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par Antoine Champagne - kitetoa

Après Christine Laboullette Lagarde, François Laboulette Baroin

Disons le tout net, la rédaction de Reflets était toute peinée du départ pour Washington de Christine Laboulette Lagarde. Elle avait un tel potentiel comique, que c'est forcément une perte pour la nation. Pour se remonter le moral, on se disait ici qu'avec son nouveau poste de Directrice générale du Fonds monétaire International, ses boulettes allaient prendre une ampleur mondiale, ce qui est flatteur pour la France. Je vous propose un petit retour en arrière.

Disons le tout net, la rédaction de Reflets était toute peinée du départ pour Washington de Christine Laboulette Lagarde. Elle avait un tel potentiel comique, que c'est forcément une perte pour la nation. Pour se remonter le moral, on se disait ici qu'avec son nouveau poste de Directrice générale du Fonds monétaire International, ses boulettes allaient prendre une ampleur mondiale, ce qui est flatteur pour la France.

Je vous propose un petit retour en arrière. Le 8 avril, seulement sept jours après le fameux jour, Christine (c'est décidé, on s'appelle par nos prénoms. Entre amuseurs, c'est normal) nous gratifiait d'une de ses fameuses tirades qui font rire les enfants et pleurer les adultes :

Il faut remonter, cette fois, au sauvetage de la Grèce :

« Dans le cas de la Grèce, chaque pays a consenti des prêts. Cette fois, on constitue un fonds qui ira emprunter sur les marchés pour ensuite prêter aux pays qui en auront besoin. Les Etats membres ne sont là que pour donner une garantie. D’un point de vue du budget, ça ne coûte rien et ça rapportera en fin de compte. Les intérêts payés par l’Irlande et la Grèce sont, en effet, supérieurs à ceux que paie la France. »

Aujourd’hui, Bercy a annoncé le déficit budgétaire de la France. On s’en doute, il est absolument catastrophique.

Et quelle excuse trouve Christine Lagarde ?

Cette évolution du solde budgétaire s’explique notamment « par une dégradation du solde des comptes spéciaux (avances et opérations financières) de 7,4 milliards d’euros, liée principalement au décaissement opéré en janvier 2011 d’une tranche du prêt octroyé à la Grèce », et par une amélioration du solde du budget général de 1,2 milliard d’euros », selon Bercy.

Great (il faut insérer de l'anglais et même du franglais si possible, c'est la mode) ! Donc, selon Christine, Le premier plan n'allait rien coûter au budget de la France, et même, il allait rapporter.

Mais qu'en est-il du nouveau plan ? Selon François Fillon, il va coûter 15 milliards d'euros à la France. Si l'on applique le même ratio que pour le premier plan qui ne devait rien coûter, on imagine ce que vont devenir les 15 milliards annoncés.

Mais le gag du jour revient à François Baroin, qui visiblement, a décidé de reprendre la petite entreprise de Christine Lagarde. Pas seulement le poste, pour lequel il se serait "roulé par terre", selon le Canard Enchaîné, mais aussi la machine a boulettes.

Dans un entretien au Monde, voici ce qu'il nous dit :

_ Selon François Fillon, l'aide apportée à la Grèce alourdira la dette française de 15 milliards d'euros d'ici à 2014, alors qu'il était prévu de la réduire. La France va-t-elle subir une cure d'austérité pour tenir ses engagements européens ? _ Non. Le premier ministre l'a bien rappelé : contrairement au premier plan d'aide, celui-ci n'implique aucun coût budgétaire. Sa grande nouveauté, c'est qu'on passe de prêts d'Etat à Etat à des prêts réalisés par le Fonds européen de stabilité financière qui lèvera des ressources supplémentaires sur les marchés pour prêter. La France intervient sous forme de garantie.Or, depuis 2010, les statisticiens européens nous ont indiqué que la dette du Fonds européen de stabilité financière devait être rattachée comptablement à chaque Etat pour la part qu'il garantit. Au-delà de cet impact comptable, la France n'a pas besoin d'emprunter davantage et notre déficit n'est pas impacté. Ni le Fonds ni a fortiori la France ne s'appauvrissent dans l'opération.

Récapitulons. Selon Christine Lagarde, le premier plan de soutien ne devait rien coûter à la France, au contraire, il devait rapporter, mais finalement, il avait sérieusement impacté le budget français. Et François Baroin, son successeur, nous explique -avec une candeur qui nous arrache une larme-, que le premier plan, c'est connu et évident, était prévu pour coûter de l'argent à la France.

C'est rassurant de voir avec quelle constance les politiques prennent leurs électeurs (et bien entendu, ceux qui n'ont pas voté pour eux) pour des cons. Il y a au moins une constante. Quelque chose de gravé dans le marbre.

 

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