Comment les multinationales chinoises rachètent des terres agricoles en France

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(partie 1)

Le rachat de 1700 hectares de terres effectué dans l’Indre par la multinationale chinoise Hong Yang n’est pas passé entièrement inaperçu. Quelques articles sont sortis entre février et mai 2016, vaguement relayés par les chaînes de télévision, puis le sujet s’est effacé, et rien ne transpire depuis. Des informations plus ou moins fiables et vérifiées ont été publiées sur ce rachat de terres agricoles, avec le nom d’un Français à la manœuvre qui a fini par sortir : Marc Fressange. Puis celui d’une autre multinationale chinoise : Beijing Reward International. Des Sociétés civiles agricoles sont aspirées une à une, comme des groupements fonciers agricoles (GFA), des changements de sièges sociaux vers la Normandie s’opèrent en toute discrétion. Puis vient la holding. Parisienne.

Reflets a enquêté, et offre à ses lecteurs une première photographie de cette « opération commerciale » unique dans l’histoire française, qui pourrait bien mener à la création de fermes géantes d’approvisionnements de la Chine sur le territoire hexagonal. En toute légalité.

Rachats de parts de SCEA pour échapper à la Safer

Le départ de cette opération est basé sur un contournement très simple des règles de rachat de terres agricoles (censées protéger au départ « l’agriculture familiale » en France,) par des investisseurs chinois. Le principe est de ne laisser que quelques parts sociales de sociétés civiles d’exploitation agricole (SCEA) aux anciens propriétaires lors du rachat.

En France, des organismes d’Etat, les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) sont censées réguler les rachats de terres, et permettre que « les projets [agricoles soient] en cohérence avec les politiques locales et répondent à l’intérêt général« . Si une exploitation agricole est rachetée, la Safer du département a un droit de préemption, et de regard sur ce rachat afin d’empêcher que le « modèle français d’exploitation familial » ne soit mis à mal, dit-on au sein des Safer. En réalité, depuis la Loi de modernisation agricole de 2005, cette règle et ces « pouvoirs » des Safer ont été largement assouplis, voire détruits (extrait du site de la Chambre d’agriculture de Haute-Marne) :

La LMA de 2005 est venu légaliser l’émergence d’autres formes d’exploitation à travers de nouveaux dispositifs ou mesures.

•    Le bail cessible ouvre la possibilité de la cession du bail hors du cadre familial, rend possible un accroissement du prix du fermage (par rapport au plafond légal), la suppression du droit de préemption par les SAFER, le congé du preneur, la légalisation des pas-de-porte. Il s’avère que peu de baux cessibles ont été signés depuis l’application de la loi.
•    Le fonds agricole permet une valorisation dissociée du foncier et du capital.
•    Autres mesures en faveur d’un assouplissement du contrôle des structures en matière notamment d’agrandissement des exploitations (relèvement du seuil de surface à partir duquel une autorisation préfectorale est requise, suppression du recours systématique à la CDOA (Commission départementale d’orientation agricole).

•    Les assolements collectifs et les structures juridiques ad hoc, le statut des CUMA, la création de sociétés civiles laitières permettent de légaliser des formes institutionnelles émergentes.

Malgré tout, dans le cas du rachat intégral d’une SCEA, avec changement de propriétaire et donc rachat de l’intégralité des parts sociales de la société, la Safer est prévenue de l’opération et peut intervenir. Dans le bordelais, lors de rachat de domaines viticoles, une responsable de Safer explique par exemple que « Des opérations de rachat de vignobles bordelais par des Chinois ont été effectuées, en intégralité, et dans ces cas là, les Safer peuvent accompagner les nouveaux exploitants, avec un droit de regard, mais aussi en donnant des avantages fiscaux aux racheteurs. Dans le cas des investisseurs chinois des SCA de l’Indre, on ne peut rien faire« . Au point que la Safer a appris que des exploitations agricoles avaient changé de main par des on-dit, et au final, par les journaux, plus d’un an après que la première opération eut lieu . Les investisseurs chinois n’ont pas racheté intégralement les exploitations agricoles, ils ont racheté toutes les parts sociales, moins quelques unes, qu’ils ont laissées aux anciens propriétaires…

