Changer la société : le hacking pour modèle

(parce que de nombreux commentaires renvoient une forme d’impuissance, de pessimisme fort compréhensible face aux constats politiques et économiques développés ici-même, il est important d’amener aussi des aspects constructifs et positifs à toute cette histoire. Les crises sont facteurs de création, de liens et d’inventivité puisqu’elles forcent à compenser les difficultés inhérentes qu’elles génèrent. Il est possible de hacker la société, à son échelle individuelle, et avec un mouvement de ce type de plus en plus partagé par le plus grand nombre, de faire basculer un peu les choses, voir beaucoup.)

Pour les plus jeunes, les moins de 25-30 ans, certains modes de fonctionnement sont quasiment inconnus. Par exemple, les trois ou quatre gugus qui entourent un capot ouvert de voiture avec tout un tas de clés, de tournevis et autres canettes de bière autour et qui passent plusieurs journées à réparer l’engin. Voir à fabriquer une chèvre en bois, installer une chaîne avec une poulie dessus, sortir la bête et l’ouvrir, pour en changer par exemple le disque d’embrayage.

Enfin, bref, il fut une époque où pas mal de monde bidouillait les voitures, mais pas seulement. A une époque pas si lointaine (il y a 20 ans) l’auteur de ces lignes construisait sa maison à partir de matériaux de récupération ou piochés dans la nature : le résultat du hack de l’habitat en question fut un coût de quelques milliers de francs, avec autonomie complète en eau (source), chauffage (bois) et électricité (solaire). Les années passées dans cette maison démontrèrent simplement qu’on pouvait très bien vivre en ne payant rien. Le seul oubli du hacker en question fut de forcer l’ami qui lui avait donné le terrain de lui permettre de demander un permis de construire…

Il est évident que les oligarchies qui tiennent l’économie, et par défaut l’orientation politique du pays, sont très dépendantes du fonctionnement de la population. Si la population se met à contourner certains fonctionnements, à ne plus passer par les « péages » des oligarchies, celles-ci vont se trouver très ennuyées. Voir un peu obligées de changer de registre. Nous parlons là de modèle de société et de mode de vie.

Changer soi-même, avant de vouloir changer le monde

L’attente populaire à chaque élection est symptomatique d’une société adolescente, voir enfantine, qui se fait croire, le temps d’une campagne électorale, que l’alternance politique va « changer leur vie ». Il va de soi que lorsqu’on est adulte, on sait qu’on ne peut changer sa vie « que par soi-même ». Mais cette élection est intéressante à plusieurs titres parce qu’on sent que les citoyens ne sont plus véritablement dupes et savent pertinemment que leur vie ne changera pas par des décisions politiques venues du haut. En tout cas, les enquêtes à ce sujet le soulignent. Et vis à vis du sujet qui nous occupe, la société et le système qui la régit, seuls 8% des sondés d’une enquête publiée dans le Monde du lundi 2 mars, estiment qu’il faut conserver ses fondamentaux, 33% qu’il faut absolument tout changer, 88% qu’il faut en changer une bonne partie.

Le fond du problème est qu’une société n’est en réalité que la somme d’individus et de leurs fonctionnements. « On a la société qu’on mérite » résume assez bien ce phénomène. Une société composée majoritairement d’individualistes génère une société…individualiste. Une société de frimeurs superficiels, donne une société superficielle et m’as-tu-vu. Des consommateurs compulsifs, une société consumériste. Mais au delà des ces constats un peu basiques, c’est l’aspect quotidien, social et économique qui déterminent les grandes tendances qui elles-mêmes vont orienter les fonctionnements des structures décisionnaires. De façon claire : si les Français commencent à moins acheter  de voitures, les ministres et les PDG des grandes entreprises se déplacent dans les médias, très inquiets. Si les supermarchés, les magasins de fringues de luxe, les points de vente de gadgets numériques commencent à être désertés, les dirigeants des méta-entreprises mondiales qui tiennent ces monopoles de production ont un souci. Et vont venir voir les clients-consommateurs-citoyens pour trouver des solutions…lesquelles seront très différentes fonction du pourquoi les  clients-consommateurs-citoyens ont arrêté d’acheter ces produits.

Oui, mais il ne sert à rien à attendre, encore une fois, que cet aspect des choses devienne réel, même si il commence à se manifester de plus en plus (sauf pour le luxe, mais on sait pourquoi) : parce que le principe d’un hack est basé sur le « do it yourself », pas du « wait for everybody ». Parce que hacker la société est tout à fait possible, mais demande à ce que l’on hack soi-même sa propre vie, et donc son propre fonctionnement dans la société. Ce qui est une action toute politique, quotidienne, et qui plus est, peut amener un maximum de « bénéfices » personnels, avant même de parler du bénéfice collectif.

C’est quoi le hacking ?

Parlons du hacking au sens large, et de son principe. Couper quelque chose en tranches, le comprendre, le modifier, l’adapter à ses besoins, le re-fabriquer soi-même :  le principe de hacking est contenu dans ces quelques concepts. Linux est aujourd’hui encensé, il y a 15 ans quand vous en parliez, tout le monde vous regardait avec des yeux comme des billes, et après explications ou démonstrations, pas grand monde ne voyait vraiment l’intérêt de la chose.

Sachant que le système Linux n’existe pas en tant que tel, mais uniquement GNU/Linux. Sans Richard Stallman et son GNU, le noyau monolithique de Linus Torvalds (nommé de façon pédante par son auteur de départ avec son propre prénom modifié du x d’Unix) n’aurait rencontré que les quelques centaines d’applaudissements des membres de l’université d’Helsinki et le « bidule » de Torvalds serait resté confidentiel.

Parce que Stallman, au delà des apports du GNU qui ont permis que le noyau Linux devienne véritablement un OS à part entière, a déclaré des principes politiques, économiques déclinés avec les licences de copyleft bases de l’open-source, du libre et que ces principes fondent désormais le cœur de la communauté mondiale du dit libre et du dit open-source. Stallman est un hacker du MIT qui a débuté son activité de hacker dans les années 70 et a « hacké sa propre vie », et pour autant personne n’a envie de prendre Stallman pour modèle (ce qui serait ridicule). Par contre, des pistes de hack quotidiens, de société sont présentes dans « l’œuvre globale de Stallman », et du hacking en tant que tel.

Hacker c’est faire les choses, pas attendre qu’elles arrivent.

Si tu as un problème avec un appareil, essaye de le résoudre par toi-même, n’attends pas que l’entreprise qui te l’a vendu te le répare ou te le change. Si tu as envie d’un appareil qui n’existe pas dans le commerce, cherche à le fabriquer toi-même, n’écris pas à des entreprises pour qu’elles te le fabriquent et te le vendent ensuite. Si tu as envie d’un logiciel et qu’il n’existe pas ou seulement en version copyright, code-le ou fais-toi aider par d’autres pour le coder.

Tous ces principes, les adeptes du hacking informatique/électronique les connaissent très bien et les appliquent au jour le jour. Mais ils sont applicables à d’autres niveaux ces principes. A tous les niveaux en réalité. Et c’est là que se trouve certainement la piste principale du changement mondial qui a commencé (un peu) à s’opérer l’année dernière avec la révolution tunisienne, puis les mouvements des indignés espagnols, américains, anglais. Ces gens là ont « fait ». Ils ont inventé des modes de participations aux débats, de communication avec le gouvernement, avec le reste du monde, créé une émulation etc…

Ce mouvement  n’est pas bien entendu une finalité puisqu’il ne peut être que temporaire et avant tout revendicatif. Mais il contient de nombreux ferments du hack de société possible : dans le mode de participation populaire, des systèmes électifs etc… Sauf qu’il lui manque peut-être le principal : l’action concrète quotidienne face à ceux qui « tiennent les rênes du pouvoir économique et politique ». Cette action quotidienne n’a pas besoin d’être revendiquée ou visible, n’a pas besoin de slogans ou de membres déclarés : elle est simplement une manière de fonctionner différente, basée sur une autonomie et une capacité à s’emparer des difficultés pour les contourner au lieu de les subir ou d’attendre d’hypothétiques changements venus d’ailleurs.

Des exemples !

Oui, des exemples valent mieux que de longues théories : vous n’appréciez pas la pseudo-démocratie dans laquelle vous vivez parce qu’à part aller mettre un morceau de papier pour un cravaté aussi franc et sincère qu’un arracheur de dents et ensuite ne plus pouvoir rien faire face aux décisions du cravaté qui affectent votre vie quotidienne, vous ne pouvez rien influencer. Vous n’aimez pas les grandes multinationales qui écrasent tout, les grande boites qui licencient plein de gens pour faire plus de bénéfices, les tarifs qui augmentent et votre salaire qui chaque année fond plus vite, l’impression d’être une vache à lait etc, etc…

Mais la question centrale est : êtes-vous dans une démarche quotidienne de hacking ou  bien une démarche de consommation passive ? Combien filez-vous de thunes aux entreprises géantes que vous détestez ? Un appareil tombe en panne, vous le jetez ou vous le réparez ? Vous avez envie de quelque chose, vous allez consulter un site commercial ou vous cherchez comment le réaliser par vous-même, avec un groupe de passionnés ? La consommation électrique, rien à cirer ou bien des tentatives de la réduire, voire de se passer partiellement ou intégralement d’un fournisseur d’énergie ? La nourriture : si vous passez par une structure de type AMAP ou La ruche qui dit oui, ça risque d’embêter Michel Edouard et ses trois ou quatre copains qui s’entendent sur les prix dans leurs hypermarchés, et en plus vous allez arrêtez de manger de la merde. Sans compter les petits producteurs qui peuvent vivre décemment en n’étant plus écrasés par les centrales d’achat des grands groupes agro-alimentaires. La liste est longue du hacking quotidien. Tout ça n’est qu’histoire d’envie, d’intérêt. Et puis surtout : demander le changement sans changer son fonctionnement est absurde. Financer les bourreaux et ensuite leur demander d’être cléments ?

Alors, il va y avoir bien entendu des levées de bouclier, elles sont connues et archi-connues, rabâchées, et totalement has-been, absconses, sans intérêt. Pour gagner du temps, je les cite (imaginez une voix de crécelle avec un ton outré) :

— « Mais ça coûte plus cher (solaire, amap etc), c’est un truc pour les riches, ils font comment les pauvres, hein ? »

Mort de rire : le hacking au sens large ne demande pas de moyens, mais du temps et de l’énergie. Les économies réalisées sont conséquentes une fois la démarche amorcée : les regroupements d’achat, un petit panneau solaire pour deux ou trois équipements permettent d’être au contraire plus autonome, de mieux vivre, moins payer. Arrêter d’acheter des trucs « nouveaux » en recyclant des occases, même punition. En gros tu dépenses moins de thunes, t’es moins dépendant, et au lieu de te payer un écran plat de 245 cm, t’investis dans ton autonomie future et le gros doigt que tu fais aux multinationales.

