Diane 35 et les pilules 4ème génération

Nous avons tous entendu parler de la polémique Diane 35, relayée par les médias, renforcée par biquet qui se sent bien inquiet de savoir que son casse-dale risque de mourir d’un AVC. Rappelons nous tout
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50 thoughts on “Diane 35 et les pilules 4ème génération”

    1. D35 est un contraceptif, ça fait partie des effets du produit. Il est donc tout à fait logique que les gynécologues ne prescrivent pas d’autre contraceptif aux patientes sous D35!
      Et il est compréhensible qu’ils ne leur fasse pas non plus stopper ce traitement pour le prescrire un contraceptif différent.

      Sinon excellent article! Merci.

      1. Quand à l’AMM, les labos payent les études qu’ils veulent! Ici Bayer s’emparait d’une niche (traitement de l’acnée) avec cette pilule.
        Regardez les AMM des médocs utilisés dans les maladies graves…ou les pb trombo-emboliques par exemple pour rester dans le même domaine. En général c’est cantonné à des cas simples ou ultra délimités.

  1. En effet, les personnes qui n’ayant encore à ce jour pas compris que toute forme de contraceptif oral était potentiellement dangereux (qu’il s’agisse d’un contraceptif de 2nde génération ou de 4ème génération), sont invitées à lire, pour une fois, la notice d’information de leur boite de pilule, qui se trouve être à quelques détails près, la même que n’importe quel autre contraceptif.

    « Du fait de l’absence d’œstrogène dans la pilule progestative, les risques cardio-vasculaires que pourraient rencontrer certaines utilisatrices sont inexistants. Il n’y a donc aucun risque de thrombose veineuse profonde (phlébite) ou d’embolie pulmonaire1. » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pilule_progestative)
    J’aime bien le ton employé dans l’article, à base de « à lire pour une fois », « Au même titre que nul n’est censé ignorer la loi, nul n’est censé ignorer ce qu’il ingère »… Ca nous rappelle les plus belles heures de la médecine gynécologique, à base de culpabilisation des femmes qui n’ont qu’à garder les genoux croisés si elles ne sont pas contentes.
    L’autorité de la blouse blanche ça existe. Les patientes font confiance à leur médecin. La liste des effets secondaires de TOUS les médicaments, quel que soit leur domaine d’action, suffirait sans ça à abandonner le recours à la pharmacopée traditionnelle, à commencer, par exemple, par les antidépresseurs qui peuvent induire des envies suicidaires, et pourtant sauver des vies. Aller chez un médecin, c’est confier son sort à une autorité censément suffisamment compétente pour savoir calculer les risques et les bienfaits. Force est de constater que ce n’est pas toujours le cas, mais il y a peut de chances que chaque patiente entame des études de médecines pour être elle-même à même d’opérer des choix éclairer.

    1. Sans faire des études de médecine, il me semble que nous sommes tous en mesure de nous renseigner et de nous informer.
      Si les labos fournissent une notice, ça n’est pas anodin non plus.
      Ça s’appelle la conscience, ou l’intelligence. Au choix
      … ou de l’inconscience …

      1. Ah ok, donc le ton méprisant, ce n’est pas juste pour l’article, c’est votre style naturel.
        Alors, comme je ne suis pas complètement idiote, je renonce à l’inconscience, et étudie donc les notices de mes médocs pris quotidiennement et à l’année :
        Réactions allergiques, difficultés respiratoire, hyperglycémie, dépression, cataracte : oula, mon traitement de fond pour l’asthme, à la poubelle. finalement je vivrais mieux sans mes poumons…
        Diminution des plaquettes, tachycardie, affections occulaires, anomalie du foie : l’antihistaminique dégage aussi. Tant pis, la pollution je devrais m’y faire, suffit que j’arrive à retenir mon souffle assez longtemps. Jusqu’à mon déménagement quoi.
        Asthénie, rash, bronchite, diminution des plaquettes (encore), troubles hépathique (encore) : l’anti-acide, je pense que je vais le brûler.