Chambrisse : le (presque) départ de l’opération chinoise

La plus grosse SCEA de l’Indre est rachetée fin 2014 par la multinationale Hong Yang (HK) International invetsment company limited à deux agriculteurs-investisseurs britanniques, ayant eux-mêmes acheté cette SCEA quelques années auparavant (et endettés pour d’eux d’entre eux à hauteur de 500 000€ chacun).

chambrisse2

Sur le site officiel du registre des entreprises, la multinationale n’apparaît pas avec son nom complet, il est donc impossible de savoir que c’est elle l’acheteuse :

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Une recherche sur le terme « International investment company limited » donne bien entendu des tas de réponse d’entreprises étrangères de tout type, mais pas Hong Yang. C’est donc l’acte notarié qui indique précisément que l’entreprise chinoise Hong Yang a racheté la quasi totalité des parts des associés de la SCEA Chambrisse :

honghyang-rachat

 

Cette vente de parts sociales de la SCEA a été effectuée pour un montant de 4 millions quatre cent trente neuf mille euros, sur une valeur du double :

montant-transaction-chambrisse

Les investisseurs chinois font donc des affaires quand ils achètent des terres agricoles françaises, puisque les parcelles possédées par la SCEA Chambrisse — et listées dans l’acte notarié — sont au nombre de six, pour une surface totale de 926 hectares. Le montant payé par Hong Yang ramené à l’hectare correspond donc à 4700€ l’hectare. Un prix inférieur au marché dans ce coin de l’Indre, plutôt compris entre 5000 et 7000€ l’hectare. Mais la SCEA Chambrisse est le point de départ d’une bien plus grosse opération que le simple rachat de terres agricoles cultivées dans l’Indre. Cette opération financière de 2014 marque surtout l’entrée en jeu de plusieurs personnages incontournables dans cette affaire, dont Monsieur Marc Fressange, immédiatement nommé gréant de la SCEA de Chambrisse par les nouveaux propriétaires, Hong Yang International (et ses représentants Chinois, Madame Jun Wang et Monsieur Keqin Hu)  :

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Les « vendeurs » britanniques ayant conservé au moins une part restent associés et tout le monde déménage vers la Normandie, tout du moins pour le siège social…

Marc Fressange : le businessman français implanté en Chine qui aime gérer des entreprises agricoles

Le rachat de terres par des entreprises chinoises ne s’arrête pas là. Le fraîchement nommé gérant Marc Fressange en 2014 devient alors très rapidement — durant l’année 2015 — le gérant ou co-gérant de 2 GFA (groupements fonciers agricoles) et de 4 autres SCEA de l’Indre (une sixième a été créée dans un autre département, voir plus bas). Ces sociétés agricoles vont être rachetées à 99% par les amis investisseurs chinois de Marc Fressange et son épouse, puis leur siège social déménagé (pour une grande majorité) en Normandie, à la même adresse que la SCEA de Chambrisse.

Mais qui est donc Marc Fressange ? l’homme est plutôt discret, c’est un ancien diplômé de HEC qui s’est installé en Chine au milieu de la dernière décennie. Il est marié à une avocate chinoise (qui est comme nous le verrons plus bas, la représentante de Hong Yang, madame Wang), ainsi que l’indique un touriste français en voyage dans l’Empire du milieu en 2006 :

Marc Fressange (marié à une avocate chinoise – il paraît que cela aide énormément pour monter une affaire ici et Marc a monté un site de commerce électronique où il propose des produits alimentaires français et européens)

Le gérant de SCEA a crée une entreprise à capitaux étrangers en Chine à cette époque, Ouh La La French Food Co Ltd, qui importe et distribue des produits agro-alimentaire et développe un réseau de magasins pour ce faire, se déclare « directeur Europe » de Chambrisse Investment, une entreprise qui n’existe pas en France, mais dont le dernier terme, investment apparaît récemment dans la structure juridique globale des investisseurs chinois en France. Les informations sur les activités de Marc Fressange ont tendance à s’arrêter en 2014, date à laquelle le premier rachat de SCEA débute :

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ouhlala

Le lien entre l’activité entrepreneuriale de Fressange et son intérêt pour la gérance d’entreprises agricoles en France est assez compréhensible lorsqu’on observe le détail des activités de son business en Chine :

