ou certains d’entre eux)trouveront leur utilité. Et vous aurez eu raison dans votre approche, et je vous « tirerai mon chapeau ».
    – soit une licence globale est lancée sans aucune réflexion. Dommage, mais vos travaux trouveront une saine reprise (parce que traitant de faits de société importants) dans d’autres structures. Pour ceux qui le souhaitent, en tout cas.

    cdt

    1. tu crois vraiment que retirer purement et simplement Hadopi est possible, dans ce cas le CNM serait aussi retiré… le Conseil National du Numérique également…
      Je crois que l’on s’égare, le fait de ne pas cautionner toute ou une partie de la politique (voire le personnage…) de N. Sarkozy, ne veut pas dire cracher sur toutes les réalisations, les personnalités, les travaux, les recherches de « son » administration, « son » gouvernement.
      Ce que beaucoup reprochent à l’Hadopi est de ne pas prévoir une véritable redistribution du butin de la culture sur Internet mais CE N’EST PAS sa vocation.
      Imaginons une Hadopi avec d’autres sociétés de gestion de droit aux politiques plus éthiques, plus équitables (avec des salaires de dirigeants plus modérés <750000 euros ;-P)le débat ne serait pas le même.
      Quitte à être lourd et me répéter, le problème dans ce cas précis est de trouver des solutions pour les auteurs ET les interprètes pour qu'ils puissent jouir d'une rémunération plus juste.
      Avant de partir sur des considérations techniques, je vous invite d'essayer de comprendre le monde de la production, le mode de vie d'un artiste créateur, le temps (non rémunéré) obligatoire passé à la réflexion, à la construction d'une pensée "originale" (je ne parle pas ici de la logique mercantile de la star du divertissement qui serait plutôt le contraire : la bouse de dernière minute qui de toute façon sera un succès parce qu'il sera acheté dans les médias et enfoncé à coup de marteau dans nos petites têtes).
      Réfléchissons ensemble au fait qu'aujourd'hui l'Hadopi défend des majors, des producteurs qui de facto sont sous contrat avec les artistes forcés de ne recevoir que moins de 10% des royalties.
      Il est là le problème de la création en France, une sclérose due à un système productif trop hiérarchisé qui ne redistribue rien.
      Les querelles sémantiques sur "est-ce que oui ou non le L de HTML veut dire langage", si vous me passer l'expression, on en a rien à foutre !!!
      Un secteur entier est en train de crever, avec aux premières loges des musiciens, des écrivains qui n'ont rien demandé à personne et que l'on ira jamais faire participer à une table ronde sur les enjeux de l'Hadopi sur la création numérique.
      Bien à vous tous

      1. Ça tombe bien j’ai besoin de dons ;-)
        Note que le fait que tu ne lises nulle part que quelqu’un fait don de sa rémunération ne veut pas dire que ce n’est pas fait, note.

        Pour tout système formel S contenant le langage de l’arithmétique, il existe une proposition G indémontrable dans S (sauf si S est contradictoire, auquel cas il démontre n’importe quoi)

  13. Assez d’accord avec Poc et Ravaged.
    J’avais commencé à lire en me disant « oui, oui » et même « amen ! » pour ce passage :
    [quote]Ce travers est cependant une tare qui touche l’ensemble de la classe intellectuelle française (qu’il s’agisse, de façon indifférenciée, de parler de sujets que l’on maitrise ou pas), et Vincent ne fait pas exception. Fort d’un « doctorat en science de l’information et en communication », il accumule des mots qui n’ont que pour unique fonction la mise à distance du lecteur. Un art dans lequel la sociologie Française excelle.[/quote]

    C’est tellement vrai, et pas seulement dans le domaine de la sociologie (cf l’affaire Sokal).
    Et puis après, j’ai lentement décroché car pour être franc, l’article tourne autour du pot, avance, recule, se perd dans ses propres méandres et finalement emprunte les mêmes travers qu’il dénonce. :/

    Par ailleurs, pourquoi reprocher le terme de « langage » pour le html ? Outre le fait que le L du HTML signifie « language » comme l’a souligné Ravaged, je pense que c’est une définition qui lui convient bien, du moins pour le profane.
    A quoi sert un langage ? A penser, à communiquer, à engueuler, à insulter, à ordonner, à exprimer des sentiments, des opinions, à écrire des poésies, des romans, des rapport de stages…
    Le HTML sert à mettre en valeur un mot important, créer des liens cliquables, afficher des images, structurer un texte en paragraphes, titres…
    En un mot, il donne du sens à une suite de caractères.
    Cette définition me paraît assez proche de celle du langage, même s’il est évident que le langage html est plus limité que le langage humain.

