Bitcoin, énergie et wtf twitterien

C’est un thread annoncé sur Twitter avec — comme un peu toujours ces temps-ci — une grandiloquence à la limite de l’hypertrophie de l’ego : « attention, les gars, je vais vous expliquer en 8 ou 9 posts comment que ça marche et comment que vous avez rien pigé au film, mais que moi je sais. » En gros.

Le sujet semble partir de commentaires en forme de questions sur le site de Korben. Ces commentaires évoquent le Bitcoin, et plus précisément l’énergie électrique que bouffe le Bitcoin. L’idée centrale est — comme un peu toujours ces temps-ci — de pouvoir se déterminer pour ou contre le Bitcoin au niveau environnement, puisque désormais l’énergie électrique c’est de l’environnement (ce qui se discute, mais ce n’est pas le sujet). Voyons voir le premier post de notre jeune ami, spécialiste en énergie planétaire :

L’individu veut « stopper un FUD » (Fear, uncertainty and doubt). Personne ne sait s’il y a vraiment de la peur (Le Fear de FUD) dans le constat que le Bitcoin a dévoré 30 TWh entre le 1er janvier et le 23 novembre 2017, mais à la rigueur, pourquoi pas ? Quant à l’incertitude et au doute : cette consommation électrique du Bitcoin représente plus que celle de l’Irlande en un an, ou celle de plusieurs pays africains réunis. Mais comme la suite de son énoncé n’est pas plus construite que le début, ce n’est visiblement pas un problème pour lui : il veut démonter « le FUD sur le Bitcoin « qui voudrait que : « le Bitcoin c’est mal, ça consomme plein d’électricité ». Et le voilà parti dans un long délire postulatoire, avec des sources inexistantes, des affirmations péremptoires totalement biaisées.

« Consommer de l’électricité c’est pas mauvais, on nous a bourré le crâne avec des ampoules écolo. 1% du Sahara couvert de panneaux solaires couvre les besoins en électricité de la planète, et en plus, quand le nucléaire et l’éolien produisent trop, « faut bien consommer le surplus« . Wahouuuu. On sent le chercheur qui a cherché…

Alors, alors, comment dire ? Je crois que @Ploum va bientôt être ridicule. Mais comme le ridicule ne tue plus, il s’en remettra. Surtout que c’est un « blockchain  & Democracy researcher » : ça pose son homme.

La vraie réalité du réel n’est pas celle du monde des geeks à deux balles

Avant d’affirmer que consommer plein d’électricité « c’est bien » parce qu’il y aurait des surplus et qu’on en a trop, il faut aller consulter les derniers rapports d’un pays en pointe dans la production électrique : la France. Pourquoi « en pointe » ? Parce que d’un point de vue capacité de production et maintien du service, c’est au top. Parce que le nucléaire. Et pourtant, malgré cela, la France est au bord d’un sérieux problème depuis quelques années : elle risque chaque hiver (et chaque été) d’être en rupture de fourniture électrique, donc de générer des black-out. Pourquoi ? Comme l’expliquent les rapports un peu alarmistes de RTE, c’est parce qu’on consomme trop fortement à certains moments, les pointes posent problème : chauffage à fond quand il fait -10°C dehors par exemple. Ou climatiseurs à fond quand on est à +35°C. Nous sommes (heureusement) dans l’obligation de démanteler une partie du parc nucléaire puisqu’il est devenu trop vieux, que la technologie est clairement condamnée par sa dangerosité. Mais aussi et surtout par les problématiques de traitement de déchets qui — bien qu’à l’étude depuis des lustres — n’ont jamais trouvé de solution. Nous allons donc moins produire d’électricité « permanente ». 

Donc, venir parler des éoliennes sur lesquelles compter pour avoir du surplus, c’est un peu se moquer du monde : les éoliennes viennent compenser des centrales électriques de tout type, mais ne peuvent en aucun cas fournir une énergie continue et massive dont chaque foyer pourrait allègrement bénéficier. L’éolien est une source d’énergie intermittente et donc complémentaire. Il faudrait pouvoir stocker la production éolienne (justement, ce que notre @ploum dit et dont il ne comprend pas l’enjeu) et pour l’heure cette problématique du stockage est loin d’être résolue.

