Bienvenue à la Netocracy

Johannes Gutenberg, vers 1456 après J.-C.

Au vu des débats sur l’hacktivisme ces derniers jours sur Reflets, le moment semble bien trouvé pour publier en français cet article initialement paru en anglais ici même il y a quelques semaines afin de contribuer au débat.

Nous sommes au coeur d’une révolution sociale engendrée par les possibilités offertes par Internet et du fait de sa démocratisation, qui apporte à 2 milliards d’êtres humains la possibilité d’obtenir des informations, d’interagir entre eux et de développer des idées ensemble. Ce processus a donné naissance à un web collaboratif (2.0), apparu au moment où les gens ont réalisé qu’ils pouvaient se connecter les uns aux autres comme ils pouvaient auparavant le faire avec des sites Web.

Aujourd’hui l’Internet a énormément changé notre relations au travail (la possibilité de travailler de n’importe où, et avec n’importe qui, l’apparition d’espaces de travail virtuels…), à l’économie (économie de l’Internet, la consommation en ligne, le crowdfunding), à la culture (création collaborative et partage des œuvres d’art dans les réseaux P2P), à la connaissance (nous sommes des lecteurs et des éditeurs de Wikipedia), aux êtres humains (réseaux sociaux, chats et VoIP), à la politique (journalisme citoyen, (les) blogs, hacktivisme, Wikileaks), etc.

L’accès illimité et quasiment gratuit à l’information, ainsi que la possibilité de communiquer, de développer de nouvelles idées et d’organiser des changements sociaux, ont rééquilibré la balance du pouvoir en faveur des citoyens au point de rendre gouvernements et entreprises nerveux. Ces dernières ayant, à juste titre, le sentiment que leur importance et leur puissance sont mis à mal. Avec des lois comme ACTA, SOPA ou PIPA, elles ont tenté d’entraver cette nouvelle forme de liberté.

Ainsi de nombreux internautes se sont politisés, prenant brusquement conscience de l’intrusion, dans leur sphère personnelle, des pouvoirs politiques et économiques, qu’elle prenne la forme de la surveillance, de la censure ou de la répression du partage. L’activisme en ligne (le hacktivisme), jadis le domaine de hackers politisés et de militants des droits de l’homme férus de technologies, s’est démocratisé au fûr et à mesure que les populations ont découvert les outils et l’idéologie de l’Internet Libre.

Ce développement exponentiel, combiné à la possibilité inhérente à Internet d’une existence collective, a globalisé le mouvement Anonymous et lui a donné la forme que nous le connaissons aujourd’hui. Des clusters d’hacktivistes comme Telecomix, des pages Facebook massivement populaires comme « We are all Khaled Saïd », ainsi que des utilisateurs politisé d’Internet, furieux derrière leurs masques de Guy Fawkes, sont peut-être le visage du Web 3.0 ainsi que de l’avènement de la Netocratie.

Mme Joffrin (Wikipedia)

N E T O C R A T I E

La NETOCRATIE est un terme inventé par la rédaction de la revue technologique américaine Wired dans les années 1990.

Combinaison d’Internet et d’aristocratie, la netocratie se réfère à une classe sociale globale, perçue comme supérieure, qui fonde son pouvoir sur un avantage technologique et de réseautage, en comparaison à ce qui est dépeint comme une bourgeoisie, en déclin progressif.

NETOCRATIE est également employé comme un mot-valise d’Internet et de démocratie:

« À Seattle, le mouvement syndical vint en aide aux groupes disparates organisés derrière lui, rassemblant plusieurs milliers de syndicalistes craignant que le libre-échange ne favorise la délocalisation de leurs emplois à l’étranger. A Washington, le mouvement se concentra sur le lobbying auprès du Congrès sur la question de la Chine-commerce, laissant le FMI et la Banque mondiale aux mains d’une Netocratie ad hoc. « 

Les nouveaux radicaux / Time Magazine / Avril 24, 2000

La netocratie, à la fois comme nouvelle élite du pouvoir et nouvelle forme de démocratie, est en passe de renverser l’hégémonie bourgeoise fondée sur la richesse, tout comme la bourgeoisie avait renversé la structure du pouvoir héréditaire de l’aristocratie.

La bourgeoisie avait utilisé l’argent pour marginaliser l’aristocratie; aujourd’hui, la netocratie diminue le pouvoir de la bourgeoisie à travers l’utilisation de l’information. En bref, l’information remplace l’argent comme source de pouvoir, et l’Internet regorge d’information.

Le siècle des Lumières était l’incarnation de l’idéologie matérialiste de la bourgeoisie. Le siècle des Lumières est né de la communication entre les philosophes à travers l’Europe, qui, grâce à l’imprimerie de Gutenberg, ont pu lire leurs ouvrages et s’appuyer sur les idées de leurs contemporains. L’imprimerie a permis plus tard à cette idéologie de se propager à des cercles plus larges, créant un consensus autour d’une une nouvelle façon de gérer la société appelée démocratie représentative (Liberté, Egalité, Fraternité, etc).

L’Internet est l’imprimerie de la netocratie. Grâce à l’Internet, les gens peuvent communiquer et développer l’idéologie netocratique, qu’on pourrait appelée transparence. Cette idéologie, en partie née de la philosophie de travail de la communauté du Logiciel Libre, a donné naissance à une nouvelle façon de gérer la société, qui est parfois appelée Gouvernement Ouvert ou Démocratie Liquide.

Mais l’Internet est bien plus qu’un simple équivalent de l’imprimerie: ce n’est pas seulement un véhicule de l’information, mais aussi son dépositaire. Aujourd’hui, États, sociétés et particuliers ont presque tout numérisé, y compris leurs secrets, et l’Internet offre un accès illimité à ceux-ci. Puisque tout est piratable, les secrets peuvent être découverts, transformés en information, et l’information en pouvoir.

Avec les informations obtenues sur Internet, la netocratie nous rappellera constamment l’inaptitude de la démocratie représentative à gérer efficacement la société au XXIème siècle. Elle fait, par exemple, via les fuites d’informations sensibles sur Internet (Wikileaks). A terme, la netocratie va imposer sa nouvelle forme de gouvernance et remplacer la démocratie représentative.

Les personnes extérieures à la netocratie – celles qui ne comprennent pas les notions telles le hacking, l’ingénierie sociale ou d’autres compétences nécessaires à la survie digitale – seront les vrais parias de cette société. Malgré leur situation économique ou leur classe sociale actuelle, ces personnes seront manipulées et utilisées par celles qui possèdent ces compétences. Elles n’auront aucune influence sur le cours de la société. La Démocratie dans sa forme actuelle sera condamnée à disparaître.

N E T O C R A T E S

Un hacker est quelqu’un qui transforme un objet ou un système en le détournant de son objectif initial, pour lui faire réaliser ce qu’il n’était pas censé faire à l’origine. Un hacker informatique en général hack un système (un site web ou un logiciel, par exemple) pour modifier son fonctionnement, trouver ses faiblesses, la plupart du temps pour l’améliorer, parfois pour dérober des informations et, plus rarement, pour le détruire.

Un hacker profite habituellement de la structure sociale égalitaire et horizontale présente en ligne, du processus de travail en commun et de l’accès illimité à la connaissance. Quand les forces économiques ou politiques, usant par exemple de la censure, attaquent l’Internet Libre, l’envie de rendre le monde physique plus proche du monde virtuel peut parfois pousser un hacker à se politiser et de devenir un hacktiviste.

Un hacktiviste est un hacker politiquement motivé (ou un militant avec des compétences en informatique) qui hack pour défendre des causes telles que les droits de l’homme, la neutralité d’Internet, ou parfois, le renversement de la source de la censure en ligne (les dictateurs, les intérêts économiques, etc). Un hacktiviste comprend que l’Internet peut être utilisé pour améliorer le monde par l’acquisition et la diffusion d’informations, et en organisant les individus à travers les réseaux sociaux.

Un hacktiviste, qui utilise l’Internet pour construire une nouvelle structure de pouvoir et une nouvelle forme de gouvernance dans le monde réel, est un netocrate. Un netocrate participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de l’idéologie netocratique. Il est important de noter que tous les hackers ne deviennent pas hacktivistes, et que tous les hacktivistes ne sont pas des netocrates. De la même manière, tous les hacktivistes ne sont pas des hackers au début ; certains sont tout simplement des activistes qui ont appris à hacker par nécessité.

Un netocrate jouit d’une profonde compréhension des rouages de l’Internet qui lui permet de trouver de l’information exclusive et unique et d’en tirer le meilleur parti. En remettant cette information dans son contexte et en l’analysant avec les informations déjà acquises, le netocrate crée le bien le plus précieux du XXIème siècle: la méta-information. Les netocrates utilisent ensuite ces méta-informations comme munitions dans l’ InfoWar qu’ils mènent contre les structures du pouvoir actuel en façonnant l’opinion publique contre eux.

