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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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Édito
par Antoine Champagne - kitetoa

Les membres de la rédaction de Reflets n'ont pas été pris en otage

Vous avez sans doute lu dans la presse que toute la rédaction de Reflets avait été prise en otage. C'est faux. Nous tenions à rassurer nos lecteurs, les journalistes de Reflets n'ont pas été pris en otage. Nous allons et venons librement, personne ne pointe une arme sur nos tempes, nous ne vivons pas reclus dans une cave, enchaînés, nous pouvons aller au restaurant ou nous cuisiner de bons petits plats. Tout va bien.

Vous avez sans doute lu dans la presse que toute la rédaction de Reflets avait été prise en otage. C'est faux. Nous tenions à rassurer nos lecteurs, les journalistes de Reflets n'ont pas été pris en otage. Nous allons et venons librement, personne ne pointe une arme sur nos tempes, nous ne vivons pas reclus dans une cave, enchaînés, nous pouvons aller au restaurant ou nous cuisiner de bons petits plats. Tout va bien.

Il y a ces derniers jours une inflation des déclarations sur la prise d'otages en cours. Elle est énorme. Notez bien, ce sont près de 70 millions de personnes à qui l'on a arbitrairement retiré leur liberté. Ils sont sous la contrainte d'un arme et ne peuvent plus quitter leur lieu de rétention. Décidément, le terrorisme est passé à une échelle qui restait jusque là insoupçonnable. Combien de djihadistes au regard injecté de sang a-t-il fallu pour attraper tous les Français, les jeter dans des caves aveugles et humides?

Le sens des mots

De gauche, de droite, tous les politiques parlent de LA prise d'otages en cours. Ce n'est pas une question d'idéaux politiques. Mais c'est une question de vocabulaire. Car les mots ont un sens. Et d'ailleurs ce sens peut varier sensiblement d'un individu à l'autre. Par exemple, l'auteur de ces lignes se fait une idée plus ou moins précise de ce que "être pris en otage" veut dire. Mais les anciens otages au Liban, en Syrie, en Irak, ont certainement une idée plus précise. Il leur est peut-être d'ailleurs plus insupportable de voir leur calvaire être comparé à la gène d'un automobiliste qui ne peut se ravitailler en essence pendant quelques jours ou d'un passager qui ne dispose que d'un train sur cinq pour se rendre à son travail et en revenir pour rejoindre sa famille le soir.

Au delà du simple sens des mots, il y a les implications, les sous-entendus. Dans l'inconscient collectif, une personne qui en prend une autre en otage est nécessairement quelqu'un qui ne respecte pas les lois, qui ne voit pas l'autre comme un individu, mais au mieux, comme une marchandise. Bref, une personne qui n'a pas grand chose d'humain, quelqu'un qui ne s'intègre pas à la société dans laquelle il évolue. Dire que les grévistes "prennent en otage les Français", c'est sous-entendre qu'ils se placent en dehors des lois et de la société. Presque des terroristes. En ces temps d'Etat d'urgence, il n'y a qu'un pas à franchir pour que les grévistes soient labellisés officiellement et clairement comme des terroristes.

La Démocratie française a déjà muté, comme l'avait fait la Démocratie américaine après le 11 septembre. Elle a perdu son D majuscule et s'est nettement rapprochée d'autre chose, presque d'un Etat policier. Là aussi les mots ont un sens. Parler d'Etat policier ou de dictature pour la France est une insulte à tous ceux qui vivent au quotidien dans ce type de système politique. Méfiance donc. Mais la mutation est en cours, cela est certain. Vers où va-t-on et où la mutation s'arrêtera-t-elle ? Mystère. C'est aux Français de dire où est la limite. Il serait d'ailleurs temps qu'ils le fassent en masse.

 

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