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Brève
par drapher

L'homme qui inversait les courbes à mains nues

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Il l'avait annoncé, en avait fait un challenge personnel qui déterminerait même sa candidature à la présidentielle de 2017, et il l'a fait : un homme, seul, avec ses petites mains à réussi à inverser une courbe devant les yeux ébahis d'une population de plus de 63 millions de personnes. "Il inverse une courbe à mains nues, mesdames et messieurs ! Retenez votre souffle, soyez vigilants, aucun trucage, cet exploit va se réaliser devant vous !"

François Hollande, le président qui inverse les courbes s'est confié récemment sur sa crainte au sujet de la trace qu'il laisserait dans l'histoire. Le président ne devrait pas s'inquiéter, puisque cette trace dans l'histoire politique française est désormais écrite pour l'éternité : elle est celle de l'inversion de la courbe. Et c'est magnifique.

François Hollande aurait pu choisir de parler des gens, de ce que sa politique allait leur apporter, comment elle pourrait améliorer leur sort, c'est vrai. Mais s'engager dans l'humain, dans le concret n'est pas franchement son dada. Les hommes et les femmes sont imprévisibles, ils ne sont jamais satisfaits, et puis surtout leur capacité au mieux-être ne se mesure pas, et pour François Hollande, ce qui prime par dessus tout ce sont les chiffres.

La comptabilité a ça de bien : elle ne s'interprête  pas, elle parle d'elle même. Bon, il est vrai qu'on peut la truquer un peu pour qu'elle colle avec les objectifs que l'on s'est donné. Mais franchement, quelle importance ? Si le but est de faire fléchir puis inverser une courbe, et que l'on y parvient, qu'importe la manière que l'on utilise pour y parvenir. Un peu comme au cirque avec le prestidigitateur. Le public, ce qu'il veut, c'est voir la magie s'opérer, pas connaître les coulisses du tour de passe-passe.

Il y a donc cette courbe du chômage, qui s'est inversée. Des milliers d'hommes et de femmes ont été envoyés de façon un peu péremptoire dans des formations qu'ils n'ont pas toujours souhaité suivre, c'est vrai. D'autres, plutôt jeunes, ont été embauchés dans des "emplois d'avenir" qui n'ont d'avenir que le nom puisqu'ils ne seront pas éternellement jeunes. D'autres ont été radiés de pôle-emploi, et d'autres encore, très nombreux, ont changé de catégorie parce qu'ils ont trouvé des missions intérim et ne participent plus à construire la courbe. Une dernière partie à réellement trouvé du travail stable. C'est cet ensemble magique qui a permis de construire cette courbe magnifique qui illustre à la fois la compétence et l'intégrité du chef de l'Etat.

Les mauvaises langues, qui n'aiment pas les spectacles de cirque, l'illusion, la prestidigitation, ne vont pas se géner pour dénoncer cette inversion de courbe à mains nues, et le font déjà d'ailleurs. Ils ne sont pas beaux joueurs, et devraient franchement réfléchir à leur capacité à l'émerveillement, au plaisir de la distraction, à aimer les spectacles. Ces pisse-froids qui ont perdu leur regard d'enfants prétendent que la courbe n'existe même pas, et qu'en réalité il y a des gens qui n'auraient plus, ou presque pas de travail depuis quatre ans. Un million trois cent mille en plus. 1,3 millions de gens. Alors que le spectacle ne propose pas d'inverser des gens mais une courbe. Décidément, dans ce pays, il faut tout expliquer. https://twitter.com/gerardfiloche/status/766511891434860545

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