Sur la planète, le nucléaire représente moins de 12% de la production d’électricité (6463 GWh / jour) et cette production ne va que diminuer pour les raisons que l’on sait (Fukushima), et qui se vérifient : les années qui arrivent verront plus de démantèlements de réacteurs que des mise en production de nouveaux. Normalement…

Dire que « la production d’électricité sur la planète n’est pas un problème et qu’on nous a bourré le crâne avec les ampoules écolo » et que donc, l’électricité consommée par le minage et les transactions du Bitcoin ne sont pas du tout problématiques, mérite une grosse fessée. Tout comme raconter que la faim dans le monde n’est pas un problème parce qu’on gaspillerait plein de bouffe en Occident en jetant 30% de celle-ci, et que la planète a largement les moyens de produire de quoi nourrir tout le monde, par exemple. On peut toujours  affirmer qu’en cultivant ne serait ce que 1% du continent africain en maraîchage, il y aurait des légumes pour tout le monde. Comme @ploum avec ses 1% du Sahara couverts de panneaux solaires pour l’électricité. Et moi, j’empaille Donald Trump aussi, pendant que la marmotte…

Fourniture d’électricité en continu : un challenge

Le principe d’un réseau électrique est le suivant : des moyens de productions injectent dans des câbles très haute tension, du jus, qui ensuite les répartissent dans des lignes de haute et moyenne tension jusqu’à arriver dans des transformateurs puis dans des locaux et alimentent des appareils en 220 volts ou 380 volts. Cette injection électrique se fait en PERMANENCE. On peut toujours ajouter aux capacités d’un réseau électrique des productions intermittentes : solaire, éolien mais ces énergies ne peuvent que compléter, pas prendre en charge la production globale d’un pays. Surtout si le dit pays ne fait que croître en consommation.

Et c’est bien là le problème de la transition énergétique : elle ne se fait pas sur le simple remplacement d’énergies fossiles (charbon, gaz, nucléaire, oui, le nucléaire c’est de l’uranium, donc du fossile) par des énergies renouvelables. Puisque la fourniture du réseau doit se faire à plein temps, de nuit, de jour, par temps de pluie, sans vent… La seule solution pour le solaire et l’éolien pour compenser leur problème de production intermittente serait donc de stocker l’énergie fournie dans des batteries. Sauf que les dimensionnements de stockage en termes de capacité, la durée de vie et les problématiques de maintenance de ce stockage ne permettent pas aujourd’hui de l’envisager à l’échelle d’un pays. Et si cela arrive, la consommation (raisonnée) sera OBLIGATOIREMENT un élément clef pour pouvoir faire fonctionner l’ensemble.

Que font certains data centers, les plus gros, dont un seul est capable de consommer autant que la Norvège de 1998, par exemple ? Ils produisent eux mêmes leur énergie en énergie renouvelable, la stockent et la transforment pour leurs besoins. Autonomie complète. Mais ce modèle, parfaitement centralisé — le data center est à un endroit précis, avec sa propre source d’énergie — est-il applicable à des systèmes décentralisés, sur toute la planète, comme les mineurs de Bitcoin ? Non.

Et que se passe-t-il si une consommation d’énergie se met à croître sans contrôle aucun, de façon exponentielle, sans limite ? Et bien, elle force à fournir de plus en plus d’électricité sur des réseaux qui doivent assurer une capacité suffisante de l’ensemble pour ses consommateurs. Un challenge. Surtout quand un peu partout les limites des réacteurs nucléaires ont été atteintes, que les nouvelles productions d’électricité par le charbon sont quasiment interdites, que la production hydraulique est insuffisante et que les renouvelables ne peuvent compenser cette montée en charge. Restent les centrales au gaz ou à biomasse, solutions retenues par l’Allemagne — pour l’heure — en complément d’une montée en charge des renouvelables. Mais revenons à notre @ploum — éclairé — futurologue, spécialiste de la blockchain et de la production de jus planétaire pour alimenter le Bitcoin qui consomme un max, « et c’est tant mieux », dit-il…