Des neurones dans un cerveau, ou bien vous sur Internet?

Hackers, hacktivistes et netocrates ne sont pas des utilisateurs d’Internet: ils ont intégré l’Internet comme vous et moi intègrerions une culture. Ils vivent et prospèrent en ligne car ils ont réalisé que ce n’est pas seulement un média, ou un lieu de rencontre, mais un écosystème avec des règles parfois différentes du monde matériel.

Le monde en ligne est une extension du monde hors-ligne: il améliore et augmente les possibilités de l’existence humaine. Tout d’abord, l’Internet offre l’anonymat, ce qui fait de la netocratie une sorte de méritocratie. Être issu d’une famille importante ou avoir des diplômes de grandes écoles n’est pas pertinent, pas plus que la nationalité ou l’origine ethnique. La seule façon de distinguer un netocrate (ou hacker) d’un autre est de juger ses techniques (des compétences comme l’ingénierie sociale ou la capacité à obtenir des informations) et son éthique (la façon dont ces compétences sont utilisées).

Dans la netocratie, le succès n’est pas défini par la richesse. Certains netocrates sont pauvres et vivent modestement, mais ils influencent et manipulent les gens les plus puissants de la planète. Les Netocrates ne sont pas intéressés par l’argent et considèrent sa poursuite comme une obsession bourgeoise pathétique. La poursuite de l’argent est secondaire à la poursuite de données, d’information et de pouvoir.

L’Internet offre également la possibilité d’avoir des identités multiples. Les Netocrates ne sont pas schizophrènes ; ils savent qui ils sont mais ils extrapolent des fragments de leur personnalité via leurs avatars en ligne.

La plupart des netocrates ont une identité publique portant leur véritable identité. Quand ils parlent à travers cette identité, c’est pour communiquer un discours politique, une philosophie. L’identité publique est en quelque sort le porte-parole du netocrate. Cependant, la plupart des netocrates ont plusieurs identités cachées, anonymes, qui fonctionnent comme le bras armé d’un mouvement politique. Celles-ci sont utilisées pour pirater des systèmes, obtenir des informations, ou transmettre des idées plus radicales, que leur identité publique ne pourrait pas porter sans se mettre en danger.

Dans ce contexte, des phénomènes tels qu’Anonymous (et ses diverses mutations) ou certains bouleversements mondiaux récents, deviennent une parabole intéressante qui permettre de regarder différemment l’évolution de l’Internet, en tant que source de pouvoir, et vecteur de l’avènement de la netocratie.

P.S. Pour plus de lecture, je vous recommande cet excellent ouvrage, écrit il y a 10 ans. Certains chose sont datés, mais pas l’essentiel.

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: David Dusa

Born in Hungary, raised in Sweden and South Africa, living in Paris & working as a filmmaker: http://youtu.be/lh7U7A3eL7I / Crisis precipitates change.


85 thoughts on “Bienvenue à la Netocracy”

  1. « A terme, la netocratie va imposer sa nouvelle forme de gouvernance et remplacer la démocratie représentative (…) Les personnes extérieures à la netocratie – celles qui ne comprennent pas les notions telles le hacking, l’ingénierie sociale ou d’autres compétences nécessaires à la survie digitale – seront les vrais parias de cette société. Malgré leur situation économique ou leur classe sociale actuelle, ces personnes seront manipulées et utilisées par celles qui possèdent ces compétences. Elles n’auront aucune influence sur le cours de la société. La Démocratie dans sa forme actuelle sera condamnée à disparaître. »

    parfait exemple de tout ce que je dénonce (élitisme, snobisme, mépris des déconnectés et des non utilisateurs experts), et de tout ce que je combat(trai)s

    la démocratie est le pouvoir du peuple, et donc la lutte contre toutes les oligarchies, y compris celles qui pensent pouvoir faire mieux que le peuple, qu’on l’appelle capitaliste, netocratique ou autrement encore…

    d’ailleurs cette nétocratie est très proche de l’oligarchie actuelle sur le fond, elle est juste en lutte symbolique avec elle pour la prise de contrôle, en concurrence car il en partage le « libéralisme » (celui du renard libre dans le poulailler libre, mais numérique ce coup-là, information wants to be free et datalove…), elle ne diffère pas sur les objectifs, juste sur les méthodes et le territoire d’intervention et de légitimité

    vivement la nuit du 4 août des nétocrates pour continuer à filer la métaphore des Lumières ;-) et espérons qu’ils nous épargneront la Terreur, Thermidor, la Restauration et Napoléon #lol

    fred

    1. @ Frederic Bardeau

      Il y a quand même une différence entre l’oligarchie actuelle et la « netocracy ».
      D’un côté, on a le traditionnel  » 1%  » de la pop qui s’accaparent une partie démesurée des richesses de la planète pendant que les  » 99%  » souffrent.
      De l’autre côté, tu as des gens qui font des « gnoufs » en découvrant/simulant/diffusant des informations plus ou moins sensibles tout en jouant à l’influence–>pouvoir–>touche-kiki(trololo) dans le cyberspace.
      Donc, les LulzSec/Anonymous sont juste des nouveaux contres-pouvoirs aux ~corporates et aux ~oligarches (encore plus relou que des syndicats).
      Pour ce qui est des autres « netocrates » qui hack mais pas en détournant de l’information (ou je ne sais quel genre de trucs qui porterait atteinte à autrui), j’dirais que ce sont des enfants(hackers) qui s’amusent dans une piscine géante(internet).

      bref, je suis pas sur que je vais être compris, j’arrête le massacre.

      1. Why is it snobish and elitist to try to undentify who influences society?

        I chose to partcipate in this debate for I belive that the role of people who understand technology (hackers, etc..) is to make sure as many people as possible understand the need to master the tools at hand. Would u say I am elitist if I said in the 17th century that the future belongs to those who can read and write? And who have wealth?

        Democracy in it’s current form is dying with or without the netocracy. Who elected Mario Monti in Italy? Who elected the European Comission ? The ECB or the FED? Where the Greek allowed to vote on the « bailout »?

        If you manage to make people understand that the vector of change is Internet (in all its glory and gore), you can fight to make tomorrow’s society can be democratic, without being a representetive democracy.

    2. Yop Fred, David,

      La solution passe par l’educ pop. C’est mon moto en ce moment.

      La véritable responsabilité du neto-crate, s’il veut rellement changer la société, n’est pas tant de manipuler l’information que de la transmettre. De transmettre ce datalove que Fred et d’autrent décrient.

      C’est un simple excercice d’educ pop en fait. Transmettre notre « savoir » et nos « compétences » du reseau à tous pour qu’il n’y ait pas de paria.

      A l’inverse, c’est aussi aller prendre les connaissance auprès de tous, connecté ou non, les stocker et les diffuser.

      Y a pas de « paria » ou de « fracture », y a juste des barrières qu’on s’invente.
      Si quelqu’un n’est pas sur internet, c’est pas grave tant qu’il est en face de nous, à la maison, dans un bar ou dans un squat.

      1. Ma moto et mon motto ;)

        Quels que soient tes efforts d’éduc pop, il y aura toujours ceux qui savent et maîtrisent – et donc investis d’un pouvoir et comme nous le savons tous tout pouvoir corrompt – et les autres. C’est inévitable. Il faut donc organiser de véritables contre-pouvoirs efficaces, là est toute la difficulté.

  2. +1 Frédéric Bardeau

    Ce passage m’a fait sursauter…

    Pour le reste j’approuve mais là va falloir mettre de l’eau dans le vin…
    Comme quand j’explique a madame michou que sa souris ben elle va pas se barrer toute seule…

    L’écart de maîtrise de la techno est tellement important entre deux générations, trois … On ne pourra pas demain atteindre les 100% de technophiles parmi la population!

    Les mettre à l’écart direct et dire le « Neto » sera ton chef sa semble pas très horizontal comme système ;P

    « Ne fait pas aux autres ce que tu n’accepterais pas qu’on te (dé)fasse » ou « la liberté d’autrui s’arrête là où commence celle de son voisin ».

    1. It was the hardest passage to write fo I hate to admit it. On the other hand how is that different from today? What are your prospects of getting a job and realaize your potential if you can’t read or write (especially in France) ?

      Just because things are horizontal, doesn’t mean that there is no power. All the nodes are not the same.

      Yes it will takes some time, but much less than 4 generations. 1 or 2 maybe :)

      1. Ok David,

        Mais il ne faut pas non plus fermer certaines barrières trop vite, pour permettre a l’adversaire de s’en servir contre vous/nous…

        Et « dieu sait » qu’ils n’attendent que sa ^^!

