Journal d'investigation en ligne
par Ricardo Parreira

Violences à Lyon : l’extrême droite instrumentalise la mort de Quentin

Le fantasme de la guerre civile

La mobilisation est totale. Étonnement, c’est la militante transphobe Marguerite Stern qui est la première à annoncer, hier à 13 h 33, la mort de Quentin D., « Paix à ton âme, merci ». Dans les heures qui suivent, avec des éléments de langage bien rodés, la galaxie de l’extrême droite, du Rassemblement national aux groupuscules les plus violents, ne se contente pas de déplorer la mort de ce membre du SO de Némésis, mais appelle à une « riposte » dont les contours sont inquiétants.

Les réseaux de l'extrême droite en ébullition
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Aucune retenue, aucun filtre : pour certains, c’est le moment « d’exploser », au motif qu’« un cap aurait été franchi ». Cette indignation située occulte pourtant une réalité documentée depuis des années. Selon plusieurs recensements, l’extrême droite est impliquée dans de nombreux faits de violences, ayant causé la mort d'au moins 11 personnes et fait des centaines de blessés, dont 19 grièvement. La mémoire des acteurs d'extrême droite apparaît ainsi particulièrement sélective. Le plus frappant reste la capacité du collectif d'extrême droite Némésis à imposer son récit des événements dans la majorité des médias, une première dans une affaire d’une telle sensibilité.

Les faits auraient eu lieu en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon, dont le bâtiment est situé dans le VIIᵉ arrondissement de la ville, à l’occasion d’une action menée par six militantes du collectif d’extrême droite fémonationaliste Némésis, accompagnés d’un service d’ordre d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles se trouvait Quentin D., militant nationaliste actif au sein de l'Action Française.

Alice Cordier pour Le Figaro vendredi 13/2026 - capture d'écran.
Alice Cordier pour Le Figaro vendredi 13/2026 - capture d'écran.

Selon les vidéos que Reflets a pu consulter, en date du jeudi 12 février, les premières confrontations entre militants d’extrême droite et antifascistes ont eu lieu à proximité immédiate du bâtiment où se poursuivait la conférence de Rima Hassan.

Des militantes du collectif Némésis ont tenté de...

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