Paye ton mineur et sors le popcorn

Les histoires de vidéos de chatons sur Youtube, de la création de monnaie papier ou de l’extraction de l’or qui consommerait plus que le Bitcoin sont des sophismes, des artifices comparatifs bidons faits pour marquer les esprits en comparant des circuits imprimés avec des betteraves. Ces procédés intellectuels sont l’apanage des sots et des bonimenteurs de foire. Souvent équipés de micro HF et arpentant des scènes avec un air illuminé d’évangéliste du doigt.

Explications : le sujet n’est pas la seule « consommation et la production dans l’absolu », mais la consommation d’électricité d’un procédé bien particulier : le marché financier de la monnaie électronique en peer-to-peer basé sur la Blockchain. Ce n’est pas parce que le Bitcoin passe par le Net comme Youtube que la consommation électrique du minage de blocs et des échanges de blockchain peuvent être comparés à l’utilisation de Youtube. Ou du mail. Pourquoi : parce que d’un côté Youtube n’est pas en peer-to-peer et n’est pas spéculatif. Youtube ne dépend que des usages qu’en font les gens connectés. Et les serveurs de Google, s’ils dépensent de l’énergie, cette énergie électrique est gérée par Google. Google, Apple, Facebook qui de plus en plus — comme de nombreux data-centers des géants du Net — tentent d’auto-alimenter leurs data-center avec des renouvelables. Donc tirent de moins en moins sur le réseau national où il sont implantés. Le minage de blocs et les centaines de milliers de transactions spéculatives du Bitcoin qui  dans la super blockchain, eux, tirent sur les moyens de production électriques nationaux collectifs. Est-ce que super @ploum est au courant de ces grosses nuances ? Il ne semble pas. Mais revenons au minage.

Un mineur de Bitcoins de base, c’est à minima 200 Wh en permanence. En gros 5 KWh par 24h. Faire tourner deux mineurs de Bitcoins semble une bonne base si on veut risquer de gagner des sous : 10KWh par 24h pour un seul crypto-spéculateur. Soit presque la consommation d’un foyer de 4 personnes pour la même période (14 KWh en moyenne en France) [Aparté : en gros, chez moi, au solaire autonome, je dépense à peine 3 KWH par 24h. Mais je suis concerné par ma consommation, puisque si je dépense trop, je tue mes batteries de stockage. @ploum, lui il s’en fout, il compte sur le réseau ERDF, son nucléaire et les futurs panneaux solaires africains.]

Mais dans la réalité, si 2 millions de Français se lancent dans le minage (et pourquoi pas, vu la bulle Bitcoin qui s’est créée, et puis avec des « si », on envoie du jus solaire pour toute la planète depuis le Sahara…), nous aurions donc 20 millions de KWh à fournir tous les jours pour ces chers spéculateurs en ligne. Ce qui représente 600 millions de KWh par mois, et 7200  millions de KWh par an. Soit : 7,2 milliards de KWh : 7,2 TWh. La France produit 416 TWh par an d’énergie électrique nucléaire. Les seuls mineurs de Bitcoin de 2 millions de crypto-spéculateurs demanderaient donc 12 à 13 réacteurs REP ( qui ont entre 900 MWh et 1,3 TWh de production primaire d’énergie par réacteur, donc nécessitent au moins 2 fois cette production pour arriver jusqu’aux consommateurs) de plus sur le territoire pour subvenir… aux besoins des seuls fans du minage de Bitcoin.