— « Mais si beaucoup de gens arrêtent de trop consommer, ça va faire perdre des emplois ! » Ah ouais ? Vous savez combien d’emplois divers et variés des centres villes ont été perdus avec l’implantation massive des grandes surfaces depuis 15 ans : des millions. Et puis de toute façon, vous le faites pour vous le hack, par pour « les emplois », et en plus on ne sait absolument pas ce que peut générer ces démarches individuelles et/ou collectives d’un point de vue global puisqu’on n’a pas essayé. Par contre la version « je hack rien, je consomme, je jette « , on a testé, et on a le résultat.

— « Mais tout le monde ne peut pas faire du hacking, c’est élitiste quand même ! » Ah ouais ? Sans blagues ! Ben c’est bien dommage pour « tout le monde ». Mais c’est surtout faux : il y a 40 ans presque tout le monde savait réparer sa voiture, son poste de radio ou sa machine à laver. Et actuellement, avec l’accès à la bibliothèque mondiale numérique c’est encore plus facile. Suffit de savoir lire. Mais bon, si c’est à ce point là…

— « C’est compliqué et surtout j’ai pas le temps ». Ben voyons. Comme disait un vieil ami philosophe, il y a fort longtemps à propos de ces prétextes de manque de temps : « dans une journée tu as 24 heures. Si tu « donnes » 8 heures à la société dans un emploi, il te reste 8  heures pour dormir et les 8 heures restantes tu peux faire des milliers de choses. Ce n’est qu’une histoire d’organisation…et de choix. »

Voilà, voilà : des groupes se créent depuis plusieurs années, un peu partout : des villages autonomes, des regroupements de consommateurs, des hackerspaces de réparation, de création d’outils, des jardins potagers collectifs, des systèmes citoyens contributifs et participatifs, des Scopes d’anciens employés qui ont racheté leur boite ou créé la leur…

Tous ces hacks au sens large, vis à vis d’un système économique ultra concentrationnaire, monopolistique, anti-social et esclavagiste, loin des idéaux démocratiques peut être hacké à sa propre échelle un tant soi peu, voir beaucoup. Ces hack libèrent, permettent des rencontres, ouvrent d’autres horizons, et en plus, s’ils deviennent de plus en plus nombreux, peuvent changer la donne sociétale, allons savoir…

Pour finir, un hack politique et économique pratiqué en Espagne, à l’échelle d’une petite bourgade, mais qui dure depuis plus de 30 ans : Marinaleda. Intéressez-vous à cette expérience réussie et fascinante, uniquement portée et maintenue par ses habitants : il y a là quelque chose qui peut nous aider à réfléchir autrement. Parce que ce qui est déclaré impossible ou utopique par les élites n’est jamais tenté, à l’inverse de ce qui fonctionne très mal et crée de la souffrance et de l’exclusion. Bizarre, non ? Mais j’oubliais : les hackers, ce sont des pirates, et les pirates, faut les arrêter…

Twitter Facebook Google Plus email

95 thoughts on “Changer la société : le hacking pour modèle”

  1. Article intéressant (comme d’habitude), cependant:

    « le noyau monolithique de Linus Torvalds (nommé de façon pédante par son auteur de départ avec son propre prénom modifié du x d’Unix)  » est juste faux, en effet, Torvalds voulait l’appeller Freax, mais (je cite wikipedia):

    « Initialement appelé Freax par son créateur, le projet trouve son nom définitif grâce à Ari Lemmke12, administrateur du serveur FTP http://ftp.funet.fi, qui héberge le travail de Linus Torvalds dans un répertoire nommé Linux. »

    Ce n’est donc pas lui qui a nommé son noyau à partir de son prénom :)

  2. Je connaissais l’histoire du nom « Freax » proposé par Torvalds, d’ailleurs le documentaire Nom de code Linux sur l’histoire de Linux est très bien foutu et mérite d’être regardé.

    https://www.youtube.com/watch?v=akNUeid1BVA

    Mais je retiens aussi que Torvalds n’était pas prêt du premier coup à basculer son noyau en GPL, qu’il a été convaincu par l’admin du FTP, et que pour le nom, même si ce n’est pas son invention, en tout cas, il a accepté qu’il porte son nom, et cette petite saillie est là parce que GNU/Linux doit avant tout à toute la communauté, dont beaucoup à celle du GNU, et que le Torvalds est un peu mégalo quand même. Enfin bon, c’était pour dire de mettre un coup de patte…et puis ce n’est que mon avis, hein…

  3. Excellent article qui tente comme beaucoup d’autres à mettre à jour les idées libertaires grâce à la contribution des nouveaux moyens de communications.
    Dans le même veine – mais certainement moins bien tourné – j’ai moi aussi apporté ma contribution « théorique » (pour la pratique c’est toujours en cours ;)) pour le basculement du système d’exploitation sociétal vers le « libre » dans un texte, L’archipel pirate 2.0: http://portapluma.blogspot.fr/2012/03/l-archipel-pirate-20.html
    Si Refeflets.infos n’existait pas faudrait l’inventer ;D

  4. Réapprendre l’autonomie. Il faut s’interroger sur le rôle de l’école qui nous enseigne seulement la dépendance. On n’y apprend pas à se soigner, remplacer une ampoule, cuisiner sainement mais à dépendre de corps de métiers qui vont facturer leurs services (+TVA qui engraisse une armée de fonctionnaires). Ce modèle fonctionnait lorsqu’on avait pas encore délocalisé et qu’il y avait « plein emploi ». De nos jours, l’école fabrique des chômeurs qui seront incapables de réparer leur vélo, leur ordinateur, leur télévision. A force de louer de l’espace cerveau disponible, la TV fabrique une société de débiles niais dont la seule fonction est de consommer. Quant à réparer soi-même, ce sera bientôt interdit et impossible (voir le nombre de pièces voiture qui ne se démontent plus ou dépendent d’un boîtier électronique auquel le garagiste n’y comprend rien). Une société du jetable, malgré les grandes phrases recyclage, écologie… Demandez donc à un ministre ce qu’il sait faire de ses 10 doigts, hormis taper son code de carte bancaire pour acheter des compétences

  5. Bravo!

    Cet article est absolument fabuleux. Je m’étais toujours dit que le plus gros problème des français en général était leurs mentalité. Et je viens de m’apercevoir que je ne suis pas le seul à penser de cette manière.

  6. Je suis allé voir le concept de Marinaleda, c’est très intéressant mais j’ai l’impression que, dans ce genre de structure, ca marche tant que tout le monde joue le jeu. A partir du moment ou quelqu’un essaye de faire du profit perso, tout le modèle s’effondre.

    Donc je sais pas…

    1. Et tu as entièrement raison.
      C’est pour ça que ça demande une énorme cohésion, et sans doute pas mal de compromis. Sinon la balance altruiste/égoïste, une fois déréglée, ne peut pas faire fonctionner, à terme, ce genre d’initiatives.
      On peut le voir d’un point de vue éthologique avec certaines espèces.

  7. Merci, Je suis assez d’accord avec Karla: le monde d’aujourd’hui, fait tout pour qu’on ne puisse plus de débrouiller seul: automédication: dangereux, accoucher chez soit: trop dangereux donc surprime d’assurance au sage femme qui serait encore d’accord pour le faire, apprendre seul en famille: hyper-contrôlé des fois que les parents fassent pire que les instits avec certains malheureux élèves. Bricoler ses appareils: vis piégés+ pièces en plastique qui cassent etc… tout est fait pour nous en dissuader. Faire son jardin: même là dedans l’industrie Monsanto et compagnie ont réussi à y mettre leur poison. Mais il est encore temps de résister tu as bien raison.

  8. Je suis globalement d’accord, cependant certaines choses demanderons quand même, des usines ou autre.
    Je veux bien créer moi-même ma dalle LCD, mais bon, ça reste pas à la portée de grand monde de façon artisanale, de même que la création de processeur.

    Disons que l’on peut considérablement réduire notre dépendance au système de grande consommation.

    Et merci pour l’exemple de Marinaleda, je connaissais pas, ça va me donner des idées.

    Enfin, je pense que le ‘hacking de la vie réelle’ ne peut se faire que progressivement. Mine de rien, sans parler que ça coûte ‘hyper cher’, mettre en place une éolienne ou des panneaux solaire ce n’est pas gratuit, mais reste de plus en plus abordable.

    Après, je veux pas être méchant, mais bon, même si j’avoue devoir emmener ma bagnole au garage pour faire changer les pneus, pour moi c’est loin d’être nouveau. Quand tu viens de Creuse, acheter le jambon, les bouts de bidoche directement chez les producteur, et faire pousser un vrai jardin, élever ses poules pour les oeufs ça n’a rien de nouveau !

  9. En fait, le problème n’est pas de se poser des questions sur la viabilité potentielle ou non d’un tel projet, mais de regarder comment et pourquoi il fonctionne depuis 34 ans. Pas 3 ans, 34 ans. Ecouter le reportage radio permet de mieux comprendre comment fonctionne Marinaleda.

    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2329

    Pour ta question du « profit perso », ça ne peut pas le faire, puisque c’est une commune qui a installé ses propres règles, règles qui empêchent de faire du profit perso. Mais les citoyens ré-élisent leur maire depuis 1978 malgré cet « empêchement de faire du profit perso ». Comme quoi…

  10. c est vrai que les gens reparent de moins en moins de choses et jettent de plus en plus. L une raison c est le prix (reparer coute plus cher, meme si vous le faite vous meme dans certain cas. acheter la piece detachee est quasiment aussi cher que le produit complet)
    Quant aux voitures, c est devenu quasi impossible sans equipement: j ai repare ma R5 et jusqu a ma ZX (1994) c etait faisable. Maintenant je crois que ca va etre sacrement complique avec ma passat. Mais reconnaissons que les voitures sont quand meme bien plus fiables qu avant

  11. Merci de rappeler qu’il est parfaitement possible de « consommer » autrement (même si la consommation de biens/services n’est pas le but premier du hack).

    Un problème se pose cependant, on ne peut pas toujours détourner/personnaliser/transformer un produit pour le plier à notre volonté.
    Je prends pour exemple ma voiture (de 2006); certains composants sont carrément noyés dans une masse de résine pour m’empêcher de remplacer moi même un condensateur cramé et devoir racheter le bloc à la place …
    Avec mon ancienne voiture de 1987, je pouvais tout changer et même adapter des pièces d’autres modèles.

    Pour les besoins primaires, pas de problème, des producteurs ont assez de courage et d’intelligence pour tenter la vente directe (ou via coopératives) mais qu’en est-il des autres produits ?

    Est ce qu’au delà du hacking, il ne faut pas lutter pour avoir le droit de hacker (limitation des mesures restrictives …) et donc d’en arriver à des actions de boycottes ?
    Mais là, on se heurte à pas mal d’obstacles dans les mentalités d’aujourd’hui…

  12. Ce n’est pas qu’une simple histoire de consommation, mais une approche vis à vis du monde, donc un mode de vie. Chaque foyer a au moins une voiture, et chaque membre du foyer a aussi sa propre voiture, la plupart du temps : pour faire exactement la même chose (aller aux mêmes endroits, en gros), puisque plus grand monde ne se promène en voiture pour le simple plaisir de se promener en voiture.