Ouh La La a développe de nombreux partenariats (Société Générale Retail Bankin, MasterCard…) et mène des opérations promotionnelles en association avec la Sopexa, Atout France et le Sial.
Ouh La La France a lance a l’été 2013 Test in China avec la société XTC pour favoriser l’accès des produits agro-alimentaires au marche chinois : Focus Group Consommateurs, Pricing, positionnement produit, importation, vente réseau et via plate-forme internet. Plus d’information sur ouhlalafrance.com

Fressange est tout de même sur Facebook, et il est un soutien — ça ne s’invente pas — des défenseurs de la forêt amazonienne contre les méchantes multinationales qui déforestent :

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Et comme notre gérant est toujours directeur Europe de Chambrisse investment, il a une page Facebook de cette entreprise dont l’existence reste toujours très difficile à prouver :

chambrisse-investment

D’un point de vue strictement marketing, c’est assez léger…

La suite des rachats de terres agricoles dans l’Indre et plus encore…

Marc Fressange est donc aujourd’hui gérant ou co-gérant de 2 GFA et de 6 SCEA : SCEA de Chambrisse, SCEA du domaine de la Tournanciere , SCEA Le Grand Mée, SCEA du Grand Saulay, SCEA des Plaines à blé, SCEA d’Esperabent, GFA Laporte et GFA Kluiskade. La dernière SCEA, d’Esperabent, n’est pas localisée dans l’Indre, mais dans le département du Gers. Cette SCEA est particulière dans la « collection » que Marc Fressange « gère », puisqu’elle n’est pas issue d’un rachat. Elle a été constituée quelques mois avant l’opération de Chambrisse. La SCEA Esperabent est déclarée comme SCEA « de gestion ». Mais l’objet de son activité est bien d’acheter et louer des terres, pour la culture ou l’élevage :

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Par qui a-t-elle été créée ? Suivez notre regard : Monsieur Keqin Hu, dirigeant de la multinationale Hong Yang basée à Honk Kong.

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Viennent ensuite, la SCEA de la Tournancière, toujours rachetée par Hong Yang, en août 2015 :

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La SCEA du Grand Mée est elle rachetée par un autre groupe industriel chinois, Beijing Reward International trade corporation :

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Et là où l’affaire des rachats de SCEA via Marc Fressange devient plus précise, c’est par l’activité de la multinationale Beijing Reward International et celle du couple néerlandais Ammerlaan au sein de leur SCEA : le lait. Pour les agriculteurs qui cèdent leurs parts, c’est l’élevage de vaches laitières sur 3,14 hectares de prairies…

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Et pour les acheteurs, c’est le lait en poudre :

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Mais pourquoi donc Marc Fressange deviendrait-il gérant d’une nouvelle SCEA laitière avec un autre groupe que Hong Yang ? Aurait-il changé de crémerie (façon de parler) ? Pas du tout, puisqu’en réalité, si Beijing international Reward a racheté l’exploitation agricole des Ammerlaan, c’est en tant qu’associée de Reward scientific and technological industry group. Et qui dirige Reward scientific and technological industry group ? Keqin Hu, le patron de Hong Yang.

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La photographie des rachats de terres chinois se précise

Une holding, basée à Paris à été créée fin avril 2016. Elle a comme co-directeurs, Monsieur Marc Fressange et Monsieur Jingwen Zhao, et son président est bien entendu… Keqin Hu. Elle se nomme « Ressources investment« , et non « Chambrisse investment » comme Fressange l’aurait souhaité. Mais des terres sont en cours de rachat ailleurs que dans l’Indre, et Reflets va continuer de dévoiler les méandres de cette opération. Où sont les 700 hectares de plus, tombés dans l’escarcelle de Hong Yang dans l’Indre ? Que font les GFA ? Quel est le business final ? D’autres terres ont-elle été rachetées sur le territoire ou en cours de rachat ?

Une certitude : les multinationales chinoises n’ont pas investi en France pour simplement laisser des ouvriers continuer à jouer avec des moissonneuses batteuses et des machines à traire. Marc Fressange et son épouse, Madame Wang, n’ont pas non plus décidé depuis deux ans de se déguiser en gentlemen farmers.

Le « plan » est beaucoup plus vaste. Et très inquiétant pour l’agriculture paysanne et les territoires en général…

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)


32 thoughts on “Comment les multinationales chinoises rachètent des terres agricoles en France”

  1. Des chinois qui achètent des terres françaises, ça fait des lustres non ? Ne serait-ce qu’avec de nombreux châteaux viticoles.