        Donc OUI je sais lire. Et je persiste, je ne suis pas qualifiée pour décider si les risques sont assez élevés pour que je me prive d’un traitement m’aidant au quotidien. Le cas de la contraception est identique. J’avais 22 ans quand on m’a prescrit la Diane 35. Zmbolie. Six mois d’anticoagulants (mince, j’ai pas pensé à vérifier la notice avant de décider si ça valait la peine qu’ils me sauvent la vie). Mon gynéco m’avait dit que les risques étaient inexistants. L’équipe de cardiologie qui m’a soignée jure m’a juré pendant 4 jours que ça ne pouvait pas être une embolie, avant de se résoudre à l’admettre face à la convergence des examens. À 22 ans, quand on vous dit que le risque est inexistant, vous le croyez. Lisez les commentaires : Claudia parle de stérilet APRES avoir eu un enfant, parce que bien que toutes les études prouvent le contraire, certa

        Avec votre logique, on se soigne avec des carottes, façon Steve Jobs.

        1. Mince fauce manip. Donc de nombreux gynéco prétendent que le stérilet est dangereux et peut rendre stérile. Bien sûr que le pb est celui de l’information.C’est une évidence !

  2. Je suis une maniaque de la lecture des notices. La première fois que j’ai lu une notice de pillule contraceptive (étonnamment, on m’avait prescrit Diane 35 à l’époque =P) j’ai vite calculé le risque cardiaque pour moi et me suis dit que je préférais ne pas être enceinte.
    Ca n’a changé que lorsque ma mère a fait une attaque quelques mois avant ses 50 ans. J’ai pesé le pour et le contre, je me suis renseigné sur ma famille et j’ai été voir ma gynéco de mon propre chef avec les dossiers médical de deux de mes grand-parents, celui de ma mère et une partie de celui de mon père. La gynéco a examiné les documents et a troqué ma Varnoline contre une Cézarette, fin de l’histoire.

    Quoique, je me marie bientôt, je crois qu’après avoir pondu, je me ferai poser un stérilet.

  3. J’ai pris la Diane 35 pendant 7 ans, mais je ne suis pas faite pour la pilule, je la zappais trop souvent. J’ai donc voulu passer au stérilet il y a 8 ans de ça (je n’ai pas encore d’enfants), mais j’ai pu le faire uniquement car les mentalités avaient évolué dans le milieu de la gynécologie. Le gynéco que je voyais à l’époque m’a expliqué que c’était un milieu très macho mais que ça changeait petit à petit ; que seules les femmes ayant eu des enfants pouvaient porter un stérilet, les autres devaient prendre la pilule. Pourquoi ? Parce qu’avec le stérilet, une MST bénigne peut prendre des proportions assez graves, donc une femme mariée avec enfants risque moins d’en attraper une – leur présupposé était donc que la femme mariée est stable et fidèle -, et une femme sans enfants, même si elle vit en concubinage depuis des années, était d’emblée jugée être moins stable qu’une femme mariée avec enfants, elle devait donc prendre la pilule.
    J’espère que l’usage du stérilet va être davantage recommandé à l’avenir, c’est un des moyens de contraception les moins dangereux, il est efficace, et la pose ou l’enlèvement ne font absolument pas mal, contrairement aux idées reçues qui en font reculer plus d’une…

  4. Se priver d’une molécule pouvant correspondre à certaines patientes est idiot.
    Si M. Bayer veut une AMM pour un effet contraceptif il n’a qu’à payer l’étude nécessaire.

    Qd aux médecins prescrivant hors AMM il faut qu’ils soient sanctionnés.
    Et ceux qui les y ont incités également.

    Si nul n’est censé ignorer la loi, la notice ou tout simplement l’évidence, nul médecin ne peut prétendre l’interpréter hors AMM.

    Qd aux contraceptifs, il est étonnant que les DIU (ou stérilets les mal nommés) qui sont reconnus par la HAS comme plus efficients et nettement moins onéreux ne soient pas plus prescrits en première intention, lorsque cela est possible.

    Il est temps que les liens d’intérêts des médecins prescripteurs soient accessibles à tous pour consultation ainsi que les statistiques de la cpam.

