Journal d'investigation en ligne
Dossier
par Antoine Champagne - kitetoa

Cataschtroumpf ! Les places boursières dévissent !

On va tous mourir. Ou pas.

Coronavirus oblige, la bourse de Paris a perdu en séance plus que lors du 11 septembre. C'est dire si la chute est importante... Mais au fait, si on tombe de haut, c'est que l'on était haut. Trop ? Et pourquoi donc ? Et après ?

Helicopter money - D.R.
Vous lisez un article réservé aux abonnés.

Regardez bien, l'hélico n'est pas loin. En approche... Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Allez, on rembobine. Souvenez-vous, 2008, c'est la crise, la cata totale, tout part en fumée. Enfin pas tout, mais quand on écrit des trucs anxiogènes, on fait du clic. Sans vouloir digresser, on aimerait bien comprendre l'économie du clic dans le secteur de la presse parce que bon, nous on a pas compris. Passons. Donc en 2008 tout s'effondre et le secteur financier qui a, à nouveau, provoqué une méga-crise avec ses conneries que seul un financier sous coke du matin au soir peut inventer ,en croyant vraiment que sa martingale à la con n'aura aucune conséquence, appelle au secours. A sa manière bien sûr. Le secteur financier n'appelle pas vraiment au secours. C'est même le seul secteur économique qui est sûr de ne jamais s'écrouler. Le concept du cygne noir est un épouvantail. Il n'existe pas. La finance est le seul secteur qui s'en sort toujours. Pourquoi ? Parce qu'il possède l'incantation magique : "risque systémique". Même lorsqu'il se met en position de faire faillite avec ses conneries, il invoque le risque systémique auprès des gouvernements et ça passe crème.

Le risque systémique, c'est la possibilité d'une faillite en dominos de toutes les banques. Elles se prêtent entre elles et si quelques grosses font faillite, il y a ce "risque" (notez que risque cela veut dire peut-être, ce n'est pas certain) de voir toutes les autres s'écrouler. Bref, en 2008, l'incantation magique marche, comme toujours. Les banques centrales vont arroser les marchés financiers de liquidités comme jamais. De l'argent gratuit. Les banques peuvent emprunter à quasiment zéro pour cent après des banques centrales et faire fructifier cet argent gratuit. Un peu comme si du jour au lendemain, Total n'avait plus à débourser un euro pour acheter du pétrole sur les marchés. Magique on vous dit. Cette décision politique d'arroser les marchés d'argent gratuit a eu plusieurs noms. L'un d'eux était "helicopter money". Un autre, "quantitative easing. Bref, avec le bouillon du coronavirus, on nous reparle de l'hélico qui va revenir...

En fait, il n'est jamais parti, l'hélico. Il surplombe les marchés depuis des lustres. Et c'est d'ailleurs pour ça que #LesMarchés (action notamment) explosent depuis des lustres alors que tous les indicateurs devraient inciter à la prudence, ou même inquiéter les investisseurs.

Cette hausse est artificielle. Le secteur de la finance injecte toutes ces liquidités sur les marchés, souvent en jouant avec le high frequency trading (faites clic-clic pour accéder à notre Saga sur ce sujet) et fait grimper artificiellement les cours.

Et comme il y a cette phrase que les traders oublient à l'instant où ils la prononcent : "les arbres ne montent pas au ciel", il faut bien que, comme le disait Lao Tseu qui n'était pas la moitié d'une buse, tout ce qui monte finit par retomber car, dans l'univers, tout est rond. Bref, balancer des milliards d'argent gratuit pour faire croire que la crise est derrière nous, pendant des années, cela ne prépare qu'une nouvelle crise car un jour, les fondamentaux macro-économiques finissent par s'imposer...

A peine le coronavirus a-t-il fait frétiller les bourses que l'on nous parle de réinjecter de l'argent gratuit. La belle affaire... Cela va-t-il "rassurer les marchés" ? Rassurer les marchés... Voilà une expression tordante. #LesMarchés ne veulent pas être rassurés. Ils carburent au risque. Pas de risque, pas de bénéfice... Enlevez le risque, l'angoisse, l'incertitude, il n'y a plus de marchés. Non, l'annonce de la poursuite de l'hélicobite des banques centrales, c'est juste un bon moyen pour dire à #LesMarchés : vous pouvez continuer à déconner tranquillement, on va continuer à vous fournir votre matière première gratos. Et devinez avec quoi on finance l'argent gratuit dans les banques centrales ? Avec votre porte monnaie. Magique...


While writing this paper, some muzak was playing : Neneh Cherry, Nathaly Dawn, Mary Blige, Paul Cauthen, Pupajim, Ram Jam...

3 Commentaires
Une info, un document ? Contactez-nous de façon sécurisée