Journal d'investigation en ligne
par Antoine Champagne - kitetoa

Comment avoir l’air ridicule en quelques mails

Ma première connexion à Internet remonte à 1994. Je m’en souviens comme si c’était hier. A l’époque, il y avait un logiciel qui permettait d’aller chercher du contenu sur des serveurs “Gopher”. Cette petite introduction digressive pour vous faire comprendre que je suis rompu, par habitude et observation attentive des usages du Net, aux discussions par mail ou de type café du commerce (Usenet).

Ma première connexion à Internet remonte à 1994. Je m’en souviens comme si c’était hier. A l’époque, il y avait un logiciel qui permettait d’aller chercher du contenu sur des serveurs “Gopher”.

Cette petite introduction digressive pour vous faire comprendre que je suis rompu, par habitude et observation attentive des usages du Net, aux discussions par mail ou de type café du commerce (Usenet).

Une autre manière de dire que je suis assez doué (mode auto-congratulation “on”) pour amener en quelques mails, quelqu’un à être ridicule.

Préalable : mettre quelques personnes en copie pour avoir des témoins (sinon c’est moins drôle) et utiliser des formes courtes. Moins on en dit tout en appâtant l’autre, plus on a de chances de le voir se répandre en stupidités variées.

Bref. L’autre jour, j’observe que l’une de mes collègues, dont le rôle est de relire avec un oeil acéré les écrits des autres avant mise en production est en arrêt maladie. Cela fait des mois que notre nouveau Directeur de la création lui met une pression d’enfer, histoire de la faire partir. Du harcèlement mode cour de récréation (parfois) et mode sale type (souvent).

J’envoie donc un mail au Directeur de la création, au DG responsable du client, à la commerciale en chef pour ce client et à la personne responsable de la ventilation des tâches. J’explique qu’en l’absence de ma collègue et ayant sur le dos deux textes particulièrement corsés à revoir et/ou produire, je suis ennuyé. Peut-on la remplacer, dis-je.

Réponse du Directeur de la création : "les commerciaux peuvent relire ces papiers".

Je souris intérieurement:

1) la réponse est ridicule. Ce n’est pas le métier des commerciaux et ils ne sont évidemment pas armés pour cela, de la même manière qu’il ne me viendrait pas à l’idée d’aller vendre des prestations aux clients.

2) j’anticipe à ce stade que d’ici deux ou trois mails, le Directeur de la création va être ridicule.

Je réponds donc à tout le monde en copie, y compris au commercial a qui j’avais demandé de patienter pour les textes : “au temps pour moi, le Directeur de la création me dit que tu peux relire ces textes”.

Ça ne loupe pas…

Réponse immédiate du Directeur de la création, qui ne m’aime pas, pour une raison que je n’ai pas encore identifiée : “Tu veux dire “autant”….. Évidemment ;)”

Mon dieu, comme il a l’air heureux de pouvoir, en présence d’un DG (en copie), me reprendre sur ma connaissance du Français, moi dont le travail est justement de rédiger…

Je réponds : “Non, je veux dire – évidemment- « Au temps pour moi »”. Suit la référence de l’Académie Française sur ce point.

Réponse  :

“Merci Maitre Capello ;)”.

Ne restait qu’à boucler la boucle :

“Mais de rien. C’est justement parce que des erreurs peuvent passer inaperçues –je ne surestime jamais mes capacités- que je trouve utile la relecture de mes propres papiers, par un œil formé pour cela, comme celui d’un(e) secrétaire de rédaction. D’où ma demande de ce matin”.

Je sais, ce n’est pas très charitable.

Mais il faut avouer (mode auto-satisfait “on”) à ma décharge que des occasions comme ça, je pourrais en créer tous les jours et obtenir le même résultat. Or, magnanime, je n’en ai profité qu’une fois. Vous voyez que je suis un gentil ?!

 

(Bienvenue Dans la Com est une Saga de Reflets à lire ici)

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