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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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par Yovan Menkevick

Situation politique estivale : sous les lobbies, la plage ? #HATVP

La HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique) vient de publier les déclarations d'intérêts des  925 parlementaires français, tandis que Manuel Valls interdit des manifestations pro-palestiniennes, soutenu par un François Hollande pro-Netanyahu, qui du côté économique, continue d'ânonner sur "l'inversion de la courbe". Qu'est-il vraiment en train de passer ?

La HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique) vient de publier les déclarations d'intérêts des  925 parlementaires français, tandis que Manuel Valls interdit des manifestations pro-palestiniennes, soutenu par un François Hollande pro-Netanyahu, qui du côté économique, continue d'ânonner sur "l'inversion de la courbe". Qu'est-il vraiment en train de passer ? Petit billet coup de gueule en forme de mise au point estivale sur l'orientation politique du gouvernement du "changement maintenant", de la "justice sociale" et…des arrangements opaques.

barbec
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Que veulent-ils, que font-ils, qu'espèrent-ils, où vont-ils, nos "gouvernants" en cet été 2014 ? L'opération transparence" forcée par le scandale Cahuzac de 2013 a été menée en plein été 2014, et ce n'est pas pour rien : à l'heure des apéros-barbeuque et de la pétanque, le bon peuple a autre chose faire que de  s'énerver sur l'enrichissement personnel de ses élites. Ce qui est bien pratique.

Traduction autour des saucisses-merguez : "On est pas ici pour se faire c… avec leurs histoires, déjà qu'ils nous emm… toute l'année, alors, là, on en profite, m… quoi !"

Comme on les comprend. Et puis, de toute manière, que faire ?

Que faire des salaires, dividendes mirobolants de Philippe Briand (parlementaire UMP, ex trésorier de campagne de Sarkozy) actionnaire de 37 entreprises dont une participation de 120 millions d'euros dans une holding ? Des millions de Copé dans un cabinet d'avocats d'affaires alors qu'il était dans le même temps député et maire pour 75 000€ par an ? De Guérini, Sénateur PS, Président du Conseil général des Bouches du Rhône  mais qui siège au conseil de surveillance de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et y touche des jetons de présence pour plus de 24 000€ par an, préside le service départemental d’incendie et des secours pour 15 700€ annuels, tout en étant actionnaire de la Socoma ? 

L'opération HATVP (très bien documentée par Mediapart) pourrait démontrer à l'opinion publique l'inverse de ce qui est recherché. Pourrait-elle démontrer que ceux qui dirigent le pays ne sont pas au service du bien commun, mais au service de leurs propres intérêts ? Et par conséquence, au service de groupes d'intérêts privés, de lobbies ? La population pourrait-elle commencer à penser que chacune des décisions des élites politiques est prise en fonction des volontés de groupes d'intérêts privés qui menacent, promettent, achètent ? Comment expliquer le cadeau de 30 milliards de François Hollande, Président socialiste de gauche et du "changement maintenant", au Medef ? Ce cadeau qui ne peut rien amener en termes d'emplois, ce que chacun sait, des spécialistes les plus pointus à Martine, la coiffeuse de Nemours ?

Sous les lobbies, la plage

Le problème des lobbies et des politiques achetés par ceux-ci a déjà largement été traité sur Reflets. On sait ce qu'ont fait les Tony Blair,  Gerhard Schröder, Nicolas Sarkozy, à peine sortis de leurs mandats, et quelles rémunérations les groupes privés leur fournissent. La grande question actuelle, avec l'accélération de l'écroulement social, économique, d'un pays comme la France, et qui devient brûlante, est la suivante : comment les hommes et femmes au pouvoir vont-ils pouvoir continuer à cacher leur compromission avec les lobbies tout en menant une politique qui relèverait, ou tout du moins, soulagerait le pays ?

Les maigres convictions de ces politiques de tous bords sont devenues tellement minces face à leur avidité difficilement camouflée, que chaque discours sonne plus creux que l'ancien. Les effets récessifs de leurs non-décisions accentuent le malaise social : les actionnaires des grands entreprises cotées en Bourse s'enrichissent un peu plus quand le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté augmente, le livret A est à son plus bas historique, mais les banques n'ont aucune réglementation contraignante de plus qu'en 2009, au plus fort de la crise financière… Etrange, non ?

"Sous les lobbies la plage" pourrait-être le nouveau slogan de notre époque. L'équipe de François Hollande travaille pour eux, comme l'équipe Sarkozy le faisait, comme une équipe Front national le ferait s'il arrivait au pouvoir. La politique n'est plus entre les mains de ceux qui appellent à ce que "la population les élisent par les urnes". La politique n'est pas dictée à Paris, ni à Bruxelles. Elle est dictée par des types en costard-cravate qui sirotent des cocktails au bord de piscines de luxe la moitié de l'année et font passer les messages de leurs patrons aux décideurs politiques le reste du temps.

Il reste une chose à faire, une fois les barbeuques éteints, et les domiciles retrouvés pour ceux qui ont eu les moyens de s'extraire de leur quotidien : se prendre en main, et ne plus rien attendre des élites.

Sinon qu'elles appliquent ce que leur soufflent les spin-doctors des multinationales.

Mieux vaut agir en toute liberté que continuer à prendre au sérieux les clowns de la République. Tant qu'ils nous laissent encore un peu de liberté. Parce que quand il n'en restera que très peu, de cette liberté inscrite au fronton des mairies…, ce sera eux… ou nous.

 

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