    Il est certainement possible de faire autrement, pour peu qu’on en ai envie : mais avec les problèmes d’énergie qui ont déjà débuté, ça va devenir une nécessité…

    Ce qui est drôle c’est de voir la liste des impossibilités débouler : on ne pourrait donc quasiment rien faire à son propre niveau à cause de problèmes découlant de la production des biens, de verrouillage des appareils par les industriels ?

    Nous sommes peu de choses…

    Sachant que les technologies progressent beaucoup, sont de plus en plus accessibles, sans passer par la case « usine » : les imprimantes 3D en sont une première démonstration.

    Les dalles LCD, ça se récupère sur des machines qui ont grillé : la reconversion de matériels est une véritable voie pour arrêter de racheter sans arrêt des objets technologiques.

    Une dalle tactile de smartphone ne coûte quasiment rien : c’est juste un peu tendu à changer, mais ça se fait très bien si on est patient et précautionneux. Les processeurs, c’est un faux problème : nous sur-utilisons leurs capacités vis-à-vis de nos besoins réels.

    Les processeurs d’il y a 5 ou 6 ans sont largement suffisants pour effectuer les tâches dont on a besoin de façon courante. J’ai acheté 2 ordinateurs portables en 15 ans, et pour le reste des machines, uniquement des vieilles machines d’occase recyclées (gratuites ou payés une misère). Pour l’énergie, c’est pareil : tout devient abordable, mais c’est une question de priorités. Un abonnement annuel à WoW paye un panneau solaire pour un appareil :-)

    Je ne parle même pas des grosses saloperies de téléviseurs à écran plat qui eux en plus de bouffer beaucoup de jus coûtent une fortune par rapport au service rendu (donner son temps de cerveau disponible).

    Quant au discours du « rien de nouveau », c’est marrant, on l’entend aussi depuis longtemps, mais le problème n’est pas uniquement d’aller acheter chez le producteur, le problème est de s’organiser collectivement pour que des services locaux puissent être fournis sans passer par la case industrie agro alimentaire. Parce qu’il y a pas mal de campagnes où il est désormais très difficile de trouver des fermes…et des produits de producteurs locaux. Mais le plus marrant reste que la majorité des personnes qui critiquent le système en place ne sont absolument pas prêtes à changer une once de leur fonctionnement quand on leur amène des pistes.

    Soit en prétendant que c’est impossible et que c’est pas de leur faute. Soit en expliquant que bon quand même faut pas pousser, ou que ça va pas changer grand chose. Ou que c’est déjà fait depuis longtemps dans la Creuse, enfin bon, l’idée centrale c’est de laisser tranquillement les choses telles qu’elles sont en pouvant aller se plaindre quand même, mais pas plus.

    Reste qu’aller au garage pour faire changer ses pneus est symptomatique : nous avons filé les clés de la baraque et mettons les pieds sous la table comme des gosses. Faut pas venir se plaindre ensuite…ou alors se dire qu’un peu d’autonomie ne nous ferait pas de mal, avec qui plus est une récompense non négligeable : faire quelque chose soi-même est toujours plus gratifiant que de simplement payer pour qu’elle soit faite.

    Je dis juste ça parce que la réflexion doit être effectuée sur notre part de responsabilité collective, et je m’inclue dedans. Donc, bien nous regarder en face et commencer à se demander ce qu’on peut faire, essayer, au moins pour voir, aller regarder ceux qui font dans un sens différent…

    Pas simplement pleurnicher ou accuser et attendre tout en faisant exactement ce que ceux qui nous ont mis en « esclavage » attendent de nous…

    « Le problème n’est pas le pouvoir d’achat, le problème ce sont les besoins qui sont trop élevés par rapport aux possibilités financières réelles. »

    C’était my 2 cents.

  13. pour l’énergie, il y a jeremy rifkin qui parle de rendre, autant que possible, autonome énergétiquement les immeuble (panneaux solaires, éolien, géothermie, force du vent…). ENsuite il parle d’une certaine forme de centralisme en disant que les immeubles (lieux de vie plus généralement) peuvent revendre le surplus de prod. mais il parle ensuite d’un système d’échange pair à pair d’énergie, basé sur les modèles d’échange de fichiers. il y avait (encore?) de lui sur Le Mouv’ lors de la journée Anonymous et aussi une sur FInter (mais je me sais plus quelle émission). Il critique le nucléaire comme dépassé car centraliste et non adapté à l’horizontalité de ce qu’il appelle la 3e révolution industrielle. Cette utilisation et quasi-mystique du nucléaire serait un bon marqueur du centralisme de notre pays. Encore merci pour cet article et aussi aux commentateurs :)

  14. Merci beaucoup pour cet article qui ranime un peu de ma flamme, j’espère qu’il touchera le plus de monde possible.

    On peut effectivement agir de deux manières face au système : le contrer, ou s’en libérer. C’est ce dernier chemin que j’ai décidé de suivre, en intégrant bientôt un des éco-villages ou éco-lieux en projet (je suis l’avancement du hameau de Courbefy ainsi que du projet écolieu à Toulouse).

    Je ne connaissais pas Marinaleda, par contre j’ai découvert l’existence d’Auroville en Inde et de Christiania à Copenhagues.

    Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent.

  15. Bon, j’ai deux remarques :

    1. La réparation
    Il faut reconnaitre que pour les entreprises, si je prend mon cas (technicien informatique, pas un grand manitou de l’info hein, le bon technicien de campagne) bah un clavier, je le répare pas. Parce que a 80 € de l’heure la réparation du clavier vendu 10 € … le client il faut qu’il soit sacrément motivé pour payer. Pareil pour une alimentation HS, souvent un simple condo cramé, mais le temps de trouver le condo a changer, le changer, sortir le fer a soudé (attention, il faut un poste à soudé sécurisé, droit du travail oblige), bah on change l’alim et voilà …

    Maintenant, un clavier qui fonctionne (suite a un changement de matériel) n’est pas foutu a la poubelle. Ont stock par mal de vieux matos, qui part pour des associations, des écoles, des occas pas chère.

    Il est en fait quasiment impossible d’organiser des filière de réparation a cause des coûts ridicule des produits. Je pense que de ce coté la, une hausse du prix des produits (par des règles douanières X ou Y) augmenterait le tôt de réparation. Et plus on fait de réparation, meilleur on sera ;)

    Reste que j’ai du mal a trouver le temps de « hacker ma vie » a bosser 10H par jours, 2H de transport par jours et deux enfants en bas age … m’enfin, même le faire un peu, c’est mieux que rien je pense ;)

  16. J’en rajoute deux points :

    1. Ne pas oublier la fierté quand vous avez réussit a réparer un truc chez vous. Genre la machine a lavé qui lavait plus, la chaudière bloqué en alerte ou autres …

    2. Un truc aussi, il faudrait voir peu être a réaliser une sorte de Wiki qui rassemble les idées et concepts autour de « hack ta life coco ! ». Franchement, beaucoup de site éparpillé, souvent mal conçu, pas à jour voir pas entretenu (parceque fait seul dans son coin …) …

    En fait, faudrait faire un facebook (j’ai pas facebook m’enfin, ca doit correspondre, m’excusé si je prend le mauvais exemple) des projets du genre (regarder ici, on a fait une mini centrale hydroelectrique, tiens la j’ai réussit à produire mes tomates nikels, et ici, le listing des organisations AMAP, etc …). Ca aiderait je pense …

    Allez, je suis même candidat pour aider moi … (et si quelqu’un veut un médoc qui évite de dormir pour faire tout ca, je lui prête ma fille pendant 15 jours :D)

  17. Bien qu’étant d’accord avec l’auteur de l’article quant à son intention, son ton paternaliste m’énerve beaucoup. De plus, j’aimerais faire remarquer que la manière dont il balaye (deux fois) l’argument du coût n’est pas satisfaisante : le temps, c’est effectivement de l’argent, et tout le monde n’en dispose pas de la même manière ; et si on a du temps, mais pas d’énergie, ça revient au même. Je propose à l’auteur de faire un job de merde huit heures par jour, et on verra s’il aura encore l’envie d’être créatif ensuite. Huit heures qui sont d’ailleurs bien optimistes : on pourrait rajouter le temps que prennent les trajets, le temps dont certains ont besoin pour dormir en plus des huit heures qui suffisent à d’autres, le temps pour s’occuper d’une maison, le temps pour avoir une vie sociale, le temps pour prendre soin de personnes qui ont des besoins particuliers (enfants, personnes âgées ou handicapées), etc.

    Je considère avoir une mentalité de hacker, et j’encourage mon entourage à l’adopter, mais ça ne m’empêche pas d’avoir bien conscience des raisons pour lesquelles certaines personnes ne sont pas en mesure de le faire.

    J’aimerais savoir d’où vient cette affirmation, qui me semble gratuite, selon laquelle « il y a 40 ans presque tout le monde savait réparer sa voiture, son poste de radio ou sa machine à laver ». C’est bien connu, les garages automobiles sont une invention récente…

    Enfin, j’aimerais comprendre la teneur de l’ironie qui transpire ici : « Suffit de savoir lire. Mais bon, si c’est à ce point là… » Tant pis pour ceux qui n’ont pas la capacité intellectuelle de faire partie de votre monde ? Ça inspire quoi, ce mépris, si ce n’est de la souffrance et de l’exclusion ?

    1. « Don’t feed the troll » m’ont dit mes collègues, donc je ne feed pas…trop.

      Mais juste un truc : « le temps, c’est effectivement de l’argent, et tout le monde n’en dispose pas de la même manière ; et si on a du temps, mais pas d’énergie, ça revient au même »

      Ben oui, mais si t’as pas d’énergie tu fais rien. Comme si tu n’as pas de temps pour faire quoi que ce soit pour toi. Mais tu as peut-être un problème avec le temps, non ? Le principe de l’article est basé sur le « faire ». Le temps, c’est aussi un choix : personne ne te force à aller bosser dans un boulot de merde 8 heures par jour, personne. Enfin si, toi-même. Un choix de vie, par principe, c’est un choix. Si personne n’a de choix, alors on ferme tous notre gueule et on applaudit tous en cœur. Mais on a tous des choix, tout le temps.

      Aucune ironie dans la phrase « Suffit de savoir lire. Mais bon, si c’est à ce point là… » Cette partie est faite pour contrer les détracteurs qui expliquent que les choses sont trop difficiles, inaccessibles, alors que de plus en plus elles le sont accessibles. Et donc il suffit de savoir lire.

      Et tout le monde sait lire par chez nous, donc ceux qui prétendent que c’est trop compliqué sont de mauvaise foi parce qu’ils savent très bien lire.

      Mais si on bloque l’idée développée parce qu’une partie infime de la population ne sait pas lire…alors bon…faut pas pousser quand même. En plus, j’ai des amis qui savent à peine lire et écrire et sont des génies dans leur domaines. Mais bon.

