Crise sociale : et si on parlait de projets ?

La crise sociale déclarée dans laquelle est plongée la France peut être résumée en quelques points. Le pouvoir politique en place à décidé de modifier profondément le rapport de force dans le monde du travail,
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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d’autres médias. Ni « désengagé » ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

17 thoughts on “Crise sociale : et si on parlait de projets ?”

  1. Quand je regarde autour de moi (famille, collègues, certains amis) je ne vois que des gens formatés qui recrachent la doxa néo-liberale. L’argent est une fin en soi, on doit gérer les finances d’un pays comme celles d’un foyer, la subordination est quelque chose de naturel, la réussite rend vertueux ou oblige à l’être, … Des exemples comme ceux là il y en a des centaines. Si crise il y a, elle est morale et idéologique. La pensée, la logique, le libre arbitre sont « sous-traités » aux éditorialistes et autres médias. Plus l’idée est simpliste et réactionnaire et plus elle est facilement admise. Si la démocratie est la voix de la majorité alors le combat est perdu. Quand je tente d’aborder ces sujets on me répond que « je me prend trop la tête » sous-entendu c’est sale/mal de réfléchir et d’essayer de se servir de son cerveau. Quand je croyais encore pouvoir aider et que je militais pour eux, les plus faibles, c’était de la fautes des gars comme moi si tout allait mal. Pour ma part l’espoir m’a quitté et j’en deviendrai presque cynique et aigri à souhaiter le pire pour eux dans l’espoir que ça les fassent réfléchir. Je sais malheureusement que mon message et ce type de réflexion n’aident pas à faire avancer les choses, au contraire. En tout cas merci à vous de maintenir la braise chaude et qui sait si le vent souffle, la flamme reprendra.

    1. Bonjour Jean,
      Vous n’êtes pas seul, j’aurais moi-même pu écrire votre commentaire mot pour mot. Il est clair que l’état des lieux que vous dressez résume parfaitement le système de pensé actuel.

      L’objectivité s’efface au profit de l’émotion et de la réflexion instantané, de la simplification des idées à l’extrême. Le pire, c’est qu’il est inutile d’argumenter par la logique et la raison avec ces « zombies » car cela ne fonctionne pas. Il est même recommandé d’utiliser une rhétorique simpliste et fallacieuse si vous ne voulez pas finir au bucher ! Pas de retour possible, ni horizon radieux pour les prochaines décennie …

      Mais restons optimiste, à la louche, je dirais qu’environ 10% des gens n’est pas encore complétement perdu et sait encore raisonner et se remettre en question. Il nous faut se rassembler pour pouvoir agir !

  2. Bon article, comme souvent, avec sa conclusion pessimiste/défaitiste, comme souvent ;-)
    D’autant que la plupart des constats que j’y lis sont partagés par au moins un parti et un mouvement, qui ont des propositions concrètes.
    Pourquoi attendre l’effondrement total du système ? Ne peut-on pas s’épargner quelques souffrances ?

    Pour les personnes de bonne volonté, qui cherchent une issue pacifique et plus rapide du bourbier où nous sommes, je soumet ces liens partisans :
    https://www.lepartidegauche.fr/system/documents/programmepartidegauche2016.pdf
    https://youtu.be/mtKxz65gHrE
    Faites vous votre propre idée…

    Plus spécifiquement sur le code du travail, avez-vous une fois entendu parler des propositions de la CGT, constamment taxée de contestataire sans proposition ?
    http://www.udcgt10.fr/wp-content/uploads/2016/03/2016-03-02_4p-Code-travail-propositions-CGT-2016.pdf

    Pour les adeptes du « tou-te-s pourri-e-s » / « élections piège à con-ne-s » / « les partis çaimal » : merci, j’ai donné et j’en suis revenu.
    D’autant que même avec 90% d’abstention, avec les règles actuelles ça ne changera rien : battez vous pour changer la Constitution.
    Ou tout du moins, ne gènez pas celles et ceux qui y travaillent.

    Merci.

    1. Je ne vois pas comment ce parti peut être crédible. Un soutien fort à Tsipras, qui lui a bien vite oublié son programme et applique les mémorandums néolibéraux en Grèce, le tout après s’être fait bouffer par la troïka.
      Tant que le parti de gauche reproduit le même schéma d’européisme naïf, alors l’issue serait la même … S’il avait la moindre chance de remporter les élections.