    D’accord en revanche pour la distinction langages, algorithmes et protocoles qui n’ont rien à voir.

    1. avance, recule, se perd dans ses propres méandres et finalement emprunte les mêmes travers qu’il dénonce.

      Oui, précisément, c’est l’effet recherché ;-) Exercice de style (raté ? à l’évidence pas tant que ça ;-) )

      [le html] je pense que c’est une définition qui lui convient bien, du moins pour le profane.

      Pour un profane, tout à fait, pour le directeur d’un Labs Hadopi, ça ne vous pose pas un problème ? Le jour où son avis, à force de salades, fera autorité chez les politiques quand il dénoncera le terrorisme d’Anonymous (ou de Telecomix), ça ne vous posera pas un soucis non plus ?

      Le HTML sert à mettre en valeur un mot important, créer des liens cliquables, afficher des images, structurer un texte en paragraphes, titres…

      Je crois que j’ai évoqué cela en parlant de l’époque où « des gens comme moi on tout salopé en l’utilisant pour faire du design ». Vous êtes sûr que cette fonction (qui comme je l’ai dit « s’apparente au language ») n’est pas du ressort des CSS si vous faites proprement votre html ? ;-)

      D’accord en revanche pour la distinction langages, algorithmes et protocoles qui n’ont rien à voir.

      Cool :-)

  14. J’ai toujours du mal à comprendre comment peut-on considérer Hadopi comme une tentative, un essai, une avancé, un lieu de débat. Mouarfff
    Même si on peut toujours rêver que l’intention fusse louable (et déjà faut d’accrocher très fort pour y croire plus de deux ou trois secondes), les moyens ne sont ni plus ni moins qu’une étape de plus pour transformer un réseau mondial libre en un outil despotique de propagande tel que l’ORTF n’en aurait jamais rêvé. Internet existait bien avant que la Culture ne s’en serve comme moyen de diffusion, et parce que la culture s’installe sur ce réseau alors le réseau doit se conformer au mode de règlement de la culture ? Comme si seule la Culture et les ayants droits n’ont d’importance sur ce réseau.
    Parce je suis sur ce réseau bien avant que la culture ne s’en serve comme média, parce je ne consomme aucune culture dans ce média, je devrais accepter que toute mon activité sur ce réseau soit monitorée, que des protocoles complets soient filtrés ou que mon FAI soit aussi là pour me surveiller ? Pourquoi Internet devrait apporter une solution à la Culture, et pourquoi cette sangsue de Culture ne pourrait pas tout simplement s’adapter à l’Internet sans chercher à tuer son principe originel de Neutralité ? Bref, pourquoi ne pas replacer Hadopi dans son triptique législatif de mise en place de surveillance massive d’internet, sans chercher à lui coller une pseudo étiquette moralisatrice du zorro de la Culture