      Et il y a 40 ans il y avait des garages, et c’étaient les plus riches qui les utilisaient. Les moins riches (et souvent les moins « éduqués ») savaient très souvent réparer leurs objets courants, comme les voitures. Parce que le travail manuel est un sacré truc, et j’ai vu bien plus de types qui ne connaissaient rien en thermodynamique réparer des moteurs eux-mêmes que des ingénieurs…qui ne savaient rien faire de leurs deux mains.

      Donc pour le ton paternaliste ou l’ironie, elles sont toutes subjectives et n’engagent que toi. Et la « mentalité de hacker », comme tu dis, c’est juste de se prendre en charge et d’être curieux, d’avoir envie de faire des trucs et de les bidouiller au lieu d’uniquement les acheter. Pas de se la jouer.

      Et l’argument du coût n’est pas « balayé » : il est seulement vain et faux. S’autonomiser en hackant au maximum (de ses moyens) n’est pas une question de classes ou de moyens financiers ou de niveau intellectuels, c’est une envie et un choix. Maintenant, chacun fait le choix qu’il veut. Mais aucun paternaliste ou ironie mal placés chez moi, sauf à l’endroit de ceux qui en permanence flinguent tout désir de s’autonomiser avec des arguments éculés et d’une mauvaise foi « sincère », mais tellement entendue qu’elle en devient juste fatigante.

      Tu ne hackes pas ton environnement pour que les gens qui ont des jobs de merde et 2 heures de transport en commun aient un job super et 15 minutes de transport. C’est leur affaire, tu ne peux pas changer leur vie, et puis j’ai donné dans le job de merde et les transports à la con, donc ton exemple a tendance à me vexer. Ou alors il faut faire de la politique, te faire élire et déclarer les jobs de merde et les transports en commun de plus de 15 minutes hors la loi. Mais je ne sais pas pourquoi, je doute que le truc n’arrive…

      Une part de la population veut « autre chose » ou pas. C’est un choix. Rien de plus. Relis l’article, tu verras que je ne suis ni paternaliste ni ironique envers les « pauvres » ou les exclus. Et puis une part des pauvres sont de futurs riches qui claquent la moitié de leurs salaires à la française des jeux…

      Changer soi-même avant de vouloir changer les autres ou le fonctionnement général. C’est le fond de l’article. Je suis un futur-ex pauvre ou futur ex-exclu et je m’en tape le coquillard parce que je ne situe pas mon existence sur le registre de la gagner, mais de la vivre. Ca me permet de relativiser pas mal de choses.

      End of feed.

      Exit.

      1. Intéressant (sûrement) Je le mets dans les favoris pour le bucher. Parce que « tout le monde sait lire par chez nous »… Peut-être.

        Par contre « personne ne te force à aller bosser dans un boulot de merde 8 heures par jour, personne. »… ce sont des propos de ventre-plein ça.
        Perso, c’est vrai que personne ne me force. Sauf moi. Parce que voler des bouquins c’est facile. Mais des fruits, du pain, des yaourts, des couches… faut au minimum pouvoir courir. Et vite.

        Alors le temps…

        1. Mais bien entendu, des propos de ventre plein…c’est dingue la capacité qu’ont certains à tout savoir sur toi…

          Si tu savais…

          Le sujet n’est pas de demander aux gens de changer de vie, mais de leur faire juste savoir que des fonctionnements totalement « enfermants » se sont mis en place et qu’ils peuvent être changés. Mais le changement, ça fait peur, ça inquiète, ça demande de remettre en question ses habitudes, de mettre en cause des choix effectués.

          Et puis accepter qu’on s’est piégé tout seul, ça fait un peu chier. Surtout si on estime que faire autrement est impossible. Sachant que faire autrement peut coûter pas mal, pas qu’en en argent, mais aussi en efforts, en confort, en abandon de pas mal de choses, et puis on prend des risques. Mais le risque hein…c’est pas trop ça ces temps-ci.

          Ma foi, je laisse les gens acheter, courir et n’avoir que quelques heures pour dormir sans aucune latitude pour s’autonomiser. Quand on connait les habitudes modernes, le temps passé dans les boutiques, devant les programmes télé, on peut rester dubitatif. Mais bon…

          Je vais finir par passer pour un vrai sale con donneur de leçon, il est temps que je me retire de la discussion.

          Bon hack à ceux qui hackent.
          Et à ceux que cet article et les commentaires de l’auteur emmerdent, bonne continuation quand même :-)

          Exit.

          1. Dites Yovan, bien que vous vous en défendiez vous êtes terriblement condescendant. Quand on a une famille à charge, quand on ne vit pas seul sur Terre, quand on a des responsabilités, on a pas toute latitude pour changer radicalement de mode de vie. C’est comme ça, et c’est facile pour personne. Vos journées réparties en 3 x 8 heures, merci bien mais chez beaucoup de gens c’est 8-20h au boulot, une ou deux heures de trajet pour y aller avant et après, le reste passé à faire les courses / la lessive / autres conneries, les devoirs, une petite demie heure de détente pour souffler et paf, l’air de rien votre journée est niquée. Plus d’énergie, et envie d’autre chose que de « hacker sa vie » en potassant des manuels informatiques.

            Les préceptes qui se placent systématiquement en dehors de la logique de marché font semblant de ne pas savoir ce que c’est que vivre au quotidien, ils ferment les yeux sur ce que c’est que le compromis. Continuez donc de mépriser les « multinationales », les « grosses boîtes » que vous haïssez tant, et continuez de faire semblant de ne pas voir les humains qui travaillent dedans. Tout va pour le mieux, hackez dans votre coin.

            Que vous le vouliez ou non vous tenez des propos de ventre plein.

  18. Ca c’est du concret, et c’est pas mal du tout. Une sorte de portail wiki : « hack ta life mon pote, t’es pas tout seul ». Pour ta fille, c’est pas que je sois contre, mais j’ai déjà donné deux fois, par contre y’a surement moyen de hacker ta fille pour qu’elle dorme plus ? Genre la faire crapahuter dehors intensivement avec un sac à dos rempli de cailloux dans le dos ? enfin si elle marche…si c’est un bébé, le mieux c’est de lui mettre des plantes qui font dormir dans son biberon :-) , genre une tisane de pavot des champs mélangée au lait ;-)

    1. Ouais, dans mon idée, le wiki c’était ca. C’est aussi un coup de pouce, genre « hack ta life mon pote, c’est pas si dur » avec des trucs simple, basique et utile.

      Parfois les gens passent a coté d’un truc, passe à coté d’une bonne astuce simple et concrète.

      Je suis de ce genre la moi, parce que j’ai pas trop le temps, plein de truc à faire, mais si je tombe sur une bonne astuce, bah je saute ! ;)

      (PS : pour ma fille, aucun espoir, elle est a un caractère trop fort pour que quoi que se soit ne marche … pour dire, le jour ou son frère a fermé la porte sur un de ses doigts, elle a crier très fort … non pas parce quelle avait mal, mais parce quelle était bloqué … et elle a que 2 ans :D)

    2. @zekjlgf : j’ai une famille, je ne suis pas seul sur terre, je cuisine, fais des vaisselles, des courses et je ne te permets pas de me traiter de quoi que ce soit. Tu n’as pas l’exclusivité de la vie courante en famille, faut quand même pas prendre les gens pour des cons non plus. Tu ne connais pas ma vie, je ne connais pas la tienne, alors tes commentaires à deux euros qui viennent juger la vie d’un auteur d’article (la mienne) ou mon ton avec tes propres problèmes, hein…ça va bien.

      Maintenant le système des 3X8, au cas où tu ne l’aurais pas bien lu, est une théorie d’un philosophe, théorie qui a le mérite de remettre les choses dans la réalité des vies qui subissent des temps au lieu des les gérer, les prendre en charge. Bien vivre, c’est un véritable travail. Voilà ce qu’il voulait dire, entre autres. Rien ne t’empêche de faire quelque chose de passionnant pendant ton trajet en RER, comme inventer des romans quand tu fais tes courses, réfléchir à un projet que tu as envie de monter quand tu achètes ou change tes couches.

      Ce temps là n’est pas perdu. On vit tout le temps. Pas que quand on nous dis que c’est OK, c’est à dire quand on est en dehors de ce qui est appelé corvée uniquement parce qu’on nous a dit que c’était une corvée.

      Rien n’est corvée si tu décides que rien n’est corvée. A l’inverse, tout peut l’être. Et là, ça s’appelle de la dépression.

      On peut vivre mal au quotidien, ou bien. Mais ce n’est pas le système qui le décide, c’est toi. PS : et j’ai changé la majorité des couches de mes deux fils.

  19. Un très bon article qui met en valeur le VRAI hacking. Il est vrai que hacker sa vie quotidienne n’est pas toujours facile et demande un gros investissement personnel en terme de temps et de volonté. Mais c’est nécessaire.
    Au point de vue politique, il faut absolument changer notre système actuel. Les indignés et les occupy ont initié le mouvement mais il leur manque le côté concret. J’en parlais plus en détail ici (http://saveurlibre.wordpress.com/2012/02/22/proposons-une-societe-nouvelle/) en proposant de s’y mettre tous ensemble pour proposer Notre système.
    Le problème est que notre société actuelle se complaît dans le consumérisme et n’ose pas remettre en question les absurdités de ses dirigeants.

  20. Hello,

    Je connais des adeptes du DIY dans le milieu de la musique. D’autres sont complètement dans l’esprit mais ne l’appliquent pas, simplement, ils en sont conscients et ne jugent pas.

    C’est ce qui me plaît le plus avec l’état d’esprit et le mode de vie de hacker : pas de doctrine, pas de démagogie, les choses sont simples : tu fais, ou tu fais pas.

    Ton article Yovan est très intéressant et je ne doute pas de ta légitimité à l’écrire (avoir construit sa maison et ne pas être un ventre-plein donneur de leçon), simplement je pense qu’effectivement il faut d’abord changer soi-même, et que ce genre d’article/initiative n’est peut-être pas la meilleure invitation pour une telle prise de conscience :

    Avec le décalage du média et les filtres de chacun (fatigue de la journée, stress, lecture en diagonale…) il est facile de mal interpréter le ton d’un article, de se sentir visé, moqué, voire agressé. Les trolls viennent souvent de ce pays appelé « bad timing » ^^

    Par contre, l’exemplarité, oui, ainsi que la congruence. Peut-être as-tu des choses à dire à ceux qui voudraient construire leur maison ? des conseils, des échanges, etc Bref : l’action, justement, plutôt que la théorisation ;-)

    Montrer que c’est possible, mais aussi qu’on a le droit de se tromper, peut être plus efficace.

    En tous cas, merci, ainsi que pour les liens vers de nombreux sites d’intérêt public.

