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Dossier
par Antoine Champagne - kitetoa

Manifestation des gilets jaunes à Paris le 2 février - Acte XII

Reportage photo

Rebelote : la manifestation a fini avec des affrontements violents sur la place de la République. Alors qu'il s'agissait d'une marche pour les blessés, quelques excités ont fait basculer la fin de manif dans des violences (de toutes parts)

Jérôme Rodrigues et Franck juste avant le départ de la manifestation - © Reflets
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Cela devait être une manifestation en soutien aux blessés. Ceux qui ont subi la violence des armes dites "intermédiaires" mais que le fabriquant, Brügger & Thomet, appelle lui, "moins létales". Au départ de la manifestation, Jérôme Rodrigues et Franck (que nous avions interviewé pour cet article) semblaient personnifier le mouvement. Calmes et déterminés. La manifestation s'est ébranlée de la place Felix Eboué pour se rendre à la Bastille, puis à République. Les forces de l'ordre se sont à nouveau montrées très discrètes pendant tout le trajet. Les mêmes policiers que les semaines précédentes étaient présents en tête de cortège, ce dernier étant précédé par des voitures de police qui, à distance, ouvraient la route.

C'est dans le calme, comme à chaque manifestation, que le cortège a traversé les rues de Paris. Aucun incident majeur n'est intervenu. Seuls quelques antifa un peu tendus se sont opposés à des supposés membres de l'extrême-droite.

Place de la Bastille, le cortège qui a compté 13.500 manifestants selon le cabinet Occurrence et 10.500 selon la préfecture, ont fait une pause festive. De nombreuses sonos diffusaient de la musique et les gens dansaient ou parlaient politique.

Le cortège est ensuite reparti pour la République où devait se tenir une "nuit jaune". Une fois arrivée place de la République vers 15h45, les manifestants se sont éparpillés sur la place. Les forces de police, pour une fois, ont parqué leurs véhicules un peu en retrait dans les avenues menant à la place. La nasse était effective, mais discrète, ce qui changeait un peu.

Un homme venu de Senlis quitte la manifestation alors que des affrontements commencent. Ancien manutentionnaire, il vient d'avoir son diplôme de psychologue du travail et est en recherche d'emploi. "Ça suffit pour aujourd'hui, il y avait du monde, c'est bien. Maintenant des manifestants sont là pour en découdre avec la police. C'est a chaque fois pareil. Ça m'énerve car ils discréditent le mouvement."

Un attroupement s'est en effet rapidement formé environ 200 mètres à l'intérieur du boulevard Saint-Martin, devant les camions de police et le cordon de gendarmes et de policiers en civil. Quelques énervés, décidés à en découdre avec la police sont venus au contact et ont envoyé des projectiles sur les forces de l'ordre. Un canon à eau a rapidement douché les manifestants et un SDF qui a promené sa valise pendant tous les affrontements. Rapidement, les cailloux ont volé et les gazs ont été utilisés en retour. Les forces de police ont dès lors entamé une avancée vers la place. Ces premiers affrontements ont marqué le début d'échanges tendus entre manifestants et forces de l'ordre. Ces dernières ont répliqué violemment à des jets de projectiles assez variés. Une sorte de carburateur de mobylette, des engins explosifs, des grilles de trottoirs, des morceaux de contreplaqué... Dans l'ensemble la police a visiblement fait plus usage de gazs lacrymogène que de LBD (en comparaison avec les premières manifestations de décembre et début janvier).

Vers 18h, il restait plus de journalistes et de policiers sur la place de la République que de manifestants. Pour la prochaine éventuelle "nuit jaune", il faudrait sans doute que les organisateurs réfléchissent à mettre en place des tentes, des chaises, et faire asseoir les gens pour les faire discuter. Il est plus compliqué pour les forces de l'ordre de charger des personnes assises en train de papoter que des excités qui leur balancent des objets variés...

Dans un bar, juste derrière le cordon de CRS du Boulevard du Temple, des Gilets Jaunes discutent. "Cette révolte des Gilets Jaunes est historique. Nous écrivons l'Histoire et je veux pouvoir dire à mes enfants : j'y étais." Les manifestants engagent la discussion sur les raisons de leur mobilisation. Ce qui revient ce sont les inégalités dans le partage des richesses, l'optimisation fiscale des grandes entreprises et des plus fortunés. Macron est accusé de servir "ses copains les plus riches qui ont financé sa campagne électorale". Le passage d'un CRS venu utiliser les toilettes fait sourire. Mais aucune animosité.

Les nouveaux rebondissements de l'affaire Benalla font à peine réagir. "De toute façon, on n'a pas besoin de Benalla pour savoir que ce président est un charlot. Et s'il croit nous endormir avec son débat national, il se trompe. On sera là la semaine prochaine."

