Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking
Brève
par Jef Mathiot

Prière de ne pas rire : un groupe de travail franco-russe sur la « cybersécurité »

C'est une bien étrange information que l'on peut trouver dans l'édition du 25 juillet d'Intelligence Online. D'après le site, spécialisé dans les services de renseignement, la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron en marge de la Coupe du monde de football aurait également été l'occasion de discuter de la création d'un « groupe de travail mixte sur la cybersécurité copiloté par la patronne du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), Claire Landais, et son équivalent russe, Nikolai Patrushev, le très influent secrétaire du Conseil de sécurité nationale (CSN) ». Guillaume Poupard, le patron de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI), qui n'est jamais très loin quand il est question de « cyber », aurait, toujours d'après Intelligence Online, participé aux entretiens.

L'objectif affiché est la mise en place d'« une "ligne rouge" pour le cas où des activités suspectes seraient détectées ». Plutôt étonnant quand on sait l'agressivité des services russes en ce domaine ainsi que le degré de liberté — et souvent, de négligence — dont ils font preuve quand ils conduisent leurs opérations. En effet, l'attaque sur la chaîne TV5 Monde a été officiellement attribuée par les enquêteurs au groupe APT 28, en fait une unité du GRU, le service de renseignement militaire russe. Il est très probable que ce même groupe soit à l'origine de très nombreuses opérations, notamment lors des élections de 2016 aux États-Unis, et très possible qu'il soit impliqué dans les Macron Leaks. Le gouvernement français croit-il en l'efficacité de cette « ligne rouge », où était-ce plutôt l'occasion de "faire les présentations" en prévision d'une nouvelle crise ?

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