    1. Problème : si on sanctionne les médecins ayant prescrit Diane35 comme contraceptif, il va falloir aussi sanctionner ceux qui prescrivent du baclofène aux alcooliques.
      Les réponses simpl(ist)es à des problèmes complexes, c’est un peu comme les médocs : gare aux effets secondaires.

      1. En l’occurrence, des gynécos qui prescrivent un medoc, qui je le rappelle est un medoc pour l’acnée, c’est déjà pas mal.

        On pourrait penser que limiter son usage aux dermatos serait judicieux. Qd aux gynecos, si bayer veut une AMM pour un contraceptif, je me repete, qu’ils la payent !

        Mais peut être devrait on demander aux ophtalmos de s’occuper des alcooliques et de leur traitement ?

        Et pendant que l’on perd du temps à parler d’un « detail », on ne parle pas du fond.

  5. Le problème c’est que tout médicament (Diane35 comme le paracétamol) aura dans 99% le but prévu sans grave effet secondaire mais qu’il restera toujours le petit % qui reste d’avoir un problème ce qu’aujourd’hui plus personne n’accepte.

    Oui on peut mourir d’un cachet de paracétamol tout ce qu’il y a de plus courant, c’est peu problable mais un choc anaphylactique ou une réaction imprévue est toujours possible.

    Les labos ne prennent pas de risque et mentionne en effets secondaire tout ce qui a été observée au cours des essais (même si le problème est improbable ou lié à une situation très particulière qui ne se reproduira sans doute pas).

  6. Ne pas oublier les pharmaciens… lorsqu’un médecin fait une erreur dans sa prescription et que le pharmacien ne la relève pas, c’est, d’après ce qu’on m’a expliqué, le pharmacien qui est responsable…

  7. Raison de plus pour respecter les prescriptions(on parle d’un médicament pour l’acné)et éviter les emmerdes, plutôt que d’aller faire le beau aux congres médicaux tout frais payés en pensant s’informer (pour certains)

  8. Je lis regulierement les notices de mes medicaments. Bon, je n’en prend pas souvent, donc ca ne prend pas trop de place dans mon emploi du temps.
    Le probleme est que pratiquement tous integrent une liste d’effets indesirables, voire carrement flippants. C’est assez normal de toutes facons: un medicament, a la base, est une forme de poison. Il provoque un desequilibre dans le fonctionnement du corps dans le but d’en corriger un autre. Il y a donc forcement des problemes potentiels assez importants. Maintenant, le medecin est cense connaitre ces effets et mettre en balance les effets positifs (soigner le probleme avere) et negatifs (les effets secondaires, ou le risque qu’ils surviennent). Le tout accompagne d’avertissements sur le contexte (autres medications, alimentation, comportements a risques, etc.).
    Il est certes utile, en tant que patient, de connaitre les effets possibles. Et surtout de se conformer aux recommandations du medecin: comme dit dans l’article, s’il vous demande d’arreter de fumer, ce n’est pas un sermon moral mais un avis medical. Apres, si vous ignorez ce conseil, c’est vous qui jouez avec votre vie, pas lui.
    D’un autre cote, pas la peine d’en faire une psychose non plus. Les risques sont inherents a beaucoup de choses, y compris le simple fait de traverser la rue. Vous ne restez pas pour autant enfermes chez vous. (De toutes facons, les possibilites d’accidents domestiques font que meme « rester chez soi » est un risque.)

  9. Bon article informatif.
    HS : Je rebondis juste sur l’adage « nul n’est censé ignorer la loi ». Cet adage est très mal compris la plus part du temps. Il ne signifie en aucun cas que tout le monde doit connaitre l’ensemble des textes, personne ne le peut. Cela signifie simplement qu’il est impossible de se soustraire à la loi avec comme argument « je savais pas ». Nuance…
    Hors, pour les notices de médicament, ça reste surmontable comme épreuve d’en prendre l’entière connaissance…

    1. C’était le principe. Tous le monde peut lire une notice. Et savoir s’il accepte de prendre la prescription ou de demander un autre médoc. Ici un contraceptif.
      Ceci dis il existe bien d’autres alternatives à la pilule contraceptive féminine …

      1. Le problème n’est pas de lire la notice, le problème c’est que les gynécologue n’écoutent pas leurs patientes. J’ai demander le diu, dès mes 23 ans et , je n’ai eu droit qu’à des insultes et du mépris de la part des gynécologue, facturé à 90€, quant je veux qu’on me raconte des conneries en me faisant la morale je vais à la messe et au moins c.est gratis.