  21. « dans une journée tu as 24 heures. Si tu « donnes » 8 heures à la société dans un emploi, il te reste 8 heures pour dormir et les 8 heures restantes tu peux faire des milliers de choses. »

    Rectifions :

    Tu donnes 8 heures de ta journée à la société, plus 2 heures gratuites entre midi et deux ou t’as pas le temps de faire l’aller-retour chez toi et donc ou tu peux pas faire grand chose, plus deux heures de trajets pour aller et revenir du taff.

    Il te reste 12 heures. On retire 8 heures de sommeil et 1 heure le temps de se réveiller et de prendre des douches.

    Il reste 3 heures, mais comme on est souvent crevé en rentrant du boulôt, on peut pas vraiment faire grand chose.

    1. -> Change de boulot, change de lieu…

      Tu vas sûrement me répondre « oui mais blablabla, c’est trop dur, trop de ci, trop de mi… » mais ce n’est pas impossible. Cet article te dit que tu peux de détacher d’un modèle auquel on est plus attaché qu’une patelle à son rocher. Dans l’idée rien de tout cela n’est impossible alors pourquoi ne pas passer à la pratique?

      1. Moi j’ai pas vraiment de soucis avec ça : je suis en faculté. Donc question temps libre, j’en ai à revendre.

        Mais j’ai aussi taffé avant d’arriver à la fac et le fait est que pour réussir à faire du haking son own way of life, il y a quand même une sacré bataille à mener. Et tout le monde n’a pas les qualité stratégiques et offensives pour la remporter.

        Donc au final : c’est pas impossible mais à un niveau global ça reste pour certains dans le domaine de l’utopie. C’est réalisable avec de la pugnacité, mais on est très proche du « avec des ‘si’, on mettrait la Loire dans un dé à coudre ».

        En fait, je ne faisais pas remarquer que que « bla bla c’est trop dur, machin », mais plutôt que la vision de l’auteur est quand même trop simpliste.

  22. Je me pose une question.

    Tout d’abord j’aime beaucoup ce que tu écris ici, ça m’a fait pas mal réfléchir sur pas de choses (comme d’ailleurs beaucoup de choses écrites ici!), et donc ce n’est pas une critique pour critiquer (« Ah mais moi j’ai 2 heures de transport par jour vous comprenez! »), mais plutôt pour ouvrir un peu le débat. (Parce que ne dire que « tépapotib » à toutes les sauces, au bout d’un moment on tourne en rond…)

    Est-ce un système viable à grand échelle ?
    Pourrait-on tous vivre de cette façon ?

    Récupérer c’est bien, mais si tout le monde récupère, qui récupère quoi ? (Qui consomme donc)
    Peut-on objectivement nourrir 60 millions de personnes via la production de proximité ?
    Et encore plus à l’échelle planétaire ?

    J’essaye de « hacker » (j’aime beaucoup ce terme) ma vie à un peu niveau, réparer quand je peux, consommer « français » et via marché, mais je me demande, et si on faisait tous pareil…

    1. Ca mériterait un bouquin, parce que l’idée centrale est de sortir des solutions pour tous, du « je vais changer le monde », « changer la société » : l’idée de congruence est importante, le fait de se mettre en accord dans les actes avec ses pensées, ses convictions. On ne change pas la société, ni le monde, c’est une perte de temps et d’énergie de croire qu’on peut le faire. J’ai perdu un peu de temps avec ce concept, mais quand j’ai compris que si il fallait se mouiller, personne ne suivrait, même les plus « engagés », j’ai compris que c’était un leurre, une façon de se faire plaisir, rien de plus. Par contre, en prenant la décision de changer mon monde et en appliquant des choses qui me semblaient en accord avec mes convictions, là j’ai vécu totalement différemment. J’ai aussi testé par la suite d’être raccord au système. Catastrophique. J’ai quitté, repris un peu, fait du 50/50 et puis là, je replonge dans un mode hacking 90% : avec de la production de viande, de lait, des légumes, du solaire et de l’éolien, en essayant de ramener le minimum de brouzoufes nécessaires pour ce qui nécessite des brouzoufes, en écrivant. Tiens d’ailleurs, je dois mettre à disposition pour un prix symbolique l’un de mes romans sur Reflets. C’est un roman de SF, datant de 1999 et qui sonne étrangement près de notre raélité politique. Ca s’appelle Imperia (pub).

      Donc, pour répondre à ta fin de question : on ne contrôle pas les autres, ni la société, on vit pour soi avant de vivre pour l’ensemble, donc les modes de vie n’ont pas à se « généraliser », ils changent au cours du temps, s’adaptent, etc… Mais aujourd’hui, avec l’écroulement du système financier et économique en cours, j’ai tendance à croire que les gens ne vont plus avoir beaucoup le choix. D’ailleurs, de plus en plus de personnes élèvent des poules à Paris sur des balcons. Symptomatique. Donc la grande échelle : laisse tomber, occupe toi de ton échelle, celle-là tu la maitrises, c’est ta vie, on ne peut pas t’obliger à la mener d’une seule manière établie. Tu fais ce que tu veux.

      P.S : 80% de la planète vit en hacking à 100%. Seuls les 20% de riches occidentaux sont en mode « assisté-dépendants ». Il suffit de vivre un peu en Afrique pour s’en rendre compte et lire les stats mondiales…

  23. Je crois que j’avais mal approché cet article.
    Il s’agit bien d’une amélioration de sa condition et non pas de convaincre qui que se soit du bien fondé de la chose.
    Quand je répare ma voiture, c’est mon énergie que je transforme en valeur ajoutée, c’est mon « destin » que je prend en main.

    Mais à 25 ans, j’ai envie de voir plus large et j’ai la chance de pas encore être totalement désabusé…
    Pourquoi ?
    Parce que je vois que des solutions existent et que de nombreuses personnes vivent de cette façon au quotidien.

    Mais le problème c’est que l’information est parfois diluée dans de faux débats (écologie, anticapitalisme …) et qu’il existe tout de même de véritables limitations à ce qu’on peut faire avec un produit élémentaire (j’ai beau être le meilleur hacker du monde, un marteau serait toujours moins efficace qu’un tournevis … mais voilà, on m’impose des tailles et des types de tournevis, alors j’ai tendance à vouloir exploser au marteau cette foutue vis en croix de m****…).

    Bidouiller, c’est sympa et gratifiant, mais je pense qu’il faut mâcher un peu le travail pour certains.

    Créons des outils ouverts (comme ça se fait avec arduino), ça pourra toujours créer des vocations et aider les gens à percevoir le bien fondé de cette réflexion sur le hacking quotidien.
    Et on peut même se prendre à rêver et aller au delà du matérialisme pour envisager que ce modèle s’impose au niveau du fonctionnement de notre société (système participatif direct …). Mais ça, ça voudrait dire que tout le monde adhère sincèrement au système et que c’est pas juste de l’opportunisme …

  24. Article très intéressant d’un point de vue sociologique : c’est un parfait exemple de l’évolution vers l’individualisme de notre société. Sur un plan plus personnel, je ne savais pas que je « hackais » depuis ma plus tendre enfance. J’ai appris un nouvel anglicisme (un de plus).
    Mais là où ça coince dans le raisonnement, c’est le fait que l’on puisse s’affranchir du monde qui nous entoure et du modèle de société dans lequel on baigne. Si l’on se plaint de ne plus pouvoir « bidouiller » un véhicule aujourd’hui, l’auteur de cet article ne se demande pas pourquoi un véhicule de marque indienne TATA ne peut être importé ici, en Europe (la barrière s’appelle le certificat d’homologation des mines). Hacker sa vie, c’est bien, mais mieux encore, hacker le système demande une énergie bien plus colossale.

  25. Article intéressant. Par contre, à mon avis, ce modèle ne peut pas être appliqué par tous… et il n’est ni vitale ni nécessaire de vouloir s’y adonner.

    Les sociétés/grands groupes/multinationales qui réparent/fabriquent à notre place, elles ne nous vendent pas de la dépendance. Elles nous vendent du temps. Et ce principe, c’est celui même qui a construit la société.

    Pourquoi se spécialiser ? Pourquoi ne sommes-nous pas resté à une économie de village autonome ? Parce qu’au fond, ce n’est pas avantageux. Exemple concret : j’ai une voiture. Oui, je pourrais la réparer moi-même. Je comprends l’argument de l’indépendance. Celui du plaisir aussi : j’aime bien hacker, de temps en temps. Mais par choix, je refuse. Parce qu’apprendre, comprendre, et faire, ça coute du temps (temps représenté en argent parfois, peu importe). Et le temps, dans la vie, il est limité (nous sommes mortels). Alors, plutôt que de réparer (voire de fabriquer) ma voiture, mon lave-vaisselle, mon téléphone, etc, j’appelle un réparateur.

    Et j’ai gagné du temps.

    Et ce temps, je vais l’utiliser à faire ce que je préfère : ça peut être des sorties, du repos, un travail. Mais aussi une activité créatrice, du sport, de la lecture, de l’étude, de la pensée. C’est une espèce de spécialisation, encore : je peux décider d’être artiste. Alors je peindrai/écrirai/sculpterai pendant le temps que d’autres me font gagner. Et je permettrai à d’autres de décorer leur maison, d’avoir du plaisir esthétique, de penser, bref, de jouir de l’art sans qu’ils aient besoin de le faire eux-même. Je leur fait gagner du temps.

    Et c’est en se faisant mutuellement gagner du temps qu’on avance, qu’on permet la spécialisation, encore, qui refait gagner du temps. C’est un cercle vertueux.

    On ne peut pas être bon partout. Ceux qui le prétendent ne sont bons nulle part. Et quand on se rend compte qu’on a pas le temps de tout faire, de tout comprendre, de tout découvrir, c’est assez déprimant. Alors il faut faire ses priorités, ses choix, ses spécialisations. Gagner du temps dans certains domaines pour le dépenser dans d’autres.

    Notre société a ses défauts, la mondialisation aussi. Mais moi, j’aime me servir de tous le temps qu’elle me fait gagner pour le dépenser dans les activités auxquelles je m’adonne. Il faut du temps au scientifique pour faire ses recherches. Il faut du temps à l’écrivain pour écrire. Il faut du temps au bénévole pour s’engager. Et ce temps, c’est le garagiste, le réparateur, le supermarché qui le lui donnent.

    Oui, on peut hacker, et c’est un choix de vie que je respecte et que j’apprécierai essayer, peut-être. Mais non, hacker sa vie n’est pas un modèle pour la société que j’approuve, car c’est un modèle qui ferait régresser l’humanité. Car il faut que certains hommes aillent plus loin dans leur domaine, grâce au temps que les hommes passés lui ont offert, et grâce à celui que ses concitoyens assemblés en société lui offrent. Et on avance. Laborieusement, parfois dans une impasse, mais on avance. Grâce au temps.

    Peut-être suis-je trop optimiste, en fait.

  26. Non, tu as découpé ta vie en tranche et estime que le temps a un prix :

    « Mais moi, j’aime me servir de tous le temps qu’elle me fait gagner pour le dépenser dans les activités auxquelles je m’adonne »

    Tu aimes te Servir
    du temps qu’elle te fait Gagner
    Pour le Dépenser
    [dans des activités auxquelles tu t’Adonnes]

    Les 3 verbes utilisés dans cette seule phrase symbolisent toute la substance moelle du système dans lequel nous vivons…Servir, Gagner, Dépenser.