Départ de la manifestation à Daumesnil - © Reflets
Départ de la manifestation à Daumesnil - © Reflets

Casa de papel y chaquetas amarillas. Olé. - © Reflets
Casa de papel y chaquetas amarillas. Olé. - © Reflets

LBD, les balles démocratiques... - © Reflets
LBD, les balles démocratiques... - © Reflets

Déjà croisée durant une précédente manifestation, cette Marianne distribuait du mimosa. - © Reflets
Déjà croisée durant une précédente manifestation, cette Marianne distribuait du mimosa. - © Reflets

Peu avant le départ. - © Reflets
Peu avant le départ. - © Reflets

"Qu'ils viennent me chercher", avait dit Emmanuel Macron au début de l'affaire Benalla. Les gilets jaunes l'ont entendu. - © Reflets
"Qu'ils viennent me chercher", avait dit Emmanuel Macron au début de l'affaire Benalla. Les gilets jaunes l'ont entendu. - © Reflets

Jérôme Rorigues en pochoir - © Reflets
Jérôme Rorigues en pochoir - © Reflets

Il est de plus en plus sophistiqué Guy Fawkes - © Reflets
Il est de plus en plus sophistiqué Guy Fawkes - © Reflets

Un pouvoir exécutif qui n'entend rien, ne voit rien - © Reflets
Un pouvoir exécutif qui n'entend rien, ne voit rien - © Reflets

Utile rappel - © Reflets
Utile rappel - © Reflets

Pour l'instant, Emmanuel Macron n'a pas compris ce message. - © Reflets
Pour l'instant, Emmanuel Macron n'a pas compris ce message. - © Reflets

Ambiance festive - © Reflets
Ambiance festive - © Reflets

Utile précision - © Reflets
Utile précision - © Reflets

Le désormais fameux joueur de guitare de l'extrême qui entonne ses chansons au beau milieu des affrontements - © Reflets
Le désormais fameux joueur de guitare de l'extrême qui entonne ses chansons au beau milieu des affrontements - © Reflets

Castaner, gaz ta mère... - © Reflets
Castaner, gaz ta mère... - © Reflets

Pour un mouvement qui s'essouffle... Les gilets jaunes sont toujours très visibles dans les rues de Paris le samedi. - © Reflets
Pour un mouvement qui s'essouffle... Les gilets jaunes sont toujours très visibles dans les rues de Paris le samedi. - © Reflets

Passage devant les 15-20 de la manif en soutien aux blessés, dont 17 éborgnés (au moins) - © Reflets
Passage devant les 15-20 de la manif en soutien aux blessés, dont 17 éborgnés (au moins) - © Reflets

Le célèbre camion rose qui accompagne chaque manifestation des gilets jaunes et propose à manger - © Reflets
Le célèbre camion rose qui accompagne chaque manifestation des gilets jaunes et propose à manger - © Reflets

Place de la Bastille - © Reflets
Place de la Bastille - © Reflets

S'il le dit... - © Reflets
S'il le dit... - © Reflets

La veille, le Conseil d'Etat refusait d'interdire les LBD. - © Reflets
La veille, le Conseil d'Etat refusait d'interdire les LBD. - © Reflets

En route pour République - © Reflets
En route pour République - © Reflets

A République... - © Reflets
A République... - © Reflets

Le fameux tambour. - © Reflets
Le fameux tambour. - © Reflets

L'offre de "câlins gratuits" n'a pas suffi à désamorcer les affrontements qui se préparaient. Quelques manifestants voulaient en découdre. - © Reflets
L'offre de "câlins gratuits" n'a pas suffi à désamorcer les affrontements qui se préparaient. Quelques manifestants voulaient en découdre. - © Reflets

Le canon à eau disperse les excités. Un SDF promène sa valise - © Reflets
Le canon à eau disperse les excités. Un SDF promène sa valise - © Reflets

Puis viennent les gaz - © Reflets
Puis viennent les gaz - © Reflets

Première arrestation. Une policière (déjà vue sur d'autres  manifs) tombe, bousculée par ses collègues. - © Reflets
Première arrestation. Une policière (déjà vue sur d'autres manifs) tombe, bousculée par ses collègues. - © Reflets

Les affrontements se déplacent vers l'intérieur de la place de la République. - © Reflets
Les affrontements se déplacent vers l'intérieur de la place de la République. - © Reflets

Grenades et LBD entrent en action - © Reflets
Grenades et LBD entrent en action - © Reflets

Des manifestants emploient des projectiles imposants. - © Reflets
Des manifestants emploient des projectiles imposants. - © Reflets

Un temps de repos après une salve de gaz lacrymogènes - © Reflets
Un temps de repos après une salve de gaz lacrymogènes - © Reflets

Messages à l'attention des forces de l'ordre... - © Reflets
Messages à l'attention des forces de l'ordre... - © Reflets

Du haut de la statue... - © Reflets
Du haut de la statue... - © Reflets

Des policiers s'assurent qu'il n'y a personne à l'intérieur d'une boutique SFR vandalisée - © Reflets
Des policiers s'assurent qu'il n'y a personne à l'intérieur d'une boutique SFR vandalisée - © Reflets

Caméra fixée sur le LBD : une nouveauté - © Reflets
Caméra fixée sur le LBD : une nouveauté - © Reflets

Dialogue impossible - © Reflets
Dialogue impossible - © Reflets

Le mystérieux drapeau pirate qui accompagne les manifestations - © Reflets
Le mystérieux drapeau pirate qui accompagne les manifestations - © Reflets

Nouvelle publicité pour les vêtements "North Face" - © Reflets
Nouvelle publicité pour les vêtements "North Face" - © Reflets

Message subliminal - © Reflets
Message subliminal - © Reflets

Entre deux charges des forces de l'ordre - © Reflets
Entre deux charges des forces de l'ordre - © Reflets

En aidant une dame d'un certain âge importunée par le gaz à sortir de la nasse, on découvre le centre de tri des blessés des pompiers dans un magasin Tati - © Reflets
En aidant une dame d'un certain âge importunée par le gaz à sortir de la nasse, on découvre le centre de tri des blessés des pompiers dans un magasin Tati - © Reflets

Peu avant la fin - © Reflets
Peu avant la fin - © Reflets

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