        Je fume, je n’ai aucun horaire fixe, je n’ai jamais voulu de la pilule, ce n’est pas une contraception qui me correspond. Lorsque je dit ça à plusieurs gynécologue ils m.ont répondu : – vous allez arrêter de fumer ( et ma main dans ta gueule)
        – la pilule est le seul et unique moyen de contraception fiable au monde (cela même quant je suis la pour une ivg grâce à la pilule et que je demande un diu au cuivre)
        Le minimum d’information n’est pas fait par les gynécologue, par exemple combien de femmes sont informé que leur pilule est inopérante en cas de gastro ou de nausée? Je conseil aux femmes d.aller voire les sages femmes, elles ont le droit et la formation qui permettent la prescription de contraceptif, dont la pose de diu et elles se prennent pas pour le pape et ne traitent pas leurs patientes comme des gamines coupables et incapable de choisir.

        Ça fait longtemps que j’attend que ce problème du tout pilule français vienne sur la place publique. J’ai peu d’illusions sur une remise en cause de la profession, mais ça aura permis à quelques femmes d’avoir des informations et ça aidera certaines à remettre en cause l’autoritarisme péromptoire d’un certain nombre de curées en blouse blanche qui sévissent en gynécologie.

          1. Le sac sur la tête je ne le conseil pas c’est pas pratique pour les cunni, le meilleur contraceptif que je connaisse mais qui n’est pas pratiqué par ici manifestement. Sinon si je t’encule ça marche aussi comme contraception, avec les mecs qui puent de la tête dans ton genre, c’est la seule chose raisonnable à faire.
            Enfin ça fait plaisir de voire que chez les Anars on fait la chasse aux fachos antisémites qui se cachent chez les gauchos, mais que la misogynie est toujours la bienvenus. Je vous laisse entre couillus avec vos sacs sur la tête et vos problèmes sérieux de vrai mecs qui savent lire, puisque le problème de la pilule c’est que les femmes ne savent pas lire les notices. J’aurais du y pensé toute seule, mais avec un utérus je suis certaine que vous comprendrez mon handicape… Merci pour vos réponses constructives, c’était un vrai plaisir d’échanger avec vous.

  10. Bonjour Delphine, merci pour votre article, et bienvenue dans la team Reflets.

    Je me réjouis d’un peu plus encore de diversité dans ce « canard », au risque peut-être de réveiller quelques grincheux dans les commentaires, qui pensent que Reflets parfois « s’éparpille », ou au contraire devient mono-maniaque dans certaines de ses « sagas »… Mais on s’en fout, on ne peut pas plaire à tout monde, après tout.

    Pour revenir au sujet, je relèverai particulièrement votre dernier commentaire :

    « Ceci dis il existe bien d’autres alternatives à la pilule contraceptive féminine … »

    Pour moi, vous mettez le doigt sur une problématique importante. Qui de l’homme ou de la femme doit utiliser une forme de contraception ? J’ai dans mon entourage un certain nombre de femmes, qui n’utilisent pas ou plus la pilule contraceptive, et revendiquent de ne tout simplement pas utiliser de moyen contraceptif. Pourquoi devrait-ce être toujours la femme qui endosse cette responsabilité, au risque de subir les effets secondaires de certains médicaments ? Le préservatif masculin reste je pense la méthode fiable et sans effets secondaires (à moins d’être allergique au Latex ? Nan j’déconne, pas taper), l’une des meilleurs protection contre le VIH et les MST, et la remise en avant des responsabilités de l’homme aussi, face à la procréation (responsabilité dévolue à la femme dans le cas d’une contraception féminine, CQFD). Et je ne parle pas là d’arguments dans le cadre d’une sexualité débridée et multi-partenaires (pas de troll inside), c’est valable aussi dans le cadre d’une relation amoureuse de plusieurs années.