    Hacker, bidouiller n’est pas une contrainte ou une activité qui fait gagner ou dépenser. C’est un plaisir. Démonter un moteur, le remonter à plusieurs est un réel challenge, une activité collectivité éclatante, comme cuisiner en improvisant des recettes, tous les soirs.

    Bidouiller sa vie c’est prendre du plaisir dans toutes les petites choses qu’on fait, ce n’est pas découper sa vie en tranches avec des tranches déplaisantes, d’autres pour se reposer du déplaisant, et d’autres d’achats d’activités sur du temps « libre ».

    Le temps « libre » est une invention productiviste pour bien te faire sentir qu’il y a des contraintes auxquelles tu dois te soumettre pour apprécier d’autres qu’on va te proposer d’acheter.

    Si tu es libre dans ton existence, n’importe quel job est un moment dans lequel tu apprends, vis, échange, dans lequel il se passe quelque chose, mais n’est pas un temps plus ou moins appréciable qu’un autre.

    Il n’y a qu’un temps : celui de l’existence. Et hacker sa vie, c’est aussi sortir de ces absurdes concepts qu’on nous a enfoncés dans le crâne, ceux du temps contraint et du temps libre, du « loisir », de gagner ou dépenser du temps. Totalement absurde. Chaque chose que je fais me plaît, sinon ce serait l’enfer. Et je ne vis pas en enfer, loin de là. Même les choses difficiles, fatigantes ont des qualités et on peut s’éclater à les pratiquer, les faire devenir quelque chose avec lequel on fait du « sens ».

    Un bidouilleur est un artiste de la vie courante. Dans ses activités rémunérées comme dans les autres. Tout peut être amusant, pour peu qu’on sache sortir du lavage de cerveau moderniste qui inculque à ses clients comment ils doivent vivre.

    1. En fait je pense que j’ai mal dû m’exprimer. Je ne parlais pas du temps « libre », ces 8h (ou moins selon les gens) collées à celles du dodo et du travail. Je parle du temps TOTAL dont on dispose.

      En fait, je voulais juste m’appuyer sur le fait que 1) nous sommes mortels ; le temps à notre disposition est limitée, et donc que 2) on ne peut pas tout faire dans une vie, pour expliquer que le hacking ne peut finir comme modèle de la société.

      Comme modèle personnel, oui : on peut le mettre au sommet de ses priorités car on aime faire ça. Je reconnais tout à fait le côté « loisir » de la chose.

      Et si nos loisirs sont autres, on va répartir notre temps (qui est limité non pas par le travail aliénant ou je ne sais quoi d’autre, mais juste par notre caractère mortel) différemment.

      Mais d’un point de vue plus global, la spécialisation étant à mon sens nécessaire (pour l' »avancée » de l’humanité, la science, l’art etc), il faut garder ce mécanisme de « vente » de temps.

      Après tu dis aussi que le temps n’a pas de prix. D’abord, je voudrais juste préciser quelque chose : je ne dis pas que X nombre d’heures vaut Y€, hein. Juste que généralement, c’est vrai, un service que qui permet d’accéder à quelque chose beaucoup plus rapidement que si on l’avait fait nous-même, on le paie. D’où ce raccourcis temps = argent. Mais ce service est parfois gratuit : un ami qui nous aide par exemple. Et ça peut se faire en dehors de notre société actuelle (donc ce n’est pas elle qui nous impose cette idée) : a vrai dire ça se fait dans n’importe quel groupe humain. Exemple : un individu enseignant quelque chose à un autre (on retrouve cela dans n’importe quelle société ou époque), c’est aussi du temps « gagné », car il lui permet d’aller plus vite que s’il avait cherché par lui même… en lui volant peut-être le plaisir de la découverte, c’est vrai. Mais en lui permettant peut-être plus tard de découvrir quelque chose de plus grand plus tard.

      Donc oui, c’est une vision peut-être trop arithmétique, froide. Je ne sais pas. Oui j’essaie de « gagner » du temps (et « gagner » du temps non pas sur une activité-contrainte imposée par la société, mais plutôt sur une qui m’intéresse moi que celle que je voudrais faire), de ne pas en « perdre ». Est-ce notre société qui a inculqué ces éléments de pensée ? Je ne pense pas, pour moi ils sont inhérent à l’espèce humaine. Faut-il considérer le temps d’une autre manière ? Peut-être, je ne sais pas.

      1. Juste quelques petites remarques: le hacking n’est pas une religion (ou si c’est s’en est une on pourrait peut être la rapprocher du bouddhisme), ce n’est pas une idéologie ; disons tout au plus une philosophie. Personne ne viendra essayer de te convertir encore moins de te forcer. On ne te prendra même pas par la main. En fait, tu devras faire toi-même les premiers pas. Puis en persévérant, au fils des rencontres, on commence par échanger des trucs, partager des savoirs dans ses domaines de compétences et parfois même se lancer dans des projets a plusieurs. Ce n’est pas très différent du travail salarié et (pour certains) très proche de la création d’une boite du point du vu des aspirations. La grosse différence c’est que ce n’est pas l’argent qui guide l’action. Les motivations peuvent être écologiques, caritatives, politiques ou tout simplement la soif d’apprendre et d’expérimenter.

        Si tu t’épanouis dans la création artistique, la découverte des autres peuples et cultures de par le monde, etc … très bien continue. Ce billet n’avais sans doute pour autre ambition que de faire entrevoir a tout ceux qui trouvent leur mode de vie métro, boulot, dodo aliénant qu’autre chose est possible au prix de peut être quelques concessions (l’écran plat de 2.5m, la belle voiture, la villa avec la grande piscine bref raillées les mentions inutiles).
        Pour finir, si vous lisez Reflets, vous aurez sans doute pris conscience que notre système est à un tournant. Que notre petit train-train de sociétés occidentales bien réglées, bien bornées, pourrait bien dérailler. Et mon petit doigt me dit que pendant cette phase de transition quelques notions de hacking pourraient ne pas être inutiles.

  27. @ Enne : le concept de temps est intéressant, « j’achète du temps avec de l’argent en faisant faire aux autres ».

    Mais je ne suis pas sûr que l’usage qui est fait de ce temps ainsi gagné soit aussi vertueux que votre emploi du temps.

    La société de consommation, en générant de nouvelles envies, en utilisant de plus en plus finement marketing et neurosciences, donne l’illusion que nous (classes moyennes-basses) sommes surchargés, accablés, fatigués, et qu’il nous faut du répit, du bon temps, de la distraction bien mérités. Flatterie de bas étage.

    La plupart du temps, c’est devant un écran que sont passées les quelques heures privées âprement discutées dans ces commentaires (2/3/4 heures par jour selon le temps de trajet, les tâches ménagères, les enfants, etc)

    Alors Internet-Facebook ou Télé-NCIS/Top Chef ?

    Ce n’est pas une critique, c’est une remarque. Il faut admettre qu’on mérite mieux que ça, et qu’il est tout à fait possible de se consacrer, comme Enne, à la pratique de l’Art par exemple (qui demande du travail, de la réflexion).

    Bref : être acteur et maître de son temps (par ses choix) plutôt que consommateur, ça fait aussi partie du hacker non ?

    A vous les studios ;-)

    1. Peut-être faut-il alors distinguer les activités « loisirs », qui apportent peu, et les activités « constructives » (une activité constructive peut être (doit être ?) un loisir (= un plaisir) pour celui qui la fait), qui offrent une plu-value à soi et/ou aux autres.

      Dans mon monde idéal, évidemment, tout le monde se consacrerait majoritairement à des activités constructives. :)

      Après, j’ai aussi une vision beaucoup moins sombre de la société de consommation, ce qui doit influer mes réponses. Mais c’est un autre débat.

  28. @Yovan Menkevick : Nos commentaires se sont croisés !
    Je suis bien d’accord et retiens particulièrement ceci :

    « Le temps « libre » est une invention productiviste pour bien te faire sentir qu’il y a des contraintes auxquelles tu dois te soumettre pour apprécier d’autres qu’on va te proposer d’acheter. »

    1. J’adore aussi cette phrase. Depuis tout petit mon entourage me répète : « Tu sais, on fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie. » Et je leur répondais : « Si ! On a toujours le choix ! »
      Jusqu’à maintenant (bon j’ai que 25 ans…) ça m’a plutôt bien réussi :D

  29. C’est l’un des meilleurs articles que j’ai lu depuis longtemps. Mon sentiment est que cette foutue société consumériste nous « englue » depuis l’enfance dans des habitudes et des besoins complètement délirants. C’est très difficile de se désengluer, dès qu’on pose un pied pour lever l’autre: il se recolle ! Ce genre d’article permet d’amorcer une réflexion concrète sur les moyens de s’en sortir. Merci Yovan.

    Autre point: j’aime beaucoup l’idée du wiki. Si il y a des volontaires pour s’y lancer je peux mettre a dispo le site et ma contribution (évidemment !).

  30. Pour une fois je trouve l’article plutôt superficiel et rejoins certaines critiques plus haut. Le modèle « hacker » s’adresse à une petite élite qui dispose de temps, de compétences techniques et intellectuelles, et d’une certaine mise de départ,c’est à dire un capital à investir. Il n’est pas généralisable. La majorité des gens ne lisent pas reflet.info mais regardent TF1 et rentrent le soir crevés. Donc de là à aller bidouiller, chercher l’info sur un wiki, s’auto-former etc… en plus de faire la popote et de s’occuper des enfants…
    Les sympathiques hacker qui « hackent » le système sont peu nombreux et sont globalement jeunes, célibataires, formés, issus de classes sociales richement dotés en capital culturel.
    Le point numéro 2 qui n’est pas abordé dans l’article mais qui a été soulevé dans les commentaires c’est que tout est fait, au niveau industriel et politique, pour que le « do it yourself » soit très compliqué (le plus compliqué possible, ou impossible, en fait), ce qui rajoute encore aux difficultés initiales. Cela suppose entre autres une bonne connaissance juridique, la possibilité de contourner la législation en utilisant les failles, une dépense de temps et d’énergie très importante pour surmonter difficultés techniques et légales (il est par exemple interdit par la loi de tuer soi-même son cochon… Et puis essayez donc de construire vous-même votre maison en respectant les « normes », vous m’en direz des nouvelles…). Dans la pratique, le « do it yourself » est donc avant tout le domaine d’une petite élite, comme le montre par exemple le sympathique ouvrage « revivre comme à la campagne » où les auteurs vous expliquent comment ils ont « hacké » le système et ont construit leur ferme « autonome ». Seulement si vous regardez de près le bouquin et ce qui a été mis en place, vous vous apercevez que la mise de départ est très conséquente et exige un important capital financier pour l’achat des terres, des matériaux destinés aux équipements (éolienne, panneaux solaires etc…) et de solides connaissances techniques en plus du temps libre indispensable et réservé à une… élite (les types sont journalistes spécialisés, tiens tiens…).
    Donc la solution, au contraire de ce que prétend naïvement l’article ne PEUT PAS être individuelle, ce serait réserver le « do it yourself » à une élite, mais elle ne peut être, au contraire, que POLITIQUE (mais, comme vous le savez bien, TOUT est politique :).

