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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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par Antoine Champagne - kitetoa

Manifestation de policiers : les petits plats dans les grands

Tout avait été organisé pour bien accueillir les politiques

Venus en masse, les politiques de tous bords n'ont pas été déçus. Les manifestants avaient tout fait pour bien recevoir leurs nouveaux amis. Écrans géants, hauts parleurs dans les arbres, quai privatisé...

L'un des écrans géants, côté Assemblée. - © Reflets

On était loin des merguez de la CGT et du camion rose des gilets jaunes à Répu. La manifestation des policiers ce mercredi 19 mai 2021 en jetait. Les manifestants avaient privatisé le quai d'Orsay entre le pont de la concorde et le pont Alexandre III. Pas dégueu. Pour que tous les politiques venus apporter leur soutien à la police puissent entendre les discours et les chants, des hauts-parleurs avaient été accrochés dans les arbres tout le long du quai. Deux écrans géants retransmettaient les images de cette manifestation monstre d'environ 3000 personnes, 35.000 selon les syndicats... et la police, constituée principalement de policiers. Ils étaient venus de partout. Les bus s'étaient garés avenue du Maréchal Gallieni, aux Invalides où ils étaient sous surveillance de quelques camionnettes de gendarmes. Aucun risque de prendre une prune.

Non, franchement, c'était très bien organisé. A croire que tout le monde y avait mis du sien pour que tout soit au mieux : les syndicats policiers tout d'abord qui ont dû dépenser une véritable fortune en location de matériel. Deux écrans géants et les camions qui vont avec, les hauts-parleurs sur les arbres, la privatisation d'un quai illustre de Paris, face à l'Hôtel de Lassay et à l'Assemblée Nationale, l'électrification de tout le quai, des parapluies pour tous aux couleurs d'Alliance, le syndicat policier... On a les moyens dans la police. Mais la préfecture aussi avait filé un coup de pouce en autorisant la manifestation et en accordant la permission de privatiser le quai d'Orsay. Il faut également saluer les forces de l'ordre qui avaient laissé tout le monde approcher sans briser les cortèges, sans envoyer une seule grenade lacrymogène, ou désencerclante. Non, franchement, tout avait été fait pour que les politiques d'extrême-droite, de droite, de gauche et écologiques se sentent en sécurité et reçus comme des princes.

Les hauts-parleurs pour que tout le monde entende bien la Marseillaise - © Reflets
Les hauts-parleurs pour que tout le monde entende bien la Marseillaise - © Reflets

Bien sûr, il y avait une masse impressionnante de personnes avec des brassards de police, mais habillés en civil. Ça fait moins peur qu'en Robocop avec des armes de guerre dans les mains. Là, les armes étaient bien dissimulées. La présence policière pour encadrer les manifestants était réduite au strict minimum côté pont Alexandre III avec quelques rares camionnettes de policiers et gendarmes. Rien à voir avec le déploiement massif de samedi pour la manifestation en soutien aux Palestiniens (des centaines de camionnettes entre République et Barbès).

Il n'y avait pas que des policiers. Il y avait aussi des civils qui en ont gros... - © Reflets
Il n'y avait pas que des policiers. Il y avait aussi des civils qui en ont gros... - © Reflets

C'était tellement grisant, toute cette organisation, que les politiques ont même fini par raconter absolument n'importe quoi. Olivier Faure, patron du Parti Socialiste a tiré un trait définitif sur le concept de séparation des pouvoirs et imaginé un État dans lequel les policier auraient « un droit de regard » sur les peines et les aménagements de peines.

C'est rigolo d'ailleurs que le patron du PS fasse cette déclaration parce que le Syndicat de la magistrature avait un peu anticipé en diffusant un communiqué de presse dont la chute était prémonitoire :

« La concurrence est rude, pour obtenir le label de premier flic de France mais le nouvel horizon que dessinent nos ministres et élus en participant à cette manifestation et en s’associant ainsi aux revendications policières, est celui d’une société dans laquelle la police devient une puissance autonome au lieu d’être une force publique au service des citoyens, dictant à l’exécutif la définition de la politique pénale, au parlement le contenu des lois, et revendiquant une indispensable impunité pour elle-même - puisqu'elle est la seule à pouvoir sauver la collectivité de l’anarchie.

Quel est le nom d’un tel régime ? »

Beaucoup de policiers membres de ce club de fans de moto et d'armes. - © Reflets
Beaucoup de policiers membres de ce club de fans de moto et d'armes. - © Reflets

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