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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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par bluetouff

Quand la CNIL fait de la publicité pour le Deep Packet Inspection d'Orange

Incroyable et honteux ! Sur France Info, Sophie VULLIET-TAVERNIER, directrice des études, de l’innovation et de la prospective de la CNIL, fait ouvertement la promotion du service Orange Préférences, un service qui nous avait fait bondir car nous avions tout de suite reconnu ici l'usage, confirmé par Orange, du Deep Packet Inspection, une technologie particulièrement intrusive dont l'objet même est de lire la charge utile de vos correspondances.

Incroyable et honteux ! Sur France Info, Sophie VULLIET-TAVERNIER, directrice des études, de l’innovation et de la prospective de la CNIL, fait ouvertement la promotion du service Orange Préférences, un service qui nous avait fait bondir car nous avions tout de suite reconnu ici l'usage, confirmé par Orange, du Deep Packet Inspection, une technologie particulièrement intrusive dont l'objet même est de lire la charge utile de vos correspondances. Ce qu'on appelle ici la charge utile, c'est TOUT le contenu des paquets, que vous recevez et envoyez sur le réseau : vos emails, vos chats, vos mots de passe (non chiffrés)... rien ne lui échappe. Ce service est une hérésie en matière de sécurité puisqu'il est par définition une invitation à ne pas utiliser le chiffrement SSL, partout où ce dernier est disponible (le chiffrement rend le DPI sourd et aveugle, particulièrement dans ce cadre d'utilisation à vocation publicitaire). Par ce service, l'abonné Orange ayant souscrit à ce service, appelons le un "bon con" pour qui Orange a tout intérêt à entretenir l'e-gnorance, s'engage donc à surfer le plus souvent possible à poil pour qu'on puisse lui envoyer de la publicité ciblée. Et la CNIL, dont l'objet est sur le papier (elle bénéficie en tout cas de financement publics pour), la protection des données personnelles cautionne cette merde ?! What the fuck ?

Nous avions déjà mis en garde sur l'usage de cette technologie à des fins publicitaires quelques mois avant qu'Orange ne lance ce service. Une fois de plus Reflets.info avait eu le nez creux, il était évident que ceci allait débarquer en France.

Non contente de ne pas servir à grand chose, la CNIL s'érige donc maintenant (par manque de budget ?) en support publicitaire pour aller redorer le blason des fournisseurs d'accès en faisant la promotion et là c'est quand même un comble, du Deep Packet Inspection. Plus particulièrement du service Orange Préférences, proposant aux abonnés d'Orange, sur inscription de bénéficier du viol de leur correspondance personnelle en échange de publicités ultra ciblées! Mais tout ceci est bien légal nous assure Sophie VULLIET-TAVERNIER... puisque "c'est sur OPT-IN », éludant LA question technique par une belle pirouette synonyme d'un "c'est trop compliqué, et puis vous êtes un peu trop cons pour comprendre le DPI" ... omettant non seulement de citer la technologie (pas franchement populaire dans les pays arabos musulmans qui connaissent des soulèvements et à qui la France comme d'autres pays fournissent ces armes numériques en se cachant derrière leur petit doigt et dont notre ministre de la défense a même le culot de dire qu'elles sont "détournées"), mais en plus se gardant bien d'expliquer de manière claire que ce service consiste, dans les faits, à un viol de correspondance privée... sur OPT-IN !

Voici un petit mémo à destination de la CNIL, pas trop compliqué, histoire qu'ils puissent bien retenir.

DPI = Lecture du PAYLOAD = VIOL DES COMMUNICATIONS

Ecoutez bien cette interview ce spot publicitaire.

C'est super le DPI hein ?

La CNIL ne doit pas lire Reflets, c'est fort dommage. Comme nous sommes bien assurés qu'elle ne manquera pas cet article, nous allons lui faire un bref récapitulatif de la technologie dont elle fait ici la promotion.

La journaliste de France Info pose évidemment des questions à la limite de la complaisance, du moins en insistant surtout pas, même si quelque part elle sent le coup le fourré. On a quand même droit à une question pertinente :  « Est-ce Légal ? ». En réponse, on utilise un peu de novlang, "fichage ou espionnage » deviennent "profilage », l'espionnage de vos surfs devient du "comportement de navigation », l' interception et l'analyse de vos communications deviennent "remontée et analyse des navigations »... bref la CNIL vous rassure, le DPI, c'est super, les clients sont informés puisqu'ils lisent les conditions générales d'utilisation d'Orange qui prennent évidemment bien soin d'expliquer que cette technologie est celle qui sert actuellement à tuer en Iran ou en Syrie. Le seul truc important pour la CNIL, c'est l'OPT-IN... mais l'OPT-IN à quoi ? A ce que l'utilisateur en sait, à ce qu'on veut bien lui raconter ? Ou l'OPT-IN à une technologie qu'il comprend comme ce qu'elle est réellement : une technologie de surveillance de masse... le nucléaire d'Internet !

Et quand on demande à Sophie VULLIET-TAVERNIER, comment techniquement ça fonctionne, elle pouffe de rire avant de nous nous faire comprendre que "c'est trop compliqué ces histoires  ». La CNIL s'assure que votre vie privée est bien défendue, c'est ça le message de service en plus du spot de pub pour le Deep Packet Inspection à des fins publicitaires

"Le FAI s'engage à ce que les mots de passe, les chats (...) ne soient pas traités (..) »

Tout ceci est intercepté, mais ne vous inquiétez pas "on les efface, c'est pas traité  », Nous voilà sauvé !

Mais quand on sait comment Orange efface les données, excusez nous d'avoir peur!

On comprend aisément que Sophie VULLIET-TAVERNIER ne soit pas super chaude pour rentrer dans le détail. Faire l'éloge du DPI, la technologie que mettent en place toutes les dictatures, tous les régimes autoritaires pour réprimer leur population. Et ça, la CNIL, étrangement, se garde bien d'expliquer le risque du déploiement de cette technologie, pour tout et n'importe quoi, elle se garde bien de la nommer, des fois que des auditeurs comprendraient trop bien l'anglais et comprennent qu'il retourne "d'inspection en profondeur des paquets IP  », et elle se garde évidemment d'expliquer le caractère par définition intrusif du DPI !

Reflets s'interroge sur l'identité du financeur de la CNIL pour cette publicité sur France Info, on va donc demander l'avis du public.

Cher lecteurs, pensez vous que le nouveau sponsor mystère (en plus de vos impôts) de la CNIl soit :a) Alcatel Lucentb) Qosmosc) Amesys  d) Orange

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