  31. « Il est possible de hacker la société, à son échelle individuelle, et avec un mouvement de ce type de plus en plus partagé par le plus grand nombre, de faire basculer un peu les choses, voir beaucoup »

    L’article ne prétend pas que la société sera changée par cette approche, il dit simplement qu’en étant dans une plus grande autonomie grâce à une démarche de hacking, les individus qui n’apprécient pas le système actuel peuvent être un peu plus en accord dans leurs actes qu’en allant seulement voter ou en militant uniquement.

    L’aryicle ne dit pas que la société doit basculer dans le hacking, non plus, il répète que chacun fait bien ce qu’il veut. Seulement cette option existe, cette piste est là, et elle est intéressante à plusieurs niveaux. Entre autres d’un point d’un vue de l’autonomie. Réduire et simplifier la démarche à des achats de terres et des installations de panneaux solaires est une vision totalement bornée.

    Ce n’est pas une solution à l’échelle de la société, c’est une solution individuelle et collective pour ceux qui ont envie d’être dans cette démarche et c’est une démarche POLITIQUE puisque se préoccupant de la vie de la cité et des rapports des individus avec la société dans laquelle ils vivent.

    Les idéologues et autres dogmatiques ont un gros problème avec la philosophie hacker : elle les perturbe parce que ne rentre pas dans leurs cases « droite-gauche », individualisme pou collectivisme. Tout ça prend du temps. Entre autres celui de sortir des idéologies politiques pré-fabriquées, poussiéreuses et créatrices de dominations des uns sur les autres…

    Ceux qui font des choses ont plus d’influence sur l’ensemble que ceux qui se contente de dire. Ou relayent simplement des discours, qu’ils soient politiques ou non. Le hacking est dans le faire, et c’est en forgeant qu’on devient forgeron. C’est en agissant autour de soi dans des petites choses courantes qu’on fait de la politique, pas en allant à des meetings de Mélenchon…

  32. Oui, certes, je comprends bien. Mais…
    J’ai un peu de mal avec ce discours pour plusieurs raisons :
    1 ce modèle n’est pas généralisable et part d’un postulat erroné. En gros : si tout le monde (ou un tas de monde, ou le plus possible etc…) faisait comme ceci, le monde ne serait pas comme cela (je schématise). Ce discours ne corresponde pas à la réalité des faits qui est que… dans les faits, les contingences de la réalité quotidienne rendent impossible en pratique la généralisation d’un type d’action individuelle (car dans le cas contraire, bien évidemment, le monde ne serait pas tel qu’il est, justement…). D’ailleurs il s’agit du même discours culpabilisateur, moralisateur, utilisé pour transformer le problème écologique en un problème de responsabilité individuel et qui consiste en gros à dire : si vous achetiez « vert » en étant, en gros, des « consomm’acteurs », si vous faisiez le tri des déchêts, des économies d’énergie etc… etc… la « crise » écologique serait en partie solutionnée. Sauf que non, pour reprendre l’exemple de l’écologie, les individus n’ont, individuellement, qu’un pouvoir minuscule qui ne permet pas d’influer sur la marche du monde et que les solutions individuelles ne sauraient régler des problèmes collectifs qui regardent le mode de fonctionnement global de la société, le modèle de production productivistes, ou la « croissance » économique perpétuelle dans un monde fini…
    Bref, ce discours de la solution « individuelle » est une mystification rhétorique que contre disent les faits et la réalité. Il ne s’agit PAS d’un discours politique mais au contraire d’un discours DEPOLITISANT habituellement tenu par la droite (il s’agit d’ailleurs du même procédé rhétorique qui est utilisé par cette même droite pour dire que si les pauvres sont pauvres c’est uniquement leur faute à EUX, et pas celle de l’organisation sociale, de l’exploitation patronale etc…).
    2 C’est en allant à des meeting de Mélenchon, pourquoi pas, et en faisant de la politique autour de soi qu’on fait de la politique, Pas en ne faisant pas de politique ! Car, une fois de plus, on ne change pas l’organisation de la société en bidouillant dans son coin (même si je n’ai rien contre les gens qui bidouillent dans leur coin :).
    C’est en utilisant les armes qui nous restent : militantisme, syndicalisme etc… que l’on peut peser sur le cours politique, à moins, évidemment de se préparer pour « le grand soir ». Cependant, si on ne le provoque pas d’une manière ou d’une autre par l’action collective, le « grand soir » ne se fera pas tout seul.
    Bref, je préfère le « mouvement des indignés » aux TAZ, qui, elles, ne dérangent personne… Cela dit, les deux sont très bien compatibles.
    Quand j’étais jeune (sniff) nous avons ainsi, par notre action collective et politique, viré deux ministres, dont Alain Jupé :), obtenu l’annulation de réformes importantes comme le SMIC jeune. Nous étions mobilisés et solidaires. Nous avons gagné en allant tracté dans les autres lycées, en mobilisant nos camarades, bref, en les politisant !

  33. hello,

    bravo pour cet article, l’essentiel y est et tout est dans les titres

    une petite contribution sur la dimension collective : quand on est dans cet état d’esprit et qu’on lève un peu le nez de ses (faux) petits « problèmes », et ben on se rend compte qu’en réalité on est vachement nombreux, et vachement complémentaires.

    Ce qui se passe quand 2 humains se rencontrent et se reconnaissent instinctivement est très émouvant, et chacun reprend ensuite sa route avec un bout de sourire qu’il ne se connaissait pas.

    En vrai, on est vachement nombreux …

    On l’oublie car le management négatif à l’oeuvre depuis la seconde moitié du XXème siècle a justement pour objet de neutraliser ce lien social

    1. D’où l’idée des hack-lab à la base… Dommage qu’ils soient trop orientés informatique/électronique (Et c’est un étudiant en info qui parle) et deviennent souvent des clubs coûteux, comme aux US.

  34. J’aime beaucoup le contenu de l’article et des commentaires, merci à tout le monde.

    Sans tout redire, je suis d’accord avec « on ne peut pas changer le monde entier avec nos petites mains » et « on ne peut pas tous tout faire tout seul » (merci notamment à Enne pour ses commentaires).
    Mais c’est la dynamique qui est importante.

    Quand on regarde en arrière, c’est vachement valorisant de se dire : c’est en changeant un peu mon mode de vie que j’ai aidé à changer la santé de la planète (et à faire avancer la justice, le social, l’entraide …).
    Les nouvelles technologies et les wiki peuvent nous permettre de transmettre ces idées de changement à d’autres. Mais ça ne doit pas remplacer les actions réelles (associations, réunions, évènements, cours, ateliers, …).
    A nous de continuer à faire le bien autour de nous (c’est ça qui compte après tout) !

  35. Je m’amuse beaucoup à lire les comm.
    Non mais tout est possible et tout est acceptable.
    Et des gens qui ne jettent rien parce que « ça peut servir », c’est un peu chiant… mais c’est attendrissant.
    En fait ça change rien, c’était déjà ainsi du temps de nos grands parents.
    Disons qu’à choisir de me faire une jupe avec de vieux rideaux, même pas mités, j’aime mieux lire. Un roman que j’aurais pu écrire. A la plume d’oie ;))

  36. Finalement le gros problème dans cette société oppressante, c’est le temps. La société nous a appris à oublier d’apprécier le temps.

    Une petite citation du film Fight Club qui va bien avant de développer mon avis :

    « God damn it, an entire generation pumping gas, waiting tables; slaves with white collars. Advertising has us chasing cars and clothes, working jobs we hate so we can buy shit we don’t need. »

    Pour moi ça résume pas mal la société d’aujourd’hui.
    Je suis étudiant et je n’ai pas envie de quitter ce statut quand je vois la dynamique dans mon école au niveau associatif. Une bonne partie de ce qui s’y fait est du hack de la société. Par exemple on a une asso à but non lucratif qui vend aux étudiants des paniers légumes locaux, de saison et bio(non certifié) issus d’une AMAP à un tarif ridiculement bas. C’est pour moi le nec plus ultra du hack de la société de consommation, on consomme un produit local (chez Carrouf’ tout vient d’Espagne), réellement écologique et on engraisse pas les multinationales.

    Le problème c’est que nous avons le temps de faire tout ça car … nous sommes étudiants.

    Je suis pour ma part tiraillé entre l’envie de mener une vie normale mais intéressante et de sortir de ce système. La bataille va pas être facile…

  37. Bonjour,

    Je suis assez sceptique sur cet article. Dans un monde idéal je serais assez d’accord. Mais comme il y’a forcément un « mais »…

    Prenons le système de santé par exemple : quelle serait l’espérance de vie actuelle sans l’émergence de technologies de contrôles non invasives, des technologies permettant d’effectuer divers tests (toxicologie par exemple), des technologies de dérivations du système sanguin pour les opérations chirurgicales (etc…) ?
    Puis la question toute simple qui suit. Sans le système actuel, aurions-nous accès à ces technologies ?

    Ou encore prenons l’industrie automobile décriée dans l’article : est-ce que la complexification des matériels est une des causes de la diminution des morts sur la route, de 184 615 en 1986 à 68 512 en 2010 d’après Wikipedia ?
    Je pense que oui (j’en suis même sûr). En informatique, je pars régulièrement du principe qu’un problème est très souvent un problème « d’interface chaise-clavier ». En transposé, une question simple arrive de fait : Que fait-on si une personne répare « mal » sa voiture et provoque des morts sur une autoroute ? On plaide la bonne volonté face aux outrances du capitalisme ?

    La spécialisation a énormément apporté à la condition humaine. L’ajout de normes/contraintes a permis de réduire considérablement les accidents. Ces normes ne sont possibles que par une complexification des processus, ce qui implique à un renoncement de la part des individus à tout vouloir contrôler par eux-même.

  38. Tu devrais lire le deuxième article : http://reflets.info/changer-la-societe-2-larchipel-des-hackers/

    Et comprendre que l’exemple de la réparation de voiture n’est qu’un exemple…

    Les hackers ont apporté énormément de choses d’un point de vue technique, d’ailleurs tu ne pourrais pas poster ton commentaire ici si les hackers n’avaient pas existé. Tu ne comprends pas que les technologies dont tu parles ne sont exclusives que parce que des brevets les rendent exclusives. Le hacking travaille avec des processus complexes ainsi que la spécialisation. Et nous sommes arrivés à un moment où de nombreuses technologies qui demandaient avant des puissances de type entreprise ou Etat sont à la portée de groupes de personnes, des hackers.