  15. J’aime pas. Du tout.
    Déjà, vous ne parlez pas de la même chose, ça saute aux yeux. Vincent indique dès le début de son article (en citant Lacan) qu’il s’exprime dans un registre philosophique.
    Il se trouve qu’en philo, le « Langage » a une toute autre définition que celle que pourrait nous donner Mme Michu ou Fabrice dans leurs domaines de compétences respectifs. Malheureusement, la philo comporte de nombreux mots ou expressions de ce genre, qui peuvent nous paraître familiers, mais qui ont une signification différente. C’est également vrai pour le « ton ». J’ignore s’il vous est déjà arrivé de lire des textes écrits par des philosophes parlant de psychologie humaine. Quand on n’en a pas l’habitude, faut déjà s’accrocher au niveau du vocabulaire, et même si le texte est rempli de mots familiers, on se rend très vite compte qu’on n’a rien compris. Alors que l’auteur semble exprimer ce qui pour lui est une évidence. D’où le ton qui peut paraître pompeux, mais en fait, non. Dans le même style, quand Bluetouff colle du pastebin dans un billet sans explication, ça me fait le même effet pompeux, mais c’est juste parce que je n’ai pas compris.
    Or, là, je constate que Fabrice n’a pas vraiment compris ce que Vincent voulait dire, et il est resté bloqué sur l’utilisation du mot « Langage » qui pour lui a une autre signification que pour Vincent.
    Bon. Ca arrive.
    MAIS, ça ne justifie EN RIEN le ton de la réponse qui est volontairement « cassante ». D’une part, parce qu’il n’y a rien à « casser », et d’autre part parce que ça ne fait que prouver un peu plus à chaque phrase que Fabrice n’a pas compris le message de Vincent…

    1. Manque de pot, j’ai lu Lacan, j’ai même lu une bonne partie de Deleuze, c’est dire si je suis rôdé à ce genre de texte et que j’ai compris l’articulation du raisonnement de Vincent. Par contre, je fais la distinction entre language et protocole. Aucune idée de l’opinoin de Lacan ou Deleuze là dessus, j’ai peur qu’il soit un peu trop tard pour le leur demander.

      Pour ce qui est des Pastebin de Touff, j’en conviens, ça relève du même hermétisme, à ceci près que je n’ai pas souvenir d’avoir lu un texte de Touff truffé de Pastebin et parlant de psychologie ou de philo, c’est là toute la différence.

  16. « je pense pouvoir m’avancer sans risque et affirmer que sur ce terrain là, j’en ai une plus grosse »

    Tout est dit ! Je ne continu pas la lecture de l’article … Pour le lecteur d’un article , La question n’est pas mesurer une audience, ou une réputation, mais des idées !

    Dommage, le titre avait l’air sympa …
    Pour moi , les hadopi-Labs, et ceux qui y participent, ne disent ou écrivent que des conneries … Déjà , associer son nom et sa réputation à cette loi, ou aller visiter l’Elysée, ou aller à pot de ministres , pour faire avancer sa réputation, même si l’on est opposant, ne sont que « des collabos subventionnées »

    1. Et dit toi également que des gens comme moi qui sont farouchement opposés à cette initiative des Labs, qui ont refusé d’y collaborer, y ont néanmoins des amis (et pas qu’un), qui sont des gens très bien (trois d’entre eux ont d’ailleurs commenté ce billet), et que moi aussi je prends à l’occasion des pots avec des ministres, sans même parler que j’ai aussi fait une visite à l’Elysée. Pour l’instant, s’opposer ne veut pas nécessairement dire cesser tout dialogue, même si on va pas tarder à en arriver là j’en ai peur…

      1. Tu as donc des amis ‘Collabos subventionnées’ :-) . (C’est pas une question d’amitiès, copinage, lobbyismes , ou partage d’aides à l’investissement de société innovantes )

        L’internet, ce n’est que cela , échange d’idée, dialogue, partage . La preuve, on le fait ici. (Pas besoin d’en avoir une + grosse que l’autre , option minitel 2.0 )
        Pas de besoin de ministères, de colloques, de blas-blas pour expliquer les tenants et aboutissants , à ceux qui ne veulent rien comprendre !
        Mais comment on peut encore y être , étant opposant ? Le reste n’est que du bla-bla pour justifier le gaspi de nos impôts avec l’hadopi

        1. Aujourd’hui, la question se pose, en effet, et demain, plus encore, mais à l’époque, l’idée que des opposants tentent de faire changer les choses de l’intérieur n’était pas idiote. Le vrai soucis c’est qu’on est en train de s’aperçevoir que le danger ne vient pas de Hadopi et que la disparition (ou la fusion avec l’arcep ou la cnil) de celle ci ne chagera strictement rien, tout comme la suppression annoncée par la gauche de sa partie repressive (la coupure). Mais bon, il fallait tenter…

          1. « l’idée que des opposants tentent de faire changer les choses de l’intérieur n’était pas idiote »

            Le suppositoire n’est pas assez puissant … un lavement peut-être ? :-)

  17. Seulement 1 an de cours de réseaux au CNAM me suffisent pour dissiper l’écran de fumée déployé par « Vincent », il raconte n’importe quoi sur un sujet qu’il ne maitrise pas.