    Qu’est-ce que ça fait que ce soit des chinois et non pas des américains, des indiens ou des allemands ?

    Quelle est la différence avec un rachat des terres agricoles par des multinationales françaises (c’est pas ça un oxymore ?) ? Ca se fait aussi (comme le château d’Agassac près de la maison de mon enfance), en quoi c’est mieux ?

    Si les chinois ne viennent pas enfouir des déchets toxiques, n’engagent pas des hordes d’esclaves, respectent la loi française voire qu’ils importent nos pratiques vaguement respectueuses dans leurs pays, c’est peut-être mieux que le rachat par une multinationale de souche.

    1. Bonjour. La différence se situe au niveau du type d’exploitations, et de la manière de les acheter. Le viticole est cher, mais les investisseurs chinois payent encore plus cher que les autres. Ils ont le droit. Ils le font. Mais dans le viticole, les Chinois n’achètent pas tous les domaines d’une région, ou plusieurs sociétés foncières agricoles. D’autre part, et c’est très important : le viticole est une activité très réglementée. On ne peut pas monter un système industriel sur de la vigne…

      Là, c’est totalement différent, puisque les cultures ou élevages ne sont pas chers, mais la transaction se fait sans que personne n’ait une chance de pouvoir saisir l’opportunité de racheter. Au delà de cet aspect juridique, le phénomène de l’Indre/Gers est nouveau, et surtout, il n’a pas vocation à faire que des investisseurs (quels qu’ils soient) jouent aux fermiers. Ce que vous allez comprendre en lisant la suite, c’est que le projet est absolument destructeur. Et que des multinationales de souche ou autres que chinoises ne monteraient pas une telle opération. Pour l’heure en tout cas. Cette opération se fait parce que la Chine est la Chine. Et que la France est la France…

      1. « Cette opération se fait parce que la Chine est la Chine. Et que la France est la France »

        Oui, la Chine est le seul pays qui a à la fois le besoin impérieux d’espace et les moyens d’en acheter. Si les États-Unis étaient dans cette situation ils ne feraient pareil : Ils préfèreraient dépenser leurs sous en organisation de coups d’état ou/et en bombardements.

        1. Les Etats-Unis, le Japon, la Belgique…font bien pire que la Chine en terme de rachats. Les français n’ont qu’à défendre leur territoire comme le font les chinois chez eux, c’est à dire développer les activités à notre compte. Il ne sert à rien de critiquer ceux qui sont meilleurs que nous, il faut travailler pour être encore meilleurs. Mais le travail et le français hein…et là on peut dire à ce niveau que « la France c’est la France et la Chine c’est la Chine! » Je trouve cet article à charge sur la Chine assez puéril (encore plus quand il compare la France au massacre de la forêt amazonienne, quelle bêtise), et tout à fait contre productif, ça n’est pas comme ça que la France ira mieux, si c’est encore possible..

    2. Entièrement d’accord avec vous…Ce n’est pas la nationalité de ceux qui achètent les terres qui est scandaleux, c’est donner la possibilité aux financiers d’acheter des terres pour faire, essentiellement, de l’argent. On peut commencer à avoir peur étant donné ce qu’ils ont fait sur les marchés boursiers mondiaux.

    3. J’oubliais : à force de commenter des articles sans les lire vraiment, ou en ne faisant pas l’effort de prendre en compte tous les éléments, l’exercice des commentaires risque de devenir compliqué. Ce ne sont pas des « Chinois » qui achètent, ce sont des dirigeants de multinationales chinoises. Ce n’est pas un vignoble qui est acheté, mais des terres à cultiver, à pâturage. Des multinationales. De Chine. Faut-il expliquer ce que font actuellement les dites multinationales sur la planète depuis plus d’une décennie, en termes de rachats de terres ? Le rachat se fait par un équipementier pour les stations services allié à un fabriquant/revendeur de lait en poudre… A l’échelle de la Chine, avec ses 1,4 milliards d’habitants. Dans l’Indre, le Gers. Et de la Normandie dedans.

      1. Bonjour,

        Je suis d’accord avec le commentaire initial: la nationalité des « investisseurs » importe peu. Mais je prends l’article comme apportant simplement une information, pas comme une croisade contre « les Chinois ». Il faudrait par contre creuser (avis aux bonnes volontés) les autres accapareurs de terre.