    L’industrie automobile n’est absolument pas décriée dans l’article, en aucune manière. Le capitalisme n’est pas non plus remis en cause en tant que tel, et les individus qui contrôlent tout par eux mêmes est une vison totalement réduite des choses…

    L’accidentologie est une science un peu particulière et réduire une manière d’envisager le monde, la technique, les échanges avec un principe qui repose sur un exemple tiré de l’accidentologie est comment dire : sans intérêt.

    Les gens meurent sur la route, (se déplacer peut tuer), les véhicules s’améliorent, les comportements changent, la population boit moins d’alcool, circule moins à cause de la crise économique : tout est bon pour expliquer la baisse des morts sur la route. Mais des pays qui ont les mêmes véhicules que nous ont beaucoup plus de morts, d’autres nettement moins. Et le problème de fond est surtout : es-tu dans une autonomie assumée ou pas ? Parce que dans le premier cas, tu ne bidouilles pas n’importe comment ta voiture, parce que techniquement tu as la capacité (aidé d’autres) de bien vérifier qu’elle ne va pas merder ta voiture. Et puis le fond est surtout : pourquoi et comment tu utilises ta voiture ? On se fout totalement que les constructeurs de voiture aient su amener des voitures plus fiables : heureusement ! Mais dans le même temps si ces voitures sont verrouillées, rien ne nous empêche de les déverrouiller pour en faire ce que nous désirons. Parce qu’on les a achetées ces voitures. Il y a même des hackers, surtout un, au sein d’un Fablab, l’electrolab, qui en a construit une de voiture. Electrique. De A à Z. Oui, oui, ça fait mal au cul aux constructeurs qui en sont toujours à l’hybride à 25 000 euros…

    Il faut vraiment que je fasse preuve de plus de pédagogie : ce que j’essaye d’expliquer à tendance a être franchement détourné du sens initial, toujours remis dans une réflexion « hors des clous » vis à vis de ce mode pensée (qui est celui du hacking). A suivre et continuer, donc…

    1. Je suis assez (beaucoup) d’accord. Mes outils de travail sont en immense majorité des outils basiques opensources que j’adapte selon mes besoins.

      Concernant l’automobile, je dis simplement qu’autoriser un utilisateur à modifier le matériel peut ou bien permettre des améliorations, si l’utilisateur sait ce qu’il fait, ou conduire à un gros problème. Une mauvaise manip’ dans l’informatique n’est pas bien méchante mais peut devenir un peu plus dramatique concernant une voiture lancée à pleine vitesse.
      Pour autant je sais bien que si les véhicules sont fermés c’est plus dans l’optique d’une réduction des couts en garantie qu’autre chose.

      En lisant l’article, j’ai l’impression (et je pense que les commentaires négatifs sont liés à cette impression) que tu défends un mode de vie basé sur la recherche d’autonomie pure et simple. Un peu comme un Robinson Crusoe en pleine ville. Alors que dans tes commentaires, tu sembles d’avantage parler d’une sorte de « décentralisation » (l’apparition de multiples pôles de connaissance qu’une personne pourraient venir consulter) et d’une réduction d’échelle du fonctionnement de la société actuelle.

  39. Gosh, quelle claque dans la tronche cet article.
    je n’ai pas encore lu tous les commentaires mais vraiment c’est du grand Yovan. Alors simplement merci de réveiller les consciences.
    Petite anecdote, Je viens de démonter mon robot mixeur car « ça tournait dans le vide »
    J’ai bien vu d’où venait le pb. la roue dentée qu’actionne le moteur a casée sur la fixation entre la tige reliée au moteur et la roue. C’est du plastique d’où cette casse.
    Maintenant j’ai voulu hacker le matos, mais comment réparer ce mixeur agé de 10 ans ? Il faudrait soit remplacer la roue dentée en plastique, soit tenter de ressolidariser la tige et la roue. J’ai abandonné. sic.
    Je vais donc acheter un nouvel appareil pour faire comme dans Top chef. Au fond de moi, c’est une défaite.
    Cet article vient en echo. Faut réparer, faut pas jeter.
    J’ai quand même remporté une victoire avec un notebook, écran ne fonctionnant plus, remplacé (le cable coute 5 euros)

    1. Les hackerspaces ont des reprap qui fabriquent des pièces en plastique : elle peuvent permettre de créer ta pièce. Si on avance encore là dessus, tu verras que remplacer des pièces en les « imprimant » avec une imprimante 3D sera commun, et tu le feras. Comme je vais le faire, d’ailleurs.

  40. Très bon papier et de très bons commentaires. Merci à l’auteur et aux participants.

    Je pense que beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont des hackers. A commencer par mon père qui je l’espère viendra lire ce texte.

    Pour ma part, à la lecture de cet article je prend davantage conscience de ce qui m’animent au quotidien.

    En dehors de toute considération philosophique et/ou politique, le moteur principal de tout cela est à mon sens la curiosité. Envie de connaître, de savoir et pourquoi pas de faire et à fortiori de refaire, de réparer.

    Seulement en ce qui me concerne (et pardon de prendre mon exemple) ma curiosité est aussi ce qui me disperse. Un sujet amenant à un autre, on passe rapidement du coq à l’âne. C’est aussi tout l’intérêt de la chose. C’est une force et une faiblesse. Ce que j’appelle la vision horizontale (son jumeau étant la vision verticale, prédominante dans notre société. Ses visions étant bien souvent mis en opposition alors qu’elle devraient être complémentaires).

    Heureusement le hacking et surtout le besoin que nous avons de hacker face aux exigences de notre quotidien, me rappel à l’ordre et m’oblige – pour un temps – à focaliser mon attention et mon apprentissage sur un domaine en particulier. C’est quelque chose d’assez fascinant je dois dire et au final de très gratifiant.

    Pour en revenir à l’article et ne pas faire un HS incongru, j’ai l’impression que ce texte pointe du doigt la perversion des mots par notre société. Le hacking en est un exemple flagrant. Comme le dit ironiquement l’auteur à la toute fin: les hackers ne sont que de vilains pirates. L’amalgame est total.

    Il suffit de demander à de jeunes collégiens la différence entre un pirate et un hacker. C’est simple, ils n’en voient aucune dans leur immense majorité. Je le sais pour avoir eu bien souvent l’occasion de poser la question à des classes entières (ainsi qu’à des lycéens).

    Cette perversion véhiculer en masse par les médias, les politiques, les financiers, les multinationales et leurs lobbys vont jusqu’à pervertir des notions, des réflexions et des modes de vie.

    C’est une privation de nos libertés. Ni plus, ni moins.

    Et l’on pourrait ajouter ce que beaucoup d’intervenants on dit: les pièces qu’on ne peux plus manipuler de manière autonome sans avoir à enlever des blocs d’éléments entiers. Les diverses combines et procéder de fabrication qui n’ont d’autres but dans la vie que de pourrir toute tentative de réparation ou d’amélioration. Le coût affolant des pièces de rechanges (certaines atteignant parfois le prix d’achat d’un appareil neuf). Mais aussi le bridage (qu’ils soit matériel ou numérique) et bien sûr cette saloperie et ce scandale qu’est l’obsolescence programmée. Saupoudrez tout cela de publicité et de compulsion consumériste et l’on obtient un tableau pas vraiment charmant.

    Faire du hacking au quotidien, c’est bien évidemment plus facile à dire qu’à faire et c’est bien ce que l’on ressent à la lecture des commentaires les plus septiques ou en désaccord avec l’auteur.

    Trouver du temps et de l’énergie, personne ne dit que c’est quelque chose de facile. Mais c’est du domaine du possible.

    En prendre conscience est déjà un grand pas en avant. Et c’est ce que cet article réussi à faire avec brio.

  41. excellent article, tres rai, et beaucouo de bons commentaires aussi.

    je suis surpris que vous aye pas parle de auroville : http://fr.wikipedia.org/wiki/Auroville

    dans le genre hack social c est un des plus gros succes, et qui fonctionne toujours plus de 40 ans apres ;)

    pour ma part j ai choisi de m expatrier dans un pays dit « pauvre », le Perou, ce qui me permet d etre travailleur independant et de vivre correctement avec moins de 600 euros par mois.

  42. Depuis le temps que j’ai envie de changer le monde, le rendre meilleur. Je sens que je vais aimer cette suite d’articles. Celui-ci était déjà bien sympa, je ne connaissais pas la ville espagnole citée bien que ça ne soit pas encore la panacée, c’est une alternative dans le système présent.

    J’suis pas sûr de trouver ma voie tout de suite mais peut-être que ça m’aidera déjà un peu à voir ce qu’il est possible de faire.

  43. Ca peut peut-être vous intéresser : http://leanpub.com/hackteur
    Je viens de découvrir votre blog et particulièrement ce post, très riche et très intéressant. Nous partageons l’idée que le hacking peut être un modèle et je pense qu’il est déjà largement en train de « contaminer » la société mais que peu de personne l’ont compris. Vous en faites partie et je serais ravi d’avoir vos commentaires sur le livre que je suis en train d’écrire à ce propos et particulièrement sur vers où nous allons et comment y aller plus vite.

  44. Bonjour,
    Plutot que de réinventer la roue… alimenter les belles rivières :
    Apprendre en collaboratif : réparer sur « savoirtoutfaire.fr » http://www.savoirtoutfaire.com/

    Bidouiller en informatique : suffit de rechercher à partir des sites géénralistes d’info tech genre pcinpact itou…

    Ouvrage de Dames :tricotin.com

    Les BarCamp et HackCamp : en irl pour apprendre parce que non il ne suffit pas de lire pour savoir faire. Désolé mais les bons tuto et la capacité pédagogique sont pas toujours au rendez-vous et combien de site autoproclamation « je sais faire et pas vous mais i je vous montre » et intentionnellement des phases ne sont pas ou étapes restent obscures ou abscons.

    Cons’action : adhérer aux associations de défense des consommateurs, demander à son député la création des actions collectives (les vraies!) ….
    Les Cash Mob …
    L’idée d’un HackLifePedia me semble très bonne pour recenser et gagner en lisibilité. A suivre

    1. «Ouvrage de Dames :tricotin.com»
      Les femmes au tricot, pour repriser les chaussettes et faire des housses pour l’iphone de leur mari ? C’est ce que ta description m’a inspiré. C’était pas assez sexiste « ouvrages en tricot/laine » ?

  45. Absolument. Les deux articles suivants pointent d’ailleurs des organisations qui participent à cette orientation. Mais la mentalité est très importante. Des associations ne suffisent pas. Et le mode de fonctionnement individuel est central, ce que souligne cet article. Les bonnes volontés ne suffisent pas. Critiquer un système tout en l’alimentant en permanence est une contradiction qui ne fait pas avancer les choses : au contraire. Donc, il ne suffit pas d’organiser des Bar camps, si derrière chacun repart faire le consommateur de base chez lui…

    D’où l’idée de faire partager une éthique, un fonctionnement humain différent, celui des hackers. Ne pas se contenter de la surface des choses me semble important : j’entends bien trop souvent des discours réducteurs et rassurants, de prise de conscience et derrière, des années après, aucun résultat.

    Chez les hackers, les résultats sont là.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *