Atos-Amesys S01E02 : à la recherche de l’éthique perdue

amesysCher Thierry Breton, quelque chose a manifestement dysfonctionné au sein du service de communication d’Atos. Notre article n’a semble-t-il pas été glissé dans votre revue de presse quotidienne ce matin puisque vous n’avez pas pris contact avec nos experts en communication digitale numérique.

C’est dommage. Nous évoquions les problèmes qui pourraient se poser à Atos en termes d’image si l’instruction en cours contre Amesys (que vous avez rachetée via votre absorption de Bull) venait à faire Paf!. Bien entendu, pour ne pas lasser nos lecteurs, dont vous, nous n’avions pas fait une liste exhaustive des problèmes à venir. Nous aurions préféré échanger au calme avec votre service de communication.

Mais puisque vous ne nous avez pas encore contactés, nous souhaiterions vous exposer d’autres pistes d’inquiétude. Il est essentiel que vous puissiez parer à toute mise en cause de la part de mauvais coucheurs, de la presse ou même, qui sait, de la Justice. Imaginez qu’un jour, d’odieux droitsdelhommistes étendent les plaintes contre Amesys. Par exemple au rôle d’Amesys (et de la SSII Alten) dans l’installation d’un Eagle au Maroc, à Rabat ? Alten, comme Atos, pourrait être éclaboussée par une procédure judiciaire. On ne voudrait pas vous inquiéter mais sur ce point, les autres contrats d’Amesys, à part la Libye, il y a quand même moyen de voir les ventilateurs fonctionner à bloc.

Oui, parce que voyez-vous, un outil comme Eagle (aujourd’hui renommé Cerebro – haha, la bonne blague… Cerebro…), ça intéresse surtout des dictateurs. Il y a bien entendu des exceptions, mais généralement, les démocraties qui s’équipent, ne chassent pas l’opposant pour le torturer. Du coup, il y a plein de pays riants qui ont acheté du Eagle.

Parmi les clients, on trouve par exemple le SILAM, à Libreville, au Gabon, le State Security Bureau à Doha au Qatar.

Imaginez, Thierry Breton, que des journalistes mal intentionnés produisent les preuves des relations commerciales d’Amesys avec ces entités (SILAM, State Security Bureau, par exemple) si des plaintes étaient déposées pour le rôle d’Amesys dans ces pays. Bien sûr ce ne serait que menteries, toutes les personnes saines d’esprit sachant bien qu’il s’agit de la ventes de stylos et non pas de systèmes d’écoutes globales pouvant mener à des arrestations d’opposants politiques et à leur torture par les tonton Macoutes locaux (voir notre article précédent). Mais tout de même. Nous qui sommes spécialistes de tout ce qui est digital nous savons combien une rumeur de ce type peut vous atteindre… Profondément.

Au secours, ça part en vrille

Non franchement… Avoir racheté Bull et sa galaxie Amesys, avoir placé Philippe Vannier à un poste de responsabilité au sein d’Atos, c’était un pari dangereux. Bien entendu, vous pouviez espérer du business en plus avec Bull en tant que tel, mais la galaxie Amesys… Et conserver Philippe Vannier, lui qui avait déjà fait une culbute abracadabrantesque ? Il aurait pu se retirer et jouir paisiblement de la petite fortune réalisée. Non, vous l’avez gardé. Peut-être parce qu’il a ses entrées dans les services de renseignement, surtout extérieurs (la fameuse boite postale B.G.A.CG350/R, 14 rue Saint-Dominique), via la galaxie Amesys qui leur vend (notamment au travers d’Elexo), des tonnes de matériels d’écoute rigolos ? Qui sait.

Non, ce qui serait embêtant se serait que vous tombiez sur un juge rouge. Vous savez, ces petits pois, comme disait Nicolas Sarkozy, mais rouges. Pas verts. Ceux qui en veulent à la liberté d’entreprendre, ces socialo-communistes indomptables, qui font la sourde oreille lorsque le gouvernement leur demande de mettre la pédale douce.

Imaginez un juge de ce type qui commence à regarder de près la comptabilité d’Amesys et qui lui demande s’expliquer en détail sur les lignes du bilan.

Nous vous donnons un exemple comme ça, en passant, juste pour se faire une idée, celui du Festival mondial des arts nègres au Sénégal. En quoi consistaient exactement ces relations commerciales d’Amesys avec ce qui était à l’époque de notoriété publique un vaste outil de corruption au profit de la famille au pouvoir ?

Non, vraiment, Thierry Breton, vous avez besoin de nos conseils digitaux ! Appelez nous.

 

 

 

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

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