Fonctionnaires : le pari risqué de Marine Le Pen

Si les sondages -avec les risques évidents de se tromper- la donnent présente au second tour de la présidentielle, rien ne dit que Marine Le Pen sera présidente de la république au sortir du second. Son attaque contre les « fonctionnaires » lors de son meeting le 26 février est donc à double tranchant.

Marine Le Pen  a indiqué : « Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs d’Etat pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d’Etat, de se garder de participer à de telles dérives, a-t-elle déclaré. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’Etat que nous voulons sera patriote. »

Plus précisément, Marine Le Pen a fait du Fillon (et son coup d’Etat institutionnel) à sa manière en s’en prenant à la Justice : « L’Etat de droit est le contraire du gouvernement des juges (…) La justice est une autorité, pas un pouvoir. Les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l’inventer, pas pour contrecarrer la volonté du peuple, pas pour se substituer au législateur »

On imagine aisément que, si elle était élue, Marine Le Pen appliquerait sans sourciller ses menaces. Les juges et autres policiers qui enquêtent sur les affaires du FN et de sa figure de proue.

Mais ne craint-elle pas de « payer » au prix fort ses déclarations si elle n’était pas élue ? Dans ce cas de figure, elle ne pourrait ni faire payer aux juges et policiers le fait qu’ils aient fait leur travail, ni profiter de l’immunité présidentielle.  Son pari est risqué. Parce que l’on comprendrait aisément que des « fonctionnaires » accusés et menacés de manière aussi outrancière et déplacée mettent un point d’honneur à faire leur travail avec la plus grande application dès que l’hystérie de la campagne présidentielle sera passée.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

10 thoughts on “Fonctionnaires : le pari risqué de Marine Le Pen”

  1. Tant d’espoir c’est beau.
    Mais si la « drauche » conserve le pouvoir, elle conservera aussi son joujou, le FN. (pas que tous les fonctionnaires soient aux ordres du pouvoir mais pas loin…)
    On les malmène nos jouets, on les triture mais on s’arrange toujours pour qu’ils fonctionnent.

  2. Le souci est que pour la majorité de ceux qui n’appartiennent pas à « une minorité visible » (je hais cette novlangue de M…), il y aurait peu de différences entre un président FN, « Republicain » (ce devrait être illégal de s’accaparer ce terme en tant que faction politique)ou « en marche » (je ne pense pas que d’autres alternatives occurrent pour cette échéance électorale): on continuerait une libéralisation à marche forcée avec concentration du capital dans une oligarchie héréditaire de plus en plus concentrée et installée. (-CF. Einstein « a propos du capitalisme »)

    C’est assez terrifiant, je me rappelle que mes profs d’histoire me disaient qu’il fallait avoir vécu le contexte pour comprendre les montées des nationalismes dans l’Europe de l’entre-deux guerre…là je comprends complètement comment ça marche…ça marche quand république et démocratie ne veulent plus rien dire en les faits (c’est ce qui justifiait un front républicain contre le FN…avant), quand faute d’espoir on choisit la haine et l’égoïsme.

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