Journal d'investigation en ligne
par Antoine Champagne - kitetoa

La prochaine crise financière est-elle en train de commencer ?

Quelques nuages noirs s'approchent

Le grand public découvre toujours une crise financière quand elle explose. Le secteur de la finance la voit arriver de loin. Quelques signes apparaissent depuis quelques mois pouvant annoncer une nouvelle crise majeure.

D.R. - D.R.
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"Les arbres ne montent pas au ciel", ont coutume de dire les traders. Avant de l'oublier dans la seconde qui suit. En d'autres termes, une hausse ne dure pas toujours. Par ailleurs, chaque bulle est plus importante que la précédente et la crise qui suit leur explosion est plus grave. A chaque fois, ce sont les contribuables qui payent les pots cassés. On pourrait croire que la crise des subprimes et de la dette souveraine sont derrière nous. D'ailleurs de nombreux indicateurs sont au vert. L'économie américaine semble se porter comme un charme, le taux chômage semble contenu en France. Que du bon.

Oui, mais non.

La crise des subprimes et de la dette souveraine ont été réglées par une injection massive de liquidités dans le secteur financier. Les banques centrales ont prêté sans compter aux banques à des taux très bas, parfois même gratuitement (ZIRP). Cet argent, les banques, au lieu de le re-prêter massivement aux entreprises et aux particuliers, l'ont injecté sur les marchés financiers. Les algos s'en sont donné à coeur joie et les cours des actions se sont envolés. L'arbre semblait monter au ciel jusqu'il y a quelques jours quand Wall Street a commencé à monter des signes de faiblesse.

Lorsque l'on regarde le SP500, l'indice de référence de New-York, la hausse depuis 2009 est vertigineuse. Comme s'il ne s'était rien passé, comme si les perspectives économiques des entreprises étaient sublimes.

Evolution du SP 500 depuis 1996 - Copie d'écran indice SP 500 par Yahoo - CC
Evolution du SP 500 depuis 1996 - Copie d'écran indice SP 500 par Yahoo - CC

Depuis 2009, l'indice a pris près de 400%.

Mais voilà, les banques centrales ont décidé de mettre la pédale douce sur le quantitative easing et ont commencé à relever leurs taux et le marché actions marque le pas.

Sur un an, l'indice est presque revenu à son point de départ, un seuil psychologique important.

Evolution du SP 500 depuis un an - Copie d'écran indice SP 500 par Yahoo - CC
Evolution du SP 500 depuis un an - Copie d'écran indice SP 500 par Yahoo - CC

Sur six mois, la chute d'octobre est plus "visuelle".

Evolution du SP 500 depuis six mois - Copie d'écran indice SP 500 par Yahoo - CC
Evolution du SP 500 depuis six mois - Copie d'écran indice SP 500 par Yahoo - CC

Au registre des "mauvaises nouvelles", outre la fin du QE et du ZIRP, il y a la situation italienne. Avec une dette de près de 2000 milliards de dollars, un gouvernement qui s'assoit sur les "bonnes méthodes" voulues par Bruxelles, le risque d'une nouvelle défaillance revient hanter le monde de la finance.

Aux Etats-Unis, si quelques indicateurs semblent montrer que tout va bien, comme le chômage, les choses sont un peu plus complexes que ce que décrit Donald Trump à longueur de tweets.

La crise des valeurs technologiques représentait un volume de 6600 milliards de dollars. Celle de l'immobilier, 13.000 milliards. Le volume du marché des obligations atteint 20.000 milliards...

En règle générale, lorsque les marchés action s'effondrent, les marchés obligataires reprennent des couleurs.

Ce n'est pas le cas actuellement. Quelque chose dysfonctionne...

Bons du trésor américain à 10 ans - Copie d'écran - CC
Bons du trésor américain à 10 ans - Copie d'écran - CC

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