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Édito
par Yovan Menkevick

La disparition des abeilles, Monsanto, et nous…

Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète, avec pour conséquences une menace sur la biodiversité et par conséquence sur l'alimentation humaine. Si les acteurs industriels, agro-industriels et les politiques ont une grande part de responsabilité dans ce phénomène et doivent faire quelque chose pour s'en emparer, les citoyens ont pourtant une opportunité unique de démontrer leur capacité au changement concret.

Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète, avec pour conséquences une menace sur la biodiversité et par conséquence sur l'alimentation humaine. Si les acteurs industriels, agro-industriels et les politiques ont une grande part de responsabilité dans ce phénomène et doivent faire quelque chose pour s'en emparer, les citoyens ont pourtant une opportunité unique de démontrer leur capacité au changement concret.

L'utilisation des pesticides et l'introduction de plantes génétiquement modifiées sont au cœur de la disparition progressive des abeilles. Les grandes entreprises comme Monsanto, sont accusées de favoriser l'extinction de ces insectes pourtant indispensables à l'équilibre environnemental. Puisque leurs insecticides, pesticides et OGM, sont pointés du doigt, ces firmes ont donc décidé d'être en pointe pour "sauver les abeilles".

Les politiques, sous pression des lobbies agro-chimiques et agricoles tardent à prendre des mesures, qui si elles ne permettraient pas de reconstituer le stock d'abeilles perdues, pourrait au moins stopper leur éradication. Si dans la lutte environnementale, le citoyen est souvent impuissant et ne peut que constater l'étendue des dégâts causés par la pollution, il est pourtant des domaines où il peut agir concrètement et participer activement à améliorer l'écosystème, voir le sauver du désastre. C'est le cas dans la problématique de la disparition des abeilles.

Indignation Vs Action

Depuis plusieurs années la tendance citoyenne face aux problèmes environnementaux  est celle de l'indignation appuyée par des actes "écologiques" quotidiens : fermer le robinet pendant que l'on se brosse des dents, éteindre les lumières inutiles ou les appareils en veille, rouler "propre", et dénoncer le "système industriel polluant".

La population française achète pourtant massivement du MacDonald ou des plats préparés industriels. Tout en s'engageant contre la pollution et pour une société qui protège l'environnement ? Cette contradiction, entre un mode de vie qui favorise la pollution  mais avec des indignations qui appellent —à l'inverse à stopper cette même pollution, couplées à des micro-actions anti-gaspillage dans le domaine de la vie quotidienne, sont une tendance lourde qui incite à penser que la protection de l'environnement n'en sortira pas gagnante. Pourtant, dans de nombreux domaines, les citoyens pourraient participer à la protection de l'environnement, avec un effet réel et ainsi prendre en main leur engagement. Concrètement.

Les abeilles, les plantes mellifères, les arbres fruitiers et les gens…

Pour reconstituer le cheptel français d'abeilles qui subit une mortalité de 30% (au lieu de 5% il y a 15 ans), il suffirait que les citoyens possédant un jardin, installent une ruche sur leur terrain. Cette affirmation est tout à fait réaliste et possible à engager. Quelques millions de ruches chez des particuliers pourraient permettre reconstruire le cheptel d'abeilles qui baisse dramatiquement chaque année sur le territoire. Si ces quelques millions de français décidaient aussi de placer des plantes mellifères dans leur environnement, ainsi que des arbres fruitiers attirant les abeilles, et des haies variées, de nombreux changements positifs surviendraient dans l'écosystème.

Des associations, et même un FabLab, l'OpenBeeLab sont investis dans cette nécessité de repeuplement des abeilles.

Actuellement, la tendance au niveau de la "gestion environnementale" des habitations possédant un espace vert est majoritairement la même : une pelouse et quelques parterres de fleurs. Un grand espace constitué d'une herbe uniforme la plus rase possible. Ces espaces voient 6 mois de l'année, des Français, souvent un peu bedonnants, les sillonner sur des tondeuses autoportées, leur postérieur confortablement posé sur le siège de l'engin à moteur thermique. Cette tendance que l'on peut nommer "tendance du terrain de golf" va à l'inverse du bon sens : les insectes, comme les oiseaux, ne peuvent s'y épanouir, et sans arbres, l'écosystème ne peut fonctionner correctement. Il y a donc des changements que pourraient opérer la population, pour peu qu'elle soit consciente des enjeux réels qui sont en cours. Comme de leur capacité à modifier la donne, chez eux, par leurs propres actions.

Monsanto, l'indignation et nous

Si la multinationale Monsanto est bien connue pour ses tentatives d'imposer ses semences OGM, de breveter le vivant, et de généraliser le Roudup sur la planète entière il est naïf de croire que l'entreprise s'est résolue à être pointée du doigt comme un ennemi de l'environnement. Il suffit d'aller sur le site de Monsanto pour vérifier que l'éthique est la première préoccupation de cette entreprise, et la sauvegarde des abeilles, un enjeu mondial que va tenter de relever la firme. Monsanto a racheté une entreprise, Beelogics,  spécialisée dans le génie-génétique des abeilles en 2011. Monsanto est une firme qui a une grande vocation à protéger l'environnement, ce qui est bien connu…

L'université de Harvard travaille elle aussi à régler le problème des abeilles, mais par la création d'abeilles-robots qui remplaceront,  pour la pollinisation, le malheureux insecte disparu.

Promotion du Roundup, produit-phare de Monsanto, sur leur site

Pendant que les populations s'indignent, ferment leur robinet, achètent des voitures vertes peu émettrices de Co2, emmènent leurs enfant à MacDonald, achètent des plats surgelés parce qu'ils "n'ont pas le temps de cuisiner", et tondent consciencieusement leurs pelouses avec leurs "autoportés", l'environnement naturel se dégrade profondément, et les "sauveurs en bio-technologie" s'emparent du marché environnemental.

Les citoyens rêvent d'un monde meilleur, et malgré ce qui est souvent renvoyé, ils sont en mesure de participer à sa construction, d'y agir : c'est là, dans l'action positive concrète qu'est très certainement le meilleur moyen de lutter contre les abus du "système" tant décrié, et pourtant "nourri" quotidiennement par les actions du plus grand nombre. Cesser d'écouter le flot incessant de propagande médiatique consumériste et contradictoire qui se déverse chaque jour sur les écrans plats géants pourrait-il aider ? Pour ensuite agir concrètement, à sa propre échelle ?

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