        « On the other hand how is that different from today? What are your prospects of getting a job and realaize your potential if you can’t read or write (especially in France) ? »

        We have a lot of construction workers and some barely speek french ^^ but that’s not the point!

        We have a chance to prove that we are differents here…

        « If someone asks you to stop thinking, tell yourself your being lied! »

        Use your opponents weapons/game is a way to make you like him…

        Gandhi subissait les coups mais n’a jamais levé la main … J’ose espérer que si on prends le recul nécessaire tout est possible.

  3. Je plussois le danger à ce que cette netocratie ne devienne la nouvelle aristocratie…

    On reste dans un système de pouvoir (qu’il soit par l’argent, l’influence ou l’information…) qui ne peut pas non plus amener vers une vrai démocratie.

    Évidement derrière mes reserves, je soutien quand même cette mouvance, qu’on ne peut pas non plus assimiler au pouvoir en place.

    Mais restons vigilants…

  4. Tout n’est que lutte de pouvoir et depuis toujours.

    Ce que décrit David est très important, parce que cela indique simplement une réalité qui va perdurer : la netocratie existe, sans même savoir qu’elle l’était au départ, mais par essence elle ne voudra pas se laisser embrocher par la petite, la moyenne et la grande bourgoisie. Ni par la populace, ceux que l’on appelle les classes moyennes. Et tant mieux.

    Parce qu’il faut quand même bien admettre quelque chose d’assez effrayant : les forces qui s’exercent, même les plus antagonistes peuvent s’allier quand une « classe » apparaît, classe qui n’a pas l’intention de se laisser exécuter sur la place publique, virtuelle ou non, alliance pour détruire la nouvelle classe au prétexte qu’elle posséderait des privilèges qu’elle a gagnés par elle-même, ce qui est le cas de la netocratie, mais classe qui dérange les classes installées.

    Un texte, ardu mais passionnant à ce sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_manifeste_hacker

    http://www.criticalsecret.com/n10/A%20HACKER%20MANIFESTO/index.php

    Parce qu’à la fin, il ne faut pas trop se leurrer, ça va faire mal. Et se faire « bananer » sous prétexte d’éclairer les masses pour mieux se faire embrocher… c’est un peu naïf.

    La masse, en général, elle s’en fout quand même pas mal, et si il faut lancer des pierres ou bruler des sorcier(ères) , elle le fait, sans problème.

    L’inculture crasse, la bêtise, l’intérêt égoïste sont des choses très partagées, quoi qu’on puisse en dire ou en penser. Donc, les choses avancent, bougent, se modifient, mais…méfiance quand même.

    Je préfère pour ma part les aristos, souvent assez anars, aux bourgeois et/ou aux populos arrivistes.

    Mais ça n’engage que moi, comme dirait l’autre.

      1. @David

        I wish we could converge more than I think…
        Let see how it can be possible!

        even if it sounds me like a leninist perspective, if netocrates/hackers really influences society, my previous interviews/comments on Reflets ask them not to capture power for themselves and not forgetting those who are disconnected or insufficiently capable of not beeing manipulated by the « other elite » but also by the netocratic one!

        how do you think an hyperclass of apatride uber geeks, conscient of their influence, could resist to be like every other elite: snob, distant from « real/poor/disconnected people » ? in another manner, who is going to be a real counter power to this « new » elite that present itself as able to « save » us from the other greedy old elite? who will ensure, a priori, that netocrates will deploy « digital literacy » and share their views and capabilities with « people »? some netcorates have been sadly famous by beeing recuperated by political parties (even trying to make a new one ;-), economic powers and old fashion civil/political actors… why would this new elite won’t make an alliance with the older one, or converge with it, it as always be like this in history…

        and if Internet is a lever/vector of a global change, I can agree with this, why « bazar » leads to Linux, Wikipedia, Mozilla and other cool stuffs but triggers nothing really powerful as far as political level is concerned, except, I confirm my previous points in Reflets, for Wikileaks and Anonymous? why the hacktivists and hackers don’t unite their forces – always this idea of a meta-federation – and for example launch big hack attacks on the greedy political/corporate elite that is leading us to havok?

        instead of criticizing Anonymous, making the proof of their ego and lust for media / political attention, honors, symbolic capital… fragmenting the fight on multiple and non-prioritary fronts: why don’t netocrates from all over the world, and especially in France, give their support to Assange/Manning like Anonymous does in the past, or refocus the Anonymous arm towards a consistent and meaningful strategy?

        @Yovan + fabrice

        si vous préférez les aristos car vous les pensez plus anars, c’est que la pensée monarchique et oligarchique ne vous quitte pas et que la référence aux Lumières est un leurre qui veut masquer Rousseau, Babeuf, Saint Just…

        vous vous voyez comme des membres de la netocratie mais vous avez du mal à vous dire que vous n’êtes plus des anars en en faisant partie, donc vous fustigez les « bourgeois » et les « populos arrivistes » en les renvoyant dos à dos

        foucault disait qu’il fallait « défendre la société » face aux dispositifs de savoir-pouvoir, avec la netocratie, on a du pain sur la planche car elle veut faire la synthèse numérique entre les 2

        fred

        1. « why the hacktivists and hackers don’t unite their forces – always this idea of a meta-federation – and for example launch big hack attacks on the greedy political/corporate elite that is leading us to havok ? »

          That is the question, my dear friend…

          ’cause they’re not interested to lead, to be powerfull ?
          ’cause a part of these people don’t know each other and don’t want ?
          ’cause politic sucks ?
          ’cause they know that if they evolve to a meta-federation, they’ll lose their soul ?
          ’cause the meta-federation is a very good manner to « catch » them all ? (for the elite)
          ’cause netocraty and his free-minded way of life can’t be organized [into a federation] ?

        2. Nobody doubts that the Internet has empowered the citizen. But to believe, or make believe that this will make everyone equal is naïve at best. Just because a new more horizontal social structure replaces the old hierarchical structure does not mean that there will not be people more powerful than others.

          The Netocracy is not a utopia, but I dare to hope it will be a more just and egalitarian society that better reflects the aspirations of its citizens. Nobody doubts (I think) that the average citizen has more rights and freedoms today than under the monarchy. Obviously I hope that the step between the Netocracy and Representative Democracy will be as great as between Representative Democracy and Monarchy.

          But you seem to ignore my argument that representative democracy today is in a major, possibly fatal crisis. It is subordinate to economic interests that are in no way the interests of the majority of the voting population. Regardless who rules Greece or Spain the austerity is the same. BTW I also believe that current economic crisis hides a much deeper cultural crisis – a paradigm shift. Also, may I remind you that a few years before the French Revolution that state went bankrupt… We do not live in a democracy, the way I define democracy. As Goethe said: None are more hopelessly enslaved than those who falsely believe that they are free :)

          Hackers, hacktivists and netocrates must not necessarily unite in the traditional sense of the word, but if they are sincerely interested in implementing their ideals they must find ways to have greater impact on the construction of this new society. I think Yovan’s ideas of Hacker Archipelagos are worth exploring, as are BaN’s education populaire.

          For me the most important step is to try to figure out what is the ethical basis of this new society. What are the values to be defended?

          David

          1. Netocraty as concept is one trap. It leads to overfocus on net abilities.

            Democraty cannot afford that.

            We can notice within movements such as Occupy or Spanish indignados the SAME desires, but WITHOUT special net abilities.

            Moreover, complex societies cannot be lead by the politicial philosophy which currently is official,
            that is to say
            « the best ones are able to be detected by processes and would have legitimacy because these processes would be considered as reliable ».

            This politicial philosophy obviously, on each day obviously, is an obsolete one.

    1. « La masse, en général, elle s’en fout quand même pas mal, et si il faut lancer des pierres ou bruler des sorcier(ères) , elle le fait, sans problème. »

      Sauf que tu fais peut-être une erreur à parler en terme de masse (dont tu ne veux surtout pas faire partie je suppose).
      Ce qui caractérise internet, c’est justement que l’intelligence est en périphérie. Donc, il n’y a plus de « masse » mais des contributeurs, intelligents ou pas.

      Il est aussi une erreur de croire que parce que des gens ne participent pas à l’élaboration de la « démocratie liquide », qu’ils n’y contribuent pas. Montrer l’exemple en vivant simplement suffit… pour passer sa vie au tribunal.
      Et ceux qui cultivent des patates, élèvent des poules, etc..? Il faut bien que nos vaillants soldats aient autre chose que des octets dans le ventre.

      Si la plupart des métiers liés au Capital, c’est à dire la « dépense de l’énergie humaine au rythme de l’horloge », c’est à dire ceux que l’on trouve au « marché du travail », et à la « bourse de l’emploi » sont obsolètes aujourd’hui, la paysannerie sera toujours d’actualité.

