Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking
par Yovan Menkevick

L'open-data, les ours blancs et nous

L'open-data c'est très cool. Tout le monde en conviendra. Pourquoi ? Parce que c’est un oxygène démocratique inépuisable, et que vu l’état maladif des poumons de la démocratie, il serait temps que chaque citoyen puisse respirer les données que Etats ou organismes d’Etats produisent avec leurs impôts, et l'on parle des impôts qui viennent des citoyens.

L'open-data c'est très cool. Tout le monde en conviendra. Pourquoi ? Parce que c’est un oxygène démocratique inépuisable, et que vu l’état maladif des poumons de la démocratie, il serait temps que chaque citoyen puisse respirer les données que Etats ou organismes d’Etats produisent avec leurs impôts, et l'on parle des impôts qui viennent des citoyens.

Ca libère le nez des citoyens en plus, ils ne sont alors plus obligés de respirer à travers le seul masque à gaz des chiffres et analyses des seuls experts, qui sont si régulièrement victimes, les pauvres, d’accusations de “conflits d’intérêts” (un terme élégant pour ne pas dire corrompus jusqu’à la moelle). Quant aux risques de pandémies calculées et propagandistes, peut être les citoyens pourront-ils trouver là aussi des raisons de considérer l'open data comme une sorte d'urgence sanitaire.

Ce principe d’open-data présente toutefois une faiblesse, qui vient de la fragilité psychologique des citoyens. Les données ne mentent pas, et si elles vont contre la croyance ou les convictions des citoyens préalablement "informés", ceux-ci peuvent alors prendre une peur bleue de les voir les data en mode open, prendre peur de regarder la réalité dans sa compliquétude en d'autres termes.

Imaginons que des données sur les chefs d’Etat et leur train de vie existent, et que l’on se rende compte que Ben Ali, par exemple, était un grand mécène, un ascète qui a donné la majorité de son argent pour aider son...