    Désolé pour ce commentaire un peu indigeste.
    My 2 cents

    1. Je pense effectivement, élargir le sujet, car il existe effectivement bien des moyens de se protéger, qu’il s’agit de contraceptif féminin, ou de préservatif.
      « La caoutchouc c’est super doux, le latex c’est fantastique » – dixit Elmer Food Beat, mais pas que (surtout qu’il ne s’agit pas ici d’un contraceptif), il viens d’arriver sur le marché un nouveau contraceptif entièrement masculin, qu’il va falloir développer. Car forcément au même titre que la contraception féminine, celle-ci à bien des inconvénients.
      Je n’en dis pas plus pour le moment …

  11. Une chose intéressante, qui n’a pas été mentionnée dans l’article ni dans les commentaires, est que différents effets secondaires ont des probabilités différentes de survenir. Il est évident que les nausées sont bien plus courantes que les embolies pulmonaires sur le Diane 35, mais si j’en crois vos extraits, ce n’est pas explicitement indiqué dans la notice. Certains médicaments adoptent une présentation plus précise, dans un style comme suit.

    * Effets indésirables rares (moins de 1 % des cas) :
    – truc
    – bidule

    * Effets indésirables très rares (moins de 0,1 %) :
    – machin
    – chose

    * Effets indésirables extrêmement rares (moins de 0,01 %) :
    – …

    Ainsi, voir « migraines » et « nausées » à 1 %, contre « AVC » et « embolies pulmonaires » à 0,01 % aide à mettre les choses en perspective (j’invente les chiffres). Lorsqu’un médicament a un effet secondaire sérieux ET très fréquent, il est (ou devrait être) surveillé et traité, comme les médicaments de chimiothérapie qui s’accompagnent systématiquement d’anti-nauséeux puissants.

    Comme d’autres commentateurs le font remarquer, la notice du moindre médicament contre le rhume possède une liste d’effets secondaires longue comme le bras. La seule fois qu’un médecin a passé en revue **TOUS** les effets secondaires d’un médicament avec moi, l’entretien a duré deux heures (au sens propre). Si l’on doit s’inquiéter de chaque effet ayant une probabilité 0,01 %, on n’ose plus sortir de chez soi ni traverser la rue, des gens se font renverser tous les jours. Nous sommes donc forcés de faire confiance à un médecin pour évaluer les risques, en fonction de nos antécédents et de notre dossier médical. On espère simplement que personne ne prescrit Diane 35 à des fumeuses en surpoids.

    1. Effets indésirables. Rajouter ci-après « déclarés effectivement par les hospitaliers » et/ou « constatés par des études non-publiques commandées par laboratoires ».
      Ce qui laisse une marge subjective fort fort appréciable.

      Je fais un dessin gentil au risque de me faire incendier ou on parle épistémologie des sciences (dures) avec chiffres et cours de statistiques bayesiennes for n00bs ? Bon, le dessin gentil pour commencer.

      Sur Reflets, on expose les cuisines de la vie politique, et de la vie informatique en général. Le monde de la science aussi a son arrière-cour un peu cradouille. C’est un plaisir de voir que les sujets ici sont variés d’ailleurs. Entrer dans ce sujet-ci risque de plaire ou déplaire à beaucoup de monde.

      Le mérite de cet article est de parler un peu du sujet « santé », qui se mêle beaucoup à la politique un peu partout dans le monde.
      Là où je suis moins d’accord avec cet article, c’est le « vous savez lire ? alors où est le problème vu que c’est inscrit sur les notices ? ». Enfin c’est en gros ce que j’en ai sorti. J’ai peut-être l’esprit un peu mal tourné, c’est lundi matin et j’en suis seulement à mon premier café, c’est dire…

      Pour faire du superficiel et du dessin gentil gribouillé à la va-vite, je répondrai simplement ceci : un docteur en pharmacie a un bac+8. Un docteur en médecine aussi. Un utilisateur lambda non.