      Aussi, la lutte contre les brevets « logiciels » et « sur le vivant » est la même. Elle débouche sur la lutte contre les brevets tout court, mais sans le vouloir parce que le capitalisme ne peut plus retourner sur ses anciennes bases. Il a déjà muté.

      Une forme de « netocratie » est déjà au pouvoir – et c’est toujours la même, incluant ceux qui consentent par leur silence aux paradis fiscaux et judiciaires. – puisque les banques ont utilisé l’informatique et les réseaux pour mener le capitalisme à son ultime expansion.

      Définitive, à ce qu’ils croyaient. C’était sans comprendre sa nature. Le Capital n’a d’autre but que de s’accumuler.

      Au même titre, il n’y a qu’un crétin peut vouloir « avoir » toute l’info du monde. Car s’il veut s’en servir comme « pouvoir », il ne peut le faire qu’en l’accumulant et en la gardant pour lui. Les « infos » d’un vrai crétin pouvant être en forme de chiffres, identifié avec un logo valant monnaie.

      La question de la propriété privée est réduite aujourd’hui à celle de la propriété intellectuelle. Un bouclier en forme d’oxymore. Sous lequel se réfugient les penseurs et les propriétaires d’hier.
      Et contre lequel nous nous heurtons, comme jadis Gracchus Babeuf.

      1. « Sauf que tu fais peut-être une erreur à parler en terme de masse (dont tu ne veux surtout pas faire partie je suppose).
        Ce qui caractérise internet, c’est justement que l’intelligence est en périphérie. Donc, il n’y a plus de « masse » mais des contributeurs, intelligents ou pas. »

        Personne ne veut faire partie de la masse, et pourtant, tout le monde en fait partie. Je ne parlais pas de la masse sur le net, je parlais de la masse en général, des individus constituant une société.

        L’intelligence d’Internet…

        Sur le reste : la netocratie dont parle David n’est pas celle de la finance, ni du Capital. Tu te méprends. Et c’est justement ce qui rend dingue la classe des méta-capitalistes…ne pas s’emparer du réseau et paralyser la netocratie qui s’y est installée depuis bien plus longtemps qu’eux et maîtrise bien plus qu’eux ses artifices les plus subtils.

  5. Je ne suis pas trop d’accord avec les commentateurs, qui désignent la netocratie comme l’oligarchie actuelle, cette amalgame est erronné.
    Lors de la révolution française le taux d’alphabétisation de la population était infime, et pourtant, ça n’a pas empêcher d’ECRIRE la déclaration universelle des droits de l’homme, et une constitution.
    (Le capital avait gagné la révolution cette fois là).
    De toute façon c’est le mode de transmission des échanges entre membres d’une société qui modèle la-dite société (et avec un gros train de retard les régimes/systèmes).
    En partant de là, l’évolution n’est pas évitable, et bien sûr qu’il y aura des laissés pour comptes, c’est se bloquer intellectuellement que de dire que pour que ça fonctionne il faut 100% des gens technofiles.
    J’ai toujours aimé le précepte : « Si tu ne sais pas demande, si tu sais partages ».
    C’est usant de courir après ceux qui ne « demandent » pas (essayer d’être un « virus des idées de monsieur Chouard » en est assez illustratif) , je considère que madame Michu peut rester à l’écart, elle sera la bienvenue si elle vient poser des questions.

    En restant sur un mode de pensé « oui mais là ça fait pas 100% des gens » on avance pas.

  6. Intéressant.

    « La bourgeoisie avait utilisé l’argent pour marginaliser l’aristocratie; aujourd’hui, la netocratie diminue le pouvoir de la bourgeoisie à travers l’utilisation de l’information. »

    –> ne pas oublier ça donc!

    Le net a vocation a créer une nouvelle forme de démocratie qui repose non pas sur quelques uns, mais sur tous, tout du moins « virtuellement ».
    Modalités pratiques à penser.

    Nous avons avec PP.fr l’exemple parfait d’une déviance de la netocratie qui l’éloigne des fondements de la démocratie (sauf si Octobre marque une rupture venue du peuple pirate!!!),
    avec sa nouvelle petite bourgeoisie connectée mais manoeuvrante et séparée en réalité de la plèbe…

    La remarque de Frédéric plus haut n’est pas dénuée d’intérêt. Il y a en effet un puritanisme chez certains hackers ou libristes qui est tout sauf d’essence démocratique, même si on peut le comprendre.

    Etc.

    1. Xpose,
      je crois que tu sous estimes les manoeuvres derrière PP.fr venant de « forces » qui elles représentent bien plus de 20 personnes, et ont bien des moyen$.
      Cultive toi l’ami ;)

        1. Oui, tu ferais bien de t’y mettre à mon avis.

          Parce que c’est évident, tu ne comprends rien à PP car tu ne vois QUE PP!

          Achètes toi un « zoomout politique »…
          Tu verras, ça change le regard sur l’objet, l’ami.

  7. Il me semble que c’est ton 1er article sur Reflets David, alors bienvenue;)

    Il y a une chose que me gène beaucoup, et de plus en plus, qui peut-être illustré par ce paragraphe.

    « Un hacktiviste est un hacker politiquement motivé (ou un militant avec des compétences en informatique) qui hack pour défendre des causes telles que les droits de l’homme, la neutralité d’Internet, ou parfois, le renversement de la source de la censure en ligne (les dictateurs, les intérêts économiques, etc). Un hacktiviste comprend que l’Internet peut être utilisé pour améliorer le monde par l’acquisition et la diffusion d’informations, et en organisant les individus à travers les réseaux sociaux. »

    Je ne suis pas super à l’aise à l’écrit, donc je vais essayer d’être le plus « lisible » possible….

    Comment dire, j’ai la nette impression que nombres d’hacktivistes se trompent de « combat » ou tout du moins de cible.

    Le sentiment d’avoir à portée de main un grand pouvoir qui finalement n’est que poudre aux yeux car « traitant » uniquement des problèmes de surface.

    C’est probablement moi qui ne connait pas assez le « milieu », ou moi qui suis tellement marqué par certaines idéologies / valeurs que j’interprête mal les messages, s’est complètment possible….

    Pour faire simple, et de manière très très maladroite, j’ai de plus en plus la net impression que la « défense des droits de l »homme » sert uniquement à rendre légitime auprès du grand public une action en désacord avec le droit internationnale (voir carrément illégitime).

    Un extrait d’un discour de M. Mahatir lors de la conférence sur les droitsq de l’homme de suhakam le 9 sept. 2005 (ancien 1er ministre de la Malaisie) me semble assez juste sur le fond :

    « tuer 100 000 personnes parce que vous pensez que les droits de l’homme ont été violés semble être une contradiction. Néanmoins le fanatisme des champions des droits de l’homme a fait en sorte que plus de gens ont été privés de leurs droits, et beaucoup d’entre eux de leur vie, que le nombre de ceux qui ont été sauvés….
    Les gens dont les mains sont trempés dans le sang des innocents, le sang des irakiens, des afghans, des panaméens,des nicaraguayens, des chiliens… les gens qui ignorent la loi internationnaleet qui ont lancé des attaques militaires,… est-ce que ces gens ont le droit de critiquer les droits de l’homme dans nos pays ?
    On fournit à israel des hélicoptères militaires, des balles enrobées d’uranium appauvri, pour mener une guerre contre un peuple qui n’a que les attentats suicident pour riposter….
    Quand des pays ne sont pas amis de ces grandes puissances, celles-ci estiment avoir le droit de dépenser de l’argent pour subvertir leurs gouvernements, soutenir les ong qui veulent renverser ces gouvernements, faire en sorte que seule les candidats qui se soumettent à eux gagnent….
    De même que beaucoup de mauvaises choses sont faites au nom de l’islam et d’autres religions, des choses pires sont commises au nom de la démocratie et des droits de l’homme…. »

    Bon j’m’arrête là niveau citation….

    Chaques jours j’ai de plus en plus l’impression que nous zappons complètement les problèmes de fonds.

    1. Dear Kholl, thank you! Indeed it is my first article (hopefully not the last though :))

      I completely agree with you that the human rights as a cause has been abused to justify imperialist agendas. In the text above I use the notion of human rights as it is stated in the charter most nations have signed, not imposed by weapons or war.

      Could you develop what you think would be the most important contribution of people who understand the Internet (hackers, hacktivists, etc…) at this point?

      Beyond contributing to new ideas and ideologies, maybe the most pressing job is to make the debate technically possible, by keeping the Internet neutral for example.