Ces petits calculs à la louche sont faits avec des « si ». Mais la réalité, elle, est déjà fort préoccupante (attention, FUD) :

« L’index de l’analyste Alex de Vries, Digiconomist, estime qu’avec les prix actuels, les mineurs doivent consommer plus de 24 térawattheures d’électricité par an pour résoudre les énigmes cryptographiques de plus en plus complexes qui leur permettront d’obtenir de nouveaux Bitcoins. C’est à peu près ce que consomme le Nigeria, un pays de 186 millions d’habitants, en un an. »

La bêtise peut coûter des vies

Pendant que des @ploum s’amusent sur Twitter à expliquer que « moins consommer d’électricité c’est n’importe quoi », et que « la consommation électrique  du Bitcoin c’est cool », et qu’à ce compte là « la création de la monnaie papier ou l’extraction de l’or c’est largement plus que le Bitcoin » (on atteint la limite de l’ignorance crasse avec cette affirmation : comme si les stocks d’or des États étaient encore un étalon pour les monnaies ou que les Quantitative easing faisaient tourner une planche à billet) des gens  crèvent de manque d’électricité. En Afrique, particulièrement. Parce que fournir de l’électricité à toute une population, de façon continue, c’est très compliqué. Et ça demande beaucoup d’investissements. Et pendant que l’électricité n’arrive pas, des médicaments devant être conservés au froid ne sont plus utilisables, des appareils respiratoires ne fournissent plus d’oxygène aux malades, des lieux sombres voient des viols et des meurtres s’accomplir. De la nourriture pourrit par manque de froid.

Mais qui parmi les défenseurs du Bitcoin en a quelque chose à foutre ? L’électricité, pour ces gens, c’est aussi simple qu’une transaction de blockchain, et puis, au fond, ce n’est en fait pas vraiment leur problème. Ce qui les intéresse, c’est de miner des blocs et de spéculer en paix. Tout en racontant n’importe quoi. Mais quand, comme @ploum, on est « Blockchain & Democracy researcher », la réalité n’a que peu d’intérêt. Ce qui compte, c’est surtout comment on la raconte aux foules…

https://motherboard.vice.com/fr/article/qv3z83/une-unique-transaction-bitcoin-utilise-autant-denergie-quune-maison-en-une-semaine :

On totalise une moyenne de 215 kilowattheures (KWh) d’énergie par transaction Bitcoin (il y a actuellement 300 000 transactions par jour environ). Sachant que le ménage moyen américain consomme 901 KWh par mois (ce qui correspond à plus de 2 fois un ménage français, ndlr) chaque transfert de Bitcoin représente assez d’énergie pour faire fonctionner une maison bien équipée pendant près d’une semaine (deux semaines en France, ndlr. De même, l’indice de De Vries montre que les mineurs Bitcoin du monde entier consomment assez d’électricité pour alimenter 2,26 millions de foyers américains simultanément (5 millions de foyers français, ndlr).

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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d’autres médias. Ni « désengagé » ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

28 thoughts on “Bitcoin, énergie et wtf twitterien”

  1. quelques remarques.
    Le nucléaire, c’est de l’Uranium, pas du Plutonium. Le Plutonium, c’est pour la bombe, et dans un pourcentage faible pour le Mox que n’utilisent à ma connaissance que la France et la Russie.
    Le stockage pour les énergies intermittentes, ce ne sont pas du tout que les batteries. C’est même rarement ça car c’est cher et ça s’use. Le mieux, c’est de faire remonter de l’eau dans une retenue pour la faire redescendre via des turbines quand il n’y a plus de vent ou de soleil.. Dans le cas des fours solaires à concentration, on peut faire chauffer un liquide caloporteur et continuer de faire tourner une turbine à vapeur pendant quelques heures le soir et la nuit.

  2. Ok, je ne savais pas que c’était à ce point.
    Mais n’est-il pas possible de créer une crypto moins consommatrice d’énergie ?
    Quelle est la raison qui fait que le calcul est l’unique solution pour le minage ?

    ps: C’est pas grave on va inonder toutes les vallées du monde pour construire un barrage par datacenter ;)

    1. -> Mais n’est-il pas possible de créer une crypto moins consommatrice d’énergie ?
      C’est possible, sans trop de soucis même. C’est un des gros défaut du concept de preuve de travail https://fr.wikipedia.org/wiki/Preuve_de_travail fortement inscrit dans l’adn du bitcoin.