      Maintenant, on met des couleurs au dessin, au risque que ça pique un peu les yeux et que ça fasse pâté indigeste :

      L’asymétrie de la connaissance de ce que « sont » les médicaments ne permet pas de faire entièrement reposer le discours sur la lecture d’une notice. C’est éminement plus complexe. Et si ces médicaments sont soumis à prescription médicale, ce n’est pas « pour rien ». C’est avant tout pour limiter la casse, et tenter de répondre à un « impératif » de santé en même temps. Acné et hirsutisme, impératifs de santé ou détails cosmétiques pas très agréables ? Première question.

      Les personnes lambda « capables » de lire correctement une notice sont-elles au courant que, pour la plupart des médicaments, on ne comprend pas toujours très bien leur fonctionnement, leurs sites d’actions, les cascades de réactions engendrées ? (eh oui, si l’on connaissait tout du corps humain, ça se saurait)

      Qu’il est dès lors quasiment impossible de prévoir les interactions médicamenteuses après une combinaison de TROIS médicaments ? Que par interactions médicamenteuses on comprend des molécules ingérées « normalement » dans la vie de tous les jours, comme des polluants, des solvants, des alcools, des métaux, etc. ?

      Ca fait quand même déjà une grosse quantité de questions pour une personne lambda. Elle qui doit également par elle-même faire remonter les effets indésirables au médecin, dans le processus de pharmacovigilance.

      Personne lambda qui ne connait pas toujours le processus de pharmacovigilance, ou qui a des effets indésirables étranges, difficilement expliquables car parfois non-directement liés dans sa tête à la prise d’un médicament. Pareil pour les médecins qui, parfois, minimisent des troubles, ou ne les attribuent pas au médicament. Qui ne font donc pas remonter toutes les informations potentiellement utiles, effacées par un filtre subjectif pas toujours rationnel.

      Est-ce qu’une personne lambda sait qu’un AVC, c’est pas seulement un peu de sang qui ne coule pas, c’est aussi potentiellement un handicap lourd, dont le coût financier est très difficile à appréhender (entre arrêts de travail, visites médicales, opérations potentielles, évaluations neurologiques/neuropsychologiques, invalidité, pertes diverses comme langage, mémoire, praxies, connaissances sur le monde, attention, qui sont autant de difficultés rencontrées en rééducation, ce qui a également un coût) ?

      Est-ce que personne lambda connait la différence entre incidence et prévalence ?

      « Il appartient à chacun de se tenir informé des risques, et de décider de prendre ou non, ce type de contraceptif. »

      C’est justement là le problème. Tout le monde n’est pas égal face à la connaissance, ou face à la compréhension du monde. Et parfois les risques sont mal mesurés, ou volontairement sous-évalués. D’où les notions d’éthique et de déontologie médicale.
      Les articles 8, 12 et 13 du code de déontologie médicale, repris dans le Code de la Santé Publique, versant réglementaire, sont à ce titre éloquents.

      C’est d’ailleurs ce même code qui pourrait être allègrement utilisé contre certains médecins s’épanchant un peu trop sur la « perfection » de leur pratique, et ce malgré la faible considération des principes scientifiques élémentaires (comme le doute sur des résultats opaques provenant uniquement de laboratoires pour commencer), et la « totale inocuité » de leurs conflits d’intérêts.

      Rappelons également que l’acné, l’hirsutisme, ou d’autres problèmes de peau, sont, sauf cas pluridisciplinaires ou de médecine interne, du domaine de compétence des dermatologues. Spécialistes médicaux qui généralement goûtent très peu de ramasser les pots cassés parce que des collègues de spécialités différentes (généralistes ou gynécologues) s’oublient sur leur territoire.

      L’est pas zoli mon dessin ? Dites oui, parce que les biostatistiques c’est quand même (encore) moins funky. Rien qu’à parler d’erreurs alpha et bêta, expliquer incidence et prévalence, expliquer les modes de diffusion d’un médicament, les effets cumulatifs, etc. , on va perdre 95% de l’auditoire.

  12. Bonjour,
    Il est vrai que toute action à des effets secondaires et qu’il vaut mieux être informé.
    Cependant la liste des effets secondaires est plus là pour contrer une éventuelle action en justice d’un malade mal soigné que pour nous avertir du danger.
    Je viens d’acquérir une voiture et la notice (+ de 400 pages quand même) est composé de 3/4 d’avertissement du genre : oui, vous avez le Bluetooth pour votre téléphone, mais l’utiliser « peut augmenter le risque d’accident corporel voir de mort ».
    Les notices de médicaments comme de n’importe quel objet sont là en très grande partie pour la protection juridique du fabricant.