        Ce phénomène ne concerne pas que « les Chinois », les USA étant le pourvoyeur principal d’accapareurs de terre, l’Europe étant le plus ancien. Et ça ne concerne pas que la France pour les terres, c’est un phénomène mondial.

        Quelques lectures sur le sujet:
        http://visionscarto.net/accaparement-chine-inde-etats-unis (qui fait le point ooportunément sur quelques idées reçues) et http://www.next-finance.net/Ruee-des-fonds-d-investissement qui présente quelques tendances mondiales (et rappelle « Avec près de 2,5 milliards de personnes, la Chine et l’Inde abritent près d’un tiers de la population mondiale. Les deux pays qui possèdent un ratio « population/terres agricoles » assez faible, cherchent à obtenir de nouvelles concessions loin de leur contrée. »)

  2. incroyable ! et dire qu’il y a des jeunes (et des moins jeunes…) qui rêveraient de s’installer en exploitation agricole, mais ne peuvent pas ayant pas les moyens d’acheter du foncier, n’ayant pas de terres en héritage… c’est là que l’état, et la safer devraient mettre ces terres à disposition pour l’emploi, l’écologie et surtout la logique à ceux qui en auraient vraiment besoin…ce devrait être là leur rôle, non ?

      1. C’est faux. Sur les surfaces, sur tout ce que vous prétendez cdg. L’exploitation laitière a été achetée 250 000€. Et l’hectare à 4700€ c’est en dessous des prix payés par les paysans qui empruntent Pour se lancer. Vous dites n’importe quoi et vous êtes un troll fabuleusement déplaisant, prétentieux et donneur de leçons…

          1. Celle de plus de 900 hectares, qui est un énorme regroupement de terres. Pas celles des Hollandais de 3,4 hectares. Comme d’autres assez petites. Le problème est ancien sur l’augmentation des tailles de terres agricoles, il a commencé dans les années 70. Et les paysans se plaignaient déjà. Le prix à l’hectare est bas pour la transaction à 4 millions. Moins de 5000 euros l’hectare. DOnc le problème n’est pas que les Chinois payent un prix délirant. Au contraire…

  3. Comme expliqué au début de l’article, les Safer ne pouvaient pas pour cause de rachats de parts sociales partiel. Le Foll s’est défendu en mai 2016 en expliquant que la nouvelle loi de janvier 2016 pour l’avenir de l’agriculture permet désormais aux Safer de se mêler de rachat de parts sociales dans les SCEA si d’autres opérations surviennent. Sauf que comme je vais l’expliquer par la suite, cela ne pourra se produire… Et personne ne pourra rien faire.

  4. Merci pour cet article, en attendant la suite… En particulier, il va vous falloir montrer en quoi le « modèle français d’exploitation familial » risque d’être mis a mal. (donc que la SAFER serait intervenue si elle le pouvait)

    Les dégâts d’une loi parue en 2005 sont visibles en 2016. Donc le problème sera probablement réglé dans 10 ans?

  5. On reste un peu sur la faim. « Le « plan » est beaucoup plus vaste. Et très inquiétant pour l’agriculture paysanne et les territoires en général… ».
    Parce que personnellement que des chinois achetent des part d une exploitation agricole a des anglais me gene pas du tout. Pas plus que s ils seraient russe bresiliens ou martiens !
    La chine a enormement d argent (vu ses excedents commerciaux) et elle doit bien les placer a quelque part. Que ca soit en renflouant Peugeot ou en achetant des terres dans l indre est plutot une bonne chose tant qu ils respectent les lois francaises (et peut etre qu a ce niveau ils seront plus clean que nos paysans FNSEA. en tout cas, ils n auront pas l impunite que les paysans francais ont, bein au contraire, la police justice sera ravie de se payer un chinois)

    Et si le fait d avoir un proprietaire chinois permet d ameliorer l exportation de produit francais (que ca soit voiture ou lait) en chine, on est nettement gagnant

    PS: je suppose que vous voyez le risque en pensant que les chinois risque d affamer les francais pour nourrir leur compatriotes. Mais si ca devait arriver, ca signifierait que le systeme dans lequel on vit a explosé. et donc qu il est assez peu vraisemblable qu on puisse encore envoyer de la nourriture a l autre bout du monde (plus de bateau capable de le faire, plus de carburant, risque de pirates, pillage de l exploitation francaise par des affames …)

    1. Non. Je ne pense pas ce que vous essayez de me faire penser. Et comme j’ai beaucoup d’autres informations, je pense juste que l’opinion permanente de certains donne juste envie d’arrêter de publier quoi que ce soit.

