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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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par Antoine Champagne - kitetoa

Gaspard Glanz libéré mais empêché d'exercer son métier

Il est interdit de manifestations

Un pas de plus vient d'être franchi. Le journaliste indépendant Gaspard Glanz a été libéré lundi soir mais il lui est interdit de paraître à Paris les samedis et le 1er mai, ce jusqu'à son procès en octobre.

Retrouvailles... - © Reflets

Longue journée lundi. Les soutiens de Gaspard Glanz s'étaient réunis dès 10 heures du matin devant le commissariat du 12ème arrondissement pour demander sa libération. Le journaliste avait été arrêté samedi place de la République. Touché par une grenade au genou (son pantalon résistant au feu et protégé porte les traces de l'explosion) il avait demandé à parler au commissaire avec lequel il avait discuté quelques minutes avant. Un policier l'avait alors violemment repoussé. Gaspard Glanz lui avait adressé un doigt d'honneur. Il a alors été arrêté sans ménagement (il portait encore lundi soir les traces au cou et sur les bras). Il est donc poursuivi pour outrage. Ce qui lui a valu 48 heures de garde à vue et une interdiction d'exercer son métier de journaliste pendant les manifestations et le 1er mai. C'est un nouveau pas qui est franchi par l'exécutif. La liberté de la presse sort très abîmée de ces 48 heures de garde-à-vue du journaliste.

Une centaine de personnes étaient présente dès 10h du matin devant le commissariat. - © Reflets
Une centaine de personnes étaient présente dès 10h du matin devant le commissariat. - © Reflets

Les soutiens du journalistes ont tenu à lui souhaiter un bon anniversaire avec une banderole et des chants. A l'intérieur, Gaspard Glanz a entendu la chanson "bon anniversaire" mais les policiers ont rapidement fermé toutes les fenêtres et mis la radio.

Une banderole est déployée : Gaspard Glanz fête son anniversaire en garde à vue. - © Reflets
Une banderole est déployée : Gaspard Glanz fête son anniversaire en garde à vue. - © Reflets

Banderole - © Reflets
Banderole - © Reflets

En début d'après-midi Gaspard Glanz est déféré au tribunal de grande instance de Paris. La police couvre la tête d'un détenu avec un pull noir et l'enfourne dans un camion. C'est un leurre. Tout le monde suit le camion tandis que Gaspard est transféré dans un convoi de trois voitures. Sans doute un transport à haut risque pour un délinquant dangereux ?

Le camion emportant le faux Gaspard Glanz - © Reflets
Le camion emportant le faux Gaspard Glanz - © Reflets

Tout le monde se retrouve devant le tribunal où va débuter une très longue attente.

Tribunal de grande instance de Paris - © Reflets
Tribunal de grande instance de Paris - © Reflets

Sur place, des groupes de gilets jaunes attendent les leurs. A chaque libération, des applaudissements. Les récits des personnes relâchés défient l'imagination. La plupart ont été arrêtés avant d'avoir pu manifester, certains parce qu'ils avaient un masque dans leur sac. Les conditions de leur garde-à-vue étaient visiblement difficiles : manque de nourriture, pas de médecin, peu d'eau, pas de matelas.

La Famille - © Reflets
La Famille - © Reflets

En fin de journée, les gilets jaunes de ce groupe des Yvelines sont tous libres. Ils posent avant le départ.

Fin de la longue attente pour ces gilets jaunes des Yvelines - © Reflets
Fin de la longue attente pour ces gilets jaunes des Yvelines - © Reflets

C'est finalement vers 20h40 que Gaspard Glanz peut quitter le tribunal.

Gaspar Glanz à sa sortie du tribunal - © Reflets
Gaspar Glanz à sa sortie du tribunal - © Reflets

Fatigué, marqué au cou et sur les bras lors de son arrestation, le journaliste répond à la presse devant la porte du tribunal - © Reflets
Fatigué, marqué au cou et sur les bras lors de son arrestation, le journaliste répond à la presse devant la porte du tribunal - © Reflets

Les télés (RT et BFMTV) ont disparu depuis le commissariat, mais quelques radios sont encore là. - © Reflets
Les télés (RT et BFMTV) ont disparu depuis le commissariat, mais quelques radios sont encore là. - © Reflets

Le journaliste annonce qu'il ne se laissera pas empêcher d'exercer son métier. Ses avocats contesteront l'interdiction qui lui est faite. - © Reflets
Le journaliste annonce qu'il ne se laissera pas empêcher d'exercer son métier. Ses avocats contesteront l'interdiction qui lui est faite. - © Reflets

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