  3. Serieux vous m’avez fais rever la, c’est ce genre de reflexion mais en plus flou auquel je pense. Voire ça bien expliqué c’est un kiffe.
    Pour le genre d’attaques dont on peut faire l’objet le reportage « merchant of doubt » explique ça très bien.

  4. liberté égalité fraternité : aujourd’hui cette devise est devenue malheureusement utopique (ou bien révolutionnaire)

    Les mots perdent leur sens, sens dilué dans le monde du « tout s’achète et tout se vend « 

  5. En parlant par exemple de redistribution des richesses, d’incitation forte à la création d’entreprises coopératives et solidaires, d’encadrement des rémunérations des plus hauts revenus, de droit au revenu d’existence inconditionnel, de création de plateformes numériques d’échanges publics, de citoyenneté en ligne, d’intéressement et participation obligatoire des salariés dans leurs entreprises, de mise à plat des systèmes de prélèvements des entreprises (RSI, URSSAF) plus justes et basés sur l’activité réelle, de projets éducatifs forts et liés au monde actuel, de réhabilitation architecturale, de transports pour tous, de formations citoyennes aux outils d’information et de communication, d’autonomie énergétique…

    >> Merci de ces propositions concrètes et positives !!

  6. Autant je suis d accord sur le constat d une crise qui n ets pas qu economique et dont la solution n est surement pas economique, autant je pense que l auteur se fourvoie sur plusieurs points.
    1) ce n est pas la loi El-Komhri qui fragilise la position des salaries mais le chomage massif. J ai travaille dans 4 pays europeens. La ou on est le moins bien traité (que ca soit en salaire mais aussi en consideration, moyen, autonomie ..) c est la France. Une des cause est culturelle (je rejoint ici l auteur, on est le pays de la monarchie absolue. On avait un roi soleil, on a un president qui fait selon son bon plaisir et dans les entreprises, vous avez un chef absolu). Mais l autre raison c est « si tu n es pas content tu peux prendre la porte. il y a des millions de chomeurs qui attendent ta place ».
    Si on est le pays champion de l exploitation des stagiaires ou des SSII, c est quand même pas pour rien
    2) le tropisme francais c est un etat puissant qui decide de tout. Mais c est loin d etre le cas partout, par ex en Suede, RFA ou suisse ou l etat definit un plancher vraiment minimal. Et c est pourtant pas dans ces pays ou les condition de travail sont les pires (en tout cas si on observer le mouvement a la frontiere francaise matin et soir, c est sur que la RFA ou la suisse sont plus attirant pour y travailler)
    3) Tu critiques beaucoup la RFA, mais y es tu allé un jour ? Comme c est bientot les vacances, pourquoi ne pas y faire un tour (la Baviere c est tres joli). La population allemande vit bien mieux que la francaise. Il y a evidement des exceptions (etre intermittent du spectacle en france c est bien mieux) et des regions sinistrees (comme Roubaix) mais globalement la situation est meilleure. Par ex, il n y a quasiment pas de SDF. Le cout de la vie etant inferieur a celui de la France (surtout le logement car ils n ont pas de politique de logement cher comme en France), un allemand vivra mieux avec le meme salaire que son homologue francais.
    Quant aux retraites, ils ont un systeme par repartition comme en France (il y a un systeme de capitalisation optionnel comme la Prefon en France mais il ne represente pas grand chose pour l instant).
    Le systeme par repartition allemand est donc comme en France pas viable a long terme car de plus en plus de retraités, vivant de plus en plus longtemps et de moins en moins d actifs de l autre coté. Par contre, le systeme allemand etant moins généreux avec ses retraités (contrairement a la france, le niveau des retraités allemands est inferieur a celui des actifs) et s appuyant sur une economie en bien meilleure santé (plus de cotisants), il devrait avoir moins de probleme.
    Sinon pour te rejoindre sur un point, l economie ne fait pas tout. J ai trouvé que les gens sont moins « mentalement bunkerisés » en RFA qu en France ou les gens sont tétanisés a l idée de perdre quelque chose (et d experimenter le descendeur social).

