Journal d'investigation en ligne
par Jacques Duplessy

Journée d’hommage national pour Steve

De nombreux rassemblements ont eu lieu

En dépit du désormais traditionnel "circulez, il n'y à rien à voir" des autorités, de nombreux rassemblements ont eu lieu sur le territoire.

Des lumignons sont allumés en mémoire de Steve - © Reflets
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A Palaiseau, la manifestation en mémoire de Steve Maia Caniço samedi matin avait une résonance toute particulière. Le 31 juillet, le Premier ministre Edouard Philippe et son ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’étaient rendu dans cette petite ville de l’Essonne inaugurer une « Maison de la tranquillité et de la sécurité publiques » où sont rassemblés des policiers municipaux, des policiers du commissariat et des agents du groupe de protection et de sécurisation des réseaux, la police de la RATP. Edouard Philippe a profité des caméras pour soutenir son ministre de l’Intérieur dans la tourmente.

« Nous avons lancé un appel sur les réseaux sociaux pour une manifestation hommage à Steve dans notre ville, raconte Claire Pinto, une militante d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Car cette inauguration d’une Maison de la tranquillité alors qu’on venait de découvrir le corps de Steve nous paraissait indécente et inhumaine. » Les manifestants sont une trentaine rassemblés devant la mairie. « Cette mort touche toute la France, pas qu’une seule famille, dit une manifestante. C’est dangereux de vivre sous Macron. Il y a un climat général de défiance. On va manifester, on ne sait pas ce qui va nous arriver. C’est ça la démocratie ? Et puis l’IGPN qui ne constate aucune des violences policières... »

Annie et Chrystel  expriment leur colère : « On parle plus des graffitis des permanences dans les médias que de la mort de Steve… On est cassé de partout sous Macron : les hôpitaux, l’éducation… Et puis les forces de l’ordre finissent le travail sur les manifestants. On crée de l’insécurité dans nos vies qui est réglé par du sécuritaire ensuite. C’est inquiétant pour l’avenir. Le ministère de l’Intérieur attise la colère. Les policiers créent du désordre, organisent la peur pour empêcher les rassemblements. Je sais que ce n’est pas facile pour les policiers aussi. Certains font bien leur travail mais d’autres se lâchent car ils se sentent soutenus par le pouvoir qui leur garantie une quasi impunité. »

A Nantes, près de 3000 personnes s'étaient réunies dans le centre-ville. Quelques heurts ont été ponctués d'arrestations. Mais dès avant la manifestation, une vingtaine de personnes avaient été arrêtées "préventivement", c'est à dire sans qu'il soit établi que ces personnes aient participé à quoi que ce soit de répréhensible. On a un peu mal à notre démocratie...

A Paris, quelque 2 à 3000 personnes ont manifesté. D'autres rassemblements ont eu lieu à Saint-Etienne, Caen, Limoges, Laval, Montpellier ou Avignon.

Steve Maia Caniço avait disparu après une charge policière visant à disperser une soirée sur les bords de la Loire lors de la nuit de la Fête de la musique. Plus d'une dizaine de personnes étaient tombées dans le fleuve. L'IGPN estime qu'il n’y a pas de « lien direct entre l’intervention des forces de l’ordre et la disparition de M. Steve Maia Caniço ». Steve Maia Caniço ne savait pas nager...

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