    2. Le gros problème, c’est qu’ils font en sorte qu’ils demandent aux propiètaires des terres qu’ils convoitent de se mettre en société, ensuite, ils rachètent un maximum de parts de la dite société à un prix très supèrieur au prix du marché… Et les copains qui veulent une bonne retraite (qu’ils n’ont malheureusement pas) font la même chose… société et vente au prix fort… Et le jeune qui veut s’installer pour faire un vrai travail de paysan ne trouvera plus de terre au juste prix…

      1. Vous tenez ces informations d’où ? Dans le cas de la SCEA de 900 hectares, elle est ancienne, et aucun Chinois n’a rdemandé qu’elle se crée. Comme les terres pour les vaches laitières, aucun Chinois à l’horizon pour leur demander de la créer la SCEA. Ca c’est de la rumeur qui ne se vérifie pas dans la réalité cette histoire des Chinois qui demandent aux paysans de se monter en SCEA. Désolé.

  6. La terre propre, nouvelle, future, ou déjà une denrée rare ? Vu l’état du pays du milieu, denrée déjà convoitée, selon moi.

    si seulement on était un peu moins gentils on les laisseraient pourrir dans leurs environnements qu’ils ont déjà bien salopé et on leur tiendrait tête aujourd’hui pour les faire payer plus chers, demain, les produits de notre confection.

    Ne vous méprenez pas, j’aime beaucoup les chinois depuis ma longue escapade la bas, sauf bien sûr leur pragmatisme à tout va qui laisse ce beau pays dans l’état qu’il est aujourd’hui, mais le sujet qui nous préoccupe ici est bel bien de l’ordre de la souveraineté nationale, il faut être plus agressif.

    1. Bonjour, j’ai peut-être lu trop rapidement l’article, mais il ne semble pas donner l’objectif final.
      J’ai l’impression que ce projet vas dans le même sens que l’usine synutra de Carhaix, proposer au chinois l’accès au produits agricoles français, qui ont bonne réputation en Chine. La différence, c’est que au lieu d’acheter les produits agricoles, ils mettent la main sur les fermes, et interdit définitivement l’accès de ses denrées alimentaires au marché français,europeen, et mondial. La France deviendrait donc a terme une ferme géante a destination exclusive du marché chinois. Et pourrais n’ous privé du produit de nos fermes en cas de crise agricole.

  7. Non, justement, ce n’est pas la souveraineté qui est le sujet, malgré les apparences. Ce sont des choses bien plus graves qui sont déjà largement entamé et nous mènenent tout droit à l’abattoir industriel. Mais bon, l’époque étant ce qu’elle est, tout sujet part dans l’opinion politique mâtinée de populisme. Désolé, je suis agacé aujourd’hui.

  8. Bonsoir, un article intéressant, mais étant donner ma faible culture entrepreneuriale, j’ai du mal à percevoir la finalité de ces opérations et de cette article en lui même ?

    Doit on craindre une colonisation commerciale, ou s’agirait-il plutôt d’une opération d’achat comme celle ayant eu lieu il y à quelques années sur les céréales visant à faire grimper le coût de ceux-ci, afin d’en tirer d’avantage de bénéfice lors de la revente des stocks ?

    Le commentaire de Wang est intéressante, il tend à laisser croire que « la chine » (des entreprises chinoises)souhaite accaparé des terres cultivable saine pour y cultiver de quoi nourrir une partie de sa population au détriment de la population française, mais je pense que dans un telle cas, l’état français resterais toujours garant d’un droit de préemption des terres nécessaire à nourrir sa population, ou j’me goure ?

    Ayant lu l’article en entier, mais ayant fait l’impasse sur quelques documents (il est tard need dodo), j’ai peut être loupé des éléments clef, quoi qu’il en soit, merci Dapher pour ce travaille d’investigation, reflet est un bon site d’info qui mériterais peut-être de paupériser sa complexité pour favoriser son accessibilité.

    Ps hors sujet: à quoi servent les modules Java L0g.us et wp.com présent sur se site ?