    Pour resumer je dirai que le francais redoute que demain soit pire qu aujourd hui, rêve de retourner en 1970 (d ou les crispations identitaires, le programme economique du FN) alors qu un allemand pense tirer son épingle du jeu dans le monde du XXI sciecle

  7. Cdg : il y a ta perception (de cadre) allant travailler en Allemagne, persuadé de connaître globalement l’état de cette société (ce qui est impossible) et il y a les études, statistiques, analyses économiques, sociales sur ce pays. La réalité est que l’Allemagne va nettement moins bien que la France : ses infrastructures sont de plus en plus dégradées, les working poors sont de plus en plus nombreux et 30% de futurs retraités n’auront pas de retraite ou presque, pour cause de mini-jobs, entre autres. Cet article fait le bilan actuel de l’Allemagne, avec Duval, un économiste plutôt pointu sur le sujet : http://information.tv5monde.com/info/allemagne-competitivite-pauvrete-et-precarite-2298

    1. Je n ai pas la pretention de connaitre tout de la RFA, mais quand tu vis dans un pays, tu peux quand meme sentir si la description que tu lis correspond a la réalité.
      Est ce que tu te rappelles la couverture de newsweek (un magazine US) qui avait choisit de décrire paris comme une ville sous développée (la couverture était une femme noire allant chercher de l eau a une fontaine publique comme en Afrique). La photo n etait pas truquée mais disons que c est un point de vu tres partial, comme celui d alternative economique dans l article que tu cites.
      L article que tu cites parle des mini jobs qui n auront pas de retraite. Pour cela il faut qu ils aient fait des mini jobs toute leur vie (pas evident qu ils n aient rien trouve d autre, surtout quand l economie est prospere). Et dans le pire des cas, en RFA vous avez des prestations sociales qui vous garantissent un minimum de revenu (ca doit etre a peut pret l equivalent du RSA ou du minimum vieillesse).
      Quant a la misere des retraités allemands, elle existe. Mais le systeme francais qui fait que les retraités ont un niveau de vie superieur aux actifs est il meilleur ? Est il vraiment mieux de voir des gens vivre dans leur voiture et etre incapble de vivre de leur travail ?
      PS: dans le cas des retraités allemands, il faut quand même signaler qu un grand nombre à de la chance. Leur niveau de vie (meme faible) est nettement superieur a ce qu il auraient du avoir s ils etaient retraité de la RDA …

      Sinon pour en revenir a ton article, le probleme n est pas qu economique. Et la, la bunkerisation des esprits et le « tous contre tous » est bien plus developpé en France qu en RFA

  8. « Tous ces projets sont pensés, par des chercheurs, des spécialistes de tout poil, qui écrivent, expliquent, et sont accessibles pour qui veut s’en donner la peine. Ces projets sont absolument à la portée d’un pays comme la France. »

    Des exemples, des références d’ouvrages, des liens auraient été les bienvenus je trouve.

    Je pense à Bernard Friot pour son « salaire à vie », mais j’aurais aimé découvrir vos sources d’inspiration.

  9. Salut !
    Article intéressant… merci.
    J’ai lu récemment que le progrès social à la française a été lié à la franc-maçonnerie (séparation Église État, planning familial et abolition de la peine de mort notamment), franc-maçonnerie qui aujourd’hui est surtout utilisé pour se faire un « réseau d’influence ». (source : L’atlas des utopies, édition Rue des Écoles, 2014.)
    Donc si on admet que les progrès dont tu parles ont été porté par des personnes influentes en leur temps, on reste sceptique sur ta proposition de porter ce progrès par la base de la société. J’admets qu’il existe énormément d’élus motivés, d’experts compétents et de citoyens « alertes », mais qui ne s’organisent pas encore bien entre eux.
    Espérons que la prise de conscience sur l’état de démocrature fasse bouger les positions, et que la convergence des luttes se meuve en « convergence des projets ».
    je trouve très intéressant la question de ce que peut accepter, ou pas, la majorité, parce que si grand changement il doit y avoir, cela ne se fera pas sans elle. Il faut donc travailler les liens entre militants et non-militants. Entre utopistes et « aliénés du travail », etc.
    Peut-être avons des choses à inventer du côté de notre rythmique personnelle qui nous fait lutter, puis marcher au pas, puis construire une petite utopie, puis baisser les bras, et recommencer…
    a plus.

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