      1. Et bien c’est probalement très naïf….

        Pour prendre des exemples récents dérouter le trafic d’un pays pour informer les internautes qu’ils sont surveillés et comment se protèger c’est très utile, aider à diffuser des vidéos de massacre sans que le mec qui film se prenent une balle « perdu » 2 jours après s’est loin d’être con, rétablir du réseau quand celui-ci est coupé….

        Informer par exemple sur les résolutions de l’onu bloqué par des un/des vétos alors qu’elles seraient des avancées énormes pour le « bien-vivre » d’une partie du globe me semble juste indispensable…

        Par exemple bien rappeler en décembre 1981 la « déclaration du droit à l’éducation, à l’aide sanitaire, à une alimentation adéquate et au développement économique comme partie intégrante des droits de l’homme » ratifiés par 135 pays et boum véto us… les exemples comme ça sont légion.

        Décembre 1982, « nécessité d’une convention sur l’interdiction des armes chimiques et bactériologiques » ratifiés par 95 pays et boum vétos us…

        Alors ok c’est peut-être pas super marrant, bcp moins que pleins de hacks divers et variés… mais rendre ces données là (qui sont public) accessible au plus grands nombre, compréhensible, permettre l’accès au plus grands nombre possibles à certains bouquins qui ne sont pas distribués (censure par la gestion)….

        Bref c’est que des exemples lancé comme ça,
        j’suis pas pro-onu ou je sais pas quoi, c’est plus dans l’idée quoi…

        Concrètement les papiers paru dans reflets sur amesys ont permis qu’une plainte soit déposés…

  8. « Tout d’abord, l’Internet offre l’anonymat, ce qui fait de la netocratie une sorte de méritocratie. Être issu d’une famille importante ou avoir des diplômes de grandes écoles n’est pas pertinent, pas plus que la nationalité ou l’origine ethnique. »

    C’est du nitpicking. Mais la netocratie n’est pas une méritocratie, c’est une aristocratie, au sens étymologique du terme : le pouvoir des meilleurs. On peut trouver qu’une mamie de 70 ans qui installe son premier Ubuntu a plus de « mérite » que le hacker qui baigne dans l’informatique depuis son enfance. Pourtant, c’est ce dernier qui va être un netocrate, parce qu’il a de meilleures connaissances.

    Mais sinon l’article est excellent !

    Et pour répondre à Frédéric Bardeau, la grande différence entre l’oligarchie actuelle et la netocratie, c’est que ce qui fait la richesse de la netocratie, l’information, est multipliable à l’infini. Du coup, la netocratie peut se permettre de partager sa « richesse », son pouvoir ne diminue pas, il ne se dilue pas comme c’est le cas avec l’argent.

    Quant à dénoncer le « élitisme, snobisme, mépris des déconnectés et des non utilisateurs experts », c’est une attitude qui me semble pleine de bonnes intentions mais à terme néfaste. Croire qu’à l’avenir, la majorité des gens n’aura pas besoin de s’y connaître en informatique ou de comprendre les rouages du Net, qu’elle sera protégée par on-ne-sait-trop-quoi (la loi, probablement) est totalement utopique. Oui, la société que va engendre le Net sera sans doute plus « libérale » que celle d’aujourd’hui, mais les poules auront accès aux mêmes armes que le renard lorsque celui-ci entre dans le poulailler. Bien sûr, elles peuvent décider de ne pas comprendre comment ces armes fonctionnent, mais c’est à leurs risques et périls.

    1. J’aimerais ajouter quelques bémols à ce qui est mentionné dans ce message:
      [citation]c’est que ce qui fait la richesse de la netocratie, l’information, est multipliable à l’infini.[/citation]
      Dans le contexte, c’est totalement faux. La donnée, elle, est dupliquée, pas l’information elle-même. Il n’y a pas « d’information spontanée », c’est à dire que, si je caricature, l’information ne peut pas engendrer une nouvelle information… contrairement au capital qui, lui, via plein de mécanismes économiques, peut générer du bénéfice.
      [citation]Du coup, la netocratie peut se permettre de partager sa « richesse », son pouvoir ne diminue pas, il ne se dilue pas comme c’est le cas avec l’argent.[/citation]
      Encore une fois, le net a justement le pouvoir inverse: l’oubli trop rapide de l’info. Le capital a cette résistance qui lui permet, justement, de rester actif, quitte à se diminuer pour repousser de plus belle quand l’économie le permet. L’information, elle, devient trop rapidement obsolète sur la toile, au point de tomber sur nombre de 404 concernant des articles un tant soit peu trop anciens. Le net, c’est l’instantané, la bourse à l’information, et non pas une « mémoire » globale. Pire encore: il est autrement plus aisé de mettre sous tutelle l’information que l’argent, car l’anonymat est sur la toile autrement moins garanti que celui de l’anonymat des transactions bancaires par exemple.
      [citation]Oui, la société que va engendre le Net sera sans doute plus « libérale » que celle d’aujourd’hui[/citation]
      J’en doute fort. Pourquoi? Parce que le net a des signes de faiblesse sur l’aspect prise de conscience des gens. Il suffit de s’interroger sur la popularité d’un facebook (société privée qui détient la « vie » de ses abonnés… Avec leur accord!) pour se dire « Ah? On évolue vers du libéral, ou plutôt une soumission à un système? Personnellement, je doute que traiter les utilisateurs lambda de « moutons » parte d’une bonne intention. Cela part toujours d’un sentiment de supériorité, alors que c’est de la pédagogie qui serait fortement utile. Or, actuellement, les médias se font l’écho des piratages de CB, du harcèlement via les réseaux sociaux, de la diffusion involontaire de données personnelles et j’en passe. Quid d’explications simples et didactiques? On fait peur, c’est plus efficace que d’expliquer.

      Note d’ailleurs qu’on n’a vu que trop peu de gens s’offusquer face à HADOPI ou LOPPSI… Enfin bref: l’abondance d’informations n’implique certainement pas que les gens s’y intéressent.

      Comme certains l’ont relevé, une aristocratie numérique est au moins aussi dangereuse qu’une aristocratie « réelle ». Pourquoi? Parce que l’élitisme n’est pas nécessairement la marque d’une opinion offrant à la masse une liberté supplémentaire. Toute dictature s’adosse à une élite quelconque (armée, « sang bleu » et j’en passe). De fait: croire que le net peut être bien mené par des gens plus conscients du système, plus compétents pour en démêler les ficelles hors de propos. On ne peut clairement pas compter sur ce concept pour offrir à ceux « qui ne savent pas » une chance d’avoir un net plus libre et plus sûr. La démonstration par l’absurde? Les piratages de masse des anons ou des lulz qui, sous couvert de moralité, jouent avec nos données, nous font potentiellement prendre des risques inconsidérés (cas effrayant: balancer des listes de pédophiles supposés, et être un homonyme d’un des « monstres » ciblés).

      Enfin bref: faute de formation suffisante, nos prochaines générations de surfeurs se contenteront d’avoir des outils plus proches d’eux, et ils piocheront, comme maintenant, les dernières news people, chercheront comment télécharger sans risque des divx HD, ou se regarderont des streams sous titrés à l’arrache de séries américaines. Sorti de cela, peu prendront conscience du potentiel libertaire que peut offrir la toile.

  9. Dans une nouvelle de science-fiction (Qui doit être d’asimov mais je n’arrive plus à me souvenir.) un homme reconnu coupable d’un crime se voit bloqué temporairement toutes ses compétences en informatique. De sorte que celui-ci ne puisse plus rien faire car le monde est complétement informatisé.

    Il a honte de devoir demander à un enfant s’il peut lui acheter un hamburger avec sa carte bancaire étant donné que lui ne sait plus comment faire.

    Récemment j’étais dans la creuse , j’apprenais les rudiments de l’agriculture sans machine sophistiquée. fabriqué des objets en bois , bois qui a était coupé avant par une simple hache.

    J’étais heureux et léger. Si un jour le monde informatique voulait me priver de ça , je serais bien triste.

    Et vous savez le pire ? On arrive à vivre sans argent. Le troc qui sert de monnaie courante n’est limité que par le nombre de personne , trop faible , qui le pratique.

  10. Amalgames dénués de sens, généralisations abusives voire carrément inventions pures et simples: je maintiens ce que j’ai affirmé plus haut, à savoir que ceux qui ont les avis les plus tranchés, définitifs et critiques sur le milieu sont en définitif ceux qui semblent en avoir la vue la plus partielle ou erronée.

        1. =)

          Je voulais répondre au post précédent par « C’est un peu facile comme réponse »

          Mais je pense que c’est encore plus vrai sur celui-ci ..

          C’est pas méchant mais je trouve que ta réponse est un peu rapide. Je ne sais même pas qui fait des amalgames au final. C’est surement parce que je ne suis pas bien renseigné.

          RTFM comme on dit.