  9. Drapher> « les chinois » rachètent les terres cultivables en France, d’accord; mais la législation française et les normes françaises continuent de s’appliquer sur les cultures produites dessus, non?
    Ou risque-t-on justement d’avoir du grand n’importe quoi sur les techniques de production au motif que « le terrain appartient à une multinationale chinoise, on applique les normes chinoises » ?

  10. Bonjour,

    Je suis originaire de l’Indre, et ma famille possède une ferme.

    Il faut arrêter de dire que la SAFER ou les Chambre d’agriculture ne font rien pour installer les jeunes. Elles agissent, cependant, parfois à mauvais escient. Elles fixent des règles qui imposent de suivre leur conception de l’agriculture (et on alors est loin du bio et de l’agriculture « paysanne »). C’est pour cela j’aurais beaucoup de mal à reprendre la suite, car je n’ai pas suivi la voie tracée, et que j’ai des idées saugrenues (installer des éoliennes, quelques panneaux solaires, etc…).

    En terme de revenus, depuis les années 80, le paysan a vu son revenus à l’hectare divisé par 3. Et avec les normes environnementales et la politique agricole actuelle (du niveau état jusque local, quelque soit le bord politique), la seule solution est de s’agrandir. Faire vivre une famille de 4 personnes, avec un niveau comparable de confort par rapport aux citadins, requière 300 à 350ha dans l’Indre, minimum, avec le conjoint qui travaille l’extérieur. En cas de production laitière, retrancher 100ha, et ajouter une contrainte sur les animaux (on ne part pas en vacance facilement, il faut que quelqu’un de compétent s’occupe des animaux pendant ce temps là!).

    Évidement ils aident aussi des jeunes à monter des projets en bio, mais au niveau aide (technique de production, gestion, etc…) c’est quedalle. Les projets ne permettent pas à l’agriculture de dégager suffisamment juste pour vivre (acheter à manger, et tout les basiques (eau, électricité, téléphone/internet; pas de loisirs/vacances/etc…). On pourrait arriver à se dire que ce sont des projets juste pour dire que le bio, ça marchera jamais, en fait. En exemple, voir un projet du coté de Chabris(Indre).

    Faut-il avoir peur des investisseurs chinois, pour le moment, c’est difficile à dire. Pour le moment ils ont la réputation de racheter à bon prix des exploitations très endettés et évitent à l’agriculteur de finir en slip, souvent pas trop loin de la retraite.

    Après il faut voir comment les chinois investissent en Afrique. Au Kenya, ils privatisent des terres arables. Ils importent tout, main d’œuvre, semences, tracteurs/matériels agricoles etc… Et le territoire et ses habitants, ben rien pour eux. Et ils exportent leurs productions vers la Chine. Ils consomment l’eau et épuise la terre.

    Avec ça, je dirais qu’il faut se méfier. Après on ne produit pas en France, comme en Afrique. Les normes s’appliquent même si c’est une société étrangères. Après c’est sur qu’une puissante multinationale aura plus de force fasse aux structure administrative de contrôle qu’un simple paysan isolé.
    Cette année pourrait être l’année des chinois, avec les mauvaises récoltes, beaucoup
    d’exploitations vont être très vulnérables, et à un moment facile à racheter pour les chinois, et sûrement encore moins cher. Et nos chers politique mettent en place des systèmes d’aide pour prendre en charge les intérêts de prêts. Mais quel banque prête à une exploitation agricole suffisamment endettés pour bénéficier de cette prise en charge? Aucune.

    D’un côté si les chinois arrivent à investir aussi facilement c’est à cause de la vision court-termiste et le refus du changement au niveau politique tant local que national. On peut aussi noter l’inefficacité notable de l’administration pour structurer et pérenniser l’activité économique sur les territoires.
    On se demande si la volonté n’est pas de transformer les paysans en sage paysagiste.

    Je suis sûr que si on sécurisait un tant soit peu des revenus corrects aux paysans, avec un vrai support technique (rôle des chambres d’agricultures) en méthode de production, les paysans se mettraient au bio sans trop se poser de questions, et sans trop gueuler pour la plupart (faut accepter aussi que les paysans râlent un peu aussi ;) ).

    Pour le moment faire du bio est risqué, comme cette année où les producteurs bio ont récoltés encore moins que les autres. De plus, ceux qui commencent sont sous-conseiller sur comment faire, et sur les méthodes possibles de production, malgré les associations que se mettent en place. Il faudrait de la R&D bien plus importante, et peu en font aujourd’hui.

