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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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Édito
par drapher

La politique, c'est plus dans les urnes, c'est les mains dans le cambouis #FabLabs

Les questionnements sur l'état de la politique et de la société française sont nombreux. Les dernières élections interpellent beaucoup de monde, mais les réponses apportées sont les mêmes qu'il y a 20 ou 30 ans : manifestations, appel à lutter contre l'abstentionnisme, ostracisme à l'égard du Front national (Le FN, c'est le mal !). Etonnant, quand on sait que ce parti  politique ne cesse de jouer les victimes du système et use et abuse de ce concept pour gagner des voix électorales.

Les questionnements sur l'état de la politique et de la société française sont nombreux. Les dernières élections interpellent beaucoup de monde, mais les réponses apportées sont les mêmes qu'il y a 20 ou 30 ans : manifestations, appel à lutter contre l'abstentionnisme, ostracisme à l'égard du Front national (Le FN, c'est le mal !). Etonnant, quand on sait que ce parti  politique ne cesse de jouer les victimes du système et use et abuse de ce concept pour gagner des voix électorales. Alors que le monde est en cours de mutation et que des individus travaillent à créer la nouvelle donne globale qui s'annonce, la sphère médiatico-politico-militante ressasse toujours les mêmes concepts. Sans résultats. Pendant ce temps là, les mains dans le cambouis, des milliers de personnes discrètes font de la politique concrète et sincère : celle qui change le faire-en-société, pas celle qui dicte comment nous devrions faire société. Petit tour de la "fabrique de politique réelle" en cours, celle des des faiseurs.

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Dogmatisme, militantisme sont voués à l'échec

Il n'y a rien de plus simple pour qui veut se donner bonne conscience que de militer avec le dogme politique de son choix. Il suffit de prendre une carte de parti, ou distribuer des tracts, ouvrir un blog politique, faire du lobbying via les réseaux sociaux, publier dans des journaux militants. Le tout est de se conformer au dogme du "bien" (forcément, chacun choisit le bien), dogme établi par le camp dans lequel on veut "s'engager" : nationaliste, internationaliste, anarchiste, républicain, libéral, socialiste, communiste, conservateur, centriste à poils mous ou durs, bref, les options ne manquent pas. En agissant ainsi, les individus perpétuent une vieille tradition politique qui veut que l'engagement est un "acte fort", qui peut changer la société. Rien n'est plus faux, et les 40 dernières années le prouvent de façon magistrale.

La question du changement est au centre de ces comportements : pour les engagés en politique, il faut changer la société, et la seule et unique manière d'y parvenir est de pousser des puissants qui s'accordent avec leurs idées, vers les rênes du pouvoir, pour qu'ils produisent ce fameux changement. Grâce aux urnes, le plus souvent. Ou une "révolution". Il va sans dire que le changement attendu ne survient jamais : l'oligarchie en place explique très rapidement aux "puissants" qu'ils n'ont de puissants, que le nom et pourquoi pas, le costard, mais pas plus.  Les révolutionnaires peuvent aller se rhabiller : leur révolution reste le plus souvent dans le salon. Ou est récupérée très rapidement par les spécialistes en politique.

JF-Copé
JF-Copé
Le militantisme politique, un phénomène très inquiétant pour la santé mentale du pays

L'histoire politique moderne est là pour nous démontrer ces phénomènes, il n'est pas nécessaire de s'étendre sur le sujet. Reste que des changements majeurs surviennent quand même, et qu'ils ne sont la plupart du temps pas le fait de décideurs politiques. Et nous sommes dans une époque où les possibilités de changements offertes au plus grand nombre via les outils numériques sont immenses. Il y a certainement là quelque chose d'intéressant à observer.

Les faiseurs se liguent autour de concepts simples

Ce qui a le plus changé le monde depuis 40 ans est l'invention du micro-ordinateur personnel. ce qui a le plus fait évoluer les mentalités et l'économie depuis 30 ans est l'invention du logiciel libre. Ce qui a le plus modifié les rapports humains est Internet. Le micro-ordinateur n'est pas né d'une décision politique. Comme le logiciel libre. Internet a échappé et échappe encore aux politiques. Personne n'a décidé en haut lieu que ces outils devaient être donnés à l'humanité, les individus les ont créés, améliorés, modifiés, conçus,  s'en sont emparés avec une très grande liberté. Aucun dogme politique particulier n'existe dans ces trois "objets" qui ont radicalement changé l'humanité. Internet n'est ni de droite ni de gauche. Le logiciel libre, malgré ce que de nombreux militants aimeraient imposer, n'est pas de gauche, bien que la droite ait un peu de mal avec lui. Quant au micro-ordinateur, il faudrait être borné pour en faire un objet politique. Même si certains le feront, ce qui est très dommage vis-à-vis de la réalité passionnante que cet article va tenter de restituer.

Tu rêves d'avoir le même sabre-laser que Yoda ? Fabrique-le !

Les "faiseurs" actuels se regroupent dans des lieux physiques autour de concepts simples et efficaces : celui du "libre" et des lieux où il peut se développer : les FabLabs et les hackerspaces. Ceux qui pensent que ces endroits ne regroupent que des geeks/hackers passionnés d'informatique, d'électronique et de GNU/Linux se trompent lourdement. La tendance est plutôt celle de "tiers-lieux" ouverts au plus grand nombre, centrés sur la réalisation de projets collectifs. L'exemple des FabLabs est frappant : le numérique y est central, mais pas à tous les niveaux, pas tout le temps. Aucune distinction d'âge, de sexe, ou d'origine n'y est faite : le but de ces lieux est de faire, et le plus souvent, ensemble. Innover. Apprendre. Echanger. Partager.

L'innovation n'est pas que technique

Mutualiser des énergies est le cœur des lieux d'échanges et de fabrication numérique. Celle des hackeristes-libristes, des geeks net-neutraux, des  techno-pédagoques, échangeurs de savoirs, partageurs de connaissances, faiseurs de projets et autres serial-fabricateurs. Toute cette foule sincèrement passionnée cherche à innover— pour le plaisir de le faire. Ou par nécessité, quand quelque chose peut manquer. Le principe du besoin revient souvent dans ce monde là. Nécessité fait loi. Si quelque chose manque, et qu'on aimerait qu'elle existe, on ne va pas pleurer auprès des autorités publiques ou des entreprises pour l'avoir. On la crée. Et ça marche. En général.

Ainsi du laboratoire de fabrication numérique peut émerger un projet de "social-lab". Un "agri-lab". Un "rural lab". Des potagers open-source en partage. Il y a même des bibliothèques FabLabs. Une maison libre. Des usines miniatures, pour se ré-accaparer les outils de production, des espaces de travail collaboratifs, des événements participatifs : le champ d'activité est illimité. Ces initiatives ont de multiples intérêts politiques : elles ne clivent pas, elles sont agissantes au lieu d'être seulement déclaratives, elles ne sont pas dogmatiques et offrent ainsi la possibilité à tout un chacun de participer.

Potager P2P et open source en accès gratuit

Les électeurs du Front national, s'ils viennent dans un FabLab, deviendront vite autre chose que "Front national", ou s'en iront. Un électeur du Front national n'est rien d'autre qu'un individu qui pendant 1 minute s'enferme dans une boite en bois et glisse un bulletin de papier dans une urne. Et même si on estime que dans sa vie, le racisme et autres concepts rances, développés par son parti, sont nuisibles, il est possible qu'en faisant société avec lui, il n'ait plus envie de continuer à militer au FN. Allons savoir ? Les idées s'envolent vite, les actes et les créations restent. Innover est avant tout inventer, remodeler, chercher de nouvelles façons de faire. Et faire société est incontournable : nous sommes des bêtes sociales.

Dans le cadre des FabLabs/Hackerspaces, la seule contrainte est celle de respecter la neutralité du net, le droit à la vie privée, éviter la marchandisation, utiliser au maximum du libre, améliorer les liens humains, faire du sens, prendre du plaisir, se la jouer collectif au maximum et apprendre. Un programme politique très alléchant. Qui est en cours de se réaliser.

Si tu n'as pas de lieu comme ça près de chez toi, lecteur de Reflets, et que ça te parle, il ne te reste plus qu'à chercher des gens intéressé par le concept et le créer. Ainsi, tu feras de la politique. Avec de la sueur, des engrenages, des têtes d'impression, des copeaux de bois, des machines à coudre, perceuses, cutters et autres découpeuses laser. Une politique du "changement c'est maintenant" pour de vrai . Pas dans deux siècles, et concrètement. Avec ou sans le FN, qui disons-le, n'est pas vraiment grand chose, hormis pour ceux qui ont besoin de vendre du temps de cerveau disponible.

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