    1. Tu commets une erreur disqualifiante.

      Tu dis connaitre « le milieu »,
      mais comme tu sembles détacher « le milieu » de tout ce qui l’entoure dans tes réflexions,
      finalement, tu ne comprends peut être pas grand chose au milieu, à son SENS, à son RÔLE.

      Sans vouloir te vexer, promis.

      1. « les manoeuvres derrière PP.fr venant de « forces » qui elles représentent bien plus de 20 personnes, et ont bien des moyen$ » donne nous des sources sur cette affirmation par exemple, au lieu de faire des phrases :D

        1. Suis le forum de Numerama de temps à autre :)

          Et à la place de seulement y songer, achète vraiment un « zoom out » politique pour regarder les objets 1.dans leur ensemble 2.dans leur contexte.

          Bon, on ne va pas se fâcher hein, je trouve que tu es plutôt bon pour dessiner, et je crois que tu es un brave gars, mais niveau politique, je te sens un peu léger. On devrait faire ami ami, peace on earth, tout ça ;)

  11. Hoooo! Comme c’est étonnant!!! Toujours pas de sources :)
    Bon, ben chais pas moi, tiens prenons cette phrase: « tu ne comprends peut être pas grand chose au milieu, à son SENS, à son RÔLE. »
    Oui, voilà t’as raison je comprends pas son role ni son sens (pardon: « RÔLE », « SENS »… ), j’ai besoin que tu m’expliques, comme ça avec la haute opinion de M’sieur Bardeau, les mises au point de M.Duck et puis tes jolies phrases je vais etre paré pour expliquer tout ça au PMU du coin quand j’irai boire mon café.
    Je te conseille meme d’utiliser un pad pour nous expliquer tout ça (nan parce que je suppose que t’en a des tartines à raconter sur un sujet que tu sembles aussi bien maitriser…) comme ça on va pouvoir donner plus facilement le lien pour éclairer tout le monde, tous ces gens qui codent des trucs et des machins, testent, font remonter les bugs, en assurent la promo et la diffusion alors qu’ils savent meme pas pourquoi (tiens, il est bien ce pad là: http://pastebay.net/ )
    Y’a peut etre meme moyen de faire un livre là dessus, nan, tu crois pas?

    1. Redite//

      Suis le forum de Numerama de temps à autre :)

      Et à la place de seulement y songer, achète vraiment un « zoom out » politique pour regarder les objets 1.dans leur ensemble 2.dans leur contexte.

      Bon, on ne va pas se fâcher hein, je trouve que tu es plutôt bon pour dessiner, et je crois que tu es un brave gars, mais niveau politique, je te sens un peu léger. On devrait faire ami ami, peace on earth, tout ça ;)

    2. Tu serais sympa de ne pas me citer dans un PMU. J’officie déjà sous un autre pseudonyme cela ferait redondance de propos.

      Pour le reste c’est pas important , je ne connais pas le milieu et c’est plutôt à toi que je demandais de l’aide. J’irais la chercher sur tes dessins vus que toi tu ne semble pas là pour ça =)

  12. Ouais, toujours pas de sources pour tes affirmations donc…hormis le forum de Numérama :D
    Mais t’as raison, c’est moi qui suis léger.
    C’est d’autant plus marrant que tu sais absolument pas d’ou je sorts ni ce que j’ai fait avant :p
    Bref je retourne à mes dessins.

    1. Je n’ai pas envie de développer ici plus avant. La source, c’est moi, et j’ai esquissé sur Numerama quelques arguments forts sur ce qu’il se passe.

      Je te le redis, tu es léger en politique façon « zoom out », la seule qui vaille en politique.

      Pas une raison pour bouder hein, moi, par exemple, je dessine comme un pied ;)

      Allez, à+ l’ami, informe toi, et réfléchis.

      -> Que le peuple pirate fasse ce qu’il y a à faire en AG octobre pour que PP.fr garde une chance d’être autre chose qu’un misérable satellite de misérables politiciens professionnels à la manoeuvre.

        1. Ecoute l’ami, laisse tomber tout ce qui regarde la politique, la netocratie, la démocratie, PP, anonymous, indignados, les politiques numériques économiques et sociales, et tout ça tout ça, l’ami

          tu n’es pas taillé pour l’exercice j’en ai bien peu…

          Dommage, tu fais d’assez jolies images :)

          Sans rancune l’ami, mais tu m’as un peu irrité là.

          1. Nan mais vas y explique nous « la politique, la netocratie, la démocratie, PP, anonymous, indignados, les politiques numériques économiques et sociales » on a hate d’en savoir plus :D

          2. Ecoute Xpose, tu es bien gentil…

            Déjà, c’est entre nous, alors n’emploie pas de « on veut savoir ».

            Ensuite tu n’as même pas noté ce qu’il se passe AUTOUR de pp d’un point de vue politique et qui dépasse le simple cadre de pp, tu parles de 20 péquins, ce qui me fait dire que tu es un bisounours.

            Et maintenant tu me demandes alors que tu n’as même pas saisi la première lettre de l’alphabet de l’histoire de t’écrire un livre ou quasi.

            C’est grand guignol, franchement!

            Point final de cet échange qui n’a pas eu lieu et m’a gonflé à vrai dire, donc.

          3. « C’est grand guignol, franchement! »
            Ben oui hein? Dès qu’on te demande de sortir autre chose que des généralités tu te refugies dans la condescendance pour esquiver. La réalité pauvre tache, c’est que j’ai fait parti du PPfr dès sa création en 2006, alors tes hautes considération sur mon manque de connaissance politique du sujet sont risibles. Bref tu connais que dalle au sujet que tu prétends expliquer (sans jamais le faire) et si y’a un guignol ici c’est bien toi :D

  13. Les corporations, renflouant nos gouvernements nous ont vendus cela comme un salut.
    Maintenant nous voyons que ce que nous payons sont nos libertés.
    Aujourd’hui cela va changer, ici et maintenant aux amis comme aux ennemis, nous transmettons le flambeau à une nouvelle génération qui n’est pas d’accord pour vendre les droits et dignités humaines.
    Que chaque corporation le sache, avec ou contre nous, nous paierons n’importe quel prix pour assurer la survie et le succés de la liberté.

    Liber8

  14. [GNU/GPL(General Public License) – quelques elements d’origine]

    Pensée pour contrer le principe du secret dans l’industrie logi-
    cielle (software secrecy) — tendance remarquée pour la /première
    fois/ par Stallman dès 1980 lors de ses difficultés avec une imprimante
    laser Xerox —, la GPL est devenue un outil central de la commu-
    nauté du logiciel libre.

    Pour simplifier, en s’adossant à la puissance juridique du co-
    pyright, la GPL maintient de manière irrévocable les logiciels
    en une forme de propriété commune, que les juristes contempo-
    rains nomment désormais digital commons (biens communs nu-
    mériques). Une fois sous GPL, un logiciel ne peut plus être rendu
    privateur par personne. Dès que, par ce moyen, un auteur fait don
    d’un code à la communauté, la liberté qu’il confère aux utilisateurs
    de ce code est inaliénable. De plus, les versions dérivées doivent
    être couvertes par la même licence si elles comportent une partie
    substantielle du code source original. C’est pour cette raison que
    les détracteurs de la GPL l’ont qualifiée de « virale », suggérant
    à tort qu’elle se propage d’elle-même à tous les logiciels qu’elle
    touche.

    Chacun des programmes du colosse logiciel qu’est Windows
    est couvert par des copyrights et des contrats de licence (End
    User License Agreements — EULAs, « Contrat de licence utili-
    sateur final » ou CLUF). Ces dispositifs stipulent le statut priva-
    teur non seulement des fichiers exécutables, mais aussi des codes
    source sous-jacents, auxquels l’utilisateur n’a de toute façon pas
    accès. Incorporer à l’un de ces programmes un code protégé par
    la virale GPL est interdit ; pour satisfaire aux obligations de cette
    dernière, c’est tout ledit programme que Microsoft serait légale-
    ment contraint de rendre libre. Les concurrents pourraient alors
    le copier, le modifier et en envoyer des versions améliorées, sa-
    pant de ce fait les bases du verrouillage imposé par Microsoft à ses
    utilisateurs.
    D’où l’inquiétude grandissante de la compagnie quant au taux
    d’adoption de la GPL… D’où, aussi, le discours de Craig Mun-
    die en 2001, démontant systématiquement la GPL, attaquant la
    conception « open source » du développement et de la vente de
    logiciels. D’où, enfin, la décision de Stallman de réfuter ce jour-là
    publiquement, sur ce même campus, les arguments de ce discours.

    « Richard est le parfait exemple de quelqu’un qui, en agissant
    localement, a commencé à penser globalement les problèmes liés
    à l’inaccessibilité des codes source. Il a développé une philosophie
    cohérente qui nous contraint tous à réexaminer nos idées sur la
    manière dont les programmes sont produits, sur la signification de
    la propriété intellectuelle et sur ce que représente en réalité la
    communauté du logiciel. »

    « Au-delà des lois telles qu’elles existent, je vois ce qu’elles
    devraient être, dit-il. Je n’essaie pas de proposer une législation, je
    me demande plutôt à quoi elle devrait servir. Pour moi, une loi qui
    interdit de partager avec des amis a aussi peu de fondement moral
    que les lois Jim Crow [20] ; elle ne mérite pas qu’on la respecte. »

    L’évocation des lois de ségrégation raciale amène une autre
    question, celle de l’inspiration qu’ont donnée à Stallman les lea-
    ders politiques du passé. En effet, comme le mouvement des droits
    civils des années 1950 et 1960, ses tentatives pour amener un chan-
    gement social en appellent à des valeurs intemporelles : la liberté,
    la justice et le respect. Stallman partageait son attention entre
    mon analogie et une mèche de cheveux particulièrement emmê-
    lée. Quand je prolongeai la figure de style en le comparant au Dr.
    Martin Luther King Jr., il m’interrompit, détachant une fourche
    qu’il mit dans sa bouche. « Je ne joue pas au même niveau, mais
    je joue au même jeu », dit-il en mâchouillant sa mèche.

    Considérant son penchant pour l’activisme, je lui demandai
    pourquoi il n’avait pas recherché un écho plus large. Pourquoi
    n’avait-il pas tiré profit de son rayonnement chez les hackers pour
    se lancer dans la politique ?

    Stallman considéra la question un moment : « J’hésite à exa-
    gérer l’importance de cette modeste oasis de liberté parce que les
    autres domaines plus connus et conventionnels de la lutte pour la
    liberté et l’amélioration de la société sont d’une importance ex-
    trême. Je ne peux dire que le logiciel libre est aussi important que
    ces domaines mais c’est une responsabilité que j’ai assumée parce
    qu’elle m’est tombée dessus, et que j’ai vu que je pouvais y faire
    quelque chose. Cela dit, mettre fin à la brutalité des polices, à la
    guerre aux drogues, mettre un terme aux racismes de tout ordre
    qui ont encore cours, aider les gens à vivre une vie plus confortable,
    protéger le droit à l’avortement, nous protéger de la théocratie…
    ce sont autant de causes importantes qui dépassent largement ce
    que je fais. J’aimerais juste savoir que faire pour y remédier. »

  15. Je laisse ici une réaction venue à chaud – et augmentée de commentaires – particulièrement concernant le passage :

    “Les personnes extérieures à la netocratie – celles qui ne comprennent pas les notions telles le hacking, l’ingénierie sociale ou d’autres compétences nécessaires à la survie digitale – seront les vrais parias de cette société […]” etc

    Ca fait un peu mal au cul de lire ce genre de truc. Le retour de l’avant-garde eclairée, et des antagonismes de classe selon une certaine lecture marxienne :

    La bourgeoisie venue détrôner l’aristocratie. Marx pariait lui sur une nouvelle séquence historique du prolétariat venu détrôner la bourgeoisie.

    Et qu’est-ce qui suivra l’avant-garde prolétarienne, les bolchéviques, Lenine et Trotsky en tête, venus faire le lit de ce qui deviendra l’URSS de Staline affirmant que, eux, la bonne avant-garde instruite – sachant lire et écrire – avait à prendre les reines pour le bien de la révolution mondiale – on connait le résultat.

    Et que quand même les ouvriers et les paysans qui commençait – bien qu’il ne savaient sans doute pour la plupart ni lire ni écrire – à s’auto-organiser en soviet et à se réapprier les outils de production il fallait les mettre au pas. Et pour se faire par exemple ecraser l’armée insurectionnelle d’Ukraine ou les marins de Kronstadt qui s’y refusait.

    – Oui oui, ça date, je te l’accorde, mais l’histoire à peut-être encore quelques leçons à nous donner, du moins des choses à nous apprendre.

    C’est ici toujours la vieille logique binaire – les échelles de valeurs aurait dit Nietzsche – superieur, inférieur (à defaut de bien et de mal). L’un contre l’autre. Le connecté contre le déconnecté, l’initié contre le non-initié.

    La question de l’Autre au sens large, de l’altérité, d’autres savoirs, d’autres pratiques, d’autres formes d’échanges est-elle à (dé)considérée ?

    Je connais des bidouilleurs talentueux, mécaniciens géniaux, agriculteur capable de te faire pousser trucs dans les environnement les plus improbable voir de regenerer des terres rendues stérile et qui n’en touche pas une sur des ordinateurs et internet.

    J’ai à apprendre et appris énormenement de ces gens. Comme j’ai à apprendre et apprend énormenent des bidouilleurs d’internet et de l’informatique.
    Mais excusez moi du peu, entre ceux qui naviguent comme des poisons dans l’eau sur le reseau des reseaux et ceux qui sont capable de leur main de construire une maison, de bidouiller des moteurs, des eoliennes, des turbines, de naviguer avec une voilier sur l’océan qu’ils on construit, d’ouvrir une serrure, de soigner des maux et des maladies, d’enculer le fisc avec des formes d’ingenieurire fiscale au service de la création – entre eux et les hackers je ne fais pas de différence (et à mon sens le fameux « netocrate » n’est qu’une version restreinte du hacker qui s’auto-gargarise).

    – il me semble par ailleurs que ce texte ne cesse de mélanger le hacker, sa philosophie et sa culture à une vision très réductrice du hacher ou du hacker, c’est-à-dire du bidouilleur. Nous y reviendrons.

    Quant à la plèbe qui ne savaient pas lire et écrire ?
    Parmis eux les paysans de la Grande Peur qui précipitèrent la fameuse nuit du 4 aout de la Révolution Française.
    Parmis eux les sorcières avec leur savoir particulier et souvent médicinal brulées sur les buchers.
    Va un peu causer à une mère de dieu de macumba au brésil, un ayahuasceros amazonien pour voir que par ailleur ces gens on, par d’autres moyens des choses à nous apprendre. Oui tout ça a quand même un sale relent de la prétention occidentaliste ethnocentrée.

    “Dans la netocratie, le succès n’est pas défini par la richesse. Certains netocrates sont pauvres et vivent modestement, mais ils influencent et manipulent les gens les plus puissants de la planète – ou sont manipulé par eux ? Les competences n’immunisent pas du jeu d’un monde qui se fait – Les Netocrates ne sont pas intéressés par l’argent et considèrent sa poursuite comme une obsession bourgeoise pathétique.” – Mais faudrait-il dire c’est que nous sommes pour la plupart – et je ne m’en exclu pas – issu d’une petite bourgeoisie ou d’une classe moyenne plus ou moins confortable. Ce n’est, de fait pas l’enfant des favelas ou d’un village perdu au fin fond de l’outre-tier, qui pourrait se permettre celà. C’est tout même à dire.

    Alors je ne dis pas la chose extraordinaire en terme de puissance que nous offre internet, et les bidouilleurs de ces lieux.

    Mais ans l’interview de Dapher j’entends plus que le hack – le hach appartient à une culture, une philosophie – qui existait avant internet et par ailleurs, sans doute Leonard de Vinci est-il un hacker à sa façon – dont internet à peut-être donné des possibilités extraordinaire de déploiement et s’est fait terreau d’une lutte pour un “eco-système” à défendre.

    Et respect pour ma part. Mais le trip mégalomaniaque égo-centrique, non merci. Je connais des gens capables d’ouvrir en dix secondes chrono les serrures physiques traditionnelles. Je connais des gens qui se sont fait des ingenieurs social capables d’enculer les structures du système en se jouant d’elle.

    Et en bien des circonstances les comptences et les talents de tous ces gens dont je parle pourraient s’avérer bien plus utile, bien plus puissante, que tout les savoirs et competences qui fait le « netocrate » qui se gargarise de sa puissance dans son milieu…

    Alors oui internet est une pure ligne de fuite qui pourrait être le principal vecteur de la chute du monde capitaliste. De l’avenement d’autres mondes, de ces constellation d’ilôts pirates. Mais pas pour s’enmerder de « netocrate » – le terme est abominable – qui se pense les chantre d’une nouvelle élite ou avant-garde du monde entier. Et non internet n’est pas tout et le tout d’un monde à venir.

