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Reflets poursuivi par Altice : la liberté d'informer menacée

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Édito
par Antoine Champagne - kitetoa

Et si Emmanuel Macron allait au bout de son idée de startup nation ?

Les nouvelles technos au service d'une démocratie directe ?

On peut désormais régler ses impôts via Internet. Ce sera même bientôt la seule façon possible. Et si l'on votait les lois via Internet ?

Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen - D.R.

Le président de la République voulait une "startup nation". Inventive, agile, évolutive, flexible... Et pourquoi, finalement, ne pas aller dans son sens ? Les nouvelles technologies de l'information et de la communication, comme on disait dans les années 2000, ne permettent-elles pas aujourd'hui de disposer d'une véritable démocratie directe ? A moins, bien sûr, que l'on estime que les citoyens ne sont pas en mesure de voter les lois, nommer les dirigeants des grandes entreprises publiques, choisir les grandes orientations politiques ou diplomatiques ?

Si l'on peut aujourd'hui payer ses impôts via Internet, pourquoi ne pourrait-on pas voter les lois ? "La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation", lit-on dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789... Cela permettrait « d'ubériser » les hommes politiques qui ont fait de leur charge au service des citoyens, un métier, avec toutes les dérives qui sont liées à cette évolution (corruption, clientélisme, suivisme politique, renvois d'ascenseurs) ? A-t-on toujours besoin de représentants (qui coûtent cher, sont peu flexibles, et réalisent des tâches que l'on pourrait déléguer aux citoyens sans surcoût) ?

Imaginons un pays où chacun pourrait se connecter à une belle interface Web, voter pour ou contre un projet de loi. Imaginons un pays où chacun pourrait proposer un texte de loi, qui serait validé ou non par un vote du reste des cyber-citoyens... Imaginons un pays où les dirigeants des entreprises publiques seraient nommés en fonction des choix des citoyens. Imaginons un pays où les relations diplomatiques pourraient être dictées par ses citoyens et non plus par des perspectives de contrats juteux et de rétro-commission plus ou moins opaques... La population ne veut pas que l'on reçoive tel ou tel dictateur ? Elle le fait savoir par un vote. La majorité l'emporte...

Techniquement, tout cela est possible. La volonté politique en revanche...

Bien sûr certains esprits chagrins verront dans ce projet les prémices d'un monde abominable où les pires aspects de l'homme pourraient s'épanouir. Par exemple, lors de l'abolition de la peine de mort, une majorité de Français étaient opposés à sa disparition. Une majorité de cyber-citoyens pourrait faire prospérer des lois scélérates. Notre premier ministre, expliquait au Sénat cette semaine que les discussions budgétaires du Parlement étant très techniques, elles étaient mal comprises par le peuple (cet ignare). Alors comment le peuple pourrait il voter un budget ?

Pourtant, peut-être que les cyber-citoyen s'approprieraient certains outils déjà largement utilisés par des associations (la LQDN et ses exégètes amateurs par exemple) pour utiliser l'intelligence qui naît de la discussion, de l'espoir d'un avenir plus juste, d'une mise en commun ?

Allez Manu, chiche ?

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