    1. Les paysans bio s’en sortent toujours mieux en moyenne que les non bio. Je n’ai aucune pitié pour les paysans pollueurs, qui selon vous sont « obligés » de s’agrandir !

      Quant à ce que fait la Chine en Afrique, au moins elle paye, quand nous nous avons pillé à une époque…

  11. merci pour cet article. je vais faire tourner. Je savais que la situation était grave concernant le foncier agricole mais je ne me rendais pas compte à quel point.

    Si vous vous demandez comment agir pour limiter la catastrophe, je vous invite à rejoindre le mouvement Terre de Liens pour « faire pousser des fermes ».

    https://terredeliens.org/
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_de_Liens

    C’est un beau projet efficace et pragmatique qui contribue à la lutte contre l’industrialisation de l’agriculture et la spéculation sur le foncier agricole en faciliter la transmission ou la création de fermes.
    Plus nous serons nombreux à le soutenir, plus on pourra sauver de surfaces au bénéfice d’une agriculture paysanne créatrice d’emploi et respectueuse de l’environnement.

    Objectivement aujourd’hui on n’a rien a gagner et tout à perdre à confier son épargne au système bancaire classique. Alors autant se tourner, avant la prochaine crise financière, vers une épargne citoyenne qui investit dans la création ou la reprise d’exploitations agricoles. C’est de l’épargne véritablement utile qui a du sens et se trouve au final mieux sécurisée qu’à la banque puisque les fermes, elles, seront encore là même après le prochain crash bancaire.

    @megagolgoth : pas d’accord, il y a des alternatives à l’agrandissement sans fin (= endettement sans fin). Les exploitants qui sont sortis de ce cercle vicieux s’en portent plutôt bien tant au plan économique et qu’en qualité de vie.

    Pour info, Terre de Liens ne se contente pas d’aider à la création ou la reprise de fermes en bio en facilitant l’accès au foncier sous forme de bail environnemental, il y a aussi tout un accompagnement des porteurs de projet qui en outre bénéficient du soutien du réseau. L’agriculteur n’est plus seul, même s’il reste le pilote. Le mot  » lien » ne figure pas dans le nom par hasard :)
    ça pourrait répondre en partie aux problèmes que que tu rencontres pour ton projet de reprise. ça vaudrait vraiment le coup d’en discuter avec le délégué Terre de Liens de ton secteur, ça n’engage à rien mais peut te réserver de belles surprises.

    Dans tout les cas, bonne chance pour ton projet

    Isa, terre-liée depuis 5 ans

  12. Bonjour,
    Les rachats de terre en France par des compagnies n’ayant aucun scrupule en matière écologique (holdings de Chine ou autre) sont catastrophique en ce sens qu’elles vont très probablement faire en France ce qu’elles ont fait et continuent de faire dans leur pays : désertifier les sols, les rendre impropre à tout usage. Je vous propose la lecture de cet article qui date déjà un peu, et qui contenait des liens vers des sources d’informations diversifiées:
    http://meets.citrotux.org/2010/01/28/nos-amies-les-forets/
    lisez tout spécialement cette partie et la page externe liée:
    «La Chine est l’un des pays les plus sévèrement affectés par la désertification. Plus de 2,67 millions de km² de terres ont été désertifiées, soit 27,9 % de la superficie globale du territoire du pays et équivalant à 4,8 fois la superficie de la France.»

    vous comprendrez que la Chine n’a plus assez de terres cultivables. Ces achats correspondent à une invasion sous couvert commercial. Par ailleurs j’ai ouïe dire que c’est la Chine qui possèderait le montants les plus importants des dettes des divers pays endettés… @monopoly_inside ?

    Pourquoi avais-je écrit cet article ? Après avoir reçu une newsletter de chez Kokopelli super méga alarmante sur la désertification, je voulais en savoir plus. Si c’était vrai, pourquoi personne ne faisait rien ? À la suite de ces recherches j’ai conclu que c’est réel.

    Ces rachats de terres suppriment de l’équation la possibilité pour des agriculteurs français (bios et raisonnés tout en même temps, cf l’Agence Bio, http://agencebio.org/, Terre de Liens, https://terredeliens.org/) de gérer la fertilité des sols et de maintenir l’humus qui permet à notre espèce (les humains) de vivre et prospérer.

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