  13. Les aléas du calcul bénéfices/risques fait partie intégrante de la médecine, et plus largement de la vie en général. Qu’on y fasse des erreurs, que ce soit du côté des labos, des professionnels de la santé ou des patients est certes parfois dramatique, mais ça semble inéluctable, et ca fait partie du jeu.

    Je ne suis pas certain que ce soit là que se situe le fond du problème. Le manque d’indépendance des experts, les conflits d’intérêt à tous les niveaux sont ce qui posent le plus problème. La crise de confiance qui se pose depuis l’affaire du mediator, et qu’il va bien falloir résoudre, permettra peut-être de poser de nouvelles bases, plus saines.

  14. Bonjour
    J’ai lu votre article avec intérêt et attention. Je vous suis parfaitement sur votre argumentation: pour ma part, je suis capable de lire des notices et d’évaluer les risques liés à la prise de tel ou tel médicament. Je choisis alors de le prendre ou non.
    Je suis sous Diane 35 et génériques depuis l’adolescence. Je connaissais les risques liés à la prise de cette pilule. Je ne fume pas, je fais chaque année une prise de sang pour vérifier mon taux de cholestérol. Je suis suivie régulièrement. Je prenais donc cette pilule de façon responsable.
    Par contre, je ne vous suis pas du tout lorsque vous écrivez, assez légèrement (je cite votre article):

    « Diane 35 à une particularité elle traite des effets indésirables de l’acné, dues chez les femmes à une trop grande production d’hormones mâles. Ça tombe bien, le progestatif contenu dans Diane 35 (acétate de cyprotérone) freine la production de ces hormones et permet de réduire les symptômes acnéiques. Ceci dit, l’effet n’est pas immédiat et il n’est pas des plus probants. Il ne fait que ralentir l’apparition d’acné, sans la soigner, et encore, après plus de 6 mois de prise. Aussi comme le soulignent certains spécialistes de la santé, ça ne sera pas une grande perte de l’enlever du marché. Il existe d’ailleurs bien des traitements contre l’acné, largement compatibles avec n’importe quel contraceptif oral. »

    Vous passez bien légèrement sur les femmes qui prenaient Diane 35 pour un but autre que la contraception.
    Pour ma part, je souffre d’alopécie androgénique. A l’adolescence, je perdais mes cheveux comme un homme de cinquante/soixante ans. C’est mon dermatologue, qui, à l’époque, m’a prescrit cette pilule, avec de l’alostil, que je mets tous les soirs sur mon cuir chevelu.
    Diane 35 ou ses génériques constituaient pour moi le traitement le plus efficace. Il a mis effectivement 3/4 mois à agir sur mes problèmes, mais au moins il a agi, et j’avais oublié mon problème depuis. Maintenant, je me retrouve sans ce traitement. Les autres solutions sont bien plus lourdes: androcur, qu’il faudra sans doute associer à Provames, et en plus je devrai prendre une pilule, puisqu’androcur n’a pas d’effet contraceptif. Trois médocs au lieu d’un, quel progrès!
    Je ne suis pas la seule sur internet à faire part de mon angoisse: les femmes atteintes d’acné sévère et qui trouvaient en Diane 35 le traitement le plus adapté, celle souffrant d’hirsutisme, et encore d’autres qui avaient besoin de ce traitement écrivent sur les forums la situation désespérée où elles se trouvent.
    Bref, merci pour votre article qui montre l’importance d’être responsable, mais n’évacuez pas aussi facilement l’intérêt de Diane 35.
    Vous pouvez vous rendre sur le blog de Dominique Dupagne pour voir d’autres réflexions sur ce sujet.
    Et vous pouvez signer la pétition contre le retrait de Diane 35, en tapant sur google « pétition contre retrait Diane 35 ».
    Merci

    1. Juste pour information: le cholestérol n’est en rien responsable des maladies cardio-vasculaires, c’est un mythe qui repose sur l’hypothèse lipidique, et qui a été mis à mal dans notre pays parles livres du Dr Michel de Lorgeril, que je vous invite à lire.

