Journal d'investigation en ligne
par bluetouff

Yet another useless teaser

Il n'est de nos jours plus une seule grande puissance dont l'armée n'est pas tentée d'investir ce "nouveau champ de bataille".

Il n'est de nos jours plus une seule grande puissance dont l'armée n'est pas tentée d'investir ce "nouveau champ de bataille". Au fil des décennies, l'apparition, puis la prolifération des réseaux de communications et surtout leur interconnexion au réseau Internet, ont naturellement produit un tissu économique nouveau, des ambitions nouvelles, et de nouvelles approches politiques comme militaires en matière de régulation, de surveillance, et (officiellement) depuis plus récemment pour la France, d'une doctrine offensive en matière de cyberdéfense. D'ailleurs on peut mettre du "cyber" à toutes les sauces, ça ne cyber change rien, la meilleure des cyberdéfenses reste la cyberattaque.

Le cyber plan anti Djihad dévoilé

Le problème, c'est que des drones par exemple, ça ne rentre pas dans les tuyaux d'Internet... et si on faisait rentrer le tuyau dans le drone ? Plus c'est gros, plus ça passe.

La collecte d'informations est une composante essentielle de toute armée moderne. Il n'est donc pas surprenant de retrouver chez Orange des correspondants missionnés par les services intérieurs ou extérieurs, à des postes clés, pour être en mesure de mener une opération extérieure ou le concours de l'opérateur serait précieux.

Un fournisseur d'accès s'interconnecte avec d'autres. D'une manière générale, quand on contemple les interconnexions des uns et des autres, on peut se prendre, dans un excès créatif paranoïaque, à songer à qui cherche à écouter qui. Mais il y a des collaborations, moins visibles, reposant sur des faits établis et des recoupements de dates qui collent moyen, qui ont de quoi laisser songeur.

On sait par exemple que la France à travers certaines de ses grandes entreprises, a beaucoup oeuvré pour la connectivité de l'Afrique et de la péninsule arabique. La France devient naturellement un partenaire de choix pour des puissances qui ont un intérêt à aller écouter ce qu'il se passe du côté du moyen-orient. Et pas qu'en ce moment ; c'est déjà le cas depuis des années. La collaboration avec les services d'autres puissances, la mutualisation des outils, des infrastructures, mais surtout des données, entrent-ils dans la catégorie des choses qui doivent rester les plus loin possible du contrôle parlementaire ?

Les articles qui vont suivre ces prochains jours risquent d'accréditer un peu plus un scénario abracadabrantesque que Reflets développe ici depuis plusieurs années. Les cas que nous évoquerons nous amèneront à nous interroger sur une éventuelle "séparation des pouvoirs" qui entraverait la bonne compréhension entre politiques et renseignements extérieurs... ou encore sur l'efficacité du contrôle parlementaire sur la nature des opérations menées et la proportionnalité des moyens mis en place pour atteindre des objectifs précis, qu'il s'agisse de collecte d'informations ou de cession de ces informations à des tiers.

En continuant à écarter les libertés acquises, souvent dans le sang, du centre de la vie politique des citoyens, on écarte les citoyens de la vie publique, on se place dans une logique d'exclusion. La France, à l'heure de l'Europe, n'a plus besoin de ses exceptions, elle a besoin d'être exceptionnelle, à défaut d'être irréprochable.

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