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Dossier
par Antoine Champagne - kitetoa

Un confinement strict imminent

Ce nouveau tour de vis est évoqué par plusieurs services de l'Etat

Les projections sur le nombre de morts du ministère de la Santé sont catastrophiques. Pour l'exécutif, un confinement strict s'impose et devrait intervenir prochainement. Révélations.

Paris lors du confinement de mars 2020 - ©Reflets

Emmanuel Macron et le gouvernement avaient surpris avec son confinement « en même temps ». Un confinement où l'on doit rester chez soi pour télétravailler, mais aller travailler quand même si l'entreprise le requiert tout en mettant les enfants à l'école. Les mêmes enfants, entassés dans les classes, les couloirs ou la cantine rentrent le soir à la maison et... L'ambiance de ce confinement de Schrödinger est d'ailleurs très différente du premier. Les rues sont toujours remplies de personnes qui vaquent à leurs occupations, ce qui n'était pas le cas en mars. Plusieurs comptes de médecins, sur Twitter avaient alerté sur l'énorme vague qu'ils voyaient poindre à l'horizon.

Tweet de @Le__Doc - Copie d'écran
Tweet de @Le__Doc - Copie d'écran

Le ministre de la Santé s'est énervé violemment à l'Assemblée Nationale mardi 3 novembre lorsque l'opposition a profité d'un surnombre pour voter un amendement restreignant le prolongement de l'état d'urgence sanitaire au 14 décembre, alors que le gouvernement souhaitait le faire durer jusqu'à février 2021. Olivier Véran a alors raconté sa visite à l'Hôpital Sud Francilien et laissé éclater sa colère.

Tweet du SAMU de Lille - Copie d'écran
Tweet du SAMU de Lille - Copie d'écran

« Je suis rentré dans deux chambres dans ce service de réanimation de Corbeil-Essonnes. Dans la première chambre, il y avait un jeune homme de 28 ans, de 28 ans ! En coma, intubé, ventilé, avec pas loin de 10 pousse-seringues pour pouvoir, à la fois, l'alimenter et lui fournir les médicaments essentiels pour le maintenir en vie ». Olivier Véran a alors brusquement perdu son calme : « C'est ça la réalité, mesdames et messieurs les députés ! Si vous ne voulez pas l'entendre, sortez d'ici ! », a-t-il hurlé en direction des députés d'opposition. « Elle est là la réalité de nos hôpitaux ! Elle est là la réalité de nos hôpitaux ! Vous êtes en train de débattre de sujets alors que nos soignants se battent pour sauver des des vies ! », a crié le ministre.

60.000 morts de plus

On sait ce qui a sans doute motivé sa colère. D'après les projections de son ministère, cette seconde vague de le Covid-19 devrait faire 60.000 morts en plus de ceux de la première vague. Et devant l'explosion du nombre de cas et d'admissions à l'hôpital, un reconfinement strict parait inévitable sous 15 jours maximum. Plusieurs sources au sein du ministère de l'intérieur et d'autres services de l'Etat l'évoquent ouvertement.

Un autre signal faible allant dans ce sens pourrait avoir été relevé par la journaliste spécialisée dans l'éducation Sandrine Chesnel qui twittait ce soir :

Tweet de Sandrine Chesnel - Copie d'écran
Tweet de Sandrine Chesnel - Copie d'écran

Pas sûr que les lycées assurent prochainement la moitié des cours en présentiel.

Le Canard Enchaîné du mercredi 4 novembre évoquait cette même hypothèse : « en cas de dégradation de la situation, la fermeture des écoles, collèges et lycées ou encore celle des services publics... Pour les librairies, c’est déjà fait ! »

Mais ce tour de vis pourrait provoquer un vif mécontentement. Les services de renseignement territoriaux alertent sur le fait qu'une partie de la population pourrait se révolter contre le durcissement du confinement à cause de précarisation qu'il engendre. Cette colère s'est déjà sentie avec la fronde de maires qui ont autorisé des commerces à rester ouverts et celle de petits commerçants qui bravent d'eux-mêmes les interdictions pour tenter de survivre. Le mouvement des gilets jaunes a laissé des traces et une nouvelle poussée de fièvre populaire inquiète l'exécutif.

Plus de 58.000 personnes ont été diagnostiquées positives au nouveau coronavirus au cours des dernières vingt-quatre heures en France, a annoncé, jeudi 5 novembre, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, lors d’un point presse sur la situation épidémiologique. Le nombre de morts des suite du Covid-19 s'élève à 39 037 dans le pays, soit 363 de plus que le bilan fourni mercredi.

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