    Merci de le remettre à sa place.

      1. tssss

        vous êtes tous mauvaises langues, je connais une ministre qui a fait un firewall avec un éditeur de texte. i.e., tout est possible. Suffit d’un peu d’imagination et d’un bagage technique de ouf.

  18. Je dois bien avouer que quand j’ai lu votre billet, j’ai pas pu m’empecher de penser « Encore un qui manie bien sa langue et qui en profite pour cracher son venin dans tous les sens… ».
    Et puis j’ai lu le billet de V Petitet.
    Et puis j’ai relu le votre.
    Et puis j’ai compris…

  19. encore, encore,
    j’ai pas fini mon popcorn.

    ça va mieux ? ça doit profondément vous soulager M’sieu Epelboin. Merci pour ceux qui subissent tous les jours ce type d’individu creux, dont la seule prouesse est de savoir savoir se ménager l’oreille des décideurs (élus, directeurs, patrons …)

    L’image des mains merdeuses du premier commentaire se retourne d’autant plus contre son auteur que, pour finir, celui qui « met les mains dans la merde », c’est le technicien, l’opérateur, le « geek de terrain » comme moi, celui qui à qui l’on demande au final de faire fonctionner le bouzzin inventé et vendu par le chargé de mission, le spécialiste auto-proclamé, le beau-parleur foireux, aux « décideurs » incultes, satisfaits et confis dans leur médiocrité.

    Oui, Vincent Petitet se comporte comme un « collabo »,
    merci de le souligner et de lancer ces contre-feux (de signalisation ?) M’sieu Epelboin

  20. Comme skunked, je suis parti d’ici à lire l’article (en sautant quelques lignes de temps en temps parce que putain, c’est chiant…).
    Puis après j’ai lu 2/3 trucs de V Petitet et ma première réflexion a été : « Non mais faut l’aider, il fait partie d’une secte pour parler comme ça le pauvre homme. »
    Puis en regardant son profil : « Ou alors faut le dénoncer, il la dirige p-t… »

    Plus sérieusement, j’ai bien rigolé. merci

  21. Ah bah je suis embêté ! J’ai posté un commentaire sur l’article de « Vincent » sur mon avis (pas très positif hein c’est un peu rapide et le grand écart) de sa référence au terme lacanien de « parlêtre » face à l’internaute.
    Pour une fois que j’allais posté utile sans troller et mettre ma casquette de psy… IMO, il a surfé sur la vague (mode?) lacanienne + celle de l’école de la cause freudienne….

    Pas fun….

    1. Bon, ca commence à me les couper en julienne, deuxième commentaire qui passe à la trappe sur son article, mais là je pense par la pointe d’attaque que j’ai glissé en plus. Je pensais (naïvement) à une référence un peu rapide, je pensais (naïvement) avoir un début de discussion intéressante (c’est sympa de débattre entre lecteurs de Lacan), là je pense réellement à une pirouette hautainement intellectuelle flagrante.

  22. Well… j’arrive un peu après la bataille. J’ai tout lu, j’ai pas tout compris mais ça m’a rappelé qu’il faudra qu’un jour (pas trop tard) je m’intéresse vraiment à cette histoire de TCP/IP.
    J’ai tout lu parce que j’aime les plumes qui mordent : ça me tient éveillé jusqu’au bout des longs textes. Qu’un cuistre soit démasqué est toujours plaisant.
    À propos de la polémique autour du HTML, langage ou pas ? ayant bricolé des petits peu à base de balises, le HTML ne m’a jamais paru un langage. Peut-être un truc qui permet le langage, un genre de règles de syntaxe qui permettent qu’une parole soit émise et compréhensible, la dite parole étant le site lui-même et le TCP la voix ? Cette analogie est-elle foireuse ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *