Engagez-vous, ou la énième rupture

Abu-ghraib-leashQue faire contre le terrorisme ? De grandes déclarations creuses ? Continuer de foncer dans le mur en klaxonnant ? Décidément, l’exécutif n’en est pas à une erreur près. Mais ce qui est le plus troublant, c’est cette propension à jeter de l’huile sur le feu. Alimenter la haine qui monte. Bien entendu, ceux qui ont allumé le feu sont à chercher du côté de Daech. Nul ne le contestera. Mais tout de même… Sans vouloir expliquer, ce qui serait sans doute aux yeux de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve un indice de radicalisation de notre part, il n’est pas inutile de faire quelques petits retours en arrière.

Remontons en 2001.

Les attentats de septembre marquent le premier virage des Etats-Unis. Une lente descente aux enfers hors de la voie de la Démocratie. Une marche forcée vers un Etat policier ayant désormais quelques attributs d’une dictature.

Les attentats de septembre 2001 marquent un virage qui permet aux Etats-Unis de déclarer une guerre « préventive ». Ce qui ne s’était pas vu depuis la deuxième guerre mondiale quand Adolphe Hitler avait popularisé ce concept. L’idée, c’est plus ou moins « je t’attaque parce que si je ne le fais pas, tu risques de m’attaquer dans un avenir plus ou moins proche ». On comprend aisément que cette doctrine peut amener des situations avec lesquelles on peut être plus ou moins d’accord selon le côté duquel on se place. Des gentils occidentaux qui attaquent un méchant dictateur fou, on comprend et on est presque prêt à excuser. Mais dès lors, comment refuser ce droit à un dictateur fou qui attaque son voisin. Ou même à un gouvernement démocratique qui « prend ses précautions » à coup de guerre préventive ? Au hasard, l’Inde qui attaquerait le Pakistan, la Chine qui attaquerait l’Inde, la Turquie qui attaquerait la Grèce ?

Vous commencez à comprendre que l’idée d’une guerre « préventive » est particulièrement dangereuse pour la stabilité internationale entre des peuples trop idiots pour comprendre que nous sommes tous coincés sur une toute petite planète qui ne devrait pas connaître de frontières.

On vous passe le fait que nous aurions encore plus de mal à faire comprendre à des extra-terrestres qu’il est idiot de raser la moitié de notre planète pour se prémunir d’une attaque putative de notre part.

Légalisons la torture parce que…

Et comme les Etats-Unis étaient légitimement en colère contre les terroristes qui avaient provoqué quelques milliers de morts sur leur territoire, le gouvernement de George Bush s’en est donné à coeur joie.

Après la guerre préventive qui a contribué à déstabiliser tous les équilibres internationaux, il a décidé de légaliser la torture. Mais pas seulement, il fallait aussi pouvoir enlever n’importe qui n’importe où dans le monde pour pouvoir le jeter au fond d’une prison fantôme, sans aucune existence officielle, afin de pouvoir torturer ou le faire disparaître tranquillement.

Puis est venu le temps des drones tueurs. Simple, efficace, ce concept permet de bombarder des cibles très éloignées avec pas mal de précision, sans risquer de vies humaines… Américaines.

C’est une activité que l’on peut raffiner. Par exemple, tuer un leader d’un groupe terroriste. Puis bombarder le village lors de son enterrement. Comme il est certain que ses copains sont présents pour sa mise en terre, on multiplie les cibles à éliminer. Bien sûr, il y a des dégâts collatéraux. Les villageois. Ou les familles. Mais qu’importe pourvu que le but soit atteint ?

Surveillons tout le monde

La Stasi l’avait démontré (ou pas), la surveillance de l’ensemble de la population permet d’éviter la rébellion en favorisant l’auto-censure. Les Etats-Unis ont donc mis en place un système de surveillance des populations au delà de ce qui pouvait être imaginé. Les révélations d’Edward Snowden le démontrent.

Comme pour la glissade vers un Etat Policier s’affranchissant de toutes les règles (torture, enlèvements, incarcérations indéfinies hors de tout cadre légal, etc.) la population dans sa très grande majorité s’est tue. Elle a laissé faire. On nous surveille ? On n’a rien à cacher. On torture en mon nom ? Mais ce sont des terroristes et ça ne nous arrivera pas à nous, qui n’avons rien à nous reprocher…

A chaque action une réaction

Comme chacun sait, les actions impliquent des réactions. Pour le gouvernement américain, comme pour les gouvernements occidentaux qui ont appuyé ces mutations (la torture, les enlèvements, les vols fantômes de la CIA, les bombardements aveugles, on en passe), ces actions ne devaient aboutir qu’à l’éradication des terroristes. Oui, mais non. La preuve…

D’une part, le terrorisme est une arme qui a toujours été employée et le sera toujours. D’autre part, en tuant des terroristes et leurs proches, on crée des terroristes qui ne l’étaient pas auparavant. Action, réaction. Pas celle attendue, mais celle qui arrive.

Et la France dans tout ça ?

La France a emboîté le pas des Etats-Unis. Bien entendu, on ne torture pas officiellement comme outre-Atlantique. On n’emprisonne pas dans un camp de concentration comme à Guantanamo. Mais on part bombarder les terroristes là où ils sont. Quitte à faire quelques dommages collatéraux. Quitte à prêter le flanc à la propagande terroriste et contribuer à désigner le pays comme une cible prioritaire.

On surveille chaque jour un peu plus la population. On rogne les libertés individuelles sans état d’âme parce que bon, il faut ce qu’il faut pour lutter contre le terrorisme, n’est-ce pas ? Attention si vous répondez que cela vous choque, vous risquez fort d’être accusé de soutien au terrorisme.

Quel bilan peut-on tirer de tout ce qui a été fait par les gouvernements successifs, y compris celui de François Fillon sous la présidence Sarkozy (avec la destruction de la Libye) ?

Il est assez simple et inquiétant. Le plus troublant est que le gouvernement actuel ne l’entrevoit même pas. C’est à se demander si nos dirigeants sont de mauvaise foi ou simplement incompétents.

La présidentielle arrive à grands pas.

Et voici le contexte :

  • Une crise économique et financière sans précédent
  • Une montée de la haine inter-communautaire
  • Une montée de la haine et de l’individualisme
  • Un désaveu des élites en place
  • Un sentiment généralisé de « touts pareils » vis-à-vis les politiques
  • Un désintérêt vis-à-vis de la politique
  • Une abstention massive en perspective
  • Une montée des extrêmes (surtout à droite)
  • Des groupuscules d’extrême-droite qui voient le grand soir arriver
  • Les sympathisants d’extrême-droite ne s’abstiennent pas, généralement lors d’une élection

C’est dans ce contexte hautement explosif que le gouvernement actuel incite la population à rejoindre la réserve opérationnelle. Une décision qui ne dépare pas de celles qu’avait prises George Bush en son temps. Lui, allait chercher les jeunes sur les parkings des centres commerciaux pour les envoyer en Irak ou en Afghanistan. Que fait le gouvernement français en lançant cet appel ? Il exacerbe les sentiments nationalistes, jette de l’huile sur le feu du racisme le plus pervers désormais assumé sans complexes et prépare des confrontations entre tranches de la population.

Diviser pour mieux régner ? A quel coût ? Faudra-t-il cinq ans de Marine Le Pen pour que la population retrouve un peu de bon sens ? La situation est désespérante. Presque autant que les dirigeants politiques. C’est dire…

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

31 thoughts on “Engagez-vous, ou la énième rupture”

  1. le pays est juste mûr pour un coup d’etat, et une grosse récuperation façon Erdogan.

    C’est le scénario le plus probable pour 2017 : MLP élue et coup d’état pour « rétablir la démocratie »

    Vals doit en rêver tous les jours …

    1. Hollande avait exactement le même discours avant d’être élu…

      Je ne suis pas d’accord avec l’article sur le point « négatif » du « tous pareils » envers les politiciens : quand on est politicien, on a du pouvoir, de l’influence, sur les personnes qui ont moins de pouvoir, qui sont en dessous de nous dans la hiérarchie sociale, il est alors *normal* de subir des pressions très fortes de la part des personnes à une position sociale égale ou supérieure à la sienne, ce qui va naturellement finir par « corrompre » (volontairement ou non, consciemment ou non, d’un point de vue matérialiste ça ne change rien) et faire agir la personne dans ces intérêts (là encore même possiblement sans le savoir/vouloir et en étant persuadé d’agir pour le bien de la majorité en-dessous).

      On a *déjà éprouvé* qu’un politicien en apparence « prometteur » peut changer de discours très rapidement en arrivant au pouvoir d’une des grandes puissances militaires et économiques mondiales.

      Proposer d’autres « politiciens » style Méluche ne va qu’augmenter la désillusion et droitiser l’État (qu’il soit contrôlé par le PS/prochainement-« démocrates », l’UMP/LR, ou le FN) et le forcer à adopter des stratégies d’extrême droite comme l’Allemagne/France/Italie/Espagne/URSS/Chine fasciste, c’est-à-dire répondre à la désillusion en nos monarchies électives pseudo-démocratique par la propagande et l’(auto-)censure.

      Le problème le plus criant me semble bien davantage le « désintérêt vis-à-vis de la politique », simplement dû à la combinaison du « tous-pareil » à mon sens légitime, et du nacif martelage permanent (repris par cet article) que le seul moyen de faire de la politique, c’est de façon monarchique et électorale, quand des moyens plus horizontaux et décentralisés existent : bénévolat (pas humanitaire mais politique ou associatif), réseaux de solidarité, mutualisation, éducation populaire, militantisme classique, syndicalisme, manifestations, grève, occupations, squats, cryptographie, internet P2P/décentralisé, logiciel libre, communs…

      Simple exemple : quelque chose que tout politicien sérieux (mis-à-part au NPA, mais on pourra prétendre qu’ils y sont moins sérieux, ou plutôt qu’ils ont pas assez de pouvoir pour s’en donner l’image, comme les autres) a échoué jusque là à faire, c’est une autocritique pertinente de la République française (toutes versions confondues), de l’universalisme bourgeois et de l’idéalisme/essentialisme ambiant. Jamais on en trouve pour essayer de nuancer des propos avec des explications matérialistes et parcimonieuses (i.e. avec le rasoir d’Okham). Jamais on en voit pour critiquer qu’une France « une et indivisible » sera nécessairement nationaliste, impérialiste et raciste, qu’il faudrait lutter contre les oppressions/hiérarchies, plutôt que de lutter contre les « discriminations », ce qui éclipse grande partie des oppressions ordinaires et informelles (sexisme, lgbti-phobie…), que le respect de la propriété privée (par opposition à la possession personnelle) crée des classes, des oppressions, une hiérarchie… Que de parler de droits tue les discours parlant de liberté.

      On se retrouvera une fois de plus avec un·e président·e raciste, xénophobe, capitaliste, validiste/capacitiste/psychophobe : même Mélanchon, bloqué dans son anti-étatunianisme primaire, avec quelques relents de germanophobie, quand tout ce chaos mondial est autant dû à la France qu’aux US, au RU et à l’Allemagne… encore que quand on regarde la Françafrique, les stratégies militaires et politiques françaises, les racines de l’idéologie raciste (Arthur de Gobineau, Drumont, le décret de Crémieux…)… la France a l’air au moins *un tout petit peu* plus responsable que les autres (genre l’Allemagne et les USA).

  2. Légalisons la torture parce que… les fascistes le font aussi et qu’il faut bien lutter contre eux.
    Surveillons tout le monde parce que sinon des groupuscules d’extreme droite pourront exister et qu’il importe de lutter contre.

  3. Juste une reflexion sur l’etat d’urgence.

    Je pense que cet Etat d’urgence fait un peu buzzer la gauche, parce que ca peut etre utilisé pour museler politiquement les gens (interdiction de réunion/manifestation).
    Si l’on rajoute à ça une politique un peu trop libérale par rapport au standard socialiste qu’est censé représenter le PS, dans ce contexte cet Etat d’urgence ne fait en fait que rajouter au chaos du pays.

    Par rapport aux terroristes, je pense que Hollande cherche autant à stabiliser le pays (eviter que son gouvernement tombe, par exemple parce que taxé d’incompetence) qu’a faire de la politique politicienne (manoeuvre pour éviter d’avoir l’air trop incapable face à une droite qui deviendrait plus crédible pour des raisons qui reste à définir mais qui peuvent être purement demagogiques).

    Dans ce contexte, l’Etat d’urgence m’apparait comme la suite logique d’une course à l’echalotte qui à comme cause le mythe qu’on pourrait empêcher totalement le terrorisme.
    On voit ce que cet Etat d’urgence empeche…

    Pour dire mon opinion de façon rapide, le niveau de controle qui serait necessaire pour empecher ce terrorisme serait tel qu’on vivrait l’enfer sur terre. On serait scruté en permanence, on ne ferait plus rien, on perdrait une energie considerable à tout verifier. C’est selon moi impossible de lutter de façon absolue contre le terrorisme…
    Le probleme, c’est que c’est conceptuellement tentant et que des démagogues disent que c’est possible à des gens choqués. Or, comme hollande ne veut pas couler son parti, il lui faut les contrer.

    C’est selon moi le systeme électoral qui mène à ça ou plus precisement, cette tendance de faire ce qu’il faut pour gagner ou garder le pouvoir.
    Nos politiques qui veulent lutter contre les tribuns, se mettent donc à faire comme eux, au moins en parti, pour soit disant les contrer.
    Nos libertés sont sacrifiées sur l’hotel de leur démagogie, avec comme prétexte, le terrorisme.
    C’est embetant, surtout de la part d’un mec comme Hollande qui prétend faire de la politiques sans arrière pensée, avec comme seul but l’interet du pays… Hollande adopte, en fait, juste un style de comportement.

  4. Autant j apprecie les articles techniques de l auteur, autant j ai plus de mal avec les articles politiques.
    1) Pourquoi parler de guerre preventive et relier ca a Adolf (= le mal absolu) ? Israël a aussi mene une guerre preventive bien apres (1967) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Six_Jours). De plus Bush n a pas vraiment justifie l attaque contre l irak ou l afghanistant comme une guerre preventive mais au contraire comme une reponse a l attauqe sur le sol US (vrai pour l afghanistan ou les talibans ont couvert Ben Laden, faux pour Saddam qui n avait rien a voir avec ca)
    2) Autant l auteur a raison sur le fait que la surveillance generalisee ne resoud rien (le parallèle avec la Stasi est d ailleurs parlant: la RDA s est effondree malgre le fait que la stasi surveillait tout le monde et que chaque citoyen pouvait se demander si son conjoint ne l espionnait pas pour la Satsi (c est d ailleurs arrivé)), mais pourquoi deriver sur la reserve operationnelle ?
    C est probablement qu une gesticulation de Hollande histoire de dire qu il fait quelque chose (comme le fait de faire patrouiller des militaires dans les rues). De la com, totalement inefficace comme l idee d une reserve cotoyenne pour aller dans les ecoles qui avait ete emise apres les attentats de CHarlie Hebdo (l administration de l education nationale s est chargee d etouffer l idee)
    3) l epouvantail de l extreme droite. Vu la trahison des engagements de campagnes de Hollande (la loi travail en etant le couronnement), les resultats economiques piteux (et pourtant on a un prix du petrole au plancher depuis 1 an), le contexte securitaire (quasi tous les auteurs d attentats sont issus de l immigration magrébine) je trouve qu au contraire c est plutot calme. Il n y a pas eut d actes de vengeances/represailles et meme si le FN fera un bon score aux elections il n aura pas le pouvoir. Il sera en gros dans la position du PCF jusqu aux annees 70: 20-30 % des voix mais a part une fonction de tribune, rien

    Evidement, apres l inevitable echec de Juppe (notre prochain president) ca va se degrader et si le systeme est incapable de se regenerer et qu on continue a appliquer les solution des annees 70 aux problemes du XXI sciecle ca risque de tanguer assez fort

    1. Heu, j’avoue que c’est relou de toujours diaboliser les nazis comme le mal absolu, surtout quand on le fait sans analyse et critique politique voire connaissance de ce qu’était le national-socialisme, parce que ça empêche de nuancer et bloque la pensée (point godwin, argument ad hitlerum, etc.).

      Mais cette tendance à diaboliser Israël pour les comparer aux nazis (alors que genre ya pas de rapport entre les deux, sauf propagande idéologique raciste), à chaque fois que qqun parle des nazis, de ce qu’ils ont pu faire ou inventer (rappelons que dans l’article on cite les nazis car ils ont *popularisé* cette idée, Israël n’a ni popularisé, ni inventé ça, mais a juste suivi comme les États-Unis et la France, dont il tient d’ailleurs une partie de ses ressources) est un poil antisémite quand même. Parce que c’est malheureusement très répandu comme habitude, et le seul raisonnement que je vois expliquer ça c’est « encore les nazis ? mais les Juifs aussi sont méchants » (ce qui est parfaitement antisémite, la judéité étant un peuple racisé, soit une communauté de situation, quand les nazis sont un groupement politique, soit une communauté d’idée), parce qu’à part un tel raisonnement, ya pas de lien entre la judéité et Israël, vu que la plupart des Juives et Juifs sont aux États-Unis, en France et ailleurs dans le monde, et qu’Israël par exemple n’accepte pas tou·te·s les Juives et Juifs (les noir·e·s par exemple) ou nationalise des non-Juives/ifs pour gonfler son corps national (des premières nations, ou des très vaguement apparentées ne s’identifiant pas comme Juives, etc.).

    2. @cdg :
      L’argument pour la guerre d’Irak était (faux) « ils ont des armes de destructions massives », si ça ne ressemble pas à de la guerre préventive qu’est-ce donc?

      @galex :
      Sauf erreur de ma part cdg ne parle pas de juifs mais d’Israël, donc en tant qu’état!

  5. Bonjour, il est ennuyeux de lire vos commentaires biaisés sur notre site. Pour ne pas dire mensongers. À quoi servent-donc vos longues critiques mettant en cause la fiabilité des contenus d’articles, quand c’est vous qui refaites l’histoire ? Vous remettez en cause l’utilisation du terme de guerre préventive alors que c’est la première fois qu’une administration gouvernementale l’utilise pour justifier une intervention militaire. Une guerre illégale, basée sur des mensonges, qui a causé la mort de centaines de milliers de civils et générée… l’Etat islamique.

    « Cette guerre est à ce jour l’unique mise en œuvre du concept de guerre préventive développé par l’administration Bush pour parer à la menace des armes de destruction massive dont cette dernière affirmait à tort détenir la preuve dans un rapport présenté au conseil de sécurité de l’ONU le 12 septembre 2002[8]. »

    Civils :
    733 158 à 1 446 063 morts
    (selon une étude scientifique de l’institut britannique ORB publiée le 28 janvier 2008)

    426 369 à 793 663 morts
    (selon une étude de la revue scientifique britannique The Lancet, publiée le 11 octobre 2006)

    500 000 morts[1]
    (de 2003 à 2011, selon une étude publiée en 2013 de la revue scientifique américaine PLOS Medicine)

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Irak

    1. je suppose que c est a moi que s adresse ce commentaire. Je vois pas ou est le biais. Vous fournissez vous meme un lien sur la guerre d irak qui a un lien sur la guerre preventive:
      Et vous lisez dans « https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guerre_pr%C3%A9ventive »

      L’exemple le plus célèbre de guerre préventive est la guerre du Pacifique, qui a commencé par l’attaque de Pearl Harbor par l’empire japonais[6]. Beaucoup au Japon et aux États-Unis pensaient la guerre inévitable, l’embargo américain sur le pétrole affaiblissant rapidement les capacités militaires japonaises et conduisant les dirigeants japonais à croire qu’il valait mieux mener la guerre le plus rapidement possible[6].
      Guerre des Six Jours, considérée comme une guerre préventive par l’État israélien, et une guerre d’agression par les Etats arabes.
      La guerre d’Irak a été qualifiée de guerre préemptive par l’administration de George W. Bush mais a été critiquée comme une guerre préventive ou d’agression notamment par Noam Chomsky[7].

      Autrement dit, rien sur Hitler contrairement a ca qu ecrit l article mais par contre une reference aux japonais et aux israliens comme predecesseurs. C est vrai que ca moins d impact d associer nos dirigeants a Moshe Dayan qu a Adolf.

      Sinon vous pouvez penser que Bush est le pere de l EI et les USA le mal absolu mais vous devez quand meme admettre que l islamisme existait avant lui (les talibans en afghanistan ou le GIA en algerie). Et il est fort probable que l islamisme existerait aussi si l irak etait toujours sous la coupe de Saddam Hussein. ET si on se restreint a la France, on a eut droit a du terrorisme moyen oriental (rue des rosier) puis islamique (khaled kelkal) avant que G W Bush ne soit president.
      Autrement dit, l invasion de l irak n a pas arrangé les choses mais les causes ne sont pas la et nous aurions des attentats meme si Saddam Hussein ou Kadafi seraient toujours au pouvoir.
      D ailleurs l auteur du dernier attentat est originaire de Tunisie. Ben Ali a ete renversé sans que le grand satan (les USA) y soit pour grand chose. Ni meme la France (notre ministre de l interieur de l epoque (alliot Marie) avait meme propose le savoir faire francais pour mater les rebelles ;-( ).

      1. Rue des rosiers c’était le fatah qui visait un restaurant tenu par un juif… Khaled Kelkal était né en algérie, fils d’un père ouvrier immigré comme on savait bien aller en chercher en algérie quand on en avait besoin après leur avoir défoncé la gueule car ils réclamaient simplement leur droit légitime à l’indépendance…
        Tout ça pour dire : même si comme d’habitude le terrorisme vise des innocents et qu’il ne saurait être justifiable il n’est pas difficile de voir qu’il prend sa source dans les injustices et les violences passées (ou présentes) dans les deux cas cités cela se nomme le retour de bâton de la colonisation.

        1. « le retour de bâton de la colonisation » vu qu on a ete colonise par les romains, on devrait donc pour se venger tuer des italiens ?
          On pourrait aussi se venger des suedois (invasion vikings), des mongols (gehgis khan), des allemands (les francs et plus recement l occupation d une partie de la france entre 14-18 puis 40-45)
          De leur cote la plupart des pays d europe pourraient se venger de l occupation et des pillages de Napoleon en executant des francais …

          Qu il y ait eut des abus dans la colonisation c est certain, mais il faut quand meme a un moment arreter de se flageller et de tout excuser a cause de ca ! Surtout quand les gens etaient meme pas ne a l epoque et qu on oublie les cotes positifs (ben si il y en a. par ex l algerie a recupere un secteur petrolier et une agriculture prospere en 62)

          PS:
          1) en quoi mitrailler des gens dans un restaurant tenus par des juifs en france est un acte legitime pour un palestinien ? c est de l antisemitisme pur et dur (pour info tous les juifs ne sont pas sionistes, c est a dire supporter d israel)
          2) Evidement c est encore de notre faute d apres vous si Merah est devenu un terroriste islamiste. Et c est evidement nous qui sommes allez chercher son pere (1966) puis sa mere (1981) en algerie. Ils ne sont surement pas venus car les conditions de vie etaient meilleure en France qu en Algerie… Que certains aient voulu importer de la main d oeuvre pas chere est une evidence, mais les gens en questions etaient bien d accord pour venir, on les a pas embarque de force ! et si la pluaprt sont reste en France, c est pas pour rien !

        2. Abu Nidal, pas le Fatah…
          Même si l’organisation d’Abu Nidal a pris le nom de Fatah-Conseil Révolutionnaire, elle n’a rien à voir avec le Fatah (dont ils ont il me semble assassiné des membres).

    1. Pas faux, mais du coup je me demande, est-ce qu’on a un mot qui désigne ceux qui ont les stratégies et idées communes à Al Qaïda et Daesh ?

      Parce que jusqu’à maintenant j’ai jamais entendu que des mots salement connotés ou problématiques : outre le « Arabe/Musulman » raciste classique, le « islamiste » présent partout, « terroriste » (confusionniste), « barbares » (étymologie xénophobe)… est-ce que « salafiste » ou « taqfiri » va bien ou là encore ya un problème ? :/

      1. au delà des « mots » utilisés et qui ont un sens, il y a surtout la description d’une réalité fortement plus complexe que les quelques résumés creux qui sont faits ici ou là de la situation en Syrie et en Irak. Je publie sous peu un article pour remettre cette réalité en lien avec ce qu’il se passe en ce moment tant en France que là-bas. Les islamistes sont des gens qui veulent intégrer la religion musulmane dans le « corpus politique ». Erdogan est un islamiste. Ennahda est un parti islamiste. Les frères musulmans sont des islamistes. L’EI est une émanation du wahhabisme saoudien, donc un salafisme basé sur le djihadisme. L’EI est une révolution, comme le chercheur du CNRS Scott Atran l’analyse dans son dernier essai éponyme. Parlons de djiahdistes, de salafistes djihadistes. L’EI est avant tout une reconquète politique, militaire et religieuse basée sur les enseignements de la secte wahaabite créée au XIXème siècle. L’islamisme n’est pas ça. Du tout. Qu’on adhère ou non avec leurs volonté et leur projet.

  6. « Bien entendu, ceux qui ont allumé le feu sont à chercher du côté de Daech. Nul ne le contestera. »

    Moi si. Globalement que je sache, l’impérialisme et les situations politiques et économiques qui ont conduit par exemple à Al Qaïda existaient avant Daesh, et elles sont essentiellement dû à l’impérialisme des pays du Nord qui cherchent à accumuler du pétrole avant qu’yen ai plus parce que toute leur économie se base dessus. Les frontières existaient avant (avec l’invention des États-Nation en Europe), le fascisme aussi (encore grâce à l’Europe), le capitalisme et le néocolonialisme aussi (Françafrique, ingérences étatsuniennes)…

    Après je ne dis pas que la réaction de Daesh ou d’Al-Qaïda soit légitime. Il me semble plausible que les personnes qui dirigent/ont du pouvoir dans ces structures ne sont pas en réaction de « légitime défense » (ou peut-être le croient-elle pour les plus convaincues… après tout des dirigeant convaincus qu’ils font le bien de leurs sujets en les commandant sont souvent plus efficaces dans leur autoritarisme…), mais en quête de pouvoir et d’un accroissement de leur pouvoir sur des zones géopolitiquement importante pour l’humanité (le Sahara, le Moyen-Orient, etc.).

    Mais au final je pense qu’il ne faut pas faire l’inverse non plus et légitimer le pouvoir français comme si c’était « pas lui qui a commencé », de base, comme partout, ce sont les puissants cherchant à accroître leur pouvoir qui ont commencé, et il me semble qu’il y en a plus et depuis plus longtemps du coté français, et si je me trompe, c’est parce que de toute façon en temps qu’habitant de la France c’est plus utile pour moi d’avoir une critique de la France que d’endroits où je suis pas, ou de structure que je ne côtoie pas directement :)

        1. Merveilleux ! Vous allez donc pouvoir éclairer ma lanterne, pas sur la construction grammaticale des phrases qui semble correcte, mais sur où il veut en venir, et vous aussi par la même occasion.

  7. https://www.youtube.com/watch?v=qxsQ7jJJcEA

    Tout est dit. Le problème est beaucoup plus profond qu’on ne le laisse entendre , ce n’est pas qu’un problème géopolitique récent.

    Tout est cassé depuis le début de l’histoire : les religions , les
    hommes politiques , l’éducation , le peuple , l’argent…

    Quel est le dénominateur commun ? L’Homme. C’est la nature humaine qui est défectueuse.

    Le monde que nous avons aujourd’hui est ce que l’humain peut faire de mieux.

    Donc essayons de nous en réjouir (aussi dur que cela peut être) et de préserver ce semblant de civilisation que nous avons réussi à construire au fil du temps.

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