    On pourrait bien affirmer que nous sommes de plus en plus dépendants de lui mais en fait il s’agirait de dire qu’un monde – un certain monde, sa logique et tout le système qui l’accompagne – s’en ai rendu aujourd’hui absolument dépendant, comme d’une sorte de colonne vertébrale;
    et que comme nous sommes nous même dépendant de ce monde, de sa production, de ses infrastrucutres de distribution (eau, electricité, gaz), du fric et de ce qu’il nous permet de nous loger, de nous nourrir, etc, nous sommes dés lors dépendant d’internet. Mais ca marche en ce sens et seulement en ce sens.

    Ce que je veux dire par là, et pour suivre l’interview de Dapher, c’est que toute ces questions interdependantes – de l’autonomie, de la maitrise des outils que nous utilisons et plus largement des outils de production, de la liberté, de la décentralisation, etc;
    Ne peux nous amener, si on est cohérent, à penser la constitution de nos autonomnie par l’emancipation de nos dépendances aux grandes infrastructures de distribution et aux modes de production telles qu’elles existent actuellement – lesquelles nous échappent pour la plupart completement.

    Sans quoi tout ne reste que du vent.

    1. « c’est que toute ces questions interdependantes – de l’autonomie, de la maitrise des outils que nous utilisons et plus largement des outils de production, de la liberté, de la décentralisation, etc;
      Ne peux nous amener, si on est cohérent, à penser la constitution de nos autonomnie par l’emancipation de nos dépendances aux grandes infrastructures de distribution et aux modes de production telles qu’elles existent actuellement – lesquelles nous échappent pour la plupart completement.
      Sans quoi tout ne reste que du vent. »

      Alors là, chapeau bas : très belle démonstration avec laquelle j’adhère à 100%. Mais cette question de l’émancipation n’est pas encore au goût du jour, et je pense que la « cyber-béatitude » y est pour quelque chose. En gros, ce n’est pas parce que quelque chose nous plaît que l’on doit « devenir la chose » et en faire le centre de tout. Internet est un outil fantastique, l’informatique est une révolution technologique incomparable dans l’histoire du monde, mais pour autant ces deux objets (l’ordinateur, le réseau) ne doivent pas absorber l’humanité et la dissoudre dans une nouvelle production sociale, économique, politique qui abolit le reste, c’est à dire le monde physique, émotionnel, relationnel direct, social, concret. Parce que dire « Internet c’est le monde, il n’y a pas de différence entre la vraie vie et le réseau », c’est un peu comme si je prends un geek par les cheveux, je lui secoue la tête et lui dis : « alors, tu la sens la différence là, entre le réseau et la vraie vie ? ». Je crois qu’il va sentir la différence. Comme le jour où la nourriture va manquer en France : la nouvelle classe sociale que tout le monde enviera sera alors celle des paysans…et la netocratie pourra toujours se mettre où je pense ses artifices technologiques :-)

      Je reste persuadé que le réseau, le hacking ont un rôle majeur à jouer, mais s’ils sortent de la sphère informatique pure et croissent au delà, en se mêlant de tout ce qui fait la structure d’une société.

      Avec un gros effort à faire sur la culture sociale, historique, politique (et pas être simplement inscrit au PPfr depuis 2006, faut quand même pas prendre les gens pour des cons, hein), économique etc…

      Internet est un outil. Comme l’ordinateur. Ou la pioche. Mais un homme ou une femme ne se résume pas à son outil.

  16. mister je te rejoins complètement!

    La vison de ce qui sera l’après « maintenant » de l’auteur et des autoproclamés-netos diffère de a notre.

    Mais gardons cela en tête : « Je désapprouve ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Francois-Marie Arouet

    Que certains hackeurs jouent le rôle que les médias ont abandonnés depuis longtemps pour faire de la propagande, ok, on va diffuser de la « vrai » info.
    Qu’ils prennent la place dorée des médias dans le(s) cercle(s) du pouvoir et exploitent cet avantage pour dominer les autres?

    NON!

    La liberté de la presse doit la rendre indépendante dans son écriture et aussi indépendante des tentation (corrupt°, chantages…) qui pourrait l’amener à s’auto-censurer!

    L’image qui fait peur c’est celle d’une mafia de l’information dominée non plus par quelques grand groupes mais par quelques réseaux d’hacktivistes.

    Ici je peux poser la même question que l’auteur : en quoi serait ce différent de maintenant!?
    La seule différence est que le petit peuple saurait enfin la vérité(d’un petit groupe de personnes), mais celle ci est toujours subjective.

    Je ne répondrait même pas à la pique(in-constructive) de Xpose tant son attitude trollesque m’effraie^^.
    En même temps sa « refecte » bien l’attitude dénoncée.

  17. Bien intéressants ces derniers posts.

    Mais de mon point de vue il y a un équilibre à trouver entre

    DIY/culture hacker/libertarianisme/…

    et

    Structures institutionnelles RÉINVENTÉES/politique/…

    Car qu’on le veuille ou non, des décisions concernant tout le monde ne serait ce qu’aux niveaux nationaux doivent être prises, et le DIYetc ne peut répondre à ce besoin qui me semble incontournable.

  18. Oh là, ça sent quand même le gros délire d’égocentrisme geek cet article. Genre : « vous vous foutiez de moi et de mes ordinateurs, ben regardez, maintenant, chuis trop un netocrate !! »

    Ben, désolé pour toi. « Ils » te regardent et « Ils » s’en marrent de tes théories en carton.

    1. Un peu de vrai dans ce que tu dis Guillaume.
      Mais tu sous estimes le net, et tu sous estimes leurs craintes vis à vis du net et des millions de gens interconnectés.

      Même la brave employée Kroes le leur a dit… :-)
      Et ils voient chaque jour leur légitimité et le respect qui ne leur est plus du s’effriter, ces quelques poignées d’usurpateurs qui vivent de collusions et d’artifices.

      Ils en deviennent dangereux et orwelliens, d’ailleurs, tellement qu’ils craignent les peuples du net et des cités!

  19. Pour France Culture, éventuellement…
    —————————
    La Quadrature du Net veut envoyer une clé USB « DataLove » à 753 députés européens.
    —————————

    Je refuse de donner un centime à un tel projet.

    D’une part je considère que les députés européens sont aussi corrompus et dé-responsables que les parlementaires français.

    D’autre part, l’Europe est un problème en soi faisant partie du mal général,
    démocratiquement et bureaucratiquement gravissime pour les peuples,
    irréformable pour des raisons structurelles,
    et je n’ai rien à dire à ces gens qui nous coutent une fortune et sont
    soit mal élus pour cause d’abstention massive et de petits arrangements,
    soit sont carrément non élus,
    mais quoi qu’il en soit ne peuvent prétendre représenter les peuples des nations de ce continent.

    Désolé Quadrature, j’ai vraiment de la sympathie pour vous, mais vous avez mal jaugé Europe, et avez cru remporter une victoire avec Acta, ce qui est faux d’un point de vue macro-politique.

    CES 7500 EUROS SERAIENT BIEN MIEUX DÉPENSÉS en distribuant ces clés à 800 « têtes de réseaux » non directement liées au numérique mais aux préoccupations démocratiques et citoyennes convergentes.

      1. J’aime très moyennement tes « contributions » de ce que j’ai pu lire de ci de là.
        Par leur contenu, par leur ton.

        Elève toi, cultive toi, un peu.

        ;)

        Quant à ma remarque sur cette histoire, remarque pas méchante mais remarque tout de même, je serai près à la défendre entre gens sérieux, d’un point de vue « stratégique » ; donc sans toi, a priori :)

        Amicalement…

  20. Au cas ou ça interesserait des gens de voir des zhacktivistes en action: http://linuxfr.org/news/organisation-d-une-chasse-aux-bogues-debian-en-ligne
    Parce que contrairement à ce que semble penser les pseudo spécialistes du « millieu », l’hacktivisme ça consiste pas seulement à raconter des conneries sur touiteure ou étaler sa vacuité à longueur de messages sur le forum de Numérama :)
    Autre évènement en France: https://lille.dg-sc.org/blog/index.php?post/2010/09/04/Crypto-Party-001
    Je note que nos spécialistes sont passés complétement à coté de DGSC, pourtant un groupe phare de la scène française (enfin ça pour le savoir il aurait fallut se renseigner autre part que sur wikipedia :D )

    1. Jeune padawan,
      je sens beaucoup de certitude et de clanisme en toi.

      Méfies toi, tu sers ainsi le côté obscur, qui entends diviser pour mieux régner.

      Ouvres toi aux multiples façons dont la force vit, tu la serviras mieux.

      // lol – réfléchis y toutefois

  21. Ce fut sympa… Un peu tendu j’étais, normal disons… :)
    Ce concept de Netocraty me pose un vrai soucis, car s’il y a des hiérarchies qui s’établissent et évoluent au fil du temps sur le net, le net et sa philosophie politique crèveraient de laisser ces hiérarchies s’installer trop solidement, et non plus liquides.

    Il me semble bien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *