Djihad en France : et si c’était une islamisation de la révolte radicale ?

Alain Bertho : « Les valeurs de la République sont aussi des promesses non tenues«  L’interview d’Alain Bertho, anthropologue (spécialisé dans les soulèvements populaires, les émeutes — en lien avec la mondialisation des échanges) publiée sur
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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d’autres médias. Ni « désengagé » ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

12 thoughts on “Djihad en France : et si c’était une islamisation de la révolte radicale ?”

  1. Quand le seul modèle suivi dans nos sociétés est celui de la dépendance aux grosses industries, de l’autorité en place, de l’évasion constante de la réalité par le divertissement, je pense qu’il n’est pas possible de se révolter radicalement contre le système en place. Dénoncer les stratégies géopolitiques des puissants ou travailler à son compte sont des débuts d’autonomisation, mais ça ne fait pas tout.

    Quand un-e « terroriste » commet des actions intolérables, que ce soit au nom d’une organisation transnationale comme Daesh ou par vengeance personnelle comme à Saint-Quentin-Fallavier, je suis triste et déçu que ce-tte jeune paumé-e n’ait pas repris de l’espoir à vouloir changer la société dans lequel il-elle a grandi, à son échelle. Plutôt que de libérer cette rage sociale dévastatrice de façon incontrôlée, simplement pour être soulagé-e de croire avoir fait quelque chose et avoir redonné un sens à sa vie, j’aurais tellement aimé l’idée qu’il-elle ait construit quelque chose de ses mains, de façon autonome et alternative sans atteindre que quelconque autorité ne lui ait donné son approbation.
    Plutôt que de rester braqué-e-s sur Daesh, nous devrions rencontrer plus souvent les habitant-e-s des ZAD et des petites communautés rurales autogérées, qui par la communication souhaitent abolir les dominations et rapports de force, par le travail souhaitent abolir le salariat et l’aliénation de l’emploi et par la pratique et l’échange local-régional souhaitent exploiter au maximum des ressources auto-produites et de bout en bout, déconstruire le capitalisme. Pour des individu-e-s plus sain-e-s, responsables, autonomes et heureux-ses.

    « Hashtags »: #Propaganda #L’An01 #LaBelleVerte #VolemRienFoutreAlPais #NeVivonsPlusCommeDesEsclaves #PartonsVoyagerEtRencontrerAuLieuDeSurfer

      1. Selon moi, c’est la prise de conscience et le travail constant sur soi qui permettent de les anéantir. Par exemple, militer pour l’égalité des droits pour tous tout en continuant à dominer les femmes n’a aucun sens. Si assez de personnes changent leurs mécanismes internes de domination, alors pour moi le premier pas sera fait.

  2. Cet interview beaucoup plus consensuel que l’auteur ne le pense, soulève des aspects évidents qui, il me semble, sont en fait assez clairement décrits par beaucoup de médias depuis janvier.

    Cependant comme souvent l’article occulte malheureusement le fond. Les attentats sont bien et bien une revendication politique, mais la contestation au capitalisme prend de nombreuses formes, qui dépendent avant tout d’un idéal de société alternatif. Les revendications des djihadistes ne sont pas des revendications de liberté ou d’égalité mais au contraire des demandes de moins de liberté, d’égalité et de plus de domination sociale notamment par la religion, l’opposé par exemple des libertaires et des socialistes.

    Réduire le problème du djihadisme à un problème de la société française ou du capitalisme est naïf. Des attentats du genre ont lieux dans des pays comme les Pays Bas et le Canada où l’économie marche mieux et où les modèles de société sont assez différents de la France. Il est clair que plus de justice sociale aiderait probablement beaucoup à réduire le nombre de candidats.
    Mais leur idéal n’a rien à voir avec celui de nombreux jeunes impliqués dans des combats politiques et sociaux de gauche en Europe. Il s’agit réellement d’organisations pilotés et financés par des organisations politiques moyenâgeuses étrangères qui profitent des problème de nos sociétés pour embrigader des jeunes, en leur proposant en effet un sens que leur pays a du mal à leur offrir à l’aide de réseaux, de propagande en français etc. (c’est bien les « esprits faibles » et les psychotiques qui se font surtout avoir).

    1. Je n’ai pas la même lecture que vous de l’article. Je n’ai à aucun moment compris que les terroristes luttent pour la liberté. Non, pour moi il est question de ce qui pousse ces gens vers le terrorisme. Et je pense que la perte de sens et d’espoir qui nous est imposée par ce monde ultra-capitaliste (oui, libéralisme c’est la possibilité de s’enrichir par le travail, on en est loin!), rend fou les « esprits faibles » qui se laissent alors manipuler par les Gourous de Daesh.
      Pour leur part, je ne serai d’ailleurs pas surpris qu’ils s’empiffrent de Jambon, en buvant du champagne avant d’aller s’envoyer p*tes et Coke. L’idéologie (arriérée) Islamiste n’étant, comme pour tous les despotes avides de pouvoir sur les autres, que le moyen de manipuler la chair à canon qu’ils dominent…

  3. Que dans la tête des français qui partent, ça puisse être un mouvement de révolte, je suis d’accord.

    Mais Daesh, ce n’est pas un groupe de révoltés, c’est un groupe armée qui est en guerre au nom de sa religion.
    Cette guerre, c’est le Djihad, et elle dure non pas depuis les printemps Arabe, mais depuis plus de 1000 ans. Elle ne se terminera, théoriquement, que lorsqu’ils auront converti le monde (vu qu’ils se tapent aussi entre eux, ça n’aura de fin que quand tout le monde sera mort).
    Réduire ça à des révoltes est une erreur. La ou les révoltes ont juste été récupérées.

  4. « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. »

    Quand on aura achevé de comprendre des évidences qui datent du 19e on pourra peut être avancer dans le 21e…

    (PS/HS : l’authentification OpenID semble impossible, le renvoi s’est effectué, j’ai ajouté reflets aux sites de confiances mais ça m’a renvoyé sur une page blanche nommée « erreur d’authentification » sans plus de précisions ; idem après un autre essai)

  5. Merci pour l’article. J’avoue qu’avec toute la bouse et les mensonges qu’on a pu lire, entendre, voir au sujet de ces attentats, qui seraient principalement le fait du vilain internet libre et des arabes (mais attention, sans faire d’amalgames bien sûr), cela fait plaisir de lire des réflexion un peu moins binaires sur le sujet.

    Pour ce qui est de nos valeurs républicaines que l’on doit partager de force, si ce n’était pas si triste ça prêterait à rire : Tu DOIS penser comme moi, que chacun à le droit de penser ce qu’il veut (oui, la liberté de pensée est l’une des principales valeurs de la république me semble-t-il).
    Ce qui montre bien la dérive de notre république, bien loin des valeurs qu’elle est censée représenter…

  6. Après l’attaque contre Charlie, se targuant de « nommer la réalité telle qu’elle est », Manu le Fourbe avait beau jeu lors de ses vœux à la presse le 20 janvier de dénoncer, l’existence d’un « apartheid territorial, social, ethnique » à l’œuvre dans les quartiers populaires, en fustigeant « la relégation périurbaine, les ghettos » qui caractériseraient ces territoires.
    A l’instar de ce petit président élu sur la vaine promesse de « nettoyer les banlieues au karcher », ce slogan est typique d’une novlangue qui prétend pallier l’absence de toute recherche de solutions à des problèmes de longue date identifiés par la vertu de formules strictement réduites à leur efficacité incantatoire : qui peut croire qu’agiter sans autre carotte le bâton du renforcement des mesures policières, de la légalisation de la surveillance généralisée des connexions et de l’enseignement obligatoire des valeurs républicaines suffiront à enrayer les effets de 35 ans de laxisme, d’exclusion, de paupérisation massive et d’abandon à leur sort des catégories populaires?
    Quand un ministre « $ociali$te » déclare qu' »Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires », on mesure la hauteur des ambitions sociétales et politiques qui animent – quand bien même ils osent se revendiquer des valeurs de la « gauche » – nos gouvernants : Money!
    Quand la Pensée Unique néo-libérale n’a d’autre sens à proposer pour nos vies que celui d’une course aussi suicidaire que démente à la consommation et au profit, il est bien normal que les innombrables exclus qu’elle suscite s’en cherchent d’autres – des bannières de Daesh aux slogans identitaires ou brun-marine – là où ils le peuvent.
    Delenda Carthago! :-)

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