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par Antoine Champagne - kitetoa

Emmanuel Macron teste la stratégie Sarkozy

Emmanuel Macron © ALAIN JOCARD / AFP Deux pas en avant, un pas en arrière. Cette stratégie a été au coeur de l'action de Nicolas Sarkozy pendant tout son quinquennat. Une stratégie élevée au rang d'art. Tellement utilisée que chaque énormité était oubliée de tous le lendemain, lors de l'apparition d'une nouvelle polémique. L'ancien président avait coutume de lancer une idée, la plus inconcevable possible. Celle qui viendrait le plus en contradiction avec le ciment de notre pacte social.

Emmanuel Macron © ALAIN JOCARD / AFP

Deux pas en avant, un pas en arrière. Cette stratégie a été au coeur de l'action de Nicolas Sarkozy pendant tout son quinquennat. Une stratégie élevée au rang d'art. Tellement utilisée que chaque énormité était oubliée de tous le lendemain, lors de l'apparition d'une nouvelle polémique.

L'ancien président avait coutume de lancer une idée, la plus inconcevable possible. Celle qui viendrait le plus en contradiction avec le ciment de notre pacte social. Si cela passait, tant mieux. Si cela ne passait pas, on faisait marche arrière. Mais pas complètement. Et c’est là que ça devient intéressant. C’est le principe suivant : deux pas en avant, un pas en arrière.

Et ça marche à tous les coups. Couplez cela à une gestion pointue du rythme d’apparitions des énormités, et vous obtenez un cocktail merveilleux qui vous permet de faire passer n’importe quoi. Laissez les media et l’opinion s’emballer, faites mine de ne pas reculer, puis, lâchez du lest. Et avant que qui que ce soit ait le temps de réfléchir au fait que vous avez fait deux pas en avant et un seul en arrière, lancez une nouvelle polémique. Oubli garanti pour la précédente. Le tour est joué. La plus belle illustration de cette stratégie, étant la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD. A 23 ans, le bac en poche, l'histoire était croquignolesque. Le tollé fut conséquent. Nicolas Sarkozy finit par reculer. Et pourtant...

Pourtant, la presse étant submergée par le rythme des polémiques, ne vit pas l'astuce. Jean Sarkozy ne prenait pas la tête de l'EPAD. Dont acte. Mais il en devenait administrateur. Il l'est encore aujourd'hui. Un détail qui passait inaperçu.

Emmanuel Macron, la machine à tester de François Hollande

Avec la loi qui porte son nom, Emmanuel Macron a revêtu les habits de Nicolas Sarkozy. Le principe ? On peut faire n'importe quoi, ne pas se poser de limites, se laisser aller à toutes ses envies, en clair, être décomplexé.

Ce texte que les ultra-libéraux n'auraient pas renié est un peu étrange sous la plume d'une personne appartenant à un gouvernement qui se présente comme étant de gauche. Il ravit le MEDEF, finit d'achever la décomposition du contrat social, prépare le terrain pour la déconstruction du code du Travail. Le conseil constitutionnel  en censure quelques points? Qu'importe, deux pas en avant ont été réalisés. Mine de rien, à force de multiplier les "deux pas en avant, un pas en arrière", on avance.

Mais c'est avec sa dernière sortie sur les fonctionnaires qu'Emmanuel Macron est véritablement sorti du bois, qu'il s'est imposé comme machine à tester de François Hollande. Sur le mode "voyons ce qui se passe quand on dit que le statut des fonctionnaires n'est plus adéquat", Emmanuel Macron teste, avec toujours la même stratégie en tête.

L'autre stratégie initiée par la droite et reprise à son compte par Emmanuel Macron est celle de l'inversion du sens de l'intégration de la novlangue. Mise en place par George Bush, elle ressort aujourd'hui dans la bouche d'Emmanuel Macron lorsqu'il énonce que "Le libéralisme est de gauche". Pur plagiat de George Orwell (1984) :

  • « La guerre, c'est la paix. »
  • « La liberté, c'est l’esclavage. »
  • « L'ignorance, c'est la force. »

En s'engouffrant dans le chemin ouvert par Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron finit de dégoûter de la politique les électeurs qui s'interrogeaient sur la pertinence de leur vote. Reste le pourcentage de la population qui n'y voit que du feu ou qui croit encore à la parole des hommes politiques. Mais quel est-il ?

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