      Concernant vos différents problèmes, avez-vous déjà regardé du côté de votre alimentation ? L’acné est liée notamment à une sensibilité à l’insuline réduite, et cela peut être grandement modulé par l’alimentation, notamment en supprimant gluten et aliments à index glycémique élevé.

      C’est là tout le problème en France, cette mentalité que les médicaments peuvent tout régler, il qu’il y a forcément une pilule pour chaque problème, alors que presque tout peut être amélioré ou guéri via l’alimentation (encore faut-il ne pas écouter la caste des nutritionnistes bien établis et financés par l’industrie agro-alimentaire, il y a d’ailleurs matière à articles à ce sujet…)

  15. Je vais faire mon chieur mais j’aimerais bien pointer un truc : l’article se concentre manifestement sur la responsabilité individuelle de chacun : s’informer sur ce qui se passe sur soi ou autour de soi.

    Du coup, ce qui gêne c’est que les autres responsabilités aux différentes échelles collectives sont passées sous silence (temporairement et localement).

    Et c’est gênant parce qu’on ne sait pas si l’auteur cherche à cacher ou juste à ne pas se disperser dans un article qui doit rester relativement court ;)

  16. Je ne peux être d’accord, mon amie ayant eu un caillot qui lui à couter une jambe avec ces pillules. Je tiens cependant à vous signaler l’idiotie (IMO) de votre argument « Vous êtes sencé savoir se que vous ingérer ». Il me semble que si la consultation d’un médecin est nécessaire (et payante), ce n’est pas pour rien et c’est son travail de faire connaître au patient tous les détails du médicament.

  17. Comme l’évoquait quelqu’un plus haut, la liste des événements indésirables dépend de ce que les personnes déclarent dans l’étude clinique si je ne me trompe pas. Ils peuvent être ou non liés à la prise de ce médicament.
    Il faudrait rappeler, encore et toujours, qu’un médicament reste un médicament, quelque chose de potentiellement dangereux et parfois mal connu sur le long terme, sans forcément toujours accuser les médecins (qui sont parfois bernés, plus ou moins consciemment par les labos eux-même plus ou moins conscients des risques de leurs médocs).
    Même si je dois me faire taper sur les doigts, je serais curieux de connaître le nombre de personnes qui ont pris ce médicament pour traiter l’acné. L’acné quoi (même s’il y a apparemment des niveaux différents, cf commentaire plus haut). Comme le Mediator prescrit pour perdre du poids.
    Deux médicaments (une pilule, un anti-diabétique) et finalement deux usages loin du but initial du médicament (perdre ses boutons, perdre du poids). Ça pose question non ?

  18. « Il appartient à chacun de se tenir informé des risques, et de décider de prendre ou non, ce type de contraceptif. »

    Je pense que c’est beaucoup plus compliqué que ça, beaucoup plus complexe que juste se sortir les doigts et se tenir informé.
    Le combat est complètment inégale, sous estimé la puissance, la capacité de nuisance, le cynisme couplé à des moyens financiers et une soif de pouvoir sans limite…
    Rappelons nous par exemple du lait maternelle nestlé en afrique de l’ouest…
    C’est tout un système qui est à remettre en cause, un système mortifaire qui a même réussit à s’approprier la démarche scientifique (oulà je choisi très mal mes mots).
    Bref beaucoup de mec on ecrit de super bouquin sur la question….
    et je m’exprime mal à l’écrit ça fait chier….

  19. Bonjour, je suis outrée de voir que l’on ose remettre diane35 sur le marché. Je suis une victime de cette pilule. En effet à 28 ans j’ai subi flebite thrombose embolie pulmonaire pleuresie et pneumonie ayant entraîné un infarctus pulmonaire. Tout ça à cause de ce putain de médicament! Réanimation et tout le reste… Ma vie est fichue… Quelle honte! Les plus grands spécialistes m’ont dit que la pilule est un poison. 4ans après je ne suis même pas remise…

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