      -> Quelle est la raison qui fait que le calcul est l’unique solution pour le minage ?
      Il n’y a pas de « raison » à proprement parler, autre que celle d’avoir un mécanisme d’incitation. En gros, tu donnes un exercice très compliqué à résoudre, celui qui va le résoudre aura la récompense (ici de nouveaux bitcoins). Tout ce travail, est utile pour valider l’ensemble de la blockchain car « l’exercice » donné te demande de te baser sur les transactions passées. Du coup c’est un travail long et couteux, qui va te protéger de toute forme de « contrefaçon » de la blockchain.

      Tout les détails sont pas limpides pour moi, y’a pas mal de documentation sur internet, je t’invite à chercher un peu pour gratter le sujet (si tu parles un peu anglais: https://www.youtube.com/watch?v=bBC-nXj3Ng4)
      Je suis loin d’être expert, y’a plein de resources sur le web

      Mais pour répondre à ta question, il existe d’autre système que la preuve de travail, la preuve d’enjeu par ex https://fr.wikipedia.org/wiki/Preuve_d%27enjeu

      Bonne journée :)

    2. En fait la problématique du BitCoin, c’est qu’à chaque création de blocs, il faut résoudre un gros problème cryptographique et que, si j’ai bien suivi, la manière de trouver la solution au problème ressemble un peu à une attaque « brutforce ».

      Donc en gros, la techno utilisée par le BitCoin est et sera consommatrice d’énergie. Il me semble qu’il existe des blockchain ou ce système de problème cryptographique n’existe pas, mais comme les mineurs n’ont aucun intérêt à miner, elles ne sont pas utilisées.

      1. Oui BitCoin est basé sur la preuve de travail (PoW). C’est ni plus ni moins qu’un énorme bruteforce et si ton hash termine avec les bons digits tu gagnes le jackpot (je vulgarise).

        Le problème en terme énergetique avec cette PoW est la masse d’énergie gaspillée. On utilise une somme d’énergie considérable, soit, mais on oublie de dire que cette énergie se volatilise dans son immense majorité et ne sert à rien.

        D’autres preuves sont disponibles sur d’autres blockchains : proof of authorithy, proof of stake, delegate proof of stake…
        Proof of authority, ce n’est utile que sur des blockchains privées. Sur une blockchain publique ça revient quasiement à élire un intermédiaire de confiance, aucune spéculation possible.
        Proof of stake et delegate proof of stake, là ça devient pas mal, regardez du côté de tezos, qtum…ça mériterait un article entier.

        Ce qui m’énerve le plus dans ces histoires ce sont ces spécialistes auto-proclamés blockchains qui ne parlent que de bitcoin. Comment un mec connaissant aussi bien les blockchains peut défendre la plus naze des blockchains qui n’a comme qualité que sa primeure? Elle ne supporte pas les smartcontracts, les transactions coûtent un bras, les tokens sont quasi tous distribués, des tonnes de tokens sont perdus, des baleines conservent jusqu’à une date inconnue…
        Faites simple, si quelqu’un défend mordicus Bitcoin il n’y a pas 36000 raisons :
        – soit il a des bitcoins et attend que ça monte encore pour faire une pluvalue
        – soit il ne connait rien aux blockchains
        – soit il n’y connait rien et se rêve millionaire en ayant investi il y a 2 jours une centaine d’euros

        Dans tous les cas c’est un imposteur, comme le sont visiblement Korken et Ploum.

        1. Si c’est le même ploum que celui du blog la réponse est « il a beaucoup de bitcoins »: il a investi dessus massivement il y a plusieurs années en spéculant sur la montée du prix au cours du temps.

          1. Avoir beaucoup de bitcoins pour spéculer et défendre cette technologie publiquement est une preuve que l’on ne comprend rien aux blockchains.

