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Édito
par Antoine Champagne - kitetoa

Nicolas et le fil à couper le beurre halal

Je vais et je viens… La presse s’approprierait-elle les paroles de la chanson de Gainsbourg ? Il y avait pourtant de quoi se réjouir ces derniers temps. La presse classique se souvenait que les mots ont un sens et étiquetait clairement les discours de Nicolas Sarkozy comme étant d’extrême droite. Fini le temps où, pudiquement,  les journalistes parlaient de « drague des électeurs du Front National », d’un Sarkozy « cherchant à ramener les électeurs du Front National dans le giron républicain ».

Je vais et je viens… La presse s’approprierait-elle les paroles de la chanson de Gainsbourg ? Il y avait pourtant de quoi se réjouir ces derniers temps. La presse classique se souvenait que les mots ont un sens et étiquetait clairement les discours de Nicolas Sarkozy comme étant d’extrême droite. Fini le temps où, pudiquement,  les journalistes parlaient de « drague des électeurs du Front National », d’un Sarkozy « cherchant à ramener les électeurs du Front National dans le giron républicain ». Les mots, les idées, les sous-entendus, la finalité (le rejet de l’autre) étaient les mêmes. Seule changeait l’étiquette. Etre raciste et xénophobe en votant Front National, #saymal. Etre raciste et xénophobe en votant UMP, ça va.

Prise de conscience tardive, volonté de ne pas se fourvoyer une deuxième fois après l’ébahissement permanent en 2007 ? Pour la presse, il y a encore quelques jours, Nicolas Sarkozy avait un discours d’extrême droite.

Las… Revoici les termes pudiques.

Nicolas Sarkozy virerait à droite. Ne l’était-il pas déjà ? « A droite toute », peut-on lire ici ou là.

A droite, à droite de la droite, à l’extrême droite… Peu importe. La campagne de Nicolas Sarkozy n’est pas à classer horizontalement, mais verticalement. Elle est surtout dans le caniveau.

Bien entendu, il pourrait parler de ses immenses réussites au cours de son quinquennat, comme son combat titanesque  contre la crise financière qui a tenté de mettre à bas la civilisation humaine et de laquelle il a triomphé.

Malheureusement, Nicolas Sarkozy n’a pour lui que la méthode Coué. L’économie étant un truc compliqué et multiple, il ne parvient pas à trouver la bonne méthode :

« inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques… moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux c’est que les choses marchent »

Vouloir n’est pas pouvoir. Il a passé ces derniers mois à annoncer "le sommet de la dernière chance", "l’accord ultime qui a sauvé l’Europe" après une « semaine décisive ». Patatras, à chaque fois, le temps de vie du plan de sauvetage se compte en jours et il faut tout recommencer, sans quoi les banques européennes la Grèce fera faillite.

Alors à défaut de parler de trucs compliqués, de réinventer le fil à couper le beurre, autant parler de choses simples et essentielles. La viande Halal par exemple ? Et Nicolas Sarkozy, qui sait bien ce que les Français ont en tête et les vrais problèmes auxquels ils sont confrontés le dit clairement :

« Le premier sujet de préoccupation de discussion des Français, je parle sous votre contrôle, c'est cette question de la viande halal. » (Audio sur Rue89).

Il était temps que quelqu’un nous parle des vrais problèmes sans tabous auvergnats. Quel courage ce Nicolas Sarkozy tout de même…

 

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