Le Journal du dimanche publie des enquêtes sur les travers de l'extrême droite
Et elles sont parfois très critiques. C'est Bolloré qui va être content...
Les critiques contre le JDD depuis l'arrivée à la direction de Geoffroy Lejeune, l'ancien patron de Valeurs actuelles sont virulentes et nombreux sont ceux qui pensent que le journal n’est plus un vrai titre de presse. Il serait devenu un organe de propagande pour pousser les idées de l'extrême droite. Oui. Mais... Étrangement, le journal n'a pas fait le ménage dans ses archives et cohabitent ainsi des enquêtes sur les magouilles d'extrême droite et des panégyriques sur le camp de la haine.
Naviguer dans le site du Journal du Dimanche peut prêter à confusion. Alors que le reste de la presse porte un regard critique sur ce journal qui aurait abandonné son statut en devenant un organe de propagande d'extrême droite, on découvre un certain nombre d'articles qui mettent à bas cette thèse. Et si le JDD n'était pas, en fait, ce tract du RN, au service de la « croisade civilisationnelle » d’extrême droite, tendance catholique traditionaliste de Vincent Bolloré ?
Cae, entre une pleine page titrée « Les propositions du RN pour relancer le secteur du logement », une autre sur l'irrésistible ascension supposée de Jordan Bardella, on découvre des enquêtes sur les malversations au RN, des papiers fouillés sur l'affaire des assistants parlementaires européens ou sur celle du financement des campagnes via Jeanne et Riwal, la société de Frédéric Chatillon.
Mais ce n'est pas tout, il y a aussi des articles sur le financement russe, les liens du RN et des réseaux nationalistes russes, des enquêtes sur le racisme endémique au RN ou chez Éric Zemmour. La stratégie de dédiabolisation du RN est également décortiquée par le journal d'extrême droite. Plus largement, le journal traite également les dérives de la mouvance identitaire, de sa violence et du terrorisme d'ultradroite.


Alors ? Le JDD, sorte de pamphlet permanent d'extrême droite ou journal classique qui s'appuie sur des faits pour mener des enquêtes d'intérêt général y compris sur le camp de la haine, celui de son propriétaire, Vincent Bolloré ?
Il faut remonter le temps pour tenter de comprendre cette curieuse dichotomie.
Depuis 2023, le journal est contrôlé par Vincent Bolloré et sa rédaction est dirigée par Geoffroy Lejeune, l'ancien patron de Valeurs actuelles.
Cette nomination, marquant un virage à l'extrême droite, a déclenché une grève de quarante jours, la plus longue de l'histoire du journal. Jusqu'en 2023, le JDD affichait une ligne plutôt modérée tendance macroniste et prenait rarement parti ; depuis, il relève de la presse d'opinion, au service d'idées identitaires et de « l'union des droites ». Désormais, sa ligne tourne autour des thèmes identitaires, de l'insécurité et de la critique de la « bien-pensance », dans une cohérence assumée avec CNews, Europe 1 ou Valeurs actuelles.
Si la reprise en main par Vincent Bolloré s'est accompagnée comme souvent d'une véritable purge des journalistes traditionnels, vite remplacés par des propagandistes d'extrême droite, quelque chose semble passé sous les radars du magnat d'extrême droite.
Le JDD est un journal vieux de presque 80 ans. Il a des archives. Et les archives contiennent des article normaux, comme une vue sépia d'un passé où le journal faisait encore de l'enquête.
La troupe de Vincent Bolloré et de Geoffroy Lejeune n'ont pas (encore) fait le ménage dans les articles du passé.
Du coup c'est un peu comme si l'on trouvait une enquête sur la Shoah dans Rivarol ou un article sur les acquis sociaux que l'on doit à la gauche à travers l'histoire, dans Minute...
Petit florilège des oublis de la nouvelle équipe aux commandes du journal :









