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Édito
par drapher

La fin de l'empathie : critique du monde connecté et de l'esprit du temps

 L'esprit du temps est un concept très difficile à décrire, et rempli de pièges. Comment définir une orientation générale des mentalités, une forme de pensée commune à une population, à un ensemble d'individus au sein, ne serait-ce que d'une nation ? Le principe de "classes sociales" a pu faciliter la "prise de température" d'une société, en écoutant les préoccupations, désirs, problèmes ou revendications d'ensembles sociaux connus au périmètre bien déterminé.

 L'esprit du temps est un concept très difficile à décrire, et rempli de pièges. Comment définir une orientation générale des mentalités, une forme de pensée commune à une population, à un ensemble d'individus au sein, ne serait-ce que d'une nation ?

Le principe de "classes sociales" a pu faciliter la "prise de température" d'une société, en écoutant les préoccupations, désirs, problèmes ou revendications d'ensembles sociaux connus au périmètre bien déterminé. Aujourd'hui, rien n'est plus faux : il n'y a plus (ou presque) de classes sociales. Le principe des 99% développé par le mouvement Occupy en est une parfaite illustration.

Nous sommes donc une masse informe d'individus de ce que l'on nomme la classe moyenne. Chacun au sein de cette classe sociale globale ne peut plus (ou ne ressent plus le besoin de) se définir par une histoire particulière, un héritage de luttes au sein de l'ensemble des individus qui la composent. La classe moyenne est grise : elle ne défend rien, n'active aucun combat particulier, vote indifféremment à droite ou à gauche, voire alterne son vote, ne cherche rien d'autre qu'une seule chose, essentielle dans le système économique et politique : consommer. Si ce constat était déjà en partie effectif il y a 15 ans, la différence majeure entre l'état...