        2. « la plus naze des blockchains qui n’a comme qualité que sa primeure? Elle ne supporte pas les smartcontracts, les transactions coûtent un bras, les tokens sont quasi tous distribués, des tonnes de tokens sont perdus, des baleines conservent jusqu’à une date inconnue… »

          Bien résumé.

  3. Merci pour cet article intéressant.
    Je me souviens d’un reportage passé sur France 5 qui évoquait comment les géants du web pulluaient par leur consomation électrique (ils avaient leur propres centrales à charbon (=pollution) et réalisaient eux même son extraction . Ce reportage bien que datant de quelques année semble complètement en opposition avec vos propos indiquant que « Youtube est autonome en matière de consommation énergétique (je simplifie l’explication, mais c’est ce que j’en ai retenu) »

    Vous critiquez les personnes qui rédigent sans étayer leurs propos, mais je ne vois aucune référence tant sur les consommations énergétiques des mineurs de bitcoin que sur l’autonomie énergétique des datacenter des géans du cloud.

    P.S : le reportage dont je parle est visionnable ici : https://youtu.be/RjAJ8qPPw5w?t=22m50s

    En tout cas merci pour ce sujet très intéressant !

    1. Si vous faites l’effort de cliquer sur les liens, vous pourrez trouver les références à propos de l’autonomie énergétique des data centers géants. Vous simplifiez mon propos et cela peut être un problème. Les géants du web on plein de défauts mais sur ce coup là ils sont obligés de changer. Quant à la consommation des mineurs vous pouvez aller vérifier par vous même les 200 Wh. Mais moi au moins, je donne une consommation (vérifiée avec Spyou (qui va bientôt expliquer pourquoi la conso blockchain./bitcoin croît) qui a miné il y a quelques années et voulait même m’en coller chez moi parce qu’autonome au solaire : j’ai refusé, vous pensez bien…)

  4. Mais si tout le monde se met à miner, ça ne sera plus rentable par rapport à l’énergie qu’il faudra
    à l’heure actuelle c’est rentable car il y a une explosion de la demande et donc du prix, mais au bout d’un moment s’il y a trop de mineur, certain vont perdre de l’argent, leur création de bitcoin ne couvrira pas leur frais en électricité

  5. Juste une correction sur vos erreurs de calculs quand vous comparez avec le parc nucléaire.
    On produit 416 TWh par an avec 58 réacteurs, ça fait : 7,2 TWh par réacteur.
    Donc votre hypothèse à 2 millions de mineurs ça fait un seul réacteur.
    Aussi la perte entre le réacteur et le consommateur finale n’est que de 6%, pas 50%… (https://www.connaissancedesenergies.org/electricite-a-combien-s-elevent-les-pertes-en-ligne-en-france-140520).
    La perte de 50 % elle est au niveau du rendement du réacteur, entre l’énergie thermique qu’il dégage et l’électricité produite au final.
    Un réacteur de 900 MW, produit plus du double en énergie thermique, mais c’est bien 900 MWh d’électricité qui sortent du réacteur par heure quand il est à plein régime.

    1. > Pitié, pas lui : c’est un lobbyiste de l’atome…

      Vous faites un article pour vous moquer d’un type qui n’argumente rien, très bien. Mais si c’est pour faire ce genre de réponse lorsqu’on vous propose des articles argumentés… pas très rigoureux tout ça. Surtout que l’article cité par « gloups » (merci au passage) est vraiment intéressant, et je serais curieux d’avoir l’avis de personnes s’y connaissant dessus.J’ajoute que votre article pourrait symétriquement vous faire passer pour un « lobbyiste anti atome », plusieurs passages de votre article me semblent aller en ce sens, et de plus manquer de précision ou d’argumentation.

      > Nous sommes (heureusement) dans l’obligation de démanteler une partie du parc nucléaire puisqu’il est devenu trop vieux, que la technologie est clairement condamnée par sa dangerosité.

      Que fait le mot « heureusement » ici ? Pouvez vous explique en quoi la technologie serait « clairement » condamnée ?? Il se construit pas mal centrales nucléaires dans le monde il me semble…

      > cette production ne va que diminuer pour les raisons que l’on sait (Fukushima)

      En quoi Fukushima va faire diminuer la production (à part en Allemagne) ??

