Journal d'investigation en ligne
Édito
par Antoine Champagne - kitetoa

Canal plus, les gamers et le journalisme...

Une chronique , pas très documentée, dans une émission d'infotainment (Le grand journal) sur les gamers qui regardent des gamers jouer, a fait couler des tonnes d'encre. La chroniqueuse émettait des doutes sur l'intérêt de regarder des films de parties de jeux vidéo et s'étonnait de voir le nombre de personnes qui tuaient le temps de cette manière. Catastrophe ! Honte ! De quel droit critiquerait-on un phénomène de société de cette ampleur, une véritable "culture" ?

Une chronique , pas très documentée, dans une émission d'infotainment (Le grand journal) sur les gamers qui regardent des gamers jouer, a fait couler des tonnes d'encre. La chroniqueuse émettait des doutes sur l'intérêt de regarder des films de parties de jeux vidéo et s'étonnait de voir le nombre de personnes qui tuaient le temps de cette manière. Catastrophe ! Honte ! De quel droit critiquerait-on un phénomène de société de cette ampleur, une véritable "culture" ? Imbécile de chroniqueuse qui n'a pas mesuré la puissance buzzienne des gens qu'elle critiquait... Et ça n'a pas loupé. Pétition, interventions massives dans les forums et sur les réseaux sociaux, tribunes dans les journaux... Ni une ni deux, Antoine de Caunes s'excuse publiquement. Ouf, force reste aux gamers !

 

Twitch : les excuses du Grand Journal de Canal + par Gameblog

Oui mais non...

Premier point, ces excuses publiques sont un coin dans le journalisme et la liberté d'expression. Personne ne doute du fait que Le grand journal est tout sauf une émission de journalistes, mais tout de même... Accepter de faire des excuses pour une chronique, qui est par nature une prise de position, c'est accepter l'idée que toute personne froissée par un article de ce type recevra les excuses du medium dès la première plainte.

Combien de larmoyantes entreprises arriveront à faire faire des excuses sur la base de cette nouvelle jurisprudence ? Demain le collectif des écouteurs organisera une petite campagne de buzz (avec l'aide de Clai ?) pour demander à ce que Reflets s'excuse de ses articles sur Qosmos, Amesys ou BlueCoat ? Demain, les représentants de l'industrie pharmaceutiques demanderont des excuses publiques au moindre article qui s'attaque à ce lobby ? La frontière entre actionnaires et rédactions de médias est déjà très poreuse, si un simple buzz sur le Net permet d'obtenir ce types d'excuses, l'avenir de la presse est bien sombre.

Deuxième point, cette attaque fait étrangement écho à une campagne répugnante menée aux Etats-Unis ces derniers temps contre les femmes dans le milieu de l'industrie du jeu. Commentatrices, journalistes, développeuses, elles ont subi les attaques les plus abjectes de la part de courageux personnages bien cachés derrière leurs écrans. Menaces de mort, étalage de leur vie sexuelle, tout est bon pour s'attaquer à ces femmes. Courageux comme un warrior de  jeu de guerre.

Ça fout la trouille...

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