      Bref tout cela ne vaut pas beaucoup mieux en terme d’argumentation que le twittos que vous moquez…

  6. [Ce n’est pas parce que le Bitcoin passe par le Net comme Youtube que la consommation électrique du minage de blocs et des échanges de blockchain peuvent être comparés à l’utilisation de Youtube. Ou du mail. Pourquoi : parce que d’un côté Youtube n’est pas en peer-to-peer et n’est pas spéculatif. Youtube ne dépend que des usages qu’en font les gens connectés. Et les serveurs de Google, s’ils dépensent de l’énergie, cette énergie électrique est gérée par Google. Google, Apple, Facebook qui de plus en plus — comme de nombreux data-centers des géants du Net — tentent d’auto-alimenter leurs data-center avec des renouvelables.]

    Tiens c’est marrant, vous faites l’éloge de l’internet centralisé et des mastodontes comme Google ?

    Plus sérieusement cet argument est vraiment faible, on pourrait tout à fait imaginer d’héberger les machines dédiée au Bitcoin dans des datacenters soi disant économes. Et puis Youtube, Google & co ont beau être dans des datacenter, ils génèrent de la consommation électrique dans tous les foyers, chez les FAI… etc.

    1. Classe l’anonymat du commentaire « ttt »… Vraiment faible. Oui, ils sont réputés pour faire l’éloge des GAFAM et de l’hyper-centralisation chez Reflets, regardez donc l’historique des articles publiés pour en avoir le coeur net.

      Plus sérieusement, t’as déjà bossé chez un FAI et tu sais la puissance électrique nécessaire à l’émission d’un signal lumineux sur un brin optique ?

  7. C’est à la mode en ce moment sur le net, la délation et la charge sur certaine personne. Cela vient souvent des personnes qui justement dénoncent une certaine forme de fascisme. Le net est devenu une immense bouse dont votre site fait partie…Il n’y plus rien de subversif chez vous ni de croustillant. Vous devenez comme la masse, une masse informe de merde et de lavés du cerveau.

    Qui gagnera la compét du ridicule entre :

    « Blockchain & Democracy researcher »

    et

    «On the net since 1994. Gopher is power ;-)»

    1. #BalanceTonProcès pour la forme :-)

      Il ne s’agit pas de délation, il s’agit de citer une source, de démonter un peu de bullshit au passage, en argumentant, c’est précisément la nuance entre ce genre d’article et ces attitudes que tu pointes du doigt. Mais on a clairement compris que tu t’étais penché sur le fond… L’ami.

    2. A ce compte là Hoaxbuster c’est Hitler, allez !

      En passant, il n’y a rien de prétentieux ni de spécial à être sur le net depuis une certaine date, contrairement au fait de se dire chercheur/spécialiste d’un domaine, à tort ou à raison.

  8. Si je peux me permettre une remarque aussi concernant le stockage: ce qui est évoqué ici s’appelle une STEP (Stations de transfert d’énergie par pompage), dont une explication est trouvable par exemple sur wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Pompage-turbinage
    C’est à l’heure actuelle le plus important moyen de stockage utilisé à l’échelle du réseau (on va jusqu’aux milliers de MW) et c’est pour le moins une technologie éprouvée.
    Si vous regardez les courbes de production EDF (http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique), c’est ce qui se cache derrière le « pompage » utilisé pour « lisser » la consommation la nuit quand les centrales « de base » (nucléaire) produisent en excédent.
    Du fait des différences d’échelle, ce système primordial au niveau du réseau n’est pas vraiment intéressant (voire applicable) en « local », l’inverse valant pour les batteries.

  9. tres bon article. En ce qui concerne la technologie, il faut reconnaitre que reflet fait de bonne chose (par contre l article comparant Franco et Macron …). Bref continuez dans cette voie !

    Comme l a ecrit l un des commentateur, le gros du stockage se fait pas avec des batteries mais en pompant de l eau (qu on refait turbiner quand on en a besoin). Ce qui pose malgré tout des problèmes car par ex en RFA, les éoliennes sont au nord (ou il y a la mer) mais les retenues d eau sont surtout en suisse ou dans les alpes bavaroises (plein sud du pays). Autrement dit, il faut faire traverser tout le pays a l electricite produite -> creation de lignes THT

    Sinon pour rester sur la France, on va avoir de plus en plus de problèmes car la climatisation se répend (et avec le réchauffement climatique ca va aussi etendre le nombre de climatisés potentiels) et que jusqu a maintenant la maintenance des centrales nucléaires se faisaient l été.
    Autre specificité francaise le chauffage electrique. Dans les autres pays il me semble que c est très peu repandu (et c est une aberration technique vu qu on produit de la chaleur pour faire de l electricite qui sera ensuite reconvertie en chaleur).

    1. Un autre gros problème en été, c’est les pics de chaleur et les sécheresses. La plupart des centrales nucléaires françaises utilisent l’eau d’un fleuve comme source froide (https://www.youtube.com/watch?v=xp3KP1YPnqU). En cas de pic de chaleur et de sécheresse, la température élevée de cette eau et le débit réduit du fleuve peuvent compromettre le refroidissement et entraîner l’arrêt de la centrale.

  10. Merci à ceux qui creusent le sujet dans leurs commentaires et apportent des précisions, quoi qu’il en soit, et qu’on estime la révision des calculs à 50% de l’estimation initiale apportée – mais le diable est dans les détails, et j’aime vérifier – je ne suis pas certain que ça change de beaucoup :
    1/ les conneries véhiculées par un grand nombre et reprises de plus belle
    2/ les enjeux

    Bonne soirée aux vérificateurs éclairés, et bons trolls sociaux aux autres (il est ces soirs où l’on ne sait plus vraiment comment lutter contre ces hérésies, cette fumisterie, cette mauvaise foi, ou ces réflexes auxquels vous semblez si enclins).

  11. Merci pour l’article, et les vraies questions soulevées. Consommer de la ressource réelle, physique, et évoquer les impacts, pour produire de la crypto-monnaie (parce que le renouvelable est loin de lui fournir de quoi rassasier l’ogre des courbes de fluctuation)… Et impliquer quiconque en le bombardant crypto-courtier, ça a l’air de susciter des vocations et de déchaîner les passions. Mais ayons foi, tout cela fera peut-être progresser les sources d’énergies renouvelables si on cale les calculs sur des cycles d’horloge désynchronisés pour réguler la consommation (mais le miner-kiddie ou le gros founder qui fait discrètement travailler ses GPU vendus dans le monde entier voudront miner plus que les autres et ne seront pas content…).

  12. Le mining est largement dépendant des grosses fermes spécialisées aujourd’hui. De plus en plus de ces fermes vont tendre vers l’autonomie énergétique, comme en Islande, mais même l’autonomie énergétique à un cout environnemental.

    Un moindre mal serait une autonomie énergétique des grosses fermes et une utilisation intelligente de l’énergie consommée par celles-ci et par les plus petits mineurs, comme utiliser les appareils de minings comme sources de chaleur pour le chauffage domestique et collectif. Et consacrer la puissance de calcul du mining à des tâches nécessaires comme la recherche.

    Un jour peut-être..mais pas avec le Bitcoin, peut-être son 12 millième fork.

  13. L’intérêt, c’était d’informer ou de se complaire dans le « untel bashing » (aujourd’hui Ploum).
    les attaques étaient tellement insupportables que j’ai arrêté la lecture à 2 paragraphes.
    et que vois je dans le premier commentaire ? « vous vous trompez. Le nucléaire, ça consomme de l’uranium, et pas du plutonium ». Ah ben bravo ! J’ai bien fait de ne pas tout lire.

    Heureusement que l’immense majorité de vos articles est de bien meilleure qualité. J’ai pas l’habitude de lire des articles de journalisme de bac à